L'intersectionnalité : le nouveau défi de la lutte pour l'égalité des sexes

L'intersectionnalité : le nouveau défi de la lutte pour l'égalité des sexes
Manifestation pour la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes,
Paris, le 24 novembre 2018
       L'irruption grandissante de l'intersectionnalité dans le féminisme est le nouveau défi lancé à la lutte pour l'égalité des sexes.
Le féminisme n'est pas qu'un mais multiple. Pour ne pas entrer dans des détails qui ne concernent pas le cœur de cet article, et pour que l'approche soit non fastidieuse et accessible à toutes et à tous, nous pourrions identifier deux grandes tendances : le féminisme différencialiste et le féminisme universaliste.

Le féminisme différencialiste considère que les femmes, de par leur biologie, ont des dispositions naturelles spécifiques. Elles seraient par exemple plus aptes que les hommes à élever des enfants. Elles seraient plus sensibles, plus pacifiques et sauraient exprimer leurs émotions mieux que les hommes. Ces féministes luttent pour une meilleure prise en compte, une mise en valeur des spécificités féminines, comme la maternité, afin d'assumer certains rôles à égalité avec les hommes dans la société (tout en préservant leur rôle traditionnel au sein du foyer). Une femme cheffe d'entreprise dirigerait différemment, voire mieux, qu'un homme. Une présidente de la République serait moins encline à entrer en guerre, etc. L'objectif n'est pas l'égalité des sexes mais l'équité à travers la complémentaire.
Ce féminisme est surtout installé aux États-Unis.

Le féminisme universaliste, dans lequel je m'inscris, considère que les différences biologiques ne justifient pas les différences genrées, anti-chambre du sexisme et du patriarcat. Les "émotions", spécificités ou rôles dévolus aux femmes sont des héritages culturels. Ces perceptions genrées sont construites dès la petite enfance à travers l'éducation familiale et les codes culturels sociétaux. La phrase de Simone de Beauvoir, "On ne nait pas femme, on le devient", est une des déclarations qui exprime le mieux la philosophie de ce féminisme.
Les femmes ne sont pas moins dures ni moins bellicistes que les hommes. Elles peuvent faire preuve d'autant de courage sur un champ de bataille que de fermeté "virile" à la tête d'une entreprise. Une femme qui ne souhaite pas avoir d'enfants ou s'en occupe moins bien que son conjoint n'est pas une "mauvaise femme". Une femme qui assume et assouvit ses désirs sexuels "comme un homme" n'est pas une "fille facile" ou une "femme de mauvaise vie". Les équivalents masculins n'existent pas. Ils n'ont pas lieu d'être pour les femmes.

Ce féminisme considère également que toutes les femmes du monde doivent avoir les mêmes libertés et les mêmes droits. Peu importe la couleur de la peau, la culture, la religion ou le pays, le lieu de naissance ne doit pas être une roulette russe où "tu perds ou tu gagnes". Aucune idéologie politique ou religieuse, aucune tradition, culture ou philosophie ne peut justifier des spécificités, des discriminations basées sur le sexe, au nom du "respect" de la communauté ou des croyances. La lutte pour l'égalité des sexes est prioritaire et passe toujours au-dessus de toute autre considération. C'est le principe de base des Droits de l'Homme. Cela devrait l'être pour les "Droits de la Femme", comme l'avait exprimé Olympe de Gouges. Les Droits Humains seraient ainsi les mêmes pour tous, quel que soit son sexe. Cette utopie universaliste est le moteur militant de milliers de femmes à travers le monde, notamment dans les pays où la religion et les traditions patriarcales sont profondément ancrées, comme en Inde ou dans les pays musulmans par exemple. L'islam, dans sa forme rétrograde, et ces traditions dominent également certains territoires en France. C'est au nom de cet universalisme qu'est né en 2004 le mouvement Ni Putes Ni Soumises (NPNS). Lancé par des citoyenn(e)s de quartiers populaires de toutes origines et toutes (non) confessions, il rassembla bien au-delà de ces quartiers pour que l'universalisme soit une réalité partout dans le pays. Pourquoi une telle initiative ? Parce que la situation de nombreuses femmes dans ces "territoires perdus de la République" était devenue préoccupante. Le poids de traditions patriarcales, le développement de l'islamisme dont le voile était l'élément de plus en plus visible, favorisés par les problèmes économiques et sociaux, ont rendu intenable la situation de nombreuses femmes. Assignées au "respect" des traditions, de la religion et de la réputation de la famille (uniquement portée par les filles), les violences psychologiques et souvent physiques subies étaient proportionnellement inverses à l'intérêt que leur portaient les féministes historiques. L'universalisme s'arrêtait aux portes des quartiers. En dehors de quelques grandes associations comme le Planning Familial ou Femmes Solidaires, et quelques associations locales, les féministes ne s'intéressaient pas à ces femmes. NPNS est né de ce vide. Sous le slogan "laïcité, égalité, mixité", ce mouvement avait compris que seule l'universalité des droits, à travers notamment la laïcité pour remettre la religion à ce qui doit être sa place, pouvait changer les choses. Malheureusement, par la forte opposition des islamistes, et certains choix et orientations peu judicieux, NPNS ne parvint pas à s'implanter largement dans ces quartiers. Mais il accueille chaque année dans ses locaux de nombreuses femmes en détresse et continue à mener des actions.

Dès le départ et durant plusieurs années, l'allié le plus indéfectible de NPNS était un autre mouvement qui partageait aussi l'universalisme et la laïcité depuis sa création : le Planning Familial. Les liens entre NPNS et le Planning Familial étaient si forts que pour la manifestation de la journée internationale des droits des femmes de mars 2004, en plein débat sur les signes religieux à l'école, les deux mouvements manifestèrent ensemble, pour se séparer du cortège principal qui intégrait des associations religieuses pro-voile. Fondateur et président du comité NPNS de Grenoble, j'avais eu l'occasion et la fierté de mener plusieurs actions et interventions en milieu scolaire avec le Planning. Mais ça, c'était avant…

Le "féminisme musulman" est une création des Frères Musulmans pour freiner l'émancipation des femmes musulmanes séduites par l'universalisme. La "complémentarité" se substitue à l'égalité. La défense de l'identité religieuse supplante la lutte pour l'égalité des sexes. Le voile, qui n'a rien de religieux mais tout de sexiste, est au cœur de cette stratégie politique. En France, l'UOIF (branche française des Frères Musulmans) créa dans les années 1990 la Ligue Française de la Femme Musulmane. Cela marque le début de la rhétorique d'inversion pour faire du sexisme du voile une forme de féminisme. Or, rappelons-le, le voile n'existe que pour éviter de tenter les hommes, éviter les érections de pénis, selon l'idée des obsédés sexuels que sont les islamistes.

