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"Collabeur", "bougnoule", "arabe de service" : le racisme intracommunautaire décomplexé


Jamel Debbouze violemment insulté de "collabeur"

       "Collabeur", "bougnoule", "arabe de service" sont quelques exemples d'anathèmes racistes lancés contre des Français d'origine maghrébine (musulmans ou pas) par les ultras identitaires musulmans. Leur conception du monde, de la "race" et de la religion les positionne à l'extrême droite de l'échiquier politique. Ces insultes, contre ceux qu'ils perçoivent comme des traîtres, en sont une des formes d'expression.

Les discriminations et propos racistes intracommunautaires sont fréquents. Mais ils ne font l'objet d'aucune étude (à ma connaissance) ni d'aucun projet pour lutter contre ce fléau. Une forme de tabou s'est installée à mesure que la stratégie victimaire s'est développée. Une partie de la sociologie actuelle est trop occupée à détourner sa fonction scientifique pour militer en faveur de "l'intersectionnalité" et des "études décoloniales". Ouvrir un boulevard à l'intégrisme musulman et au racisme victimaire anti "blanc" semble être plus gratifiant que d'étudier les mécanismes du racisme intracommunautaire. Si ce racisme était étudié, donc mis en lumière, cela entacherait l'image orientaliste des éternelles victimes que seraient les "Arabes"/musulmans. Ces derniers subissent effectivement des discriminations en raison de leur religion et/ou de leurs origines ethniques. Mais depuis des années, cela est instrumentalisé par les islamistes et indigénistes. Ils surfent, en profitent pour dénoncer des situations imaginaires, amalgamer la critique d'une religion (et de ses dérives extrémistes) avec les attaques contre des individus. C'est le cœur de leur stratégie victimaire : culpabiliser la société, annihiler toute opposition pour mieux faire avancer leur idéologie totalitaire. Le terme "islamophobie" est leur arme rhétorique principale. C'est à cela que se consacre une partie de la sociologie actuelle. Non pour étudier la stratégie que je viens d'énoncer, mais au contraire pour la valider et la soutenir. En se penchant sur le racisme intracommunautaire, cette frange militante de la sociologie craint de freiner la lutte contre la "blanchité". Elle se conforme ainsi au principe de "l'intersectionnalité" : à l'intersection des discriminations, les victimes intracommunautaires (femmes, gays, apostats, etc.) doivent céder le passage à la lutte contre "l'islamophobie".

L'islamophobie est la peur, la crainte de l'islam. L'exprimer, critiquer, déclarer ne pas aimer cette religion, la caricaturer ou s'en moquer relève de la liberté d'expression, tout comme l'islamophilie. Cette liberté est aussi celle de blasphémer. De plus, le blasphème ne concerne que les croyants. Pour un athée, cela n'a aucun sens.

Or, pour une partie de la population, dont des musulmans, seule l'islamophilie aurait droit de cité. Créer des sites internet, des pages Facebook et des comptes Twitter à la gloire de l'islam, déclarer que c'est une religion de paix et d'amour, twitter toute la journée des versets du Coran, professer constamment les "bienfaits" du sexisme du voile pour amener au "libre choix", ne posent pas de problèmes aux commerçants religieux ni à leurs soutiens. En tant que démocrate et militant laïque, je n'y vois aucun problème non plus. Leur liberté d'expression est garantie par les lois républicaines.
En revanche, l'islamophobie est condamnée par ces mêmes commerçants et soutiens. Déclarer que l'islam est une religion de haine et belliciste, dénoncer les versets violents envers les femmes et les non musulmans, le sexisme du voile, se moquer de l'islam et caricaturer le Prophète devraient être un délit puni par la loi, selon eux. Ces personnes sont anti démocrates par définition.

Toute idéologie politique, philosophique, religieuse est soumise aux mêmes règles de critique que les autres. Les religions sont tout autant soumises à la critique et à la moquerie que le capitalisme, le communisme, un film, un roman, une chanson, une émission culinaire ou Picsou magazine. En démocratie laïque, Moïse, Jésus et Mohamed ne sont pas plus sacrés que Batman, Harry Potter, Jules César ou Napoléon. Mais pour les partisans du terme "islamophobie", l'islam devrait avoir un statut particulier, un privilège d'intouchabilité. Tout obstacle à l'expression de cette religion, même à ses dérives, serait un délit "d'islamophobie". Mais pour la délictualiser, il faut en détourner la définition pour en faire une forme de racisme. On transforme alors l'islam en race, génétiquement incluse en chaque musulman "de naissance". Le musulman, fidèle d'une religion censée être choisie, devient le Musulman, membre assigné à un peuple imaginaire.
Ainsi, toute critique ou moquerie du dogme est déclarée être une attaque contre les croyants. De plus, les intégristes musulmans seraient des musulmans lambda. Toute critique de l'islamisme devient alors une attaque contre l'ensemble des musulmans, donc de "l'islamophobie", donc du racisme... même si ces critiques et moqueries émanent d'autres musulmans. Lutter contre le sexisme du voile n'est pas une attaque contre les femmes voilées et encore moins contre l'ensemble des musulmans. Sinon, cela ferait des musulmans rationalistes, qui luttent contre l'islamisme, des délinquants "islamophobes". Dans les pays musulmans, le terme "islamophobie" n'est pas utilisé. On use d'expressions équivalentes : "atteinte à la religion", "blasphème" voire "apostasie" (rejeter l'extrémisme serait, pour certains, rejeter l'islam tout court).
Ce dévoiement du terme "islamophobie" est le fait des islamistes. Le CCIF, idéologiquement la branche juridique des Frères Musulmans en France, tente depuis des années de faire croire que c'est un délit, quitte à contredire le code pénal. Ce faux racisme en cache un vrai, pratiqué en "interne".

Les commerçants identitaires que sont les islamistes et "décoloniaux" usent des mêmes codes et mécanismes intellectuels que l'extrême droite traditionnelle. Ils font de leurs origines et leur islamité l'alpha et l'oméga de leur identité. Ils ramènent toujours les individus à leurs origines ethniques et à une islamité censée être innée et incrustée dans les gènes. La critique de l'islam(isme) par un musulman, et pire encore l'apostasie, sont ainsi perçues comme des attitudes contre nature qui se paieront un jour ou l'autre par un châtiment divin (ce qui ne veut rien dire pour un apostat). A court terme, ces récalcitrants doivent s'attendre à subir des tentatives de culpabilisation pour être remis sur le "droit chemin", des insultes, des intimidations et des menaces. Voilà la définition islamiste de "la liberté de croire et de ne pas croire, de changer de religion ou de ne pas en avoir". La laïcité est un outil de promotion de leur islamité, pas un principe qui permet réellement d'accéder à la liberté de conscience. Une liberté rejetée par ces identitaires, sauf lorsqu'il s'agit de conversions à l'islam(isme).

