Le Planning Familial et l'islamisme : un début de lune de miel ?

 Par Naëm Bestandji

Le Planning Familial et l'islamisme : un début de lune de miel ?
Photo : Dauphiné Libéré. Partie inférieure : page Facebook du PF 38

       Le Planning Familial a montré une nouvelle fois sa tendresse pour le sexisme de l'intégrisme musulman. Cette fois, cette complicité vient de Grenoble, toujours avec l'aval de Paris. Dans un communiqué du 11 juillet 2019, le Planning Familial 38 affirme son soutien au sexisme du burqini (1). Elle reprend même, dans son titre Facebook, le mensonge politique d'Alliance citoyenne "pour les droits civiques des femmes musulmanes". Comme s'il y avait des droits différenciés en France selon les religions. Comme si les musulmanes voulaient toutes se baigner en burqini.
Cela n'en finit pas d'engranger des félicitations de la part des islamistes. Taous Hammouti fut la première à s'en réjouir en commentant le communiqué sur la page Facebook du Planning.

Taous Hammouti


L'islamiste Taous Hammouti se réjouit du communiqué du Planning Familial

Elle est cette militante islamiste très active au sein de l'association Alliance citoyenne. Cette fan de Hani et Tariq Ramadan porta le deuil de Mohamed Morsi, un des leader des Frères Musulmans en Egypte.

Taous Hammouti apprécie beaucoup Hani Ramadan


Taous Hammouti apprécie particulièrement Tariq Ramadan
Sur sa page Facebook, Taous Hammouti exprima son deuil à la mort de Mohamed Morsi, leader des Frères Musulmans en Égypte

Un des objectifs de son "féminisme" est de se faire soigner uniquement par des femmes médecins. Autant donc dire qu'elle n'est pas très "Charlie", au point d'avoir accusé le journal d'être responsable de son propre massacre deux jours seulement après la tuerie.

Taous Hammouti rêve d'être soignée uniquement par des femmes médecins
Taous Hammouti fait l'apologie du terrorisme

Dans son communiqué, le Planning Familial est trop occupé à tenter de justifier l'injustifiable pour se préoccuper d'accorder quelques lignes à la condamnation ou, au moins, à une prise de distance avec celle qui a organisé les opérations burqini à Grenoble.

Un autre soutien s'est manifesté, et pas n'importe lequel : le CCIF. Cette association d'extrême droite est idéologiquement la branche juridique des Frères Musulmans en France. Le CCIF est médiatiquement le fleuron de cette nouvelle extrême droite française (2).
Sur sa page Facebook et dans un article publié sur son site internet le 12 juillet 2019 (3), il prouve une nouvelle fois qu'il est le maître incontesté de la stratégie politique et marketing de l'islamisme. Tout l'art de la rhétorique d'inversion des Frères Musulmans est magistralement utilisé dans ce texte. C'est du travail d'orfèvre. Il n'a pas tant de mérite. Il reprend simplement tous ses éléments de langage et son inversion habituels.

Le CCIF est ravi du soutien du Planning Familial pour le sexisme du burqini

Tout d'abord, le CCIF parle rarement de "voile". Il lui préfère "foulard". Dans l’inconscient collectif, cela renvoie au foulard d’antan porté par une partie des françaises. L’objectif est de rendre cet uniforme sexiste et politique plus neutre, de le faire passer pour un simple accessoire vestimentaire, comme celui porté si joliment par Grace Kelly (parfois sollicitée par les intégristes), afin de faire oublier son origine et sa véritable raison d’être. Le foulard et le voile islamiste n'ont rien en commun, que ce soit dans la forme (le voile islamiste est bien plus long et jamais transparent) et dans leur signification (le foulard ne se porte pas en permanence pour se protéger de la libido des hommes), mais c’est stratégiquement plus efficace. Cela permet de faciliter la culpabilisation et l’attaque pour "intolérance" contre les partisans de l’égalité des sexes et de la laïcité. La preuve une nouvelle fois dans cet article.

Un autre élément de langage habituel des islamistes, repris depuis par le Planning Familial, est de parler des "femmes musulmanes". En l'espèce, le CCIF parle ici de "la tenue des femmes de confession musulmane". L'association en profite ainsi pour réaffirmer l'assignation religieuse et vestimentaire de toutes les musulmanes à ce que les islamistes ont choisi pour elles : le voilement. C'est aussi l'occasion de toujours mieux transmettre l'idée que l'image de la femme musulmane est celle-là, rajoutant encore et toujours une pression sur celles qui ne veulent pas s'y conformer. Je rappelle que l'écrasante majorité des musulmanes en France se baignent en maillot de bain. Cet article du CCIF, avec la participation du Planning Familial, est là pour contribuer à changer cet état de fait. Les islamistes, et à présent le PF, appellent cela le "libre choix".