Pour se hisser au niveau du féminisme et mieux lutter contre l'universalisme, Ahmed Jaballah, ancien président de l'UOIF, déclare qu'hommes et femmes sont égaux : J'ai des textes coraniques qui établissent l'égalité absolue entre l'homme et la femme. Il n'y a pas de discrimination. Seulement, il y a toujours un "mais" : Mais il y a une vision en islam qui est basée aussi sur ce que j'appelle la notion du couplage. C’est-à-dire que Dieu a créé l'homme et la femme, le mâle et la femelle. Et il a réparti quelques fonctions. C’est-à-dire à la base il y a une égalité absolue entre les deux. (…) Cette différence existe par le fait qu'il y a une complémentarité entre les deux éléments qui vont être unis pour former justement la famille. (1)
"L'égalité absolue", oui, mais seulement "à la base". Cette fameuse "complémentarité" revient souvent dans les discours des Frères. Ce terme permet de rester ambiguë et de ne pas affoler ceux qui le seraient par "supériorité de l'homme". Cette ambiguïté permet également d'y associer l'égalité tout en la relativisant.
Tariq Ramadan exprime la même chose. Il parle de "relation homme-femme selon les préceptes de l'islam", de "complémentarité dont l'islam permet à la femme de remplir son rôle selon ses caractéristiques physiques et psychiques qui lui sont propres". Un discours "ramadanien" de rejet de l'égalité des sexes au profit de la complémentarité islamiste au nom des différences biologiques. Argument habituel des intégristes de toutes les religions et machos de tout poil. La différence est que seuls les islamistes sont soutenus par une partie des féministes, surtout les intersectionnelles.

Depuis quelques années, une nouvelle forme de lutte émerge au sein du féminisme : l'intersectionnalité. Elle se rapproche du féminisme différentialiste. Les différences ne sont plus justifiées par la biologie mais par la culture, l'ethnie et la religion.
L'intersectionnalité désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de discrimination. Par exemple, une personne peut être discriminée à la fois parce qu'elle est femme et noire. Au départ objet d'étude universitaire aux États-Unis, dans la lignée du "black féminism", l'intersectionnalité fut récupérée par des militantes. La recherche scientifique a été instrumentalisée à des fins idéologiques. Le féminisme intersectionnel est né. Il s'oppose à l'universalisme car il milite pour la différence des droits. Chacun(e) est assigné(e) à sa couleur de peau, sa religion et sa culture de naissance. Seules les concernées peuvent défendre leurs intérêts. Les femmes noires luttent pour leurs propres revendications, les femmes "musulmanes" aussi, etc. La lutte n'est plus universelle. Elle devient communautaire. A l'intersection des discriminations, l'égalité des sexes cède le passage à la communauté ethnique/religieuse. La lutte contre les discriminations devient l'instrument de la lutte pour les revendications communautaires et religieuses. Qui en sont les premières victimes ? Les femmes. Ce féminisme, opposé à l'universalisme, préférera toujours l'assignation culturelle et le respect des traditions, aussi sexistes soient-elles.

Ça, c'est l'intersectionnalité. Voilà pourquoi je suis universaliste.
Ça, c'est l'intersectionnalité. Voilà pourquoi je suis universaliste.
Ça, c'est l'intersectionnalité. Voilà pourquoi je suis universaliste.
Ça, c'est l'intersectionnalité, avec la défense des intérêts particuliers de chaque groupe ethnique, culturel et religieux qui mène parfois à ce type de conflits entre racialistes.
Voilà pourquoi je suis universaliste.
Importée des États-Unis avec son vocabulaire (empowerment, mansplaining, white tears, …), dont le communautarisme est le fruit de son histoire particulière, des militantes telles que Rokhaya Diallo tentent de l'implanter en France. C'est une aubaine pour les intégristes musulmans qui y voient le chemin vers leur épanouissement là où l'universalisme leur fait barrage dans un pays laïque comme la France. Quoi de mieux que l'intersectionnalité pour défendre le sexisme, partie intégrante de l'identité religieuse des islamistes ?

Après l'échec de NPNS dans les quartiers populaires, en grande partie à cause des islamistes, les Frères Musulmans déroulent le tapis rouge à l'intersectionnalité. Là encore, le voile devient le symbole politique de cette alliance. L'égalité des sexes doit céder le passage au sexisme s'il est porté par des "racisés". Le voile est défendu, le burkini accepté dans les piscines municipales de Rennes, les espaces non-mixtes se multiplient. La fuite en avant d'une dérive dangereuse se poursuit au point d'avoir créé une nouvelle forme de racisme. Ce n'est plus un racisme par le haut où l'autre est considéré comme inférieur. C'est un racisme par le bas, victimaire, qui considère l'autre comme oppresseur. Un Noir, un Maghrébin ou un musulman serait par définition une victime, désignée par un terme raciste : "racisé". Le "Blanc", la "blanchité", sont désignés comme l'origine du mal. Tout se résume à la couleur de la peau. C'est le racialisme. Le patriarcat religieux devient acceptable pour permettre la lutte contre le patriarcat "blanc". Les discriminations intracommunautaires sont étouffées pour uniquement mettre en lumière les discriminations ethnico-religieuses provenant des "Blancs", le féminisme universaliste qui lutte pour les mêmes droits pour toutes les femmes du monde est renommé "féminisme blanc", etc.

La "sororité" et l'antiracisme selon Lallab (11 mars 2017, Saint Denis)
Le basculement le plus impressionnant est sans conteste celui du Planning Familial. Infiltré par les racialistes et les idées islamistes "softs", il a apporté son soutien à l'association Lallab en 2017. Cette dernière se veut être le fer de lance du sexisme des Frères musulmans (le "féminisme islamique"). Ses militantes ne souhaitent pas moderniser l'islam dans une approche féministe (de plus, le féminisme ne peut être féministe qu'en s'affranchissant des religions). Elles souhaitent moderniser l'intégrisme musulman pour s'octroyer un plus grand espace de liberté dans le carcan islamiste. Là encore, le voile en est l'arme politique. Après un toilettage marketing pour rendre le "féminisme islamique" plus présentable, Lallab milite religieusement sans relâche. L'intersectionnalité est son outil de travail.
Au Sommet de la Terre à Johannesburg en 2002, trois États (les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et le Vatican) avaient bloqué par un veto l'adoption d'une résolution concernant le Planning Familial, en opposant à l'universalité des droits de l'Homme le droit particulier des traditions nationales et religieuses. Aujourd'hui, ce même Planning Familial soutient une association, Lallab, qui oppose aux Droits Humains universels, le droit particulier de la culture, de la religion et du sexisme.

Sur cette lancée, le Planning Familial a officiellement renié l'universalisme en 2018 et apporte tout son soutien au voilement, alors que 15 ans auparavant il y était farouchement opposé. La laïcité a également disparu de son vocabulaire pour laisser la place au sexisme s'il est porté par des "racisés" (musulmanes). Ainsi, après la valorisation du sexisme à travers le voilement par le Planning Familial des Bouches du Rhône en septembre 2018, le Planning Familial de Blois a mis en avant en octobre une de ses militantes voilées qui cautionne, sur sa page Facebook, les violences conjugales codifiées par le Coran, affirme l'obligation du voile pour les musulmanes, ritualise religieusement les rapports sexuels avec moult interdits, et autres positionnements "féministes" (2).

Le Planning Familial du Pas de Calais communique à son tour sur cette voie. Sa page Facebook affiche fièrement en couverture le type de dessin habituel des intersectionnelles, inspiré par la communication visuelle des Frères Musulmans à destination des pays occidentaux. L'objectif est de banaliser le voile, faire oublier son sexisme pour le faire passer pour un simple vêtement, en incluant une femme voilée (au teint mat, évidemment) parmi d'autres femmes qui ne le sont pas. Pour accentuer le gommage sexiste du voilement, le dessin illustre les autres femmes affublées d'un foulard ou d'un bandana noué sur la tête (il est bien connu que toutes les femmes portent un tel foulard tout le temps...). Le voile islamiste serait simplement le même accessoire, mais en plus long.