Le dévoiement du terme "islamophobie" par les islamistes, et validé par une partie des intellectuels, cache ainsi une islamophobie bien réelle de la part de ces mêmes islamistes. Toute critique de leur radicalité par d'autres musulmans, toute approche rationaliste et progressiste de l'islam, sont violemment combattues par les intégristes et leurs soutiens identitaires "Arabes" (ces derniers sont moins accro à la religion mais tout autant obsédés par l'aspect identitaire de l'islam). Cette peur et ce rejet d'un islam éclairé est la définition exacte de l'islamophobie. Cela pourrait rester au niveau du débat d'idée. Chaque interprétation de l'islam pourrait répondre à une autre par des arguments théologiques, linguistiques, etc. Mais, par définition, les islamistes ne sont pas très branchés "débats d'idées". Ils basculent donc facilement de l'islamophobie vers les actes et propos anti musulmans contre ceux qui ne leur conviennent pas.
Les obsédés de l'assignation identitaire font des musulmans un groupe monolithique. Ils insultent, voire menacent, toute personne qui tenterait de s'émanciper de sa communauté religieuse et/ou ethnique, voire seulement se montrerait trop critique envers sa "communauté". Tous les français d'origine maghrébine concernés sont traités de la même manière. Qu'ils soient apostats ou pas, ils sont victimes des mêmes propos racistes justifiés par la religion de "paix, d'amour et de tolérance". Voilà comment salir l'islam en prétendant le défendre. Sous le couvert hallucinant d'antiracisme, car exprimé par des éternelles "victimes", ce racisme décomplexé est en constante augmentation. Un racisme aidé par des non musulmans, toujours en quête condescendante d'opprimés à défendre, quitte à défendre les pires idéologies. Ces non musulmans rejettent l'affirmation identitaire et religieuse "judéo-chrétienne" mais glorifient celle qui sent bon l'exotisme. C'est le cas de journalistes comme Edwy Plenel, de sociologues comme Vincent Geisser ou de féministes comme Christine Delphy. Grâce à ces soutiens de poids qui légitiment cet ultra identitarisme, dont le racisme est une conséquence, tout français musulman/d'origine maghrébine est susceptible d'en être victime. Celles et ceux médiatiquement exposés par leurs activités politiques, journalistiques ou artistiques sont les plus touchés.
Le comédien et humoriste Malik Bentalha victime du racisme intracommunautaire
Le comédien et humoriste Malik Bentalha n'est pas épargné par le racisme intracommunautaire
Pour mesurer le degré de racisme de ces insultes, il est nécessaire d'en connaître les définitions et la motivation de ceux qui les expriment.

Le plus connu est "bougnoule" : "terme injurieux et raciste pour désigner un Arabe" (Larousse). Son origine est incertaine. Plusieurs théories se côtoient. Mais nous savons qu'il est né lors de la période coloniale et pouvait autant désigner un noir qu'un Maghrébin. Cela évolua pour ne plus désigner de façon injurieuse que les Maghrébins, identifiés par leur apparence physique, leur faible maitrîse du français et leur fort accent.
Nostalgique de la période coloniale et du sentiment de supériorité civilisationnelle apporté par l'Empire français, l'extrême droite perpétua l'usage de ce terme raciste pour désigner l'immigré d'Afrique du nord et sa descendance. L'extrême droite musulmane entra dans la danse en se l'appropriant à son tour.
Pour les ultras identitaires musulmans, on est "arabe"/musulman avant d'être français. Tout individu de cette "communauté" qui afficherait une forme d'émancipation de son groupe sera considéré comme un traître. Sa trahison serait motivée par le désir de ressembler aux "blancs"/Français car il aurait honte de ses origines. Il renierait ce qu'il est censé être : un "Arabe" avec tout le package identitaire qui doit être affiché.
Pour les deux extrêmes droites, la période coloniale est toujours vivante. Ils baignent dans une forme de nostalgie. Les premiers rêvent de revivre cette époque "bénie" de domination et voient dans les français d'origine maghrébine uniquement des citoyens de papier, de seconde zone, des Maghrébins. Aujourd'hui, par la fausse racialisation de l'islam créée par les islamistes, un glissement sémantique s'est opéré des Maghrébins vers les "musulmans".
Les seconds veulent éternellement rejouer les luttes anticoloniales. Leur racisme n'est pas basé sur la supériorité de leur ethnie (l'islam, racialisé, ferait partie de cette ethnie) mais sur la victimisation de celle-ci dont les oppresseurs seraient les "blancs", les Juifs, les "occidentaux". Le Maghreb est pourtant géographiquement en Occident. Les Maghrébins sont des occidentaux. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles ces ultras identitaires se définissent comme "Arabe" plutôt que comme Maghrébin. Se rapprocher de l'Orient par la négation de leurs origines permet de s'éloigner des "blancs" et de se rapprocher du berceau de l'islam. La religion vient s'y ajouter pour faire le lien entre la victimisation (aidée par le détournement du terme "islamophobie") et le suprématisme. En effet, les musulmans seraient d'éternelles victimes persécutées. Mais ils le seraient car, l'islam étant supérieur à tout, les musulmans auraient été désignés par Dieu pour diriger le monde. Cela ferait peur aux méchants "blancs"/Français. C'est l'idée développée notamment par l'ex directeur du CCIF, Marwan Muhammad. Cet affrontement raciste entre les deux extrêmes droites nourrit les motivations de l'une et de l'autre. Alors quand un Français d'origine maghrébine (forcément musulman aux yeux des extrêmes) s'émancipe de sa "communauté", préfère s'affirmer en tant que citoyen et ne pas faire commerce de son "arabité" ni de son islamité, il est perçu comme un traître. Quand il lutte contre l'islamisme (le sexisme du voile, l'utilisation de l'islam à des fins politiques), il est aussi perçu comme un traître. Les ultras identitaires musulmans les voient comme les larbins stupides imaginés par le racisme colonial d'antan.
Pour les deux extrêmes droites, la citoyenneté des français d'origine maghrébine n'est qu'administrative. Les deux les voient uniquement à travers leur "arabité" et leur islamité. Les uns les perçoivent en tant qu'envahisseurs, les autres en tant qu'éternelles victimes dont la citoyenneté "de papier" n'est qu'un moyen pour affirmer leur islamité. Comme l'avait écrit Marwan Muhammad, la carte d'identité ne serait qu'une "carte orange, qui facilite mon passage aux frontières et réduit les délais d’attente à l’aéroport. Ni plus, ni moins" (1). La démarche de ces extrêmes droites est la même. Seul l'angle est différent. Nombre d'entre eux nomment donc les traîtres de la même manière : "bougnoules".

Mohamed Sifaoui est régulièrement menacé et insulté en raison de sa lutte contre l'islamisme
Zineb El Rhazoui a reçu toutes les insultes racistes intracommunautaires imaginables

Cette traîtrise supposée rend fertile leur vocabulaire raciste. Divers termes se côtoient pour désigner le même type de personnes. "Bougnoule" est le moins créatif mais est celui qui fait la jonction entre les deux extrêmes.

"Arabe de service" est issu du racisme intracommunautaire noir ("noir de service", "nègre de maison"). Cette expression définit un "Arabe" qui serait au service de ses "maîtres", les "blancs"/Français. Ils se serviraient d'un "Arabe" comme alibi, une caution politique antiraciste. Il ou elle serait un pantin naïf. Concrètement, cela cible les Français(e)s d'origine maghrébine qui intègrent ou soutiennent les divers partis politiques traditionnels et deviennent visibles dans les médias. Certains concernés usent eux-mêmes de ce terme après avoir eu la sensation d'être utilisé comme alibi de la diversité. Ils tombent dans l'expression raciste pour exprimer l'injustice ressentie.
Mais cette étiquette est surtout posée par l'extrême droite musulmane. Malek Boutih, Fadela Amara, Lydia Guirous, Azouz Begag ou Rachida Dati sont parmi les plus connus de ces porteurs d'étiquette.
Des Dômes et Des Minarets et un de ces sites islamistes qui usent de propos racistes comme "arabe de service" pour cibler les "traîtres".
Des Dômes et Des Minarets et un de ces sites islamistes qui usent de propos racistes comme "arabe de service" pour cibler les "traîtres".
Cela concerne aussi les journalistes, comme Sonia Mabrouk par exemple, qui critiquent l'islamisme, le communautarisme religieux et ethnique.