Le CCIF est tout heureux de citer une phrase du Planning : interdire le burqini dans les piscines serait une "discrimination et une stigmatisation à l’encontre d’un groupe de personnes spécifique". Pourquoi une telle joie ? Parce que nous sommes en pleine rhétorique d'inversion : le voilement, ici le burqini, uniquement destiné aux femmes, a pour objet de discriminer et stigmatiser un groupe humain en raison de sexe. C'est à la fois une forme de protection contre les assauts potentiels des animaux que seraient les hommes, et une punition pour les corps des femmes qui seraient trop attirants. Après avoir été endoctrinées pour voir les choses ainsi, les fanatiques qui refusent de se baigner en maillot de bain comme tout le monde n'ont plus d'autres choix que de s'auto discriminer et de s'exclure elles-mêmes des piscines. Ainsi, le PF défend un vêtement discriminant et sexiste au nom de la lutte contre les discriminations. Le Planning Familial devient le bon élève des Frères Musulmans.

Cette association islamiste (je parle du CCIF…) est dans son rôle. Comme tous les intégristes religieux, quelle que soit la religion, elle a une vision rétrograde du rôle des femmes. Voici ce qu'elle en dit :
La femme c’est le moteur de la cellule familiale musulmane. Qu’on le veuille ou non, j’espère que je ne vais pas vous froisser mes chers frères, mais c’est la maman qui construit cette famille-là. C’est la maman qui fait fonctionner cette famille-là. Nous hamdoullah on travaille dur, on parle à table. Mais c’est elle qui fait fonctionner la famille. Et nous quand on est abimé, quand la journée de travail nous a épuisé ou il y a quelqu’un qui nous a vexé dans la rue ou autre, on rentre à la maison, on va avoir un câlin des enfants, il y a un repas chaud sur la table. Notre femme va nous dire quelques mots de consolation. Au moment où on s’est endormi, on a déjà oublié le problème. Mais une maman qui est abimé, comment on répare ça ? Comment est-ce qu’on console une maman qui est cassé ? Comment est-ce qu’on la répare ? Ça ne se répare pas ! Quand la maman est abimée, toute la famille est abimée. C’est pour ça que c’est elle qu’on vise. Parce qu’elle fait l’essence de la famille musulmane. Elle mène l’éducation. C’est elle qui fait cette petite flamme, cette petite vie, cet espoir, cette douceur qu’il y a dans la maison musulmane. C’est elle qui le fait vivre. C’est elle qui l’anime. C’est elle qui, quand tout le monde est fatigué, se lève le week-end pour préparer le petit-déjeuner et laver les enfants, et préparer… faire tout ça. C’est la maman qui fait ça. Et si on l’abime elle, alors on abime une génération entière de musulmans.


(Propos tenus le 30 avril 2011 à la mosquée de Vigneux)

Voilà pourquoi, selon le CCIF, les "femmes musulmanes" seraient persécutées en France. Voilà pourquoi il est heureux qu'une association féministe, théoriquement totalement opposée à cette vision des femmes, apporte son soutien à "la tenue des femmes de confession musulmane" choisie par les islamistes.

L'énormité de sa rhétorique d'inversion n'est pas tant dans ces détournements. Le must, le top du top, est sa récupération de la laïcité pour la retourner contre les associations et militants laïques.
Le voile n'a jamais été une prescription religieuse en islam. C'est pour cela que seuls les intégristes le prescrivent et uniquement en invoquant des raisons sexistes et identitaires. Le vrai terrain du voile est donc impossible à défendre dans un pays comme la France. En tant qu'oppresseurs, les intégristes ne peuvent défendre l'indéfendable. La seule solution est de "religiosifier" le voile pour ne pas lutter sur le terrain de l'égalité des sexes, où ils seraient perdants, mais sur celui de la liberté religieuse. Ainsi, la laïcité leur permet de ne plus avoir l'image d'oppresseurs mais d'opprimés, celle de "musulmans" persécutés par une société intolérante qui restreindrait la liberté religieuse. Il est bien plus aisé de revendiquer une laïcité "ouverte" ou "inclusive" plutôt qu'un "sexisme ouvert" ou un "patriarcat inclusif".

