L'euphorie de Lallab à l'annonce de la première Barbie voilée

L'euphorie de Lallab en ce 17 novembre 2017

       Mardi 14 novembre 2017, Lallab a publié trois tweets enrobés d'excitation joyeuse sur le même thème en moins de 10 minutes. Quel événement a provoqué une telle extase pour cette association "féministe" et "areligieuse" ? Une nouvelle loi pour l'égalité des sexes viendrait-elle d'être votée ? Un recul majeur du patriarcat viendrait-il d'être noté ? Pas du tout. Lallab est euphorique car Mattel vient d'officialiser la première Barbie voilée…

Après Barbie princesse, Barbie sirène, Barbie danseuse et autres, voici Barbie intégriste... Pour des raisons commerciales, une marque de jouets apporte sa pierre à l'avancée de l'intégrisme musulman dont les fillettes sont parmi les premières cibles de leur stratégie politique. Mattel, longtemps critiqué pour véhiculer l'image d'une femme objet à travers ses Barbies, croyait rectifier le tir en imaginant répondre à la demande de la "femme pudique". Or, elle renforce au contraire l'image de la femme objet. Je rappelle que le voile est un vêtement raciste qui n'a de raison d'être que la stigmatisation d'une partie de l'humanité en raison de son sexe : cacher le corps féminin, objet sexuel, par essence impur, honteux et coupable des possibles débordements de la libido masculine.


Un exemple parmi d'autres des justifications du voile
Quelques exemples de justifications du voile
Le modèle qui a inspiré Mattel est une escrimeuse américaine, Ibtihaj Muhammad. Elle avait concouru aux Jeux Olympiques de 2016 à Rio, avec son voile, transgressant doublement l'article 50.1 de la Charte Olympique : "Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique" (1). Avec le voile, la propagande politique est étroitement liée à la démonstration et la propagande religieuse. Ibtihaj Muhammad en est une des preuves vivantes. Ses messages religieux sur Twitter ne sont pas rares. Ses messages politiques sont encore plus nombreux. Certains concernent la France, comme celui-ci, tweeté un mois après les attentats de janvier 2015 : "Je m'envole pour la France demain, où les crimes de haine contre les musulmans n'ont jamais été aussi élevés". Un propos populiste et victimaire où les musulmans seraient persécutés, cela ne vous rappelle rien ? Nous sommes en plein dans la rhétorique islamiste et indigéniste si chère à Lallab.


Tweet de Ibtihaj Muhammad qui dénigre la France de façon mensongère

En cédant à la démarche politico-religieuse de cette sportive, le Comité Olympique a ouvert la voie à l'islamisme politique et au sexisme religieux. Ce pied intégriste dans la porte a permis la création de la Barbie voilée dans cette stratégie de banalisation du voile pour faire avancer l'idéologie islamiste.

Pour les islamistes, s'attaquer aux enfants a plusieurs avantages. Cela permet tout d'abord d'habituer les petites filles au sort qui les attend. Les habituer au voile dès leur plus jeune âge rendra plus difficile le choix de ne pas le mettre une fois adolescente ou adulte et de se savoir propriétaires de leur corps. Cela permet également de faciliter l'avancée idéologique des islamistes en intégrant dans l'inconscient collectif que leur radicalité et leur sexisme serait le véritable islam et que, par conséquent, cela devrait être accepté au nom du "respect de la pratique religieuse". Un discours facilité par les premières concernées qui auront été "convaincues" par les intégristes de faire le "libre choix" du voilement et qui le revendiqueront devant les portes de l'école. A travers cette acceptation, il faudra bien-sûr accepter les idées et valeurs véhiculées par le bâchage des filles : remise en cause de la mixité, accentuation des différences genrées, revendications de particularismes religieux comme le refus de participer à certaines activités en raison de la "pudeur", etc.
C'est le créneau de Lallab. Cette association inspirée par l'idéologie des Frères Musulmans est le leader actuel de la promotion du voile et de certaines de ses valeurs : "Etre féministe ne signifie pas forcément être à l’aise dans un environnement masculin et vous ne devez pas avoir honte de ne pas toujours vous sentir à votre place" affirment ces "féministes" dans un de leurs articles qui argumente le bien-fondé de la non mixité (2).