Sonia Mabrouk victime de propos racistes intracommunautaires pour ses critiques envers le communautarisme et l'islamisme

Cela concerne également des religieux musulmans qui seraient "trop ouverts". L'imam Chalghoumi est l'exemple le plus emblématique. Par ses prises de position clairement anti islamistes et de rapprochement avec les juifs et Israël, il dénote. Il est violemment attaqué par les ultras identitaires musulmans. Ils ne vont pas sur le terrain des arguments pour le critiquer sur le fond, sur sa vision de l'islam. N'oublions pas que nous parlons de l'extrême droite musulmane. Ils ne l'attaquent pas sur ce qu'il dit mais sur la façon dont il le dit et sur ce qu'il est. Ils se moquent de son accent et de son manque de maîtrise de la langue française. L'intérêt est de le rabaisser, le dénigrer. Ils le traitent alors de "bougnoule", motivés par les mêmes raisons de raillerie que des Français envers leurs parents ou grands-parents maghrébins il y a quelques décennies (l'accent et le manque de maîtrise de la langue). Certains le comparent à Tariq Ramadan pour mettre en valeur le contraste entre la crédibilité de l'un et le ridicule de l'autre. Il serait plus valorisant d'exprimer ses idées homophobes dans un français impeccable que d'exprimer la tolérance et l'ouverture dans un français approximatif.
Par son accueil dans les médias et par quelques politiques, le "bougnoule" Chalghoumi est considéré comme "l'arabe de service" par excellence. J'ai rarement constaté autant d'attaques racistes envers un Être humain. Des attaques qui ne sont pas commises par des "fachos blancs" mais par des personnes qui se définissent comme "Arabes" et musulmanes, dont certains se qualifient de… militants antiracistes. Et ce n'est pas le CCIF qui les attaquera en justice pour "islamophobie"…

Hassen Chalghoumi est une cible privilégié du racisme intracommunautaire

Cette étiquette de "Arabe de service" concerne enfin tout républicain d'origine maghrébine, militant laïque, antiraciste, féministe universaliste, qui dénonce l'intégrisme musulman et ses conséquences sur les femmes et la démocratie.

"Collabeur" est l'un des deux termes racistes les plus créatifs créé par les ultras identitaires musulmans. Il est la contraction de deux mots : "collaborateur" et "beur". Le premier est plus communément exprimé par "collabo". Il désigne les français qui avaient collaboré avec l'occupant nazi durant la Seconde Guerre Mondiale. Le second est un néologisme issu du verlan, créé au début des années 1980 : arabe=bera=beur. Il désigne familièrement les français dont les parents furent des immigrés maghrébins. En contractant ces deux mots, les ultra identitaires désignent un "Arabe" (forcément musulman) qui trahit son "peuple" en collaborant avec les "Français" par son émancipation de la "communauté" ou sa critique de l'islam(isme).
Les "collabeurs" sont donc différents des "Arabes de services". Ils ne sont pas naïfs. On ne les instrumentalise pas malgré eux. Ils sont conscients de leur collaboration avec l'ennemi, les "blancs"/Français, comme le furent les collabos avec les nazis.

Le Muslim Post est un média d'information en ligne issu des Frères Musulmans. Comme les autres sites islamistes, ils ciblent les Français d'origine maghrébine qui luttent contre les intégristes. Ils perçoivent ces Français comme des "collabos", avec souvent une dose d'antisémitisme.
Le Muslim Post est un média d'information en ligne issu qui s'inscrit dans le courant des Frères Musulmans. Comme les autres sites islamistes, ils ciblent les Français d'origine maghrébine qui luttent contre les intégristes. Ils perçoivent ces Français comme des "collabos".
Jamel Debbouze violemment insulté de "collabeur"
"Collabeur" est une des insultes racistes intracommunautaires les plus courantes
Taha Bouhafs est un ultra identitaire à l'insulte raciste facile. Membre actif de la France Insoumise, il est une des figures qui font la jonction entre les islamistes, les ultras identitaires "Arabes" (dont il fait parti), les "décoloniaux" et une partie de l'extrême gauche.
Taha Bouhafs se présente comme "militant des quartiers populaires". Il est surtout un ultra identitaire à l'insulte raciste facile. Il voit dans l'intégrisme musulman et les Indigènes de la République des partenaires de lutte. Membre actif de la France Insoumise, il en fut le candidat pour la 2ème circonscription de l'Isère lors des législatives de 2017. Il est une des figures qui font la jonction entre les islamistes, les ultras identitaires "Arabes" (dont il fait partie), les "décoloniaux" et une partie de l'extrême gauche.
Cela va encore plus loin lorsque des femmes sont concernées. "Arabe" est de genre neutre : un ou une Arabe. "Arabette" n'existe pas. Donc "beur" est aussi censé être de genre neutre : un ou une Beur. Mais c'est sans compter le sexisme. Aux yeux des ultras identitaires "Arabes" (ils se définissent ainsi), qu'ils soient islamistes ou pas, les femmes d'origine maghrébine sont la propriété de la communauté. Le machisme fait partie de la panoplie. Si les hommes sont assignés à leurs origines, les femmes le sont encore plus du fait de leur vagin. Pour désigner celles qui ne se conforment pas totalement aux codes de cette communauté, les identitaires usent d'un terme encore plus péjoratif que "beur" : "beurette". Comme le terme "beur", il définit les filles d'immigrés d'Afrique du nord. Elles sont assignées à la culture de leurs parents. Avec le temps et l'influence orientaliste, le sens évolua vers l'érotisme. Bridées par le patriarcat de leur communauté, les "beurettes" seraient plus sensuelles, plus érotiques, et aimeraient plus le sexe que les autres femmes dès qu'elles ont la possibilité de se lâcher. "Beurette" est devenue une catégorie pornographique à part entière.
Pour la recherche du mot "beurette", les premières pages de résultats proposés par Google sont des sites pornographiques.
Pour la recherche du mot "beurette", les premières pages de résultats proposés par Google sont des sites pornographiques.
Comme pour "bougnoule", les ultras identitaires musulmans ont adopté ce terme péjoratif pour désigner les françaises d'origine maghrébine qui désirent s'émanciper des règles tacites de la communauté. Ils ont une telle facilité à intégrer le vocabulaire issu du racisme colonial qu'ils perpétuent ce qu'ils prétendent combattre.
Quand il s'agit de sexisme, leur imagination est particulièrement fertile. "Beurette" connaît ainsi des déclinaisons. Il y a la "beurette à chicha" : jeune femme d'origine maghrébine qui, au lieu d'être à la maison pour remplir les tâches qui lui sont dévolues, sort et traîne dans les bars à chicha, lieux tacitement réservés aux hommes. Elle est très maquillée, habillée de façon sexy et fréquente des garçons dans un jeu de séduction. Elle n'a aucun problème à monter dans la voiture ou l'appartement d'un homme pour le satisfaire sexuellement. Ce stéréotype sexiste est l'angoisse de nombreuses femmes qui craignent que cette réputation leur tombe dessus. C'est aussi la hantise de nombreux frères qui surveillent leurs sœurs. La réputation familiale est portée par les filles. Il suffit qu'une jeune femme soit maquillée, porte un pull un peu trop près du corps, les cheveux au vent et marche dans la rue à une heure où elle est censée être à la maison, et sa réputation sera faite. Sans même être entrée dans un bar à chicha…