L'erreur de la plupart des féministes, et des personnes politiques, qui luttent contre le concept du voilement est d'aller sur ce terrain choisi par les islamistes plutôt que sur celui réellement concerné : l'égalité des sexes. Je ne cesse d'alerter sur cette erreur. Le CCIF et le Planning Familial me donnent une nouvelle fois raison. Le titre de l'article du CCIF est la reprise d'une phrase du communiqué du Planning Familial : "La loi de 1905 n’instaure pas de police du vêtement". Aidé par l'angle faussement laïque de ce communiqué, les intégriste religieux du CCIF s'engouffrent dans cette faille pour se présenter à nouveau comme meilleurs défenseurs de la laïcité que les associations et militants laïques. L'association va même jusqu'à les narguer en citant en conclusion une expression qui leur est chère : "la laïcité n’est pas une opinion, c’est la liberté d’en avoir une".
Ce retournement permet de rester batailler sur le terrain inapproprié de la laïcité, où les féministes et laïques s'enlisent, pour toujours éviter celui de l'égalité des sexes où le CCIF n'a aucune chance. Voilà pourquoi ces islamistes sont heureux. Ils ont réussi à leurrer le Planning Familial par leur stratégie victimaire, passant d'oppresseurs sexistes à victimes d'intolérance religieuse. Le Planning a occulté le premier aspect pour ne voir que le second. Il donne ainsi la priorité à la bigoterie et au sexisme religieux, et relègue la lutte pour l'égalité des sexes au second plan. Cette situation est un cas d'école, l'illustration parfaite de la réussite (j'espère provisoire) de la stratégie des Frères Musulmans auprès de diverses associations, syndicats et partis politiques.

Une nouvelle fois, le corps des femmes, à travers le voilement, est bien le cheval de Troie politique de l'islamisme. En toute conscience, le Planning Familial a fait le choix (pour le coup, celui-ci est réellement libre) d'apporter sa contribution à cette stratégie dont le corps des femmes est le champ de bataille. La trahison de ses valeurs, de son histoire et de toutes celles qui ont œuvré pour le mouvement par le passé, est totale.

L'expression consacrée est plus que jamais appropriée : "on a les soutiens qu'on mérite". Extrême droite musulmane - Planning Familial : la convergence des luttes.




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Burqini : le Planning Familial rencontre Alliance citoyenne


Par Naëm Bestandji


Burqini : le Planning Familial rencontre Alliance citoyenne

Dans son bulletin pour ses membres, Alliance citoyenne annonce chercher des partenaires pour accompagner, avec les islamistes, ses actions politico-religieuses et sexistes. Elles vont rencontrer le Planning Familial qui serait prêt "à porter la lutte [burqini] sur le temps long".

Ce bulletin confirme aussi que cette association a bien mandaté Taous Hammouti pour les "universités des quartiers populaires". L'association n'a donc aucun problème avec l'apologie du terrorisme de Taous, ses promos des Frères Musulmans et son désir de n'être soignée que par des femmes.

L'islamiste Taous Hammouti mandatée par Alliance citoyenne

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Une militante islamiste instrumentalise la Shoah pour défendre le sexisme du burqini

Par Naëm Bestandji


       Sinon, pour en finir et arrêter de tourner autour du pot :
- Faut-il une loi pour inciter les islamistes à prendre des cours d'Histoire et éviter qu'ils se ridiculisent ?

Zakia Meziani est une militante politico religieuse, identitaire et sexiste. En un mot, elle est islamiste. Épousant l'idéologie des Frères Musulmans, dont elle porte le symbole sexiste et politique sur sa tête, elle fait sienne toute leur rhétorique et leurs méthodes. Elle est l'exemple type de ce que j'analyse depuis des années.
Elle use avec allégresse de la rhétorique d'inversion : elle se présente comme militante antiraciste mais uniquement sur le sujet du voile (ou pour dériver sur la Palestine).


Une des actions de "l'association Pour la reconnaissance des droits et des libertés à la femme musulmane" dont Zakia Meziani est la présidente.
Une des actions de "l'association Pour la reconnaissance des droits et des libertés à la femme musulmane" dont Zakia Meziani est la présidente.

Zakia Meziani instrumentalise le féminisme pour sa lutte palestinienne
Zakia Meziani instrumentalise le féminisme pour sa lutte palestinienne

Comme tous les islamistes, elle racialise l'islam et fait peu de distinction entre les musulmanes voilées et non voilées pour essentialiser toutes les musulmanes à sa radicalité. Ainsi, toute opposition au sexisme et à l'aspect politique du voilement (ce qui est justement son cas) est brandie comme "raciste". Le terme "islamophobie" est évidemment un de ses préférés. Comme tous les islamistes, elle aime lier critique et moquerie de l'islam avec les propos et actes anti musulmans, pour faire de toute critique de sa radicalité un délit de blasphème ("islamophobie").
Elle se présente également comme féministe. Une nouvelle fois, son féminisme se réduit à la défense de son sexisme "religieux". Comme je l'avais longuement détaillé dans d'autres écrits, cette inversion totale permet de saisir le terme "féminisme" pour le redéfinir et le retourner contre la société en général et les féministes en particulier. C'est une des méthodes clés de la stratégie victimaire.

En résumé, sa promotion de la discrimination sexiste à travers le voile serait féministe, la lutte contre son auto discrimination "choisie" parce qu'elle a un vagin et des "formes" serait de la discrimination et du racisme.
Pour porter ce combat politique et faire la promotion de l'idéologie des Frères Musulmans, elle s'investit depuis des années à Tourcoing dans diverses actions. Elle milite inlassablement pour la légalisation du voilement des fillettes à l'école par sa lutte acharnée contre la loi de 2004.
Son histoire militante et politique colle parfaitement à l'histoire de la jonction entre l'extrême droite musulmane et une partie de la gauche : sa victimisation permanente a séduit EELV pour qui elle fut candidate aux élections cantonales en 2015, apothéose de l'"islamisto-gauchisme" à Tourcoing.

Fidèle à son idéologie (qui n'est pas l'écologie), elle s'est aussi investie dans la pseudo "consultation des musulmans" organisée par des Frères Musulmans avec pour tête de file l'ex du CCIF Marwan Muhammad.
Elle est également présidente de "l'association Pour la reconnaissance des droits et des libertés à la femme musulmane". Nous retrouvons là encore l'essentialisation de toutes les musulmanes à son extrémisme pour faire croire à la société qu'elle correspond au profil type de la musulmane, et que "les musulmanes" auraient légalement moins de droits et de libertés que les autres. Ce mensonge, qui n'a que pour but de jouer sur l'émotion, est la même sémantique qu'Alliance citoyenne.
Nous retrouvons cette alliance idéologique et de terrain entre son association, le CCIF (tout deux Frères Musulmans) et les idées d'Alliance citoyenne dans certaines rencontres (Identité Plurielle est l'autre nom de l'association de Zakia Meziani).
Nous retrouvons encore Marwan Muhammad. Julien Talpin était aussi intervenant. Il est celui qui a inspiré à Alliance citoyenne les "méthodes d'organisation des citoyens" de Saul Alinsky. La convergence avec les Frères Musulmans est donc une nouvelle fois établie.

Emportée par son fanatisme, elle a montré son soutien au burqini par un propos que l'on retrouve régulièrement dans les milieux islamistes : la comparaison entre l'oppression que subiraient "les musulmanes", selon elle, et l'extermination des Juifs. Elle compare l'extermination de millions de personnes en raison de ce qu'elles étaient en tant qu'Êtres humains, avec un règlement applicable à tous les citoyens sans distinction de couleur, d'origine et de religion. Elle considère le refus d'accorder un privilège au sexisme des islamistes comme la volonté d'exterminer la totalité des musulmans. Par sa publication, elle a poussé la racialisation de l'islam (car on adhère à une religion, elle ne fait pas partie de l'ADN) à l'extrême. Elle a poussé cette racialisation au point de comparer les musulmans aux Juifs pour tenter de hisser par tous les moyens "l'islamophobie" (c’est-à-dire le blasphème) au niveau de l'antisémitisme. La référence à la Shoah est le point culminant.
Elle aurait pu prendre pour exemple un autre génocide. Alors pourquoi celui-là ? Parce que l'Holocauste est la carte premium, le top du top de la victimisation. Par son ampleur et le traumatisme que cela a créé en Europe, il n'y a pas meilleure comparaison pour susciter de façon macabre l'empathie d'un maximum de citoyens.


Comme je l'ai dit, elle n'est pas la première à y avoir recours. Marwan Muhammad par exemple le fit sans complexe en avril 2011. Voir mon article sur ce sujet (1).


La publication de Zakia Meziani a suscité de nombreuses réactions, notamment dans la presse locale. Face à l'ampleur que prend la polémique, elle l'a supprimée au cours de la nuit dernière. Mais elle n'a pas effacé son idéologie de sa mémoire. On n'efface pas des idées si profondément ancrées. C'est ce qui est particulièrement effrayant et devrait effrayer toutes les féministes.

(1) Le CCIF et sa référence à l’Allemagne des années 30, l’arroseur arrosé

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