Cette image classique des racialistes met au même niveau la couleur de la peau, le handicap physique et le choix d'une idéologie politico-religieuse dont le sexisme et la diabolisation du corps féminin sont le fond de commerce. Les discriminations basées sur le sexe, la couleur, le handicap ou la religion sont juridiquement répréhensibles et doivent être condamnées. Or, le voilement n'est pas une pratique religieuse. C'est un vêtement qui discrimine les femmes parce que nées femmes. Défendre la discrimination sexiste portée par le voile en arguant la discrimination "religieuse" est bien un concept intersectionnel. De plus, la religion étant un choix influencé par des dogmes, sa manifestation est encadrée par la loi de 1905 et celles qui lui ont succédé pour la compléter. On ne peut donc pas tout mettre sur le même plan.
Par cette image affichée, l'islam, ou plutôt la version extrémiste de l'islam (les musulmanes non voilées ne les intéressent pas), n'est plus un choix. Tout comme le handicap ou la couleur de la peau, le voile devient un élément physique non choisi ou inné. Parmi les conséquences de cette assignation, les racialistes militent contre la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école (voiler les petites filles en prétextant le "libre choix" serait féministe) et l'acceptation du voile dans tous les emplois, la fonction publique, en politique, dans les syndicats, etc. A l'unisson avec les islamistes, la laïcité française leur pose donc un problème. Considéré comme un attribut physique, il leur est inconcevable qu'une femme ôte son voile selon les circonstances professionnelles ou autres (est-ce le cas pour un bandana noué sur la tête ?). Ainsi, l'interdiction du voile, et même sa simple critique, est considéré comme une discrimination au même titre que celles basées sur le handicap, l'orientation sexuelle ou la couleur de la peau. Comme vision ultra sexiste, on peut difficilement faire mieux. Les islamistes sont ravis.

En novembre 2018, à l'occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le Planning Familial du Pas de Calais n'affirme évidemment plus l'universalisme. L'intersectionnalité  s'affiche en grand : "la lutte sera intersectionnelle ou ne sera pas".

Toutes les luttes antiracistes et féministes sont aujourd'hui vérolées par le racialisme des intersectionnelles qui ouvrent le passage aux islamistes. La journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes est aussi concernée. Une grande manifestation a été organisée par diverses associations pour le 24 novembre 2018 derrière le slogan "Nous toutes".
Sous la bannière de "Nous aussi" (qui ressemble étrangement au titre du livre d'un militant de l'extrême droite musulmane, Marwan Muhammad), des associations comme Lallab ont tout fait pour instrumentaliser et diviser cette marche. Elles usent de leur rhétorique habituelle sur "l'islamophobie" et sur les violences et "discriminations légales" (la laïcité) que subiraient "les femmes musulmanes". Selon elle, "l’islamophobie n’est pas une opinion mais une violence AUSSI".

Sous la bannière de "Nous aussi", des associations comme Lallab ont tout fait pour instrumentaliser et diviser la manifestation du 24 novembre 2018.
Sous la bannière de "Nous aussi", des associations comme Lallab ont tout fait pour instrumentaliser et diviser la manifestation du 24 novembre 2018.
Sous la bannière de "Nous aussi", des associations comme Lallab ont tout fait pour instrumentaliser et diviser la manifestation du 24 novembre 2018.
Sous la bannière de "Nous aussi", des associations comme Lallab ont tout fait pour instrumentaliser et diviser la manifestation du 24 novembre 2018.

Or, l'islamophobie est bien une opinion, tout comme l'islamophilie. Le blasphème fait partie de la liberté d'expression. Mélanger la critique d'une religion et les attaques contre des individus est typique des (pro) islamistes. De plus, Lallab ne représente pas "les femmes musulmanes", uniquement les bigotes qui se voilent pour ne pas "exciter les hommes". Par le voilement, les femmes sont rendues responsables des déviances masculines. Là est la violence. Le "libre choix" de cette auto discrimination sexiste est férocement défendu en usant de leur stratégie victimaire : la société est accusée de discriminer cette discrimination "choisie"... Lutter démocratiquement contre le sexisme promu par les islamistes (dont la pression vise les musulmanes qui ne sont pas encore voilées et la société pour qu'elle se plie à ses revendications extrémistes) serait s'attaquer aux femmes voilées, donc du sexisme et du racisme (puisque leur assignation religieuse transforme l'islam(isme) en "race"). Cette inversion fait aussi partie du féminisme intersectionnel. Voilà ce qu'ont scandé Lallab et ses partenaires lors de cette marche.

Mais aux yeux des racialistes et islamistes, une telle manifestation ne peut être réussie s'il n'y a pas d'espaces en non mixité, que ce soit sur des critères raciaux ou sexuels. Ainsi, "à la demande de plusieurs femmes, un espace non-mixte sera organisé dans la marche #NousToutes du 24 novembre". Face au début de polémique suscité par ce nouvel exemple de complaisance, les organisatrices apportèrent cette explication : "certaines personnes, notamment victimes de viol ou d'agressions sexuelles, ne se sentent pas en sécurité dans des environnements de promiscuité avec des inconnus. Pour leur permettre de s'exprimer et d'être présent.e.s sereinement, nous avons choisi de leur réserver une zone en non-mixité."


Comme cela n'atténua pas les reproches, elles précisèrent que cet espace sera tout petit. Le reste de la manifestation est mixte. Si de tels espaces sont justifiés pour des séances de psychothérapie, ils ne peuvent l'être pour une manifestation, sauf par idéologie. Le problème n'est pas la taille de cette zone ségrégationniste mais le simple fait qu'elle existe.
Mais admettons : quelles dispositions furent prises pour amener ces femmes à la manifestation ? Les organisatrices ont-elles prévu d'aller chercher chacune d'entre elles à leur domicile et de les transporter dans un convoi sanitaire (composé uniquement de femmes) jusqu'au point de départ de la marche ? Que des femmes fassent cette demande par idéologie ne justifie pas qu'elle soit acceptée. Là encore, cela va dans le sens de Lallab qui estime que "être féministe ne signifie pas forcément être à l’aise dans un environnement masculin et vous ne devez pas avoir honte de ne pas toujours vous sentir à votre place." Militer pour la séparation progressive entre femmes et hommes est un concept islamiste, pas féministe.

Vouloir assimiler la lutte contre l'islamisme, source de violences envers des femmes, aux violences faites aux femmes est un des enjeux d'associations comme le CCIF ou Lallab. L'intersectionnalité est là encore appelée à la rescousse. Cette manifestation était donc une occasion en or pour promouvoir ce que je nomme par un volontaire oxymore le "féminisme sexiste" des racialistes et islamistes.
Comme le racialisme n'est rien sans son racisme, l'un des slogans des manifestantes étaient "White feminists vous êtes complices !" Telle est la sororité constamment brandie par les féministes intersectionnelles. Par un slogan raciste, les féministes "blanches" sont accusées d'être complices du "blantriarcat", responsable des violences envers les "femmes racisées" (une nouvelle fois, les violences, le patriarcat intracommunautaires et le sexisme des islamistes n'existent pas. Tout serait de la faute des "Blancs")... le jour de la manifestation "NousToutes" contre les violences faites aux femmes. Dans un incroyable renversement des rôles, dénoncer l'espace ségrégationniste, les revendications et slogans de division racistes des intersectionnelles, fut accusé de vouloir diviser la marche.

                Source : https://twitter.com/Nta_Rajel_Off/status/1066679720710950912

Certes, leur présence ne fut que symbolique vu leur faible nombre. Mais là est le problème : le symbole. Un symbole qui montre l'évolution profonde du Planning Familial et l'avancée progressive des racialistes et des idées islamistes dont l'intersectionnalité est l'outil.

Le slogan de cette année, utilisé par le Planning Familial 62, est aussi affiché par Lallab : "le féminisme sera intersectionnel ou ne sera pas".

L'intersectionnalité : le nouveau défi de la lutte pour l'égalité des sexes

La menace décomplexée envers l'universalisme a le mérite d'être claire. La lutte pour l'égalité des sexes n'a jamais été autant en danger. La fausse sororité brandie par le féminisme intersectionnel ne doit pas faire oublier la sororité réclamée par des féministes ailleurs : les femmes du monde occidental portant un voile contribuent à asservir les femmes ailleurs dans le monde pour lesquelles le port du voile est une contrainte (Mona Eltahawy, féministe égyptienne). De Simone de Beauvoir à Mona Eltahawy, d'Olympe de gouges à Huda Shaarawi (pionnière du féminisme égyptien), de Louise Michel à Faouzia Charfi (féministe tunisienne) et Farah Barqawi (féministe palestinienne), l'universalité des droits est défendue partout et depuis des décennies par des musulmanes, des chrétiennes, des juives, des fidèles de toute confession, des agnostiques et des athées. Pour elles et pour toutes nos concitoyennes de toutes les couleurs et (non) religions, ne baissons pas les bras.  "Le féminisme EST universaliste ou il n'est pas"…




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Après avoir tourné le dos à l'universalisme, le Planning Familial poursuit son lent rapprochement avec l'intégrisme musulman

Après avoir tourné le dos à l'universalisme, le Planning Familial poursuit son lent rapprochement avec l'intégrisme musulman

       Depuis quelques années, le Planning Familial est en proie à une mutation interne par l'arrivée de salariées et bénévoles qui remplacent progressivement l'ancienne génération. Contrairement aux renouvellements générationnels précédents, celui-ci n'est plus dans la continuité mais marque une rupture progressive avec les fondements du mouvement. Comme d'autres associations, celle-ci n'échappe pas à l'infiltration des idées islamistes et indigénistes. Jusqu'à l'été 2017, cette évolution était peu perceptible à l'extérieur. Mais l'évolution du mouvement fut suffisamment importante à cette date pour qu'il affiche publiquement une rupture avec son histoire. En août 2017, il marqua son soutien à l'association Lallab qui promeut un "féminisme islamique" issu tout droit de l'idéologie des Frères Musulmans que les militantes tentent de dépoussiérer pour lui donner un visage plus fashion et acceptable. Auparavant combattue par le Planning, l'idéologie sexiste du voilement est désormais défendue. Je tentais déjà d'alerter à l'époque (1).
Depuis, le Planning Familial poursuit sa dérive. Certains Plannings de province abandonnent progressivement leurs valeurs historiques pour se rapprocher des valeurs de l'intégrisme musulman. Le Planning Familial 13 est sur cette lancée. En septembre 2018, il publia sur Facebook une image surprenante pour faire la promotion du "libre choix" du bâchage des femmes. Il reprit les arguments des Frères Musulmans et des indigénistes en tentant encore de faire passer le voile pour un choix féministe. L'association rejoint les bigots salafistes et fréristes en affirmant que la "modestie" vestimentaire passe par le voilement (les femmes non voilées n'auraient aucune modestie). Faire passer le sexisme pour de la modestie, ce fut une des plus belles trouvailles des islamistes, la preuve. On se serait cru sur la page du CCIF ou de Lallab.
Pire que cela, Le Planning 13 confirma son rejet d'un des fondements du mouvement, l'universalisme : "le féminisme ne défend pas des valeurs universelles, il défend la liberté de toutes les femmes à faire leur propre choix, et le Planning Familial aussi", y compris le choix du sexisme et de la servitude volontaire. Sans parler de la maladresse sur la relativisation de l'excision. Là encore j'avais alerté (2). Cette fois, il y eut enfin des réactions.
Loin de se désolidariser de l'antenne des Bouches du Rhône, le Planning publia un communiqué de soutien et partagea l'article d'un militant du CCIF pour critiquer ma dénonciation. Le CCIF… un collectif d'extrême droite qui est idéologiquement la branche juridique des Frères Musulmans en France. Le CCIF qui use du voile comme d'une arme politique, qui transgresse et instrumentalise la laïcité, qui n'a de cesse de s'allier à des prédicateurs islamistes homophobes et sexistes, qui a eu un comportement particulièrement odieux lors des attentats de janvier 2015 et qui considère la femme musulmane ainsi :
Quand la journée de travail nous a épuisé ou il y a quelqu’un qui nous a vexé dans la rue ou autre, on rentre à la maison, on va avoir un câlin des enfants, il y a un repas chaud sur la table. Notre femme va nous dire quelques mots de consolation. (…) Elle mène l’éducation. (…) C’est elle qui, quand tout le monde est fatigué, se lève le week-end pour préparer le petit-déjeuner et laver les enfants, et préparer… faire tout ça. C’est la maman qui fait ça.

Voilà par qui le Planning Familial a souhaité communiquer pour critiquer ma dénonciation qu'elle confirma justement par son choix. Mais rien n'y fait. La fuite en avant se poursuit. L'offensive vient cette fois du Planning de Blois, toujours relayé et soutenu par le siège qui souhaite sans doute encore répondre à la polémique du mois précédent. Dans le cadre d'une campagne de communication, le Planning souhaite mettre en avant des bénévoles représentatifs de ce qu'il défend. Selon lui, elles et ils sont l'image du mouvement. Le 22 octobre 2018, l'antenne de Blois mit en avant l'une d'entre elles par cette accroche :
Nadia, Bénévole au Planning Familial de Blois depuis 2011
« Je suis au Planning pour contribuer à libérer la parole de toutes les femmes. » #OnEstLePlanning.
Le texte est illustré par la photo de la bénévole : une femme voilée d'un hijab. Les Frères Musulmans ne pouvaient pas rêver plus belle vitrine marketing pour leur stratégie d'entrisme. Ils utilisent d'ailleurs la même. Sur de nombreux dessins et photos, diffusés par les Frères dans leurs centres cultuels et ailleurs pour promouvoir leur vision du "vivre ensemble", une ou deux fillettes ou femmes voilées sont représentées parmi plusieurs sans voile. L'objectif est de banaliser le voile, le rendre normal comme si c'était un simple accessoire vestimentaire. La stratégie d'entrisme ne vise pas à tout imposer d'un coup mais à installer le visuel, le banaliser, pour ensuite, par petites touches, demander des accommodements et assurer une meilleure pression psychologique sur les musulmanes qui ne sont pas encore voilées. Sans en avoir conscience (?), le Planning adopte leur méthode.

En choisissant de mettre en avant cette bénévole, le Planning Familial souhaite montrer que Nadia (je reprends la dénomination du Planning) adhère aux valeurs du mouvement et que celui-ci valide celles de Nadia. Il promeut ainsi la charge idéologique du voile et les idées de sa militante qui n'hésite pas à les afficher sur sa page Facebook. Comme nombre de personnes connectées, Nadia utilise les réseaux sociaux pour exprimer ses opinions. J'apporte un éclairage sur ses publications publiques de ces derniers mois. Je me suis volontairement limité à les parcourir en remontant jusqu'au mois de mars 2018. L’intérêt est d'observer ses idées récentes et facilement accessibles pour tout un chacun. Mon article n'a donc pas vocation à dresser un profil exhaustif de sa page mais d'analyser sa vision actuelle du féminisme par ce qu'elle souhaite montrer de ses convictions à tous. A travers elle, nous verrons concrètement que le Planning Familial défend aujourd'hui ce qu'il combattait farouchement hier.

Comme tout bon islamiste, Nadia est obsédée par la Palestine, jusque sur le choix de sa photo de profil Facebook. Elle multiplie les publications sur ce sujet, notamment en partageant celles de l'association Baraka City. Cette ONG a été fondée par des salafistes dont le président refuse de serrer la main des femmes. Une ONG surveillée par les services de renseignements. Les associations qui œuvrent pour la Palestine se comptent par dizaines dont une bonne partie est laïque. Mais elle en a choisi une religieuse et, de plus, notoirement connue pour sa radicalité. Si les Palestiniens n'étaient pas musulmans et que les intégristes musulmans et juifs n'avaient pas confessionnalisé le conflit, elle ne s'y serait peut-être jamais intéressée.

Baraka City, une ONG fondée par des salafistes dont le président refuse de serrer la main des femmes. ONG surveillée par les services de renseignements.
Baraka City, une ONG fondée par des salafistes dont le président refuse de serrer la main des femmes. ONG surveillée par les services de renseignements.
Baraka City, une ONG fondée par des salafistes dont le président refuse de serrer la main des femmes. ONG surveillée par les services de renseignements.
Son obsession pour l'islam et son adhésion à l'idéologie islamiste, dont son voile est l'élément visible, la rendent peu compatible avec la laïcité. Mais elle n'est pas salafiste. Elle ne souhaite donc pas rompre avec la société. Elle n'a d'autre choix que de composer et de rejoindre ceux qui tentent de faire plier la laïcité française pour l'amener à une laïcité anglo-saxonne, un cadre qui permet le développement et l'épanouissement de l'islamisme. C'est là qu'intervient Asif Arif.

Nadia aurait pu partager des informations sur la laïcité par diverses sources. Ce n'est vraiment pas ce qui manque. Mais elle a choisi de le faire en partageant quelques publications d'Asif Arif, un de ces militants religieux qui se déclarent meilleurs défenseurs de la laïcité que les militants laïques. L'idée est toujours de récupérer ce qui nous fait sens et de les retourner contre nous pour faire avancer les revendications de son dogme religieux. Ces militants religieux "laïques" sont objectivement tout autant crédibles que le Rassemblement National et sa composante catholique dans leur défense de la laïcité. Mais subjectivement, grâce à la rhétorique d'inversion et la stratégie victimaire, des personnes telles que Asif Arif ont gagné une certaine crédibilité auprès de l'Observatoire de la laïcité et une partie de la gauche.


Par le passé, il fut animateur d'une émission religieuse sur une petite chaîne. Lors de l'une d'entre elles, il put laisser libre cours à sa vision du voile et du "libre choix". Dans la joie et la bonne humeur, il posa la question d'un téléspectateur à ses invités : "Comment expliquer à sa fille, et au final à beaucoup de monde, les bienfaits du voile ?" La réponse est qu'il faut l'habituer dès son plus jeune âge aux "enseignements de l'islam" (pour les intégristes, leur point de vue est le véritable islam. Les musulmans rationalistes ne considèrent pas le voile comme relevant du dogme musulman). Le voile étant interdit à l'école, il conseille aux "petites filles de 7 ans, 8 ans, 9 ans jusqu'à 15 ans de porter le voile devant leurs amis dans des réunions informelles à l'école." Il explique que le but est de les habituer au voilement pour ne pas qu'elles se "rebellent" une fois adolescentes. C’est-à-dire qu'elles soient dans l'incapacité d'utiliser leur libre arbitre. Pour cela, "le travail doit commencer très tôt". Quant au problème du harcèlement de rue, la solution est toute trouvée : le voile. Pour que la femme, objet sexuel par essence, ne soit pas importunée, insultée ou agressée, elle doit se bâcher. Asif Arif, placide, ne semble pas choqué par de tels propos. Auprès de l'Observatoire de la laïcité, et de l'association Coexister, il est un fervent défenseur du "libre choix" pour le port du voile et logiquement un opposant à la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école.


Nadia partage donc cette vision "féministe" de la femme et du voile. Elle le confirma par le partage d'une publication qui liste les critères de la bonne tenue vestimentaire pour les femmes comme "couvrir l'ensemble du corps excepté le visage et les mains", "ne pas être parfumée" ou "ne pas ressembler aux vêtements des non musulmanes" (3).


Puis viennent les interprétations islamistes des versets du Coran qui justifieraient le voilement. Là encore nous voyons la marque des intégristes. Les musulmans rationalistes ne reconnaissent pas le voile comme vêtement religieux. J'ai démontré que l'interprétation pro voilement est une imposture théologique et un blasphème envers l'islam (4). Mais peu importe pour Nadia. Son fanatisme et son corollaire sexiste sont bien trop ancrés pour qu'elle puisse voir les choses autrement.
L'interdiction des vêtements trop près du corps et même l'interdiction du parfum sont là pour éviter toute érection de pénis. La femme serait tentatrice. Ce serait donc à elle de prendre les mesures nécessaires pour ne pas exciter les hommes. Tout est expliqué dans cet article partagé par Nadia pour montrer à tous à quel point elle est féministe… Ces arguments rejoignent ceux de l'émission d'Asif Arif. C'est la base argumentaire de tous les islamistes de la planète.

Le Planning Familial a toujours défendu la laïcité, seul cadre qui permette réellement d'atteindre l'objectif de l'égalité des sexes. Mais ça, c'était avant. Nous en avons un exemple avec Nadia. Les intégristes ont attribué au voile une dimension religieuse que le Coran n'a jamais mentionné, pour tenter de dissimuler sa raison d'être sexiste et patriarcale et mieux le défendre en arguant la liberté religieuse. De ce fait, Nadia nous montre sa vision de la laïcité par le partage d'une publication qui appelle à l'intransigeance pour le port du voile : Je ne conseil à aucune femme d'enlever le voile après l'avoir mis, quitte à être brûler ou à mourir de faim et si vraiment elle s'est retenu de l'enlever pour le Visage d'Allâh, jamais elle ne mourra de faim, jamais Allâh ne l'a délaissera !
Alors que conseiller à une jeune fille confrontée tous les jours à ce "libre choix" ? Retirer son voile pour aller s'instruire à l'école ou le garder et être exclue (parabole de "être brûler ou mourir de faim") ? Nadia estime qu'en le gardant, Dieu pourvoira à tous ses besoins. Nous avons là un nouvel exemple de la mise en pratique du "libre choix". Choisir de porter le voile, c'est bien. Changer d'avis et choisir de ne plus le mettre, ce serait déplaire à Dieu. Quel "choix" fera une musulmane sensible à ce discours ?


Telles sont les convictions "féministes" de Nadia. Par le partage de ces discours sur sa page Facebook, elle participe à son niveau, comme des centaines d'autres, à la propagation de l'islamisme et son corollaire sexiste et totalitaire. Phénomène amplifié par l'adoubement et la valorisation du voile à travers l'aura féministe du Planning Familial. Le mouvement sert ainsi, malgré lui, de caisse de résonance et de légitimation de l'intégrisme musulman, au détriment des femmes et en premier lieu des musulmanes qui résistent encore au bâchage de leur tête.

L'article sur le voile partagé par Nadia avance un autre argument classique chez les islamistes : "ne pas ressembler aux vêtements des non musulmanes". La raison est identitaire et politique. Une nouvelle fois, comme je l'écris inlassablement depuis des années, le voile n'est pas que sexiste. C'est aussi un instrument politique, un cheval de Troie, qui pousse au communautarisme. Car au delà des vêtements, les islamistes appellent aussi à ne pas "ressembler aux mécréants dans leurs fêtes" ou toute "imitation" culturelle de l'Europe. Pour eux, c'est "la cause de la faiblesse et de la colonisation" culturelle européenne subies par les musulmans... en Europe. Le voile et son sexisme sont brandis comme symbole de cette résistance. C'est une des illustrations concrètes de la rhétorique d'inversion par le détournement de ce qu'ils appellent "le vivre ensemble".

Ceci n'est pas une nouveauté. Youssef Al-Qaradhawi, le plus important théologien frériste encore en vie, l'avait déjà écrit dans son best-seller "Le licite et l'illicite en islam" au début des années 1960. Son livre, d'un sexisme incroyablement décomplexé, explique dans le détail pourquoi les musulmanes doivent se voiler (5). Tous les islamistes, dont l'auteur de l'article partagé par Nadia, se sont inspirés de ce livre et de quelques autres dans la même veine. Voilà pourquoi ils ont un discours homogène sur le voile.
Youssef Al-Qaradhawi est aussi antisémite, homophobe et stratège politique. Il justifie les attentats tout en préconisant aussi l'action politique, notamment en s'investissant dans tous les domaines de la société, y compris le féminisme…
Il est le président de l'Union Internationale des Savants Musulmans, organisation islamiste dont Tariq Ramadan est également membre. Y. Al-Qaradhawi préside aussi le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche (CEFR), branche juridique européenne des Frères musulmans, dont l’objectif officiel est de "fournir aux populations musulmanes d'Europe une base juridique pour vivre leur foi dans des sociétés où elles sont minoritaires". S’il a participé à la création du CEFR, et qu’il en est le président, ce n’est pas pour rien. En effet, en 2002 dans une fatwa publiée sur le site islamonline.net, il avait exprimé un souhait : L'islam va retourner en Europe, comme un conquérant et un vainqueur, après en avoir été expulsé à deux reprises. (...) Cette fois-ci, la conquête ne se fera pas par l'épée, mais par le prosélytisme et l'idéologie (6). Son travail porte ses fruits. Ces disciples sur le terrain sont très actifs et motivés. De l'UOIF à l'association Havre de savoir en passant par les Étudiants musulmans de France, tous appliquent la doctrine des Frères. La création de l’Institut Européen des Sciences Humaines (IESH) par l'UOIF est là pour amplifier la propagation de leur doctrine. Cet institut a pour vocation de former des cadres musulmans qui partiront aux quatre coins de France pour diffuser l’idéologie frériste. En 1992, Youssef Al-Qaradhawi avait logiquement présidé la première cérémonie de remise de diplômes. Poussé par son admiration envers lui, Nabil Ennasri est un pur produit des Frères Musulmans. Répondant au désir prosélyte de l'institut où il a été formé, il est, entre autre, président du Collectif des Musulmans de France. Un collectif qui a pour objet la diffusion de l'islam version Frères Musulmans auprès des musulmans français avec "pour axes prioritaires de réflexion et d'action l’éducation, la spiritualité et l’action sociale, citoyenne et politique". C'est cela que Nadia souhaite promouvoir en partageant une publication de l'IESH, dont Nabil Ennasri fut l'un des invités phares, avec Abdellah Benmansour (un des cadres des Frères Musulmans en Europe), pour une soirée de soutien à l'Institut. Entre islamistes, il faut se soutenir.


L'homophobie est une constante chez les intégristes religieux de toutes les religions. Celle des islamistes transmise à travers le temps et l'espace est bien vivace chez nos islamistes français d'aujourd'hui. Nabil Ennasri, en digne héritier de son mentor Youssef Al-Qaradhawi, assure la transmission avec zèle. Populiste et d'extrême droite, il semble faire preuve d'une certaine cohérence avec ses aînés lorsqu'il s'exprime sur différents sujets. Parmi ses faits d'arme, il y a un texte dont il est l'un des initiateurs : l'appel "un débat pour tous". C'est un texte homophobe écrit en janvier 2013 lors des débats sur le mariage pour tous. Comme tout bon homophobe qui se respecte, il y compare l'homosexualité à l'inceste et à la pédophilie (7). Il est aussi adepte de la théorie du complot en dénonçant un "lobby homosexuel". Voilà les personnes que Nadia promeut. Voilà ce que le Planning Familial met en avant à travers elle.

L'homophobie est aussi partagée par Tariq Ramadan qui avait déclaré que "l'homosexualité est un comportement considéré comme répréhensible (…). Un comportement [qui] révèle une perturbation, un dysfonctionnement, un déséquilibre. (...) Or il y a une volonté de normaliser l'homosexualité. On ne peut pas normaliser ceci, cultiver le mal" (8). Quant aux relations entre les sexes, il parle de "relation homme-femme selon les préceptes de l'islam", de "complémentarité dont l'islam permet à la femme de remplir son rôle selon ses caractéristiques physiques et psychiques qui lui sont propres". Un discours "ramadanien" de rejet de l'égalité des sexes au profit de la complémentarité islamiste au nom des différences biologiques. Argument habituel des intégristes de toutes les religions et machos de tout poil. La différence est que seuls les islamistes sont soutenus par une partie de la gauche.

En 1999, il donna une conférence à la Réunion, semblable à toutes celles destinées à son arrière-cour : en multipliant les citations religieuses il y affirma la supériorité des lois coraniques sur les lois de la République, il recommanda aux musulmans de ne plus aller à la piscine car elles ne sont pas islamiques (trop de maillots de bain et de "nudité") et il fit la leçon sur le bon comportement sexuel (pas de mariage : pas de sexe) (9).
Nadia promeut là encore un homophobe et ce "féminisme" par son partage de quelques publications de Tariq Ramdan. L'une d'entre elles est même un soutien sans faille dans la procédure judiciaire pour viol qui le concerne, sans le moindre soutien de principe aux plaignantes (attitude antiféministe classique qui a toujours rendu difficile les plaintes par la remise en cause systématique de la parole des victimes).