Durant l'été 2017, nombre de féministes et de militants laïques s'étaient offusqués de l'attribution de services civiques à cette association, ainsi que des militants d'extrême droite toujours à l'affut pour taper sur les musulmans en se servant de la lutte contre l'islamisme. Lallab publia alors une mise au point où elle affirmait entre autres ne pas être "pour le voilement des petites filles" (3). Tout en confirmant dans le même texte qu'elle est contre la loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux à l'école, acceptant ainsi le voilement des enfants dans les écoles publiques. Une contradiction que j'avais pointée dans la lettre ouverte que je lui avais adressée (4).

Cette joie aujourd'hui non dissimulée de l'avancée du sexisme, par le ciblage des petites filles grâce à Mattel, confirme encore un peu plus le double discours de Lallab si caractéristique des Frères Musulmans.
L'association fait encore plus fort en citant avec jubilation la (sportive) militante islamiste qui a inspiré cette poupée : "Je suis fière de savoir que des petites filles pourront maintenant jouer avec 1 Barbie qui choisit de porter le voile."


L'euphorie de Lallab en ce 17 novembre 2017

Le message est donc le suivant : la jolie Barbie a "choisi" de porter le voile, alors tu peux aussi faire ce "libre choix". Je rappelle que cette recherche de faux consentement s'adresse à des fillettes dès leur naissance… Si ça n'est pas le prosélytisme du pire sexisme qui soit, je ne sais pas ce que c'est.

Comme Lallab, tous les sites islamistes qui en parlent sont euphoriques. Cette journée sombre pour la lutte contre le sexisme par cette décision de Mattel est à l'inverse célébrée par cette association "féministe et areligieuse".

Ainsi, Lallab s'inscrit bel et bien dans le courant des Frères Musulmans par son instrumentalisation du féminisme pour faire avancer l'intégrisme. La banalisation du voile est à l'œuvre depuis longtemps dans cette sphère, notamment à travers des associations "culturelles". Comme Lallab, elles veulent faire du voile un vêtement comme un autre pour le faire accepter d'abord par les musulmans puis par le reste de la société. C'est dans ces mêmes associations que des discours radicaux sont tenus contre la laïcité, pour pointer "l'erreur" des musulmans modérés, pour le sexisme religieux (ce qu'ils appellent la "pudeur islamique"), etc.

Exemple d'activité d'un centre "culturel" musulman qui se sert d'un cours d'arabe comme support prosélyte. Deux petites filles voilées et souriantes figurent parmi les autres enfants pour banaliser le voile dès le plus jeune âge.
La propagande du voile auprès des enfants
Mattel n'a rien inventé. La propagande islamiste pour le voilement ciblant les enfants est à l'oeuvre depuis plusieurs années sur les sites intégristes. Ici, ils récupèrent le dessin animé Aladin pour que les petites filles s'identifient à la belle Jasmine : cheveux libres à la maison, voilée dehors. A travers une Barbie ou ce genre de dessins, le message est le même : ton corps est un objet sexuel, impur et honteux, qui doit être caché pour ne pas provoquer la libido masculine.

Cette suite de tweets enjoués de Lallab doit effrayer chaque personne sensible à l'égalité des sexes et au risque que représente l'intégrisme religieux, quelle que soit la religion. Lallab est sans doute plus dangereuse qu'une autre association islamiste. Elle sait enrober ses écrits et ses positions dans un package fashion, moderne et coloré apte à leurrer les citoyens peu informés. Seulement l'emballage est parfois un peu trop étroit pour le produit rétrograde, comme avec ces tweets. Ils ont le mérite de nous rappeler ce qu'est réellement cette association, ses motivations sexistes sous couvert de "féminisme", et le danger qu'elle peut représenter pour les femmes, mais aussi pour les enfants. Ne l'oublions pas…
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