Il y a aussi les "beurettes à khel". Elles sont celles qui auraient des relations amicales ou amoureuses avec des hommes noirs (khel, en langue arabe). Le racisme et l'ultra identitarisme étant bien ancrés chez certains, il est très mal vu qu'une "Arabe" ait une relation avec un homme qui ne soit pas de sa "communauté". Comme il n'y a quasiment plus de juifs dans les quartiers, les pires à leurs yeux sont les noirs. Une "beurette à khel" est perçue comme une traîtresse qui se serait salie.

En constatant le niveau sexiste et insultant du terme "beurette", imaginez le niveau de "collabeurette"…

"Collabeurette" : une insulte raciste et sexiste

Si un "collabeur" ou une "collabeurette" est mis en avant par un parti politique ou même un article de presse, il ou elle cumulera l'étiquette de "Arabe de service". Les variantes peuvent être multiples : "bougnoule de service", "arabe au service du sionisme", "collabeurette au service de ses maîtres", etc. Le dernier exemple en date est celui de Zineb El Rhazoui. Apostat d'origine marocaine, ex journaliste de Charlie Hebdo qui a échappé au massacre de la rédaction, elle n'a de cesse de critiquer l'islam et de lutter contre l'islamisme. On peut ne pas être d'accord avec elle sur certains propos. Mais rien ne justifie les insultes et les menaces de mort. Ces dernières semaines, elle concentre à elle seule toute la haine des ultras identitaires musulmans. Elle a eu droit à tous les synonymes et toutes les déclinaisons de la traîtresse maghrébine. Son courage force l'admiration. Par les violences verbales exprimées, qui viennent combler leur manque d'arguments intellectuels, ses détracteurs racistes ne réalisent pas qu'ils illustrent par l'exemple ce que Zineb dénonce. Ils ont ainsi renforcé son aura médiatique. Ce qui les a confortés dans leur délire : ce serait la preuve qu'elle serait une "Arabe au service du sionisme (les j… sionistes tiendraient les médias) pour cracher sur les musulmans afin de faire plaisir à ses maîtres".

"Khobzistes" est l'autre terme créatif. Il est le moins connu, mais il a ma "préférence" pour son inventivité. C'est un terme assez ancien né en Algérie. Il est tiré du mot arabe "khobz" qui veut dire "pain". A l'origine, les "khobzistes" sont des profiteurs du système économique et social algérien, prêts à user de toutes les astuces pour grappiller quelques miches de pain sans avoir besoin de travailler ou de s'investir. Son sens a évolué en France. Les islamistes se le sont appropriés pour désigner les "Arabes"/musulmans qui auraient trahi leur "communauté" en adoptant les valeurs républicaines pour une miche de pain : un poste de député, secrétariat d'État ou ministère. Il désigne aussi tout travailleur social, tout militant, qui lutte pour la laïcité et contre l'islamisme. Il désigne également tout imam, islamologue et théologien progressiste. Bref, tout "Arabe" qui ne joue pas à la "pleureuse" victimaire communautariste, affirme sa citoyenneté et son attachement à la République. D'après l'extrême droite musulmane, sa seule motivation serait la fameuse miche de pain : l'appât du gain, l'espoir de décrocher un emploi ou une reconnaissance officielle.

Jamel Debbouze insulté de "khobziste"
Sonia Mabrouk insultée de "khobziste"
Jimmy Parat est de ces intégristes qui aiment proférer des termes racistes contre des musulmans (pour lui, toute personne d'origine maghrébine est forcément musulmane). Ancien élu municipal à Bagnolet, il est secrétaire général du parti politique islamiste "Français ET Musulmans" dont il fut le candidat aux législatives de 2017 en Seine-Saint-Denis.
Capture d'écran d'un commentaire de Jimmy Parat sur sa page Facebook.
Il est de ces intégristes qui aiment proférer ces termes racistes contre des musulmans (pour lui, toute personne d'origine maghrébine est forcément musulmane). Ancien élu municipal à Bagnolet, il est secrétaire général du parti politique islamiste "Français ET Musulmans" dont il fut le candidat aux législatives de 2017 en Seine-Saint-Denis (0,97% des voix au 1er tour).
Le terme "harki" ou "néo harki" est, selon moi, le plus violent.
Les musulmans rationalistes sont une cible pour l'extrême droite musulmane. Les islamistes les considèrent au mieux comme des mauvais musulmans, sinon comme des traîtres ou des vendus. Marwan Muhammad est l'un de ces islamistes. En avril 2011, le CCIF organisa une conférence sur son thème victimaire habituel : "islamophobie, notre responsabilité face à l’injustice". A l'époque porte-parole de cette association d'extrême droite, Marwan Muhammad n’eut pas de mots assez durs pour discriminer et disqualifier les musulmans trop ouvert à ses yeux : J’en ai marre de voir des néo-Harkis me représenter à la télévision ! Que veut-il dire par là ? Les Harkis étaient des algériens ayant combattu aux côtés de la France pour maintenir l’Algérie française. Suite à l’indépendance, ils ont fui l’Algérie ou ont été massacrés sur place par les Algériens indépendantistes car considérés comme des traîtres. Dans le langage islamiste, nommer quelqu’un de "néo-Harki" est une accusation de supposée traîtrise à sa supposée communauté. Autrement dit, les musulmans rationalistes sont les traîtres de la communauté musulmane, comme les Harkis ont été les traîtres de l’Algérie. Quand on connaît le sort qu’ont connu les Harkis, cette déclaration n’est pas très rassurante… Cette dénomination se veut d’une forte portée, pour faire comprendre que le degré de trahison est si élevé qu’ils sont considérés comme les pires des traîtres.


Tous ces musulmans et apostats sont les principales victimes : victimes de discrimination de la part des intégristes, victimes de discrimination de la part d'une partie de la société à cause de la mauvaise image de l'islam renvoyée par ces mêmes intégristes, et victimes de l'indifférence d'une partie de la gauche qui a préféré les abandonner au profit des intégristes.

Si je reprenais la logorrhée des ultras identitaires musulmans, nous sommes tous au service de quelque chose. Mes origines ne sont pas arabes mais maghrébines. Les Arabes sont de la Péninsule Arabique et ont colonisé le Maghreb, ce qui est différent. Je ne "collabore" pas avec les Français. Je suis Français !  Un Français au service de mon pays auquel je dois tant et dont je sers la République du mieux que je peux. Mes "miches de pain" sont chaque recul des racistes victimaires que sont les islamistes et les "décoloniaux", chacune des avancées féministes face au voile et au sexisme religieux.