Tariq Ramadan a droit à la présomption d'innocence. Mais Nadia adopte la même attitude que les fidèles du gourou. Elle est certaine de son innocence, comme si elle avait été présente dans les chambres d'hôtel avec chacune des plaignantes et lui. Elle n'a aucune considération pour les femmes qui se déclarent victimes. C'est une conception particulière du féminisme et de la "sororité".

Nadia cautionne la "complémentarité" qui attribue des rôles spécifiques à la femme. Son voile est là pour nous l'indiquer. Des rôles non pas justifiés par la raison évidemment, mais par l'obéissance aveugle au dogme, comme l'explique le religieux dans une vidéo partagée par Nadia : chaque fois que tu as un problème, que tu ne sais pas comment gérer les choses, que tu ne sais pas comment faire pour t'en sortir, saches que la réponse c'est le Prophète. Puis, il déroule le discours patriarcal classique : la femme serait la maîtresse de maison, s'occupe de la cuisine et des enfants. Le bon comportement du mari serait seulement de lui donner un coup de main. Et encore, seulement pour qu'elle puisse se purifier pendant le ramadan : une femme qui passerait des 5 heures, des 6 heures dans la cuisine, alors que tout le reste de la journée elle s'occupe des enfants, à quel moment va-t-elle se purifier !? (10) Il faudrait poser cette question au Planning Familial…



La mission principale du Planning Familial est l'éducation à la sexualité pour prévenir et éviter les IVG au maximum ainsi que les maladies sexuellement transmissibles. Cette mission a aussi pour but que filles et garçons s'approprient leur corps au-delà de tout diktat culturel et religieux, pour que la sexualité soit un plaisir pour chacun(e) et partagé par des personnes sexuellement responsables. Qu'en pense Nadia, la nouvelle égérie du Planning Familial ? Pour éviter les IVG, elle a une solution toute religieuse à travers un autre article qu'elle a partagé : punir l'adultère et les relations sexuelles hors mariage favorisés par cet Occident mécréant et décadent :
La multiplication des cas d’avortements, de refus de reconnaissance de paternité, d’enfants abandonnés ou illégitimes est le produit des libertés présumées, de l’imitation folle de l'Occident et de son exemple. Malgré l’accès remarquablement facile aux actes immoraux, il y a toujours une recrudescence des crimes liés aux viols qui se produisent en plein jour au vu et au su de tout le monde ! On dirait qu’une telle facilité ne suffit plus à satisfaire les désirs de bestialité qui font rage et qui, en réalité, ne sont que le résultat de l’éloignement d’Allah.
Qu’adviendra-t-il d’une société où l’atmosphère générale est polluée par les chansons, les danses, les films et les modes pornographiques ? (11)


Un discours fantasmé et dangereux fidèle à l'intégrisme religieux. Puis, la mixité est dénoncée, "le mariage de la femme doit, sous peine de prendre la forme d’un adultère, être réalisé par son tuteur et non par elle-même", etc. Si malgré toutes ces précautions un adultère se produit, alors les lois de la République doivent abdiquer au profit des versets du Coran qui avait codifié ces punitions pour la société arabique du 7ème siècle : "La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet (…)" (Coran: 24/2). L'article précise toutefois ceci : il est intéressant de noter que le verset a commencé par la fornicatrice, car, commis à l’instigation de la femme, l’adultère est plus monstrueux.

Le "féminisme" de Nadia considère donc que seul le cadre du mariage autorise les relations sexuelles, sous peine de châtiments corporels. Elle partagea un autre article du même site qui détaille toute la "procédure" une fois qu'on est marié (12).


Tout est codifié, des préliminaires jusqu'à la jouissance : (La nuit de noce), il est des choses qu’il convient de faire : (…) Qu’il mette la main sur son front et invoque pour elle, d’après le hadith rapporté par Al-Bukahri : « Si l’un d’entre vous épouse une femme ou achète une monture, qu’il pose la main sur son front, prononce le nom d’Allah (bismillah) et demande la bénédiction en disant : ô Allah, je te demande son bien et le bien sur lequel Tu l’as créée, et je cherche protection auprès de Toi contre son mal et le mal sur lequel Tu l’as créée ». (…)
S’ils veulent avoir un rapport sexuel, qu’il dise : « Au nom d’Allah, Allah éloigne de nous le diable, et éloigne-le de ce que Tu nous accorderas (comme progéniture) ». A cela, il y a une utilité explicitée par le prophète (salallahu’ alayhi wasalam) dans ce hadith : « Et si Allah leur accorde un enfant, le diable ne lui fera jamais aucun mal » (Al-Bukhari).
Puis l'auteur se demande lequel des deux doit réciter ces formules et à quel moment précis.

La pénétration doit toujours se faire par le vagin. La sodomie est totalement prohibée. Au-delà du diktat du comportement intime imposé par la religion, c'est cohérent avec la culture homophobe abordée plus haut. Puis il développe un long questionnement sur la légalité de la fellation et du cunnilingus pour arriver à la conclusion qu'il vaut mieux les interdire. D'autres thèmes surréalistes sont développés comme les vêtements que l'homme peut porter après avoir fait l'amour. Mais vient ensuite une question fondamentale. Une question inconcevable pour les féministes universalistes mais tout à propos pour le "féminisme" de Nadia si apprécié par le Planning Familial :
La femme commet-elle un péché si elle se refuse à son mari lorsqu’il la sollicite, si elle ne se sent pas bien ou si elle est souffrante ?
Réponse : la femme doit répondre à son mari lorsqu’il la sollicite, mais si elle est malade, d’une maladie psychologique qui l’empêche d’approcher son mari, ou d’une maladie physique, il n’est pas permis au mari de la solliciter dans cet état.
Autrement dit, si l'épouse est en bonne santé, elle n'a d'autre choix que de satisfaire les envies sexuelles de son mari, qu'elle le veuille ou non. C'est la codification du viol conjugal qui se transforme en "devoir conjugal". Un bond en arrière que les intégristes catholiques n'osent plus rêver mais promu aujourd'hui par leur ennemi de toujours grâce à sa complaisance envers l'intégrisme musulman : le Planning Familial.

Le viol et la sexualité au sein du couple ne sont pas les seuls domaines à être codifiés. Les violences conjugales le sont également. Nadia donne à nouveau son point de vue en partageant encore un article de ce fameux site islamiste qu'elle apprécie tant, intitulé " Le mari peut-il frapper son épouse ?" (13). La réponse est oui, mais au bout d'un processus précis et d'une certaine manière… par humanité et bienveillance. L'épouse doit obéissance à son mari. Si elle prend trop ses aises, l'époux essaie de lui faire entendre raison par le dialogue. Si elle s'entête, il boude son lit, etc. Si à la fin de ce processus elle refuse toujours d'entendre raison, alors il est permis au mari de lui en mettre une, ou quelques-unes. Mais cela ne doit pas se faire sur le visage. Il faut quand même respecter la marchandise.


L'article tente toutefois de faire preuve de clémence et d'humanité en mettant en garde les maris aux mains trop lourdes : Et quant à ceux qui battent leurs épouses pour un oui ou pour un non, leur porte des coups violents, ils sont loin de la vérité et l’islam est loin d’eux, ils rendront compte de leur injustice et « L’injustice sont des ténèbres au jour de la résurrection. »
Les femmes peuvent être rassurées…
Cet article n'invente rien. Il s'appuie sur le verset du Coran qui détaille la procédure dont la violence est l'ultime recours (s.4 v. 34). Mais depuis la Révélation du Coran, la philosophie, la psychologie, la prise de conscience de l'aspect violent, dégradant et humiliant des violences conjugales ont fait évoluer le monde. Si ce verset a codifié l'autorité maritale pour limiter les violences conjugales de son époque, il n'est plus possible d'envisager aujourd'hui que cela puisse se produire, même en dernier recours. Les musulmans rationalistes considèrent donc que ce verset n'est plus applicable et affirment que le pouvoir séculier doit interdire et punir ces violences. Les islamistes ne voient pas les choses ainsi. Pour eux, tous les versets étant valables en tout lieu et en tout temps, celui-ci ne peut pas faire exception. De plus, ce serait remettre en cause un pouvoir masculin qu'ils tentent de préserver coûte que coûte. Youssef Al-Qaradhawi est sur cette ligne et s'expliqua dans son fameux ouvrage "Le licite et l'illicite en islam".
Plus proche de nous, Asif Arif, le grand défenseur de la laïcité et du "libre choix" dont Nadia partage quelques publications, a aussi exprimé le même point de vue que les islamistes dans une de ses émissions religieuses dont il était l'animateur. Il nous explique que notre société est trop permissive. Mais lui et ses invités vont encore plus loin. Ils expliquent que le coran prévoit des étapes, codifie les violences conjugales contre les femmes parce que ce sont les femmes qui violenteraient les hommes… Ces derniers ne feraient que se défendre… Puis, l'invité détaille la bonne technique pour battre sa femme. Asif Arif, lui, reste placide. Il ne manifeste aucune émotion, aucun désaccord. Il n'exprime aucune condamnation. Il apporte toutefois un bémol à la fin de l'émission. Va-t-il enfin prendre ses distances ? Pas du tout. Il enfonce même le clou : "parfois il faudrait regarder aussi la société dans laquelle on vit. Et s'apercevoir que la violence conjugale ça devient monnaie courante. Et là y a pas d'étapes. Directement on en arrive aux coups." Autrement dit, l'interdiction des violences conjugales ne serait pas la solution. Leurs légalisations sous conditions apporteraient la paix des ménages. Une vidéo hallucinante à voir jusqu'au bout ci-dessous.


Quand on est féministe, on ne partage pas de publications provenant de personnes telles que Tariq Ramadan ou Asif Arif. Même si les publications concernées pourraient ne rien contenir de condamnable.  Tout comme lorsqu'on est militant antiraciste, on ne partage pas de publications provenant de Génération identitaire ou du Rassemblement National.

Nadia publie également des informations et publications féministes, contre les violences conjugales et autres. Il semble qu'elle soit aussi sincère dans sa promotion de la journée internationale pour les droits des femmes. Mais sa vision de ces droits et du féminisme passe systématiquement par le filtre islamiste. Ses publications féministes restent suffisamment consensuelles pour ne pas aller à l'encontre des détails qu'elle partage cette fois par le prisme de l'intégrisme religieux. Elle peut donc partager une publication qui dénonce les violences conjugales et en partager une autre qui explique comment limiter (et non supprimer) ces violences dans le cadre religieux. Elle est en cohérence avec Asif Arif. De plus, ses publications féministes ne changent rien à l'ensemble de ses publications sexistes et à la promotion d'homophobes issus de l'extrême droite musulmane.

Sa page Facebook, aussi choquante soit-elle, n'a rien d'exceptionnel pour une militante à cheval entre l'intégrisme religieux le plus réactionnaire saupoudré d'affichages féministes. C'est typiquement ce que l'on appelle le "féminisme islamique" qui n'a d'autres motivations que de lutter contre l'émancipation totale des femmes, surtout en ce qui concerne leur corps. Le plus surprenant n'est pas là mais dans le rôle du Planning Familial. Les idées de Nadia, en cohérence avec la marque de sujétion portée sur sa tête, ont toujours été combattues par le Planning. Il a même été créé pour cela face à la bigoterie catholique si oppressante pour les femmes. Pourtant, ce sont bien ces idées à travers le voilement que promeut aujourd'hui le Planning Familial. Les intégristes musulmans ont réussi à inverser les rôles et jouer de la fibre victimaire pour ne pas connaître le sort des intégristes catholiques. Le temps n'est pas encore à la mise en pratique des idées islamistes mais à la semence. Les germes de la "mode pudique" (euphémisme pour ne pas dire "mode sexiste") et du sexisme "inclusif" sont bien là. Mais en poursuivant cette évolution, il arrivera un jour pas si lointain où le mouvement fera des concessions sur le mythe de la virginité, le voilement des fillettes, la priorité à la culture patriarcale par "respect" des "racisés" qui ne satisferont en fait que les radicaux. Toutes les musulmanes ne sont pas d'accord avec les islamistes. Celles-là se sentent trahies par le Planning Familial qui les essentialise en les tirant vers les islamistes.
La plus importante semence islamiste et indigéniste donne ses bourgeons : le mouvement français du Planning Familial a officiellement rejeté en 2018 un de ses socles, l'universalisme, au profit du différentialisme dont les femmes ne sortent jamais victorieuses.

De tels profils parmi les militantes du Planning Familial étaient impensables il y a encore quelques années. Une partie des relativistes refusent de voir ces aspects. Ils préfèrent rester aveugles pour se donner une image de tolérance en acceptant l'intolérable. D'autres relativistes, par condescendance culturelle, considèrent les islamistes comme de simples musulmans qui ne feraient qu'exprimer leur religiosité. Le féminisme devient secondaire au profit du respect du "libre choix" du voile et du radicalisme religieux. D'autres enfin supposent qu'accepter des militantes islamistes permettra à ces dernières d'évoluer et de s'éloigner de leur rigorisme et de leur sexisme. C'est mal connaître le fanatisme religieux. C'est toujours l'inverse qui se produit. Le Planning ne fait pas exception par les accommodements, les concessions, au nom de "l'inclusivité". Cela a-t-il permis de faire évoluer Nadia ? Pas vraiment. Elle est bénévole au Planning Familial depuis 2011. Ses publications analysées dans cet article datent de 2018. La conception du féminisme des autres militantes telles que Nadia continuera de progresser, avec le temps, de la patience et une bonne dose de culpabilisation contre tous ceux qui souhaiteraient s'y opposer (si tu es contre mes idées, tu es racistes et "islamophobes"). A quand la prohibition de la masturbation, de la sodomie et autres promotions des Frères Musulmans pour mieux réguler les IVG ? Se taire et accepter aujourd'hui, c'est valider et partager les actions demain.

Pour toutes les féministes universalistes, le Planning Familial représente un rempart à la fois symbolique et historique face aux coups de boutoirs des intégristes de toutes les religions dont le but est de sexualiser et contrôler le corps des femmes. Si le Planning cède à son tour à la pénétration de l'islamisme et de l'indigénisme en son sein, que nous restera-t-il ? Cette situation doit alerter chacune et chacun d'entre nous. Il en va de ce mouvement et de son héritage si chers aux Français.














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