Le Planning Familial et l'islamisme : un début de lune de miel ?

Par Naëm Bestandji.

Le Planning Familial et l'islamisme : un début de lune de miel ?

       Le Planning Familial a montré une nouvelle fois sa tendresse pour le sexisme de l'intégrisme musulman. Cette fois, cette complicité vient de Grenoble, toujours avec l'aval de Paris. Dans un communiqué du 11 juillet 2019, le Planning Familial 38 affirme son soutien au sexisme du burqini (1). Elle reprend même, dans son titre Facebook, le mensonge politique d'Alliance citoyenne "pour les droits civiques des femmes musulmanes". Comme s'il y avait des droits différenciés en France selon les religions. Comme si les musulmanes voulaient toutes se baigner en burqini.
Cela n'en finit pas d'engranger des félicitations de la part des islamistes. Taous Hammouti fut la première à s'en réjouir en commentant le communiqué sur la page Facebook du Planning.

Taous Hammouti


L'islamiste Taous Hammouti se réjouit du communiqué du Planning Familial

Elle est cette militante islamiste très active au sein de l'association Alliance citoyenne. Cette fan de Hani et Tariq Ramadan porta le deuil de Mohamed Morsi, un des leader des Frères Musulmans en Egypte.

Taous Hammouti apprécie beaucoup Hani Ramadan


Taous Hammouti apprécie particulièrement Tariq Ramadan
Sur sa page Facebook, Taous Hammouti exprima son deuil à la mort de Mohamed Morsi, leader des Frères Musulmans en Égypte

Un des objectifs de son "féminisme" est de se faire soigner uniquement par des femmes médecins. Autant donc dire qu'elle n'est pas très "Charlie", au point d'avoir accusé le journal d'être responsable de son propre massacre deux jours seulement après la tuerie.

Taous Hammouti rêve d'être soignée uniquement par des femmes médecins
Taous Hammouti fait l'apologie du terrorisme

Dans son communiqué, le Planning Familial est trop occupé à tenter de justifier l'injustifiable pour se préoccuper d'accorder quelques lignes à la condamnation ou, au moins, à une prise de distance avec celle qui a organisé les opérations burqini à Grenoble.

Un autre soutien s'est manifesté, et pas n'importe lequel : le CCIF. Cette association d'extrême droite est idéologiquement la branche juridique des Frères Musulmans en France. Le CCIF est médiatiquement le fleuron de cette nouvelle extrême droite française (2).
Sur sa page Facebook et dans un article publié sur son site internet le 12 juillet 2019 (3), il prouve une nouvelle fois qu'il est le maître incontesté de la stratégie politique et marketing de l'islamisme. Tout l'art de la rhétorique d'inversion des Frères Musulmans est magistralement utilisé dans ce texte. C'est du travail d'orfèvre. Il n'a pas tant de mérite. Il reprend simplement tous ses éléments de langage et son inversion habituels.

Le CCIF est ravi du soutien du Planning Familial pour le sexisme du burqini

Tout d'abord, le CCIF parle rarement de "voile". Il lui préfère "foulard". Dans l’inconscient collectif, cela renvoie au foulard d’antan porté par une partie des françaises. L’objectif est de rendre cet uniforme sexiste et politique plus neutre, de le faire passer pour un simple accessoire vestimentaire, comme celui porté si joliment par Grace Kelly (parfois sollicitée par les intégristes), afin de faire oublier son origine et sa véritable raison d’être. Le foulard et le voile islamiste n'ont rien en commun, que ce soit dans la forme (le voile islamiste est bien plus long et jamais transparent) et dans leur signification (le foulard ne se porte pas en permanence pour se protéger de la libido des hommes), mais c’est stratégiquement plus efficace. Cela permet de faciliter la culpabilisation et l’attaque pour "intolérance" contre les partisans de l’égalité des sexes et de la laïcité. La preuve une nouvelle fois dans cet article.

Un autre élément de langage habituel des islamistes, repris depuis par le Planning Familial, est de parler des "femmes musulmanes". En l'espèce, le CCIF parle ici de "la tenue des femmes de confession musulmane". L'association en profite ainsi pour réaffirmer l'assignation religieuse et vestimentaire de toutes les musulmanes à ce que les islamistes ont choisi pour elles : le voilement. C'est aussi l'occasion de toujours mieux transmettre l'idée que l'image de la femme musulmane est celle-là, rajoutant encore et toujours une pression sur celles qui ne veulent pas s'y conformer. Je rappelle que l'écrasante majorité des musulmanes en France se baignent en maillot de bain. Cet article du CCIF, avec la participation du Planning Familial, est là pour contribuer à changer cet état de fait. Les islamistes, et à présent le PF, appellent cela le "libre choix".

Le CCIF est tout heureux de citer une phrase du Planning : interdire le burqini dans les piscines serait une "discrimination et une stigmatisation à l’encontre d’un groupe de personnes spécifique". Pourquoi une telle joie ? Parce que nous sommes en pleine rhétorique d'inversion : le voilement, ici le burqini, uniquement destiné aux femmes, a pour objet de discriminer et stigmatiser un groupe humain en raison de sexe. C'est à la fois une forme de protection contre les assauts potentiels des animaux que seraient les hommes, et une punition pour les corps des femmes qui seraient trop attirants. Après avoir été endoctrinées pour voir les choses ainsi, les fanatiques qui refusent de se baigner en maillot de bain comme tout le monde n'ont plus d'autres choix que de s'auto discriminer et de s'exclure elles-mêmes des piscines. Ainsi, le PF défend un vêtement discriminant et sexiste au nom de la lutte contre les discriminations. Le Planning Familial devient le bon élève des Frères Musulmans.

Cette association islamiste (je parle du CCIF…) est dans son rôle. Comme tous les intégristes religieux, quelle que soit la religion, elle a une vision rétrograde du rôle des femmes. Voici ce qu'elle en dit :
La femme c’est le moteur de la cellule familiale musulmane. Qu’on le veuille ou non, j’espère que je ne vais pas vous froisser mes chers frères, mais c’est la maman qui construit cette famille-là. C’est la maman qui fait fonctionner cette famille-là. Nous hamdoullah on travaille dur, on parle à table. Mais c’est elle qui fait fonctionner la famille. Et nous quand on est abimé, quand la journée de travail nous a épuisé ou il y a quelqu’un qui nous a vexé dans la rue ou autre, on rentre à la maison, on va avoir un câlin des enfants, il y a un repas chaud sur la table. Notre femme va nous dire quelques mots de consolation. Au moment où on s’est endormi, on a déjà oublié le problème. Mais une maman qui est abimé, comment on répare ça ? Comment est-ce qu’on console une maman qui est cassé ? Comment est-ce qu’on la répare ? Ça ne se répare pas ! Quand la maman est abimée, toute la famille est abimée. C’est pour ça que c’est elle qu’on vise. Parce qu’elle fait l’essence de la famille musulmane. Elle mène l’éducation. C’est elle qui fait cette petite flamme, cette petite vie, cet espoir, cette douceur qu’il y a dans la maison musulmane. C’est elle qui le fait vivre. C’est elle qui l’anime. C’est elle qui, quand tout le monde est fatigué, se lève le week-end pour préparer le petit-déjeuner et laver les enfants, et préparer… faire tout ça. C’est la maman qui fait ça. Et si on l’abime elle, alors on abime une génération entière de musulmans.


(Propos tenus le 30 avril 2011 à la mosquée de Vigneux)

Voilà pourquoi, selon le CCIF, les "femmes musulmanes" seraient persécutées en France. Voilà pourquoi il est heureux qu'une association féministe, théoriquement totalement opposée à cette vision des femmes, apporte son soutien à "la tenue des femmes de confession musulmane" choisie par les islamistes.

L'énormité de sa rhétorique d'inversion n'est pas tant dans ces détournements. Le must, le top du top, est sa récupération de la laïcité pour la retourner contre les associations et militants laïques.
Le voile n'a jamais été une prescription religieuse en islam. C'est pour cela que seuls les intégristes le prescrivent et uniquement en invoquant des raisons sexistes et identitaires. Le vrai terrain du voile est donc impossible à défendre dans un pays comme la France. En tant qu'oppresseurs, les intégristes ne peuvent défendre l'indéfendable. La seule solution est de "religiosifier" le voile pour ne pas lutter sur le terrain de l'égalité des sexes, où ils seraient perdants, mais sur celui de la liberté religieuse. Ainsi, la laïcité leur permet de ne plus avoir l'image d'oppresseurs mais d'opprimés, celle de "musulmans" persécutés par une société intolérante qui restreindrait la liberté religieuse. Il est bien plus aisé de revendiquer une laïcité "ouverte" ou "inclusive" plutôt qu'un "sexisme ouvert" ou un "patriarcat inclusif".

L'erreur de la plupart des féministes, et des personnes politiques, qui luttent contre le concept du voilement est d'aller sur ce terrain choisi par les islamistes plutôt que sur celui réellement concerné : l'égalité des sexes. Je ne cesse d'alerter sur cette erreur. Le CCIF et le Planning Familial me donnent une nouvelle fois raison. Le titre de l'article du CCIF est la reprise d'une phrase du communiqué du Planning Familial : "La loi de 1905 n’instaure pas de police du vêtement". Aidé par l'angle faussement laïque de ce communiqué, les intégriste religieux du CCIF s'engouffrent dans cette faille pour se présenter à nouveau comme meilleurs défenseurs de la laïcité que les associations et militants laïques. L'association va même jusqu'à les narguer en citant en conclusion une expression qui leur est chère : "la laïcité n’est pas une opinion, c’est la liberté d’en avoir une".
Ce retournement permet de rester batailler sur le terrain inapproprié de la laïcité, où les féministes et laïques s'enlisent, pour toujours éviter celui de l'égalité des sexes où le CCIF n'a aucune chance. Voilà pourquoi ces islamistes sont heureux. Ils ont réussi à leurrer le Planning Familial par leur stratégie victimaire, passant d'oppresseurs sexistes à victimes d'intolérance religieuse. Le Planning a occulté le premier aspect pour ne voir que le second. Il donne ainsi la priorité à la bigoterie et au sexisme religieux, et relègue la lutte pour l'égalité des sexes au second plan. Cette situation est un cas d'école, l'illustration parfaite de la réussite (j'espère provisoire) de la stratégie des Frères Musulmans auprès de diverses associations, syndicats et partis politiques.

Une nouvelle fois, le corps des femmes, à travers le voilement, est bien le cheval de Troie politique de l'islamisme. En toute conscience, le Planning Familial a fait le choix (pour le coup, celui-ci est réellement libre) d'apporter sa contribution à cette stratégie dont le corps des femmes est le champ de bataille. La trahison de ses valeurs, de son histoire et de toutes celles qui ont œuvré pour le mouvement par le passé, est totale.

L'expression consacrée est plus que jamais appropriée : "on a les soutiens qu'on mérite". Extrême droite musulmane - Planning Familial : la convergence des luttes.




Partager :

Burqini : le Planning Familial rencontre Alliance citoyenne

Par Naëm Bestandji.

Burqini : le Planning Familial rencontre Alliance citoyenne

       Dans son bulletin pour ses membres, Alliance citoyenne annonce chercher des partenaires pour accompagner, avec les islamistes, ses actions politico-religieuses et sexistes. Elles vont rencontrer le Planning Familial qui serait prêt "à porter la lutte [burqini] sur le temps long".

Ce bulletin confirme aussi que cette association a bien mandaté Taous Hammouti pour les "universités des quartiers populaires". L'association n'a donc aucun problème avec l'apologie du terrorisme de Taous, ses promos des Frères Musulmans et son désir de n'être soignée que par des femmes.

L'islamiste Taous Hammouti mandatée par Alliance citoyenne

Partager :

Une militante islamiste instrumentalise la Shoah pour défendre le sexisme du burqini

Par Naëm Bestandji


       Sinon, pour en finir et arrêter de tourner autour du pot :
- Faut-il une loi pour inciter les islamistes à prendre des cours d'Histoire et éviter qu'ils se ridiculisent ?

Zakia Meziani est une militante politico religieuse, identitaire et sexiste. En un mot, elle est islamiste. Épousant l'idéologie des Frères Musulmans, dont elle porte le symbole sexiste et politique sur sa tête, elle fait sienne toute leur rhétorique et leurs méthodes. Elle est l'exemple type de ce que j'analyse depuis des années.
Elle use avec allégresse de la rhétorique d'inversion : elle se présente comme militante antiraciste mais uniquement sur le sujet du voile (ou pour dériver sur la Palestine).


Une des actions de "l'association Pour la reconnaissance des droits et des libertés à la femme musulmane" dont Zakia Meziani est la présidente.
Une des actions de "l'association Pour la reconnaissance des droits et des libertés à la femme musulmane" dont Zakia Meziani est la présidente.

Zakia Meziani instrumentalise le féminisme pour sa lutte palestinienne
Zakia Meziani instrumentalise le féminisme pour sa lutte palestinienne

Comme tous les islamistes, elle racialise l'islam et fait peu de distinction entre les musulmanes voilées et non voilées pour essentialiser toutes les musulmanes à sa radicalité. Ainsi, toute opposition au sexisme et à l'aspect politique du voilement (ce qui est justement son cas) est brandie comme "raciste". Le terme "islamophobie" est évidemment un de ses préférés. Comme tous les islamistes, elle aime lier critique et moquerie de l'islam avec les propos et actes anti musulmans, pour faire de toute critique de sa radicalité un délit de blasphème ("islamophobie").
Elle se présente également comme féministe. Une nouvelle fois, son féminisme se réduit à la défense de son sexisme "religieux". Comme je l'avais longuement détaillé dans d'autres écrits, cette inversion totale permet de saisir le terme "féminisme" pour le redéfinir et le retourner contre la société en général et les féministes en particulier. C'est une des méthodes clés de la stratégie victimaire.

En résumé, sa promotion de la discrimination sexiste à travers le voile serait féministe, la lutte contre son auto discrimination "choisie" parce qu'elle a un vagin et des "formes" serait de la discrimination et du racisme.
Pour porter ce combat politique et faire la promotion de l'idéologie des Frères Musulmans, elle s'investit depuis des années à Tourcoing dans diverses actions. Elle milite inlassablement pour la légalisation du voilement des fillettes à l'école par sa lutte acharnée contre la loi de 2004.
Son histoire militante et politique colle parfaitement à l'histoire de la jonction entre l'extrême droite musulmane et une partie de la gauche : sa victimisation permanente a séduit EELV pour qui elle fut candidate aux élections cantonales en 2015, apothéose de l'"islamisto-gauchisme" à Tourcoing.

Fidèle à son idéologie (qui n'est pas l'écologie), elle s'est aussi investie dans la pseudo "consultation des musulmans" organisée par des Frères Musulmans avec pour tête de file l'ex du CCIF Marwan Muhammad.
Elle est également présidente de "l'association Pour la reconnaissance des droits et des libertés à la femme musulmane". Nous retrouvons là encore l'essentialisation de toutes les musulmanes à son extrémisme pour faire croire à la société qu'elle correspond au profil type de la musulmane, et que "les musulmanes" auraient légalement moins de droits et de libertés que les autres. Ce mensonge, qui n'a que pour but de jouer sur l'émotion, est la même sémantique qu'Alliance citoyenne.
Nous retrouvons cette alliance idéologique et de terrain entre son association, le CCIF (tout deux Frères Musulmans) et les idées d'Alliance citoyenne dans certaines rencontres (Identité Plurielle est l'autre nom de l'association de Zakia Meziani).
Nous retrouvons encore Marwan Muhammad. Julien Talpin était aussi intervenant. Il est celui qui a inspiré à Alliance citoyenne les "méthodes d'organisation des citoyens" de Saul Alinsky. La convergence avec les Frères Musulmans est donc une nouvelle fois établie.

Emportée par son fanatisme, elle a montré son soutien au burqini par un propos que l'on retrouve régulièrement dans les milieux islamistes : la comparaison entre l'oppression que subiraient "les musulmanes", selon elle, et l'extermination des Juifs. Elle compare l'extermination de millions de personnes en raison de ce qu'elles étaient en tant qu'Êtres humains, avec un règlement applicable à tous les citoyens sans distinction de couleur, d'origine et de religion. Elle considère le refus d'accorder un privilège au sexisme des islamistes comme la volonté d'exterminer la totalité des musulmans. Par sa publication, elle a poussé la racialisation de l'islam (car on adhère à une religion, elle ne fait pas partie de l'ADN) à l'extrême. Elle a poussé cette racialisation au point de comparer les musulmans aux Juifs pour tenter de hisser par tous les moyens "l'islamophobie" (c’est-à-dire le blasphème) au niveau de l'antisémitisme. La référence à la Shoah est le point culminant.
Elle aurait pu prendre pour exemple un autre génocide. Alors pourquoi celui-là ? Parce que l'Holocauste est la carte premium, le top du top de la victimisation. Par son ampleur et le traumatisme que cela a créé en Europe, il n'y a pas meilleure comparaison pour susciter de façon macabre l'empathie d'un maximum de citoyens.


Comme je l'ai dit, elle n'est pas la première à y avoir recours. Marwan Muhammad par exemple le fit sans complexe en avril 2011. Voir mon article sur ce sujet (1).


La publication de Zakia Meziani a suscité de nombreuses réactions, notamment dans la presse locale. Face à l'ampleur que prend la polémique, elle l'a supprimée au cours de la nuit dernière. Mais elle n'a pas effacé son idéologie de sa mémoire. On n'efface pas des idées si profondément ancrées. C'est ce qui est particulièrement effrayant et devrait effrayer toutes les féministes.

(1) Le CCIF et sa référence à l’Allemagne des années 30, l’arroseur arrosé

Partager :

Agglomération lyonnaise : la nouvelle cible d'"Alliance avec les islamistes"

Par Naëm Bestandji

Agglomération lyonnaise : la nouvelle cible d'"Alliance avec les islamistes"

       Ce soir aura lieu à Villeurbanne une réunion "pour se mobiliser face aux injustices et aux discriminations envers les musulmanes et revendiquer des droits et libertés". On y parlera de "droits civiques" dont elles seraient privées, etc. Bref, nous retrouvons l'alliance politico religieuse entre Alliance citoyenne et des femmes islamistes. Ce duo conserve ses éléments de langage hors sol. Leur but n'est pas de dénoncer une "injustice" mais de cliver la société en suscitant l'émotion par des slogans mensongers et insultants envers les musulmanes.
La liberté revendiquée par ces fanatiques est de se soumettre au diktat d'hommes islamistes qui leur prescrivent une réduction de liberté pour préserver leur libido d'animal en rut. La "liberté" d'être enfermée par le voilement, prison mobile et linceul du féminisme, parce qu'on a eu le "malheur" de naitre femme, n'est pas une source de liberté. C'est une source d'oppression "choisie". Cette fameuse servitude volontaire qui en devient militante. La liberté, par définition, libère, émancipe. Elle n'est pas de différencier et hiérarchiser les Êtres humains selon leur sexe. Réduire sa liberté par sexisme, "choisir" l'enfermement vestimentaire (après avoir été convaincues par des discours culpabilisants vociférés par des hommes) peut donc être présentée comme une forme de liberté. Mais elle n'en a que l'emballage. Un emballage faussement intellectuel mais, par le voile, réellement physique. De plus, en société, toute liberté est encadrée. Une minorité d'excitées a la liberté de réclamer un privilège refusé à la majorité. La société a la liberté de lui répondre "non". La liberté religieuse est tout autant garantie que limitée par la loi. Les intégristes religieux, de toutes religions, souhaitent que cette liberté soit totale et absolue. Ce qui mécaniquement réduirait la liberté des autres. La liberté religieuse sans limites fut une des causes (pas la seule) des guerres de religions que la France a connue au 16e siècle. Notre laïcité d'aujourd'hui trouve justement une grande part de sa source à cette époque violente où les "traités de tolérance" n'ont jamais été efficaces. L'inconscient collectif n'a jamais oublié le massacre de la Saint Barthélemy (24 août 1572).

Sans le savoir, les islamistes tentent de faire bégayer l'histoire, faire renaitre une période et des conflits que nous espérions appartenir à un passé révolu. Il y a bien sûr des différences. La première est que le terrain n'est pas religieux. L'islam n'est qu'un prétexte. La double raison est sexiste et politique. L'islam demande à ses fidèles de faire preuve d'humilité et de discrétion, à la fois dans le vêtement (sans jamais avoir évoqué de voiles) et le comportement. Or, les militantes pro burqini font exactement le contraire. L'islam demande à chacun de ne pas se faire remarquer. Or, en souhaitant se distinguer par le vêtement (voile, burqini), les femmes islamistes font preuve d'exhibition visuelle encore une fois contraire à l'islam. Dans une piscine, la seule façon de faire preuve de discrétion, de ne pas être observée plus que les autres, est de se baigner en maillot de bain comme tout le monde. Le regard est toujours plus appuyé sur une femme en burqini.
En France, l'écrasante majorité des musulmanes ne voient donc aucun problème à se baigner en maillot de bain. Aucun règlement d'aucune piscine ne leur a jamais interdit leur accès. Qu'elles soient femmes et musulmanes n'est pas un critère de restriction règlementaire.

Par contre, l'islamisme souhaite interdire à des femmes d'accéder aux piscines publiques, mixtes, parce qu'elles sont femmes et musulmanes. Certains refusent qu'elles y aillent. D'autres militent pour un "juste milieu" ultra sexiste : la prison mobile du burqini. Leur "liberté" est donc soumise à l'obligation du port d'un vêtement discriminant. L'une des fanatiques de Grenoble avait d'ailleurs très bien exprimé ce "libre choix" : "on est obligées de rentrer couverte". Contrairement au maillot de bain, cette obligation n'est pas motivée par des raisons pratiques.
Tout comme les hommes, les femmes ont le désir de profiter pleinement du soleil et de la baignade, sans entraves textiles pouvant gêner la nage et le plaisir de sentir l'eau, l'air et le soleil sur leur peau. Les hommes y ont droit, les femmes doivent l'avoir aussi sans qu'un jugement moral et sexuel soit porté.
Les islamistes ne voient pas les choses ainsi. Quand les femmes se baignent en maillot de bain pour des raisons pratiques, les islamistes pro burqini militent pour des raisons sexistes. Ils ont comme toujours une vision sexuelle de la situation. Quand les unes souhaitent se dévêtir pour profiter pleinement de la baignade, les autres souhaitent se couvrir, non pas pour le plaisir de macérer dans leur transpiration et de porter un burqini qui colle sous le soleil au bord de l'eau, mais pour le sexisme des raisons morales sous la forte influence des intégristes mâles. Si les femmes en maillot de bain ne sont pas motivées par l'exhibition de leur corps, et encore moins par une excitation sexuelle, les islamistes n'imaginent que ça. Là où les femmes en maillot réfléchissent avec leur cerveau, les islamistes (hommes et femmes) ne voient que l'exposition des corps en pensant uniquement avec leur sexe. Là où les premières n'ont en tête que des raisons pragmatiques, les islamistes n'ont qu'un point de vue moral moyenâgeux. Ils ne voient pas des Êtres humains portant une tenue adaptée à l'activité concernée. Ils y voient des objets sexuels trop découverts, une provocation à leurs frustrations. Ils ne regardent pas les raisons pratiques et l'égalité des sexes dans la baignade, Ils ne voient que leur morale machiste et patriarcale en invoquant Dieu.
Ce militantisme pro burqini a donc aussi pour conséquence une forme de prosélytisme pour encore réduire le champ des possibles des musulmanes qui résistent toujours au voilement.

Ainsi, si l'accès à la baignade est conditionné par le recouvrement des corps de ces femmes islamistes, la discrimination et la réduction de liberté sont bien du côté des pro burqini, pas du côté des règlements intérieurs. Encore une fois, si des fanatiques sont psychologiquement dans l'incapacité de se baigner dans la même tenue que toutes les autres françaises, c'est cela dont il faut s'inquiéter et traiter, non pas modifier les règlements applicables à tous.

Prétendre parler au nom des "musulmanes" est donc particulièrement stigmatisant, essentialisant et insultant pour les musulmanes. Une poignée de bigotes voilées qui ont intériorisé la diabolisation de leurs corps ne représentent en rien les musulmanes. Leurs actions ne sont donc pas plus motivées par la religion. L'islam est instrumentalisé. Il est plus facile d'aller sur le terrain de la liberté religieuse que sur son champ réel : l'égalité des sexes. Le premier permet de se faire faussement passer pour des victimes. Le second ne ferait que refléter la réalité sexiste, politique et archaïque de leurs motivations.

J'ai été informé que mon dernier article, où j'évoque cette réunion du 3 juillet (1), a été transmis à Gilbert-Luc Devinaz, sénateur du Rhône. Aujourd'hui également, le maire de Villeurbanne exprime sa fermeté (2). Face à la brutalité symbolique des actions d'"Alliance avec les islamistes" (nom plus approprié), un cordon républicain se tisse. Nombre de féministes se taisent une fois de plus face au sexisme islamiste. Elles devront un jour en répondre face à l'histoire. Mais les républicains, militants laïques et d'autres féministes sont là pour pallier leur absence.

Tant que l'État n'aura pas tranché cette question, l'association "Alliance avec les islamistes" (qui fut un jour "Alliance citoyenne") et d'autres continuerons à donner des coups de boutoir jusqu'à la rupture des digues.




Partager :

Alliance citoyenne et ses alliées islamistes veulent étendre leurs offensives à d'autres villes

Par Naëm Bestandji

Alliance citoyenne et ses alliées islamistes veulent étendre leurs offensives à d'autres villes

       Depuis le début de l'affaire des burqinis à Grenoble (1), j'avais alerté sur le désir d'Alliance citoyenne de créer des liens avec des islamistes d'autres villes. Son ambition est de générer des points de pression sur le plus de communes possibles afin d'assurer une meilleure avancée de l'islamisme politique à travers l'occultation du corps des femmes. C'est pour cela que la situation de Grenoble est stratégique. La suite de ces opérations politico-religieuses sur le territoire national dépendra de l'issue de la situation à Grenoble. Je rappelle que cette ville en est là par le renoncement des piscines municipales de Rennes face aux islamistes. Si Grenoble cède à son tour, il y aura un effet domino. Voilà pourquoi elle ne doit surtout pas céder, jamais.

Après les deux coups de force des islamistes et d'Alliance citoyenne sur deux piscines municipales, et en prévision de leur appel annoncé de trouble à l'ordre public, la mairie fait preuve de plus de fermeté. Des mesures ont été prises car il y a aussi eu d'autres incidents indirectement liés au burqini : réduction provisoire des horaires d'ouverture des deux grandes piscines municipales (10h à 14h jusqu'au mercredi 3 juillet), fouille des sacs à l'entrée (si des burqinis sont repérés, les personnes pourront entrer seulement si elles les laissent au personnel), agents de sécurité en renfort, interdiction de piscines jusqu'à la fin de la saison pour les sept contrevenantes dont les identités avaient été relevées lors de leur dernier coup de force.
Ces mesures ont fait capoter leur action prévue pour le dimanche 30 juin.

Taous Hammouti, l'islamiste tête de fil de ce groupuscule, a compris qu'il ne lui serait plus possible d'agir à Grenoble comme auparavant (pour l'instant). Elle est donc partie à Roubaix pour peut-être coordonner des actions politiques avec Grenoble. Entre deux rendez-vous, elle a rencontré le populiste Yassine Belattar qui n'a pas manqué d'en profiter pour victimiser tous les musulmans. Il reste fidèle à son soutien aux islamistes. On ne peut pas lui reprocher un manque de constance. Sa participation au projet politico-religieux pro burqini révèle aussi le peu de respect qu'il pourrait avoir pour le corps des femmes.
Le populisme dont il fait preuve à chacune de ses déclarations ne reflète en rien ce que sont les français de confession musulmane. Contrairement à lui, tous ne sont pas des excités qui chouinent à la moindre occasion. Mais comme cela entre dans le logiciel victimaire de Taous Hammouti, la photo est d'à propos.


Le populiste Yassine Belattar pose avec l'islamiste Taous Hammouti
Le populiste Yassine Belattar pose avec l'islamiste Taous Hammouti
Roubaix n'est pas la seule ville concernée. Lyon et sa banlieue le sont également. Alliance citoyenne, représentée par l'"apprentie organisatrice pour l'Alliance Citoyenne" Laura Chameroy, est en lien avec les administratrices de la page Facebook "Les sœurs de Lyon". Créée en 2012, cette page est suivie par plus de 17 000 personnes. Leur vision extrémiste de l'islam inclut évidemment une auto discrimination "choisie" où leur corps est diabolisé, au point de l'occulter totalement sous des abayas ou autres niqabs. Elles sont une illustration du processus qui mène à la servitude volontaire au point d'en devenir les défenderesses et promotrices. Le "féminisme intersectionnel" et les islamistes nomment cela le "libre choix". J'avais évoqué cette notion dans un article précédent (2).

Page Facebook des "soeurs de lyon"

Ayant intégré le rejet de la mixité par leur obsession sexuelle permanente, les administratrices n'apprécient pas la présence d'hommes, même sur leur page : "Règlement de la page : PAS D'HOMMES SUR LA PAGE".


Règlement de la page Facebook des "soeurs de lyon"

En revanche, elles adorent la Palestine comme le montre leur image de profil.

Leur archaïsme et leur rêve de séparatisme communautaire et sexuel trouvent logiquement une oreille favorable au sein d'Alliance citoyenne. Cette association et les Frères Musulmans appellent cette fracturation de la société le "vivre ensemble".

Partenaires, ils organisent une réunion mercredi 3 juillet à Villeurbanne. "Plus on sera, plus on arrivera à se faire entendre et changer les choses et les mentalités" : c’est-à-dire revenir sur les acquis féministes pour mettre en place, de façon "inclusive", les "choses et les mentalités" du Moyen-Age. En résumé, changer la République pour l'amener vers une charia "choisie".
Pour cela, nous retrouvons les mêmes éléments de langage victimaire, la même rhétorique d'inversion qu'à Grenoble : "injustices", "discriminations envers les musulmanes", "droits et libertés". Dans la classique stratégie politique des islamistes, elles réduisent toutes les musulmanes à leur extrémisme et à leur sexisme. Cela permet une meilleure victimisation pour l'extérieur et une pression plus efficace à l'intérieur contre les musulmanes qui ne se cachent pas derrière un voile. Ces dernières seraient moins musulmanes voire pas musulmanes du tout selon ces fanatiques.

Publication Facebook des "soeurs de lyon" du 30 juin 2019
Publication Facebook des "soeurs de lyon" du 30 juin 2019

En partenariat avec des islamistes lyonnaises, Alliance citoyenne organise une réunion pour élaborer des actions politico-religieuses et sexistes
En partenariat avec des islamistes lyonnaises, Alliance citoyenne organise une réunion pour élaborer des actions politico-religieuses et sexistes.

Ainsi, comme à Grenoble, Lyon va bientôt se retrouver confrontée aux mêmes offensives islamistes organisées par Alliance citoyenne. Roubaix et d'autres villes suivront sans doute.
La situation de Grenoble n'est donc pas qu'un épi phénomène, une énième affaire de burqini sans intérêt. Il se joue dans cette ville l'évolution sociétale française de demain, une étape clé pour l'islamisme politique, dont le corps des femmes est encore et toujours son champ de bataille.


Cette vidéo démontre concrètement les raisons ultra sexistes du port du voile et l'affirmation que les piscines municipales sont un terrain de conquêtes pour un certain nombre d'islamistes.



Partager :

Burkini à la piscine municipale de Grenoble : la mairie sous pression d'intégristes musulmanes, fruit de l'histoire de l'islamisme sur l'agglomération

Par Naëm Bestandji

Burkini à la piscine de Grenoble : la mairie sous pression d'intégristes musulmanes

Burkini à Grenoble

       Depuis plus d'un an, les élus de la ville de Grenoble et de la Métropole d'agglomération subissent diverses pressions fomentées par un groupe de fanatiques religieuses soutenu par l'association "Alliance Citoyenne de l'Agglomération Grenobloise". L'objet de cette association est d'"aider les citoyens à s'organiser pour faire face aux situations d'injustice en formant un contre-pouvoir capable d'obtenir des améliorations concrètes sur leurs conditions de vie." Elle agit aussi bien sur les problèmes de logement que sur les discriminations au sens large. Son action dans les quartiers populaires la met en contact avec les habitants, et donc aussi avec les islamistes qui y vivent. Quelques-uns de ces derniers, dans leur stratégie victimaire pour faire avancer leur idéologie, apprécient particulièrement ce genre d'associations souvent composées de relativistes en mal de victimes à défendre. La rencontre avec certaines de ces islamistes se transforma en lune de miel. Depuis, leurs actions plus ou moins spectaculaires pour promouvoir l'intégrisme musulman et son corollaire ultra sexiste se multiplient.

Une nouvelle étape vient d'être franchie. Ces mêmes islamistes soutenues par la même association se sont baignées en burkini à la piscine municipale de Grenoble malgré l'interdiction, pour toujours mieux faire plier la mairie. Avant d'analyser leur rhétorique et arguments, il est nécessaire de comprendre pourquoi et comment Grenoble en est arrivée là.


L'irruption de l'islamisme dès les années 1980

Deux raisons majeures contribuèrent à développer l'islamisme en France. En 1979, la révolution islamique iranienne galvanisa les islamistes sunnites. Elle leur rendit une forme de fierté et se dirent aussi "s'ils y sont arrivés, pourquoi pas nous ?". En 1981 en France, la loi de 1901 fut modifiée pour autoriser les étrangers à créer des associations. Ces deux évènements clés permirent aux intégristes de s'organiser : en 1983, des islamistes réussirent à rassembler plusieurs associations religieuses au sein d'une même union, l'Union des Organisations Islamiques en France (UOIF), branche française des Frères Musulmans. Parallèlement, de nombreux islamistes, dont des salafistes, fuyaient la répression de leur pays respectifs et se réfugièrent en Europe, notamment en France. Ce fut le cas d'islamistes algériens, mais aussi tunisiens et autres. Ils ont pu y assouvir sans entrave leur désir de prosélytisme en prenant le contrôle de salles de prière, en créant leurs propres associations "culturelles" ou bien en s'investissant dans des associations maghrébines laïques pour agir de l'intérieur. Ce fut le cas à Grenoble. La relégation dans des quartiers de plus en plus paupérisés et ethniquement homogènes, la crise économique subie de plein fouet par les immigrés, et le racisme persistant furent les autres facteurs qui permirent à la "salafisation" de l'islam de récolter ses premiers fruits dans les années 1980. Avec les années, les associations "culturelles", qui sont en réalité cultuelles, se multiplièrent.

En décembre 1991 éclata la guerre civile algérienne (1991-2002) qui opposa le régime militaire aux islamistes. Cette guerre marquera durablement nos deux pays sur la question de l'intégrisme, du terrorisme, et de l'identité vécue par une partie des habitants des quartiers populaires français.
Les islamistes djihadistes exportèrent le conflit en France. D'abord par la série d'attentats et de tentatives d'attentats sur notre sol, fomentés par le Groupe Islamique Armée (GIA) dans les années 1990. Mais aussi et surtout par une nouvelle vague de réfugiés islamistes qui mirent leurs "compétences" à profit pour faire du prosélytisme dans les quartiers populaires.

Depuis les indépendances et la forte immigration économique puis de regroupement familial dans l'hexagone, les pays d'origine ont tout fait pour garder un contrôle, ou au moins un droit de regard, sur leurs émigrés. C'est particulièrement vrai pour Grenoble, notamment à travers des associations et y compris dans l’organisation du culte. Jusque dans les années 1990, les pays du Maghreb et la Turquie contrôlaient la quasi-totalité des lieux de culte et plusieurs associations, outils importants de leur politique intérieure et étrangère. Les rares mosquées et salles de prières se partageaient selon les pays d'origine.
A Grenoble comme ailleurs dans l'hexagone, l'apparition de l'islamisme dans les années 1980 marqua le début de l'érosion de l'influence étatique du Maghreb. La répartition des lieux de cultes n'allait plus seulement se faire selon les pays. Ils allaient aussi être partagés, et de plus en plus, selon les courants islamistes. Telle salle de prière pouvait être contrôlée par le Maroc. Telle autre par des salafistes ou bien une autre par des Frères Musulmans. Toutes ces "chapelles" mènent une véritable lutte pour ravir des lieux de cultes aux autres.
Ces contrôles étatiques commencèrent aussi à s'effriter par l'émancipation lente des populations concernées. Les enfants des immigrés, nés en France, avaient peu de liens avec le pays d'origine de leurs parents. Une fois adultes, les consulats eurent moins de prise sur eux. Cela facilita aussi le transfert d'influence vers l'islamisme pour certaines mosquées. La mosquée Al-Kawthar à Grenoble en est un cas d'école. Fermée provisoirement depuis février 2019 en raison de prêches radicaux qui s'y étaient tenus, cette sanction est la conséquence de toute une histoire qui s'inscrit dans la grande et remonte justement à la guerre civile algérienne. J'avais retracé cette histoire dans un article précédent (1).

L'irruption progressive de l'islamisme peut aussi se mesurer à une activité qui peut sembler anodine : les cours d'arabe. Lorsque j'étais enfant dans les années 1980, ces cours étaient dispensés par la Maison des Jeunes et de la Culture de mon quartier de la banlieue de Grenoble. Puis, progressivement, ces cours ne furent donnés que dans des mosquées ou des "associations culturelles" musulmanes. Les structures laïques ont été supplantées par les structures religieuses. Et qui tient ces dernières ?...

Ajouté à cela, l'offensive islamiste se faisait aussi par des livres, des cassettes audios et vidéos largement vendus sur les marchés, les associations et la librairie "islamique" tenue par des salafistes au centre-ville de Grenoble. Nombre de ces livres étaient, et sont toujours, publiés par les éditions Tawhid, également créées dans les années 1990. Installées en banlieue lyonnaise, leur proximité géographique avec Grenoble facilita les contacts et échanges avec les islamistes du Rhône qui eux-mêmes sont en étroit lien avec le centre islamique de Genève tout proche. Ce centre fut créé par Saïd Ramadan, père de Tariq et Hani, et membre important de la Confrérie des Frères Musulmans. Résultat : Tariq Ramadan (qui vivait à Genève et dont de nombreux livres et cassettes audio étaient édités chez Tawhid) avait un succès fou à Grenoble. Il y a donné de nombreuses conférences. J'avais même pu l'accompagner de Grenoble à son domicile de Genève pour m'entretenir avec lui.
Enfin, il ne faut pas non plus négliger le rôle des chaines religieuses satellitaires du Moyen Orient qui, là encore, connurent leur essor dans les années 1990.

Par l'addition de tous ces éléments, l'islam passa du statut de religion à celui d'identité face à cette République qui ne voulait pas reconnaitre tous ses enfants. Cela explique la montée du religieux, dans sa forme intégriste, et le développement de son symbole visible sexiste, politique et identitaire : le voile. Le travail de fond mené par les islamistes commença à porter ses fruits assez rapidement. La première affaire de voile à l'école eut lieu en 1989 dans un collège de Creil.


Conséquences de l'islamisme à Grenoble sur le corps des femmes dès les années 1990

Jusqu'au début des années 1990, nous n'avions jamais vu d'islamistes dans mon quartier de la banlieue de Grenoble. Un salafiste y emménagea au tout début de cette décennie. Nous voyions parfois ses deux femmes sortir, voilées de la tête aux pieds, en noir ou bleu foncé. Elles étaient gantées, leurs yeux dissimulés derrière un voile sombre. Leur mari avait toute la panoplie vestimentaire et pileuse du salafiste. Si ses deux femmes faisaient peur, surtout aux enfants, lui nous faisait rire. Il jouait au parfait et pieu musulman mais il cachait toujours un pack de bières dans sa boite aux lettres. Ce fut mon premier contact avec un islamiste. A l'époque, aucune femme n'était voilée puisque seuls les intégristes le prescrivent. Un hijab aurait choqué tout le monde, y compris les musulmans pratiquants. Alors voir un salafiste polygame et ses deux femmes bâchées, c'était "Rencontre du troisième type".

Dans les années qui suivirent, des actions politico-religieuses pro voiles menées par des islamistes perturbèrent le fonctionnement de certains établissements scolaires en France, avec toutes les conséquences que cela pouvait entraîner pour les filles. En 1994, une lycéenne avait été renvoyée du lycée Emmanuel Mounier de Grenoble pour avoir refusé de retirer son voile. Fanatique, elle campa devant le lycée et entama une grève de la faim en février pour contraindre l'établissement à l'accepter avec son voile qu'elle considérait plus important que ses études. Elle fut soutenue par l'Union des Jeunes Musulmans (UJM), un des satellites créé par l'UOIF. L'association islamiste réussit à rassembler environ un millier de jeunes musulmans venus d'une douzaine de villes pour la soutenir. La grève de la faim de la lycéenne dura 23 jours, en vain. Le lycée ne cédant pas, elle fut transférée dans un autre établissement. Des pressions similaires se multiplièrent en France. Les islamistes rêvaient de cacher les femmes derrière un voile pour préserver leur libido d'obsédés sexuels, comme tous les islamistes du monde. Pendant que des Françaises musulmanes militaient pour porter le voile, symbole du sexisme sous l'influence d'islamistes, des femmes se faisaient égorger au même moment en Algérie parce qu'elles refusaient de se voiler…

Toutes ces pressions sur l'école poussèrent François Bayrou, ministre de l'Éducation Nationale de l'époque, à diffuser en septembre 1994 une circulaire sur les signes religieux ostentatoires. Il faudra attendre encore dix ans, et une expansion des problèmes d'année en année, pour qu'une loi soit enfin votée.
Du milieu des années 1990 au milieu des années 2000, j'avais aussi observé ces évolutions dans le cadre de ma profession d'animateur socio-culturel dans divers quartiers populaires de l'agglomération grenobloise. Le développement de l'intégrisme musulman avait des conséquences sur les filles, toujours les premières victimes par le contrôle des corps et des déplacements. J’avais vu les comportements des garçons vis-à-vis des filles changer, puis des filles entre elles… J'avais constaté l'évolution vestimentaire de certaines qui ont opté pour le survêtement et se comportaient comme les garçons pour pouvoir s'affirmer un minimum. Quand d'autres ont opté pour le hijab voire le voile intégral. J’ai vu la question de la "réputation" prendre de plus en plus d’importance. Cette "réputation" familiale que seule la fille porte sur ses épaules et dont le voile est apparu comme un label officiel de bonnes mœurs. J’ai vécu la difficulté de plus en plus grande de proposer des activités mixtes aux adolescents. J’ai été confronté aux conséquences souvent graves pour une jeune fille du mythe de la virginité au mariage. J'avais constaté que les islamistes gagnaient les âmes au point que certains animateurs se mirent à utiliser des formules religieuses lorsqu'ils s'adressaient aux jeunes dont ils avaient la charge, chose inimaginable auparavant.
Ce ne sont que quelques exemples parmi d'autres. Je mesurais chaque jour un peu plus la menace de cet intégrisme religieux qui devenait une norme à ne pas remettre en question, car il fallait se distinguer de ces "français" qui nous rejetaient. Le communautarisme faisait son nid, tranquillement.

A la naissance du comité "Ni Putes Ni Soumises" de Grenoble, que j'avais créé en janvier 2004 et présidé pendant quelques années, il me sembla important de dépasser mes expériences et vécus personnels. Nous devions avoir une meilleure vue d'ensemble de la situation sur Grenoble. Nous avions alors rencontré plus de soixante personnes (des adolescents, des associations de défense de victimes et de droits des femmes, des centres sociaux, des animateurs socioculturels, des éducateurs spécialisés, des enseignants, etc.). La montée de l'intégrisme musulman, le rôle grandissant des associations religieuses, le recul de la mixité et la pression croissante sur les filles étaient partout une réalité, sans exception.

La directrice d'un centre social m'avait fait part de son témoignage : "Quand nous rencontrons des jeunes filles et que nous discutons de leur situation, elles disent "chez nous c’est comme ça". Elles sont fatalistes. D’ailleurs la plupart d’entre elles s’habillent en garçon. On a éduqué les garçons vers l’extérieur et les filles vers l’intérieur. Sur les quartiers, les histoires d’amour se vivent cachées."

Le constat d'une animatrice était proche : "Pour certaines jeunes filles, le choix se résume à se marier ou à continuer ses études. A l’intérieur du quartier on montre du doigt celle qui ne pratique pas la religion. Dans le quartier, les jeunes filles ont toujours eu du mal à accueillir des copains chez elles. Tout cela est dû à la culture, les traditions et les principes. Par exemple aujourd’hui, elles ne peuvent même plus appeler un garçon. Parfois elles le font d’ici. Il faut dénoncer le côté irrespectueux des garçons et le reste. Ils respectent uniquement les filles voilées. Les filles doivent faire attention à ce qu’elles mettent si elles ne veulent pas être traitées de putes."

Deux éducatrices spécialisées faisaient également un constat amer : "Des filles paraissant libres nous disent qu’elles finiront mariées avec des gosses. C’est pour ça que, pour elles, ça sert à rien de faire des études. Elles sont résignées et nous disent qu’on ne peut pas comprendre. Ces jeunes filles sont partagées entre leur culture et l’émancipation. Elles ne s’approprient pas les acquis féministes de la même manière."

Un autre témoignage, recueilli auprès d’un directeur d’une structure socio culturelle, résumait aussi la situation : "Depuis quelques années, il y a un changement de la vision des garçons par rapport aux filles. Il y a également un repli communautaire, une montée de la pratique religieuse et de ses extrêmes qui sont dus, d’après moi, à la déception de la politique. (…) La mosquée est fortement présente dans la vie sociale du quartier. Il y a aussi deux associations religieuses qui se sont créées ces dernières années, une pour les hommes et une autre pour les femmes. Ces deux associations sont proches de l’UOIF. Elles prônent un islam dur et communautaire."
Au fil de nos entretiens, nous réalisions le rôle social croissant de la religion et la multiplication d'associations religieuses dites "culturelles" pour "faire du soutien scolaire et lutter contre la délinquance" dans de nombreux quartiers de Grenoble et de son agglomération. Cette OPA des islamistes sur les missions de la collectivité et des associations laïques n'était pas spécifique à Grenoble. Tout le pays était concerné.

La directrice d'un centre social de Grenoble me donna un exemple des conséquences de cette influence islamiste. L'activité couture existait depuis des années. Mais depuis quelques temps, certaines femmes s'étaient mises à porter le voile intégral. Au-delà de l'aspect choquant, cela posait des questions éthiques aux professionnelles. Mais le plus grave fut l'attitude de certains maris. Ils surveillaient constamment leurs femmes. Certains débarquaient parfois durant l'activité pour vérifier qu'il n'y avait pas d'hommes présents. Puis ils finirent par leur interdire de s'y rendre. L'esprit des islamistes est entièrement occupé par le sexe. Ils ne pensent qu'à ça. La présence possible d'hommes, voire même simplement la possibilité d'en croiser, était  considérée comme une tentation sexuelle trop risquée à leurs yeux. La fonction du voile n'était pas une barrière suffisante. Les femmes devenues salafistes se coupaient progressivement de tout lien social. Les professionnels semblaient impuissants. Les religieux prenaient le relais.

Les enseignants rencontrés partageaient le même constat : "Depuis quelques années nous avons pu observer un changement dans les relations entre garçons et filles. Ils se mélangent moins. La religion s’invite aujourd’hui dans notre établissement. Certains élèves font même du prosélytisme."

Les discours tenus par la trentaine d'adolescents que nous avions rencontrés corroborèrent les témoignages des professionnels. Agés de 15 à 19 ans, nous les avions interviewés individuellement ou par petits groupes.
Des garçons nous expliquaient que "une fille bien ne doit pas avoir de fréquentations. Elle doit s’occuper de ses études et de la maison. Le jour de son mariage elle doit être vierge. Pour nous, les garçons, c’est pas pareil. Les filles portent l’honneur de la famille. Nous, on peut avoir des rapports sexuels avant le mariage."

Le plus surprenant est que des jeunes filles défendaient ces points de vue :"Nous sommes inférieures aux garçons, c’est normal parce que c’est comme ça. (…) Si une fille se fait violer dans une cave, c’est qu’elle l’a un peu cherché."

Les interventions en milieu scolaire étaient aussi révélatrices. En abordant des sujets sans tabou, certains lycéens exprimaient des idées qui choquèrent les enseignants : la fille serait responsable de son sort selon les vêtements qu'elle porte. Un garçon qui couche, c'est normal. Une fille qui couche est une "pute". Les filles seraient respectables si "elles se respectent d'abord". Pour beaucoup, il ne doit pas y avoir de relations sexuelles avant le mariage. Dans leur esprit, il s'agissait bien de mariage. Vivre en union libre leur était inconcevable, immoral. Ils sont convaincus qu'il est possible de savoir si une femme est sexuellement vierge. Le mythe de la virginité et les stéréotypes sexistes sont bien ancrés. Là encore le plus étonnant est que des filles étaient plus dures que les garçons dans leurs propos. Elles étaient sans pitié vis-à-vis des filles qui seraient trop "libérées".

Leur première justification était religieuse, en y joignant le "respect". Ils avaient la même définition du respect que celle des islamistes. Je pourrais la résumer ainsi : l'homme doit être respecté, la femme doit se respecter. La définition du dictionnaire ne leur parle pas. Leur connaissance religieuse était du même niveau : proche du néant.

Avoir comme premier et principal repère l'islam, définir ce qui est permis ou pas uniquement par la religion et non par les lois de la République, était un élément commun à de très nombreux adolescents rencontrés. Les conséquences les plus importantes étaient subies par les filles, dont certaines étaient actrices volontaires de leur propre oppression. Aujourd'hui, celles et ceux qui défendent le "féminisme islamique" (sic) appellent cela le "libre choix".

Tous leurs propos étaient d'un autre temps. Les enseignants étaient effarés. Tous les jeunes n'étaient évidemment pas sur ces positions. Certains auraient aimé exprimer leur désaccord. Mais la crainte de subir des remarques, moqueries, et la pression communautaire étaient trop fortes pour oser le faire.

Quelques années plus tard, en 2010, lors de mes recherches universitaires sur l'islamisme politique, j'avais eu l'occasion de me rendre au Centre Culturel Musulman de Grenoble (CCMG). Je me disais que je pourrais y trouver les ouvrages islamistes dont j'avais besoin. Bingo : dans ce domaine, c'était la caverne d'Ali Baba. Son centre de documentation regorgeait d’ouvrages islamistes plus durs les uns que les autres. On pouvait y trouver la collection complète des œuvres de Tariq et Hani Ramadan, Youssef Al-Qaradhawi, les compilations de l’ensemble des décrets des fatwas prises par le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche (organisation européenne des Frères musulmans présidée par Y. Al Qaradhawi et dont l’UOIF est membre), les ouvrages de théologiens wahhabites, etc. Trouver les justifications et bonnes manières pour battre son épouse n'a jamais été aussi facile tant les livres qui les décrivent sont nombreux. Idem pour le voile, la plupart du temps dans les mêmes ouvrages. En revanche, impossible d’y trouver les écrits de musulmans rationalistes et de livres qui expliquent que le voile n'a rien d'islamique.
Les enfants ne sont pas oubliés. En tant que futurs citoyens, c’est même leur première cible. Les diverses activités éducatives, culturelles et de loisirs qui y sont proposées ne sont que des supports pour endoctriner leurs adhérents. De plus, des livres pour la petite enfance ou des informations sur des activités de loisirs avaient pour illustration des fillettes voilées parmi d’autres bambins. L’objectif est d’instiller le voile chez les enfants, en faire un "vêtement" comme un autre en habituant les fillettes à le porter pour leur faire accepter leur futur statut d’objet sexuel qu’il faudra cacher. Ainsi, elles "choisiront" plus tard, d’elles-mêmes, de le porter… "librement".
Centre Culturel Musulman de Grenoble
Exemple d'activité et de son illustration par le CCMG. Ici, l'endoctrinement dès le plus jeune âge à la cause Palestinienne et par le biais de la confessionnalisation du conflit. Deux petites filles voilées figurent parmi les autres enfants. Un des moyens de banaliser le voile.


L'affaire du burkini est l'héritage de cette histoire

Nous payons le prix de tout ceci aujourd'hui. Le Centre Culturel Musulman de Grenoble se porte toujours aussi bien. Le Comité Contre l'Islamophobie en France (CCIF), idéologiquement la branche juridique des Frères Musulmans en France, y intervient parfois. Des prédicateurs fréristes comme Hassan iquioussen ou salafistes comme Nader Abou Anas, dont les propos sur les femmes et leur "pudeur" sont dignes de l'Oscar du meilleur obscurantiste, aiment répondre positivement à l'invitation de lieux de cultes sur l'agglomération.

Le prédicateur salafiste Nader Abou Anas est invité à Echirolles
Le prédicateur Frère Musulman Hassan Iquioussen est invité à Echirolles

Une mosquée a été fermée en février dernier par les services de l'État, une école salafiste est sur le point de l'être (2). En avril 2017, une entraineuse de foot féminin refusa, par fanatisme, de retirer son voile le temps d'un match, privant ainsi son équipe d'une finale pour laquelle les jeunes joueuses avaient tant travaillé (3). Et l'association "Alliance Citoyenne de l'Agglomération Grenobloise" s'associe à des islamistes pour faire pression sur la mairie de Grenoble.
La dangereuse dérive de cette association ne peut seulement s'expliquer par l'influence de quelques militantes intégristes. Ce partenariat avec l'islamisme est inscrit dans son ADN depuis des années. Elle compte par exemple, parmi ses divers partenaires, le Centre Culturel Musulman évoqué plus haut mais aussi la branche estudiantine des Frères Musulmans : EMF (Étudiants Musulmans de France).


Les partenaires de l'Alliance citoyenne, dont des islamistes
Source : https://alliancecitoyenne.org/amis/
Ces partenariats sont en partie à l'origine de ses actions d'aujourd'hui par capillarité idéologique et porosité entre militants. Les islamistes concernées sont les héritières de tout ce que j'ai relaté plus haut et dont cette association apporte sa "modeste" pierre à l'histoire et la construction de l'islamisme grenoblois. La chef de file de ses actions, Taous Hammouti, est d'ailleurs une grande fan de Tariq Ramadan vu la promotion zélée qu'elle fait du prédicateur sur sa page Facebook. Elle aime aussi relayer des actions du CCIF et de son ex directeur Marwan Muhammad.


Taous Hammouti aime partager des publications du CCIF
Taous Hammouti aime faire la promotion de Marwan Muhammad
Promotion pour Marwan Muhammad et le RAMF, plus grand rassemblement islamiste d'Europe organisé par les Frères Musulmans de l'UOIF.
Ce dernier, fervent militant de l'extrême droite musulmane, avait eu l'occasion d'exposer sa vision de ses coreligionnaires féminines. Musulmanes qui, selon lui, se voilent pour "ne pas se soumettre au mode de vie tel qu'il est pratiqué ici", à savoir le mode de vie dépravé des françaises qui se mettent nues pour vendre du yaourt (référence classique dans les cercles islamistes) (4).



En bon intégriste, elle considère également que Charlie Hebdo est responsable de ce qui lui est arrivé le 7 janvier 2015 car c'est lui qui, par ses dessins, aurait "dégainé le 1er"… Apologie du terrorisme dans toute sa splendeur.

Taous Hammouti bascule dans l'apologie du terrorisme



La rhétorique d'inversion des islamistes : inverser les rôles et culpabiliser la population

La première action médiatique de ce collectif fut leur tribune dans Libération le 1er mars 2019, suite à l'affaire du "hijab de running" de Décathlon qui enflamma les réseaux sociaux (5). Quelques jours plus tard, le 6 avril, une poignée de ces militantes coururent ensemble dans Grenoble et brandirent des pancartes (6). L'objectif est clair : faire de leur sexisme religieux et prosélyte une norme, de leurs actions politico-religieuses une légitimité, faire plier la société pour la ramener en arrière au nom du respect du sexisme et de la pratique religieuse leur graal. Pour cela, ces fanatiques usent de la stratégie politique victimaire typique des Frères Musulmans : la rhétorique d'inversion. On fait de fausses comparaisons, on récupère les termes qui font sens à la société française, on inverse les rôles et les concepts, pour les retourner contre la République. J'avais détaillé et analysé cette rhétorique dans un article précédent (7).

Ainsi, dans chacune de leurs actions, ces intégristes se présentent d'abord comme de simples musulmanes. Les autres, les "impudiques" qui se promènent sans voile et se baignent en maillot de bain, seraient moins musulmanes ou ne le seraient même pas du tout. Cela fait des islamistes les porte-paroles de toutes les musulmanes. Une musulmane étant ainsi identifiée au voile et à l'extrémisme qui l'accompagne. Voilà comment effrayer la société pour ensuite se plaindre que les citoyens ont peur de l'islam, ce qui nourrit la victimisation permanente des islamistes… C'est un cercle "vertueux". La presse, sans aucun esprit critique, reprend cela. Exemple avec le journal Libération : "Le collectif Alliance citoyenne, qui milite pour les droits civiques des femmes musulmanes (…)" (8). Cette volonté de faire croire qu'elles sont de simples musulmanes et de prétendre qu'elles se battent pour "les femmes musulmanes" est un classique chez les islamistes. La plus en pointe en ce domaine aujourd'hui est l'association Lallab dont Taous Hammouti relaye parfois les publications.

Taous Hammouti se retrouve sur la ligne de Lallab dont le sexisme est issu des Frères Musulmans

Une fois ce cadre "représentatif" posé, on peut commencer la victimisation : à l'école, dans la fonction publique, dans les piscines, les (intégristes) musulmanes seraient discriminées. Nous passons d'une auto discrimination "choisie", en s'affublant de plus du vêtement le plus raciste et discriminant que l'Être humain ait inventé, à une discrimination subie dont les coupables ne sont pas les hommes qui leur ont prescrit le voile mais la société qui souhaite limiter l'expansion de ce sexisme "religieux". L'inversion est totale.

Si certains cas sont effectivement des discriminations bien réelles et punissables par la loi, d'autres n'en sont pas et sont même purement fantasmés. Exemple : "on veut nous empêcher de faire du sport" ou "on nous interdit l'accès à la piscine" ou encore "on m'empêche d'être fonctionnaire". Personne n'empêche les intégristes de faire du sport, et encore moins les musulmanes dans leur ensemble. La polémique de Décathlon n'avait pas pour objet l'accès au footing des femmes voilées mais la vente d'un vêtement ultra sexiste par une grande marque. Il est inconcevable que ces marques participent à l'expansion de l'islamisme et de son corolaire sexiste, contribuant ainsi à enfoncer les musulmanes qui, partout dans le monde y compris en France, résistent encore à cette pression islamiste. Sauf peut-être l'extrême droite, personne n'a demandé à ce que ce vêtement soit interdit de vente en France. Les boutiques islamistes peuvent en vendre sans problèmes. On les trouve facilement sur internet et dans certaines boutiques de nos banlieues.

Pour l'accès à la piscine publique, comme pour la fonction publique, les femmes musulmanes ne sont pas discriminées. La preuve, elles sont des milliers à se baigner dans ces piscines et à être fonctionnaires. Quant à celles qui sont voilées, là encore ces accès ne leur sont pas interdits. C'est le voile qui l'est, pas leur personne. Refuser ces accès à un individu parce qu'il est noir ou Maghrébin est une discrimination. La couleur de peau, l'origine ethnique, ne sont pas un choix et ne définissent pas quel Être humain nous pouvons être. Or, le port d'un vêtement tel que le voile envoie un message, ici sexiste et politique (le religieux n'est qu'un prétexte). On ne nait pas avec un hijab, un jelbab ou un burkini. Contrairement à la couleur de peau, le voile n'a rien d'inné. Il n'est pas incrusté dans les gènes. Il est le fruit d'un endoctrinement idéologique. Le retirer pour quelques minutes ou quelques heures afin de se plier à la règle commune applicable à tout citoyen est tout à fait normal… sauf pour les fanatiques de la libido. Il n'y a donc aucune discrimination. Il y a seulement des règles communes à respecter. Accorder un privilège, une dérogation à ces règles, n'est pas un geste d'égalité. C'est un passe-droit. Ce n'est donc pas le règlement de la piscine qu'il faut interroger mais l'intransigeance de ces personnes qui refusent de retirer leur voile, preuve d'un endoctrinement profond, et militent pour se baigner en burkini. C'est cet intégrisme et ce sexisme qu'il faut traiter, non les règles sociétales qu'il faudrait changer pour s'y plier. Accuser la société de discrimination envers un vêtement (auto) discriminant est là encore une inversion accusatoire.

Ce 6 avril, elles avaient annoncé la couleur : "On se baignera, en combi ou en maillot, même si Piolle [maire de la ville de Grenoble] ne le veut pas, nous, on se baignera". Ce fut chose faite un mois plus tard.
Depuis un moment déjà, elles avaient créé un groupe de testing de femmes voilées, piloté par Alliance citoyenne, pour tester les piscines afin de faire pression sur les élus. Mais cette fois, dans une publication sur sa page Facebook datée du 17 mai 2019, le collectif Alliance citoyenne fut fier de relater sa dernière action : "A Grenoble, les femmes musulmanes membres de l'Alliance Citoyenne ont désobéi au règlement intérieur leur interdisant d'accéder à la piscine municipale. Elles se sont baignées pendant une heure malgré les injonctions de sortir" (9).


Alliance Citoyenne de l'Agglomération Grenobloise cherche un créer des liens avec des islamistes de Roubaix

Comme leurs actions précédentes, qui reprennent les éléments de langage des Frères Musulmans, l'objectif est double :
- séduire et culpabiliser la population et les élus par leur stratégie et arguments victimaires.
- Faire pression sur la mairie afin de faire accepter le voile, et les valeurs sexistes et politico-religieuses qui en découlent, partout.

Cette action, comme les autres, n'est pas motivée par la religion ou la liberté religieuse. Si le Coran n'a jamais évoqué le moindre voile (seuls les islamistes le prescrivent), il affirme en revanche que les musulmans (hommes et femmes) doivent faire preuve de discrétion et d'humilité dans leurs tenues et attitudes afin d'éviter les regards sur eux trop appuyés. Or, le voile, le burkini, et particulièrement ces actions de ces islamistes grenobloises, font exactement l'inverse : exhibition faussement religieuse, attirance de tous les regards sur elles, absence totale de discrétion et d'humilité. Leurs motivations n'ont rien de spirituelles. Elles sont entièrement politiques.
L'interdiction de ces vêtements dans les piscines municipales n'a donc rien à voir avec l'islam. Les musulmanes ne sont pas visées non plus. La médiatisation de ces affaires ne concerne que les intégristes musulmans parce qu'aucun autre intégrisme d'aucune autre religion ne se comporte de la sorte. Accuser les féministes universalistes et tout autre opposant de ne s'en prendre qu'aux (intégristes) musulmanes est donc là encore une inversion accusatoire. Ce n'est pas notre faute si seuls les islamistes se comportent ainsi. Par cette rhétorique d'inversion, les islamistes et leurs soutiens n'ont d'autre choix, comme toujours, que de confessionnaliser le sujet. Amener le débat sur le terrain de la laïcité est plus pratique pour eux que son véritable terrain : le sexisme, l'égalité des sexes.
Enfin, si cette demande de privilège est accordée, quid des hommes qui ont l'obligation de se baigner uniquement en maillot de bain ? Pourront-ils aussi se baigner en bermuda ou porter un scaphandre par "pudeur" ? Si l'argument de la discrimination est retenu, alors il faut le retenir pleinement et pour toutes les autres revendications de baignade.

Face à l'impasse de la lutte pour obtenir des horaires aménagés où hommes et femmes seraient séparés, ces intégristes se concentrent pour l'instant sur l'acceptation du burkini. Les baignades non mixtes, ce sera pour plus tard, une fois que le burkini sera mieux accepté. C'est la stratégie classique des petits pas où, après chaque "accommodement raisonnable" (qui ne sont rien d'autres que des renoncements), on se met à militer pour le suivant. Ces islamistes ne s'en cachent pas. Un des objectifs de leurs actions à Grenoble est, par exemple, de pouvoir être examinées uniquement par des femmes médecins (10).
Comme évoqué plus haut, les Frères Musulmans sont doués pour récupérer ce qui nous fait sens pour les retourner contre la République. Ainsi, les islamistes deviennent les vrais défenseurs de la laïcité, leur sexisme devient féministe, leur désir communautariste sous leur joug devient le "vivre ensemble", leur racisme devient de l'antiracisme, refuser leur totalitarisme devient de l'intolérance, etc. Ils n'hésitent pas non plus à détourner des expressions féministes comme "pro choix" pour le voile. Jamais en manque d'imagination dans ce domaine, les islamistes grenobloises soutenues par Alliance citoyenne osent cette fois faire appel à l'image de Rosa Parks :

"[ Rosa Parks a la piscine / Droits Civiques des femmes Musulmanes ]
65 ans après Rosa Parks qui a désobéi aux règles interdisant aux noirs de s'asseoir dans certaines parties du bus, elles utilisent la désobéissance civile pour les droits des femmes musulmanes en France."


Instrumentalisation de Rosa Parks : la rhétorique d'inversion poussée à l'extrême

Pourquoi cette référence ? Pour créer un lien entre conquête des droits civiques aux États-Unis contre la ségrégation raciale et interdiction dans certains lieux de signes religieux ostentatoires dont ce type d'image dégradante des femmes. L'adhésion à l'extrémisme religieux devient équivalente à la couleur de peau. L'interdiction du sexisme au nom du religieux dans certains lieux devient une discrimination raciale. L'intérêt est de culpabiliser population et élus en faisant croire qu'encadrer ce sexisme moyenâgeux et sexuellement raciste serait...raciste et sexiste.

Cette volonté de marquer son corps par son occultation prescrite par des hommes, de discriminer les femmes et d'assigner les musulmanes à un objet sexuel devant être caché, est l'inverse de l'acte de Rosa Parks qui refusa d'être assignée à sa couleur de peau et d'être discriminée. Elle ne demandait pas une dérogation pour bénéficier d'un privilège lié à l’interprétation extrémiste d'une religion afin de se différencier du reste de la population par une auto discrimination. L'acte de cette femme courageuse fut motivé par la liberté, la lutte contre le racisme, l'égalité pour tous. L'acte de ces islamistes est motivé par l'aliénation à un dogme dont les plus radicaux leur recommande de s'auto discriminer et s'auto stigmatiser uniquement parce qu'elles ont un vagin.
A l'époque de Rosa Parks, noirs et blancs étaient séparés dans les transports, les restaurants et d'autres lieux dans nombre de territoires des États-Unis. C'était la ségrégation raciale. Aujourd'hui en France, les islamistes font tout ce qu'ils peuvent pour créer une ségrégation religieuse, un apartheid sexuel dont le voile est l'outil de prédilection, la piscine un des lieux de leur lutte. Rosa Parks prit le risque d'être arrêtée pour s'être assise dans ce bus, pour que les mêmes lois s'appliquent à tous sans distinction. En réclamant de modifier les règles communes à leur seul profit, et au détriment de toutes les femmes qui refusent ce diktat patriarcal, les islamistes font exactement l'inverse. En effet, définir ce qui est "pudique" (et donc ce qui ne l'est pas) et demander à ce que la loi commune s'adapte à une minorité, contribuera à accentuer la pression sur les musulmanes qui refusent encore le voilement. Puis, avec le temps, la pression sera sur toutes les femmes.

Cette comparaison avec Rosa Parks est donc hallucinante de mauvaise foi, une insulte à sa mémoire dont l'acte d'un jour marqua l'Histoire de la lutte contre le racisme. Ses dignes héritières sont celles qui se battent partout à travers le monde, souvent au péril de leur vie, pour ne plus avoir à porter ce symbole antique de discrimination et de l'asservissement des femmes à la libido masculine.

Pour ne pas faire les choses à moitié dans la récupération du féminisme pour faire de l'antiféminisme, la publication Facebook d'Alliance citoyenne détourne le nom de l'association "Osez le féminisme" pour ceci : "Osez l'Islamo féminisme". Elle récupère également d'autres termes qui nous font sens pour inscrire dans l'inconscient collectif que leur sexisme serait féministe : "MLF", "girl power", etc. Ces intégristes d'un autre âge n'ont honte de rien.

Mais l'association ne s'arrête pas là. En répondant à une partisane en commentaire de cette fameuse publication, Alliance citoyenne propose de créer un lien entre les intégristes musulmanes de Roubaix et celles de Grenoble pour coordonner des actions politico-religieuses afin d'assurer une meilleure pression sur les piscines municipales. Le maire de Grenoble sera ravi de prendre connaissance de cette initiative lors de sa rencontre prévue avec ces fanatiques obsédés de la libido et de l'occultation du corps des femmes dont l'islam n'est qu'un prétexte.
date du commentaire : 18 mai 2019 à 23h09
La mairie résistera-t-elle encore longtemps à ces pressions dont l'objectif est de ramener les femmes à ce que nous pensions être une époque révolue ? Cèdera-t-elle comme a cédé la ville de Rennes il y a quelques mois ? L'été arrive à grand pas, les coups de pression seront encore plus nombreux. C'est un bon cliffhanger pour le prochain épisode de l'histoire de l'islamisme sur l'agglomération grenobloise.











Partager :

Articles les plus consultés