Les identitaires, tels Taha Bouhafs, sont aussi des "collabeurs". Ils collaborent avec l'extrême droite musulmane pour être leur clé d'entrée. Ils créent le lien et les convergences qui permettent de rendre acceptables l'islamisme politique et le racisme victimaire aux yeux d'une partie de la gauche comme la France Insoumise ou le NPA. Ces militants ultras identitaires "Arabes" (ils nient leurs origines maghrébines et berbères) offrent une visibilité non négligeable aux islamistes en participant à leur stratégie. Ils sont bien des "Arabes de service", au service de l'intégrisme musulman.

Ce racisme est le corollaire de la montée du communautarisme dont les islamistes sont les charpentiers. Des militants, idéologues ou associations d'extrême droite comme le CCIF poussent à la partition du pays en tentant à la moindre occasion de différencier les français selon leur religion et/ou leur couleur de peau, et de les dresser les uns contre les autres. Tout est fait pour que l'islam soit l'identité première des concernés.
La lutte contre ces commerçants identitaires (islamistes, "décoloniaux"), leur communautarisme et leur racisme, doit être une priorité absolue. Sinon, la rupture avec une partie de la population, dont l'islam sert de paravent, sera consommée à moyen terme. Les "bougnoules", "collabeurs" et autres "Arabes de service" ne sont pas seulement des cibles. Ils sont aussi, malgré eux, les signaux d'alarme d'une catastrophe annoncée.


(1) Marwan Muhammad, Foul Express, Editions Sentinelles, 2014, p. 123.

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Edwy Plenel, le "père la morale" du journalisme, groupie de l'islamisme politique


Edwy Plenel, le "père la morale" du journalisme, groupie de l'intégrisme musulman

       Je me souviens de votre vive réactivité, Edwy Plenel, pour soutenir le sexisme du burkini à l'été 2016. J'ai en mémoire vos envolées lyriques sur le traitement "injuste" envers l'islamisme politique que vous considérez comme une simple expression religieuse. Vous n'êtes jamais avare de déclarations lorsqu'il s'agit de faire les louanges de la vitrine marketing des Frères Musulmans, de Tariq Ramadan en passant par le CCIF.

Votre silence assourdissant durant plus de deux semaines concernant les attaques sexistes et antisémites envers Henda Ayari depuis sa plainte pour viol contre Tariq Ramadan, ainsi que les menaces de mort envers celle-ci et Charlie Hebdo ces derniers jours par le fan club du prédicateur suisse, est donc logique. Vous qui êtes habituellement si réactif face à l'actualité. Vous et l'ensemble des partenaires des intégristes musulmans n'aurez jamais accepté de l'extrême droite traditionnelle les ignominies de cette nouvelle extrême droite française que vous soutenez depuis tant d'années.
Vous avez rompu votre silence ce dimanche 5 novembre sur BFMTV. Vous avez effectué un rétropédalage sur Tariq Ramadan tout en réaffirmant votre relativisme sur l'islamisme politique et le sexisme au nom du religieux.

Je lutte depuis 20 ans contre l'islamisme. A travers mes articles depuis plus d'un an, je décortique, analyse et mets en perspective les partenariats idéologiques et le discours d'extrême droite du CCIF qui est parfois si proche du nazisme qu'il en vient à coller presque parfaitement à certains passages de Mein Kampf. De votre côté et depuis plusieurs années, vous avez abandonné tout esprit critique pour vous transformer en groupie de Marwan Muhammad (ex directeur du CCIF) et de l'islamisme.

Edwy Plenel, le "père la morale" du journalisme, groupie de l'intégrisme musulman

Pendant que je me bats pour être entendu, vous êtes béat d'admiration, fort d'une certaine audience, devant ces leaders politiques d'extrême droite. Non pas une admiration pour leur combat citoyen inexistant, mais pour votre image orientaliste qui sent la naphtaline. Celle du bon musulman éternellement victime qui ne lutte pas pour sa citoyenneté mais pour l'affirmation de son islamité dont la citoyenneté n'est qu'un moyen. Pendant que des personnes comme moi (français d'origine maghrébine) sont discriminées et insultées par des individus tels que Marwan Muhammad, vous vous affichez à ses côtés pour le soutenir au nom de la tolérance et de l'antiracisme. On marche sur la tête. Votre boussole idéologique et intellectuelle a perdu le nord par votre aveuglement envers un islamisme totalitaire que vous imaginez être un islam humaniste.

Pendant que je dénonce cette "salafisation" de l'islam, vous souhaitez étouffer les musulmans modérés au profit des intégristes en imaginant que ces derniers, en les nommant "les musulmans", représentent l'ensemble de leurs coreligionnaires dans votre vision stéréotypée de cette population. Par vos déclarations, vous tentez de disqualifier tout musulman qui ne fait pas commerce de sa religiosité. Toute personne vivant et travaillant dans les quartiers populaires pour promouvoir l'égalité des sexes et la laïcité est écrasée par les prises de positions de personnes telles que vous et votre soutien à l'extrême droite islamiste dont le CCIF est aujourd'hui le fleuron.

Si vous aviez fait votre travail de journaliste, si vous aviez un minimum de connaissance historique, si vous aviez eu les mêmes réflexes et la même rigueur que pour vos enquêtes menées dans d'autres domaines qui ont fait votre réputation, vous ne seriez pas dans une telle dérive intellectuelle aujourd'hui. Vous contenter de la vitrine islamiste qui se veut acceptable pour ne pas aller voir ce qui se passe dans l'arrière-cour n'est pas à la hauteur des leçons de journalisme que vous dispensez à tour de bras.

Edwy Plenel ne voit aucune ambiguïté chez Tariq Ramadan et accuse tous ses opposants de racisme, y compris les opposants musulmans.
Extrait du Petit Journal, janvier 2015.

Je suis français d’origine maghrébine. J'ai reçu une éducation musulmane. J’ai toujours vécu dans un quartier populaire. Sur le plan politique, je suis de gauche. Je m'oppose à l'islamisme car je suis laïque et républicain. Je m'oppose à l'idéologie véhiculée par le voile car je milite pour l'égalité des sexes. J’ai longtemps milité dans des mouvements d’éducation populaire. J’ai travaillé dans le socio-culturel pour mes idéaux. J’ai milité dans des mouvements féministes pour l’universalisme. Mais selon vos critères exprimés maintes fois sur les plateaux télé, je serais un idéologue d’extrême droite… Comme tous les relativistes, vous adoptez la malhonnêteté intellectuelle des islamistes en instrumentalisant les attaques réelles de l'extrême droite traditionnelle envers les musulmans pour y assimiler les féministes et militants laïques qui s'opposent à l'intégrisme religieux.
Les personnes comme vous désirent disqualifier et essentialiser les personnes comme moi, nous remettre à la place que vous estimez être la nôtre, dans votre imaginaire teinté de nostalgie de lutte anticoloniale. Essentialiser tous les musulmans à des intégristes et des bigotes voilées est une forme de racisme par orientalisme. La photo que vous aviez diffusée en 2016 pour répondre aux détracteurs du burkini le montre bien. Les islamistes vous rendent nostalgique d'une époque où les femmes se baignaient habillées dans une France des années 1920 corsetée dans sa bigoterie et sa vision encore toute chrétienne de la femme qui avait peu de droits, et aucun sur la maîtrise de son corps. Vous ne vivez pas à la bonne époque Monsieur Plenel.

Edwy Plenel, le "père la morale" du journalisme, groupie de l'intégrisme musulman
Pour défendre les intégristes en burkini, Edwy Plenel diffuse une photo pleine de "modernité" où il dévoile sa nostalgie d'une époque où les femmes avaient peu de libertés.
Nous devons subir depuis près de 30 ans les remarques et injonctions de nos coreligionnaires intégristes à rester dans le moule de ce qu'ils considèrent être notre seule communauté valable, la Oumma. Que d'insultes et de discriminations vécues contre les français d'origine maghrébine qui désirent s'émanciper de leur "communauté". Que d'insultes sexistes envers les filles de cette "communauté" qui veulent vivre libres.

Les pressions viennent aussi de l'extérieur, de cette extrême droite qui ne voit en nous que d'éternels immigrés qui sont là pour "voler le pain des français". Nous avons toujours été pris en étau entre l'extrême droite musulmane et l'extrême droite "traditionnelle". J'ai personnellement subi autant d'insultes racistes d'un côté que de l'autre ("bougnoule" est une insulte très prisée par les intolérants des deux côtés). Et que dire de cet antisémitisme qui ronge le cœur des islamistes au point de déborder sur nous (je suis régulièrement accusé, comme d'autres, de participer au complot j… sioniste mondial). Mais depuis plusieurs années, nous sommes pris dans un étau à trois côtés. En plus de ces extrêmes droites, nous vivons les anathèmes d'une partie de la gauche qui préfère l'intégrisme religieux des uns à la modération et au républicanisme des autres. Pour vous, être français sans faire commerce de sa religion fait moins rêver que les "pleureuses" victimaires qui n'ont pour désir que le développement de leur intégrisme. Or, favoriser l'intégrisme musulman favorise mécaniquement l'autre extrême droite. Tel Monsieur Jourdain avec sa prose, vous soutenez le Front National avec la vôtre sans le savoir. Par votre soutien naïf à l'extrême droite religieuse, vous êtes le Monsieur Jourdain de l'extrême droite traditionnelle. Vous êtes l’incarnation de tout ce que nous nommons les "idiots utiles". Votre responsabilité est lourde dans le développement de l'islamisme politique, la montée du Front National, et le bâillonnement, voire l'ostracisation, de citoyens musulmans rationalistes et laïques. C’est une responsabilité dont vous devrez un jour répondre.

Je me revendique comme citoyen, sans qualificatif supplémentaire, qui réclame le droit à l'indifférence et l'égalité des sexes en tenant la religion à distance de la vie publique par cette laïcité qui m'est si chère. Je considère que l'islam est dans le cœur et l'esprit des croyants, pas sur la tête avec un voile sexiste qui signifie l'impureté et la culpabilité de celle qui le porte. Je considère que l'islam se vit dans l'intimité et la spiritualité, pas dans l'exhibition, les apparences et la politique. Ceux que vous nommez "les musulmans", je les nomme "intégristes musulmans". Aussi incroyable que cela puisse vous paraître, les musulmans rationalistes ne sont pas "islamophobes". Ils n'ont pas peur de leur religion (vrai sens du terme). C'est au contraire parce qu'ils l'aiment qu'ils luttent contre les islamistes. Cette nuance est bien trop subtile pour votre esprit embrumé de stéréotypes. La naphtaline a endormi votre sens critique.
Vous pourrez m'accuser d'être raciste et "islamophobe" (terme détourné pour être vénéré par les islamistes et autres partisans du rétablissement du délit de blasphème), vous ne me ferez jamais taire. Cette force m'est donnée par cette République et ses valeurs universalistes combattues par les mouvements que vous soutenez.
Nous, français d'origine maghrébine, les "harkis", "collabeurs" et autres "bougnoules de service" comme aiment tant nous appeler vos amis islamistes, quel que soit notre niveau de pratique religieuse, des plus pieux aux plus athées, ne reconnaissons qu'une seule communauté : la Nation. Notre islamité réelle ou supposée est une affaire privée. La laïcité est notre bien commun. Ce bien commun que vous avez perdu de vue en voguant sur les flots sombres de l'obscurantisme religieux attiré pas les sirènes victimaires qui sonnent si agréablement à vos oreilles.

J'espère qu'un jour votre sextant fonctionnera de nouveau et que vous suivrez le phare des valeurs auxquelles vous avez toujours prétendu adhérer.

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Le CCIF, fleuron de la nouvelle extrême droite française (2ème partie)


Le CCIF, fleuron de la nouvelle extrême droite française

(Liens vers les autres parties en fin de celle-ci.)

       Le Front National et le CCIF représentent l’extrême droite française. Le premier est la vitrine de l’extrême droite traditionnelle. Le second est le fleuron de la nouvelle extrême droite. Dans la première partie, j’ai mis en lumière un des éléments clés de leur histoire, celle de l’antisémitisme. Cette histoire antisémite partagée, même si l’antisémitisme ne se retrouve pas forcément chez tous leurs militants aujourd’hui, s’explique par la proximité de leur vision du monde. Leurs idéologies sont basées sur les mêmes principes identitaires, racistes et totalitaires.

Le Front National est dans la lignée des mouvements totalitaires d’extrême droite. En juin 1972, un groupuscule néofasciste appelé “Ordre nouveau” décida d’entrer dans le jeu politique. C’est la naissance du Front National dont Jean-Marie Le Pen prendra la présidence en octobre de la même année. Le parti avait su intégrer la fine fleur de l’extrême droite française : des anciens de Vichy, d’anciens collabos, des vétérans de la Waffen SS, des anciens de l’OAS, des nazillons, des royalistes, des intégristes catholiques, de “simples” nationalistes, etc. Tous n’avaient pas une convergence de vue absolue. Mais ils étaient unis par une certaine idée, une nostalgie de la France qui serait en train de perdre son âme, son identité, ses racines et son indépendance. Au-delà de l’antisémitisme, l’extrême droite traditionnelle a tendance à être raciste et xénophobe. Jean-Marie Le Pen a eu maintes occasions de nous le rappeler par ses expressions chocs. Certains membres du FN, encore aujourd’hui, ne cachent pas leur sympathie pour le nazisme (exclus du FN dans le cadre de la “dédiabolisation”). Le proche entourage actuel de Marine Le Pen au sein du parti n’échappe pas à cet héritage. Il est en parti composé d’anciens membres du GUD (Groupe Union Défense), un syndicat étudiant néofasciste et violent admirateur de la Waffen SS et autres “sympathiques” références au nazisme.

Les valeurs sociétales de cette extrême droite sont ultra-conservatrices et sont représentées par des mouvements tels que les Lefebvristes (branche intégriste catholique qui n’est plus reconnue par l’Église), Civitas (association catholique intégriste) ou la Manif pour tous. Dès que l’occasion se présente, ces mouvements manifestent leur hostilité à la liberté d’expression, le droit à l’IVG ou bien le mariage pour tous. Ils sont ainsi contre l’égalité des sexes et l’égalité des droits, et pour un rôle traditionnel de la femme qui serait “complémentaire” à l’homme. La laïcité est vécue comme une persécution et la démocratie comme une anomalie à l’ordre voulu par Dieu. Tous ces mouvements se croisent. Certaines personnes militent dans plusieurs à la fois. Par exemple, si les Lefebvristes n’ont plus de tribune au Front national comme auparavant, ils peuvent se retrouver individuellement dans ses idées (1). Leur combat est aussi incarné par Civitas qui se retrouve pleinement dans la lutte de la Manif pour tous (2), et qui aujourd’hui a même créé son propre parti politique.

Enfin, le fonctionnement familial du FN dévoile le culte du chef, si cher aux mouvements totalitaires.

Les islamistes ne sont pas en reste. La confrérie des Frères musulmans, dont le CCIF est idéologiquement la branche juridique française aujourd’hui, est née en Égypte en 1928. Co-créée par Hassan Al-Banna, elle était dès l’origine composée de fanatiques religieux nostalgiques du Califat. Un règne qu’il faudrait faire renaitre suite à l’abolition du Califat ottoman en 1924 par Atatürk. Cette nostalgie est une réaction à la colonisation britannique et à la Réforme musulmane progressiste entamée dès la fin du 19ème siècle. Le désir frériste de débarrasser l’islam de toute influence étrangère et de faire revivre un âge d’or mythifié était une obsession concurrente à celle du wahhabisme politique naissant en Arabie Saoudite. La confrérie a alterné les périodes d’actions violentes et politiques. Aujourd’hui, ayant constaté l’impasse de l’action violente et l’efficacité du prosélytisme, leur action est tournée uniquement vers la politique, mais leurs objectifs restent les mêmes.

Cette idéologie est également ultra-conservatrice et rétrograde sur le plan religieux et sociétal. Les intégristes musulmans sont par définition tout autant conservateurs que les intégristes chrétiens. Toutefois, les islamistes ont une longueur d’avance sur leur vision arriérée de la femme, car leur obsession sexuelle fait d’elle l’enjeu central de leur idéologie. Deux ouvrages ont posé les bases de la vision intégriste de la femme en islam. “La voie du musulman” édité en 1964, écrit par le wahhabite Aboubaker-Djaber Eldjazaïri . Mais surtout “Le licite et l’illicite en islam” paru au début des années 1960, écrit par le Frère musulman Youssef Al-Qaradhawi. Ce dernier est l'un des livres les plus vendus de l’histoire de l’islam. Ces deux ouvrages contiennent les opinions envers les femmes (et les homosexuels) les plus rétrogrades et choquantes que j’aie lues à ce jour. Les justifications du port du voile et de la place de la femme ont été développées et diffusées par ces deux “chefs-d’œuvre”. Ils sont à la base de la plupart des interprétations et prêches des islamistes d’aujourd’hui sur ce sujet. Youssef Al-Qaradhawi ayant même une audience plus large parmi les musulmans. J’avais consacré un article sur “Le licite et l’illicite en islam” qui met en lumière les justifications réelles du voile, par l’instrumentalisation misogyne du Coran, et les enjeux que cela sous-tend (3). C’est ce même Al-Qaradhawi, également antisémite, qui est encensé encore aujourd’hui par Tariq Ramadan et l’UOIF (4). En digne héritier, Marwan Muhammad (directeur du CCIF) a eu l’occasion d’exprimer ce qu’est censé être à ses yeux la femme musulmane vertueuse et pudique, en usant d’arguments similaires à d’autres prêcheurs salafistes et fréristes, comme je l’ai démontré dans un autre article (5). Sur les thèmes des mœurs et de la famille, on peut difficilement être plus à l’extrême droite que les islamistes.

Rien d’étonnant alors à ce que les intégristes musulmans et catholiques se rejoignent sur certaines questions, lorsqu’il s’agit de vouloir maintenir l’ensemble de la société dans une conception archaïque du monde. Ce fut le cas en 2013. Lors de la manifestation contre l’égalité des droits pour tous au mariage, des organisations islamistes avaient manifesté aux côtés des autres militants de la “Manif pour tous”.

Cet ultra-conservatisme réactionnaire à la sauce islamiste se retrouve au sein du CCIF. Marwan Muhammad n’a pas exprimé son opinion seulement sur la femme musulmane idéale. Il a aussi eu l’occasion de l’exprimer sur la polygamie (6) : Je ne condamne pas la polygamie, comme je ne condamne pas le fait de la choisir ou pas dans d’autres pays. Il va encore plus loin en comparant la polygamie à la liberté sexuelle : On vit dans une société où les gens choisissent d’avoir un, deux ou trois partenaires sexuels, ça n’est pas la question du CCIF. Dans ses propos, avoir plusieurs partenaires sexuels n’est évidemment pas un compliment. Il semble réduire la polygamie à des partenaires sexuelles multiples ou à une simple partouze religieusement légalisés pour mieux la relativiser. Partouze ou partenaires en faveur du mâle bien-sûr. Je doute que dans son esprit il pensait aussi à la polyandrie.

Il va encore plus loin. Il s’emmêle les pinceaux et se met à parler d’homosexualité pour faire un parallèle avec la polygamie : Je ne condamne pas les choix personnels des uns et des autres d’être homosexuel ou d’être polygame ou de se marier à deux ou à trois, ça ne m’intéresse pas. Le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels, ça n’est pas mon sujet. L’homosexualité serait un choix qu’il compare à son amalgame persistant entre polygamie et liberté sexuelle. Il est dans la confusion la plus totale. On croirait entendre un prêcheur mormon ou le président de Civitas. Pourquoi un tel aveu ? Ce jour-là, son interlocuteur (Jean-François Copé) a été plus tenace que ses “débatteurs” habituels. Cela a acculé Marwan Muhammad qui n’a eu d’autres choix que de se livrer. Comme islamiste, il a une approche littéraliste du Coran. Pour lui, les textes religieux ont vocation à être éternels et universels sans aucune mise en contexte. Alors comment pourrait-il être contre la polygamie ? Même si lui-même n’est pas polygame, renier sa légitimité serait pour lui un blasphème, un pêché, un défi lancé à Dieu. De plus, il s’exprime publiquement et engage le CCIF. Il se retrouve donc coincé entre la dissimulation de sa véritable pensée pour des raisons stratégiques, et sa crédibilité religieuse face à ses fidèles qui l’écoutent et qui refuseraient toute condamnation de la polygamie. Ce moment a donc été assez compliqué pour lui. D’ailleurs, plusieurs commentaires sur sa page Facebook lui ont reproché d’avoir fait le jeu de Copé en relativisant la polygamie plutôt que de l’assumer.

Cette confusion teintée d’homophobie qui confond homosexualité, polygamie et liberté sexuelle, cette banalisation de la polygamie en en faisant un simple choix sexuel laissé à chacun, résume assez bien la pensée islamiste dans son ensemble. Il n’est donc pas étonnant qu’il fasse souvent conférence commune avec des salafistes ou des imams fréristes sans jamais les critiquer sur leurs positions moyenâgeuses. Le fleuron de la nouvelle extrême droite française assume bien son statut.

Mais au-delà de ces aspects, l’essence de l’islamisme, sa raison d’être, est le totalitarisme. Le spirituel n’est que le moyen utilisé pour l’imposer, et la question de la femme son outil principal. Sa proximité idéologique avec le nazisme, outre l’antisémitisme que j’ai détaillé dans la première partie de l’article, est flagrante. Le culte du chef est également là, en la personne de Mahomet… L’idolâtrie est pourtant un des plus grands pêchés en islam.

Le débat identitaire est le discours le mieux partagé par les deux extrêmes droites. L’extrême droite traditionnelle revendique les racines chrétiennes de la France et le nationalisme. Elle lutte pour une certaine identité française et une histoire de France mythifiée. La nouvelle extrême droite revendique ses origines musulmanes, tout autant mythifiées, en en faisant l’élément principal de son identité. La Oumma (la communauté transnationale des musulmans supérieure à toute communauté nationale) étant le nationalisme des islamistes. Cela explique en grande partie leur obsession pour le conflit israélo-palestinien. Les français islamistes se sentent bien plus proches d’un Palestinien que d’un Normand ou un Alsacien. Pour les deux extrêmes droites, il y a “eux” et “nous”. Les identitaires version FN revendiquent des racines chrétiennes qui ne doivent pas être souillées par des apports étrangers. Ils s’accrochent à des marqueurs définissant à leurs yeux l’appartenance à la nation comme le droit du sang plutôt que le droit du sol ou les signes catholiques visibles. Les identitaires islamistes revendiquent ce qui est censé être les racines musulmanes de la Oumma. Ils souhaitent influencer l’ensemble des musulmans sur l’adoption de comportements, de choix de vie, de type de nourriture et de vêtements qu’ils estiment être islamiques et en rejetant tout apport “étranger à l’islam”, c’est-à-dire, d’après eux, français : expressions religieuses en arabe dans le langage quotidien pour affirmer son appartenance à la communauté supérieure, le voile (et donc tout le sexisme qui en découle comme étant une bonne valeur musulmane), diabolisation du mode de vie français en se servant là aussi des femmes (7), l’obsession du halal, etc. Ainsi, tel que le préconise Marwan Muhammad avec tant de conviction, les musulmans, et surtout les musulmanes, sont appelés à ne pas adopter le mode de vie du pays dans lequel ils vivent (8), afin de ne pas perdre leur “identité”. En résumé, un individu est musulman avant d’être citoyen. Sa citoyenneté n’est que le moyen pour affirmer son islamité.

Ces obsessions ultra-identitaires des deux extrêmes droites se retrouvent bien-sûr sur internet. Les sites islamistes sont les pendants de sites du même acabit dans la fachosphère tels que fdesouche ou Riposte Laïque.

Il y a toutefois deux différences dans leurs approches ultra-identitaires. Tout d’abord, si l’un base son identité sur l’ethnie et sur un territoire défini (la France), l’autre la base sur l’adhésion à une idéologie et sans distinction de frontières nationales. La deuxième différence est que le marqueur identitaire chez les islamistes est la femme. Leur crainte de toute tentation sexuelle dont la femme serait responsable, comme c’est censé être le cas en “Occident”, est le facteur clé de cette identité qui serait en péril. D’où leur obsession pour le voile, le rejet autant que faire se peut de la mixité (surtout chez les salafistes), leur distinction entre les femmes vertueuses et les autres, etc. La vision sexiste et moyenâgeuse de la femme est au cœur de leur enjeu identitaire et de leur stratégie de conquête totalitaire. La femme voilée est le cheval de Troie de cette idéologie (consciemment ou non).

Cet aspect ultra-identitaire de ces extrêmes droites ne peut que glisser vers le racisme. S’ils accordent tant d’importance à la pureté de leur “peuple”, c’est parce que chacun se considère comme supérieur. L’expression la plus connue de ce sentiment de supériorité chez l’extrême droite traditionnelle est celle d’Adolf Hitler dans son livre-programme édité en 1925, “Mein Kampf”. Dans l’islamisme moderne, cela est apparu avec les Frères musulmans… à la même époque.

Le verset 110 de la Sourate 3 du coran est un des arguments principaux des intégristes musulmans : Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez en Allah. Ce sentiment de faire partie d’un peuple supérieur qui aurait vocation à diriger le monde est basé sur une interprétation littéraliste du Coran qui justifie toute la doctrine des islamistes.

Le racisme de l’extrême droite traditionnelle est fondé sur la fausse théorie des races. Celui de l’islamisme est fondé sur l’adhésion à une idéologie qu’il tente aujourd’hui de racialiser. Il établit une hiérarchie entre les groupes humains basée sur la religion dont les musulmans seraient le peuple supérieur. Là est la différence avec l’extrême droite traditionnelle. Mais le racisme reste le racisme, quels que soient les critères qu’on lui attribue pour l’appliquer.

En réalité, le racisme traditionnel existe aussi entre musulmans. Le racisme anti-noir en Algérie (9) et en Tunisie (10) par exemple n’a rien à envier à l’extrême droite occidentale. Des noirs qui sont, pour une bonne partie d’entre eux, tout autant musulmans que les Maghrébins. Le racisme est un mal universel.

Mais restons sur la théorie “officielle” du racisme islamiste. Les victimes de ce racisme ne sont pas les “arabes” ou les “noirs” face aux “blancs”. Les victimes sont les non musulmans, voire même les musulmans non islamistes, face aux “vrais” musulmans. Un noir, un blanc ou un Maghrébin peut ainsi se retrouver victime de ce racisme venant d’un autre noir, blanc ou Maghrébin. La situation imposée par les islamistes aux musulmans non pratiquants, et aux athées culturellement musulmans, n’est pas différente de celle des victimes du racisme de l’extrême droite traditionnelle. A trop jouer les victimes, ils oublient qu’ils sont aussi des oppresseurs.

Cette spécificité est bien trop subtile pour nombre de citoyens, y compris chez nos élites, qui ne la voient pas. L’islam accepte tout individu, peu importe sa couleur de peau et ses origines. L’islamisme donne alors le sentiment d’un mouvement égalitaire opprimé par les “racistes néocolonialistes” que sont effectivement l’extrême droite traditionnelle, mais que seraient aussi les militants laïques, les féministes universalistes, et les défenseurs des Droits Humains luttant contre l’intégrisme religieux.

C’est ce qui contribue à la confusion. Les militants anti-racistes qui luttent contre les islamistes sont ainsi perçus par ces derniers, et par une partie des musulmans en général, comme des racistes. Puisqu’ils lutteraient contre un peuple artificiellement racisé, les musulmans. A l’inverse, ces islamistes ne se considèrent pas comme racistes puisque, au contraire, tous les êtres humains sont égaux… à partir du moment où ils embrassent l’islam. Ce qui explique que de nombreux musulmans, imprégnés par la “salafisation” de leur religion, ne réalisent pas qu’ils sont racistes et n’hésitent pas à accuser les valeurs républicaines de l’être.

Ainsi, les islamistes essaient par tous les moyens de transformer l’adhésion à une idéologie religieuse en race, la race musulmane. Le musulman (croyant d’une religion) devient le Musulman (membre d’un peuple). C’est aussi le moyen pour se hisser au niveau de l’antisémitisme afin d’user de comparaisons douteuses pour une victimisation plus efficace, comme je l’ai démontré dans un article précédent (11). Ce concept est développé et entretenu en France par les islamistes depuis quelques décennies, et actuellement brandi par les nouveaux porte-drapeaux de ce racisme identitaire, le CCIF et ses alliés du Parti des Indigènes de la République (PIR).

Cette racialisation affirmée de cette façon depuis le milieu des années 2000 n’est pourtant pas une création des islamistes et indigénistes stricto-sensu. C’est une création coloniale. Dans les colonies, la France considérait les musulmans comme étant musulmans par essence. C’est-à-dire non pas dans le sens confessionnel mais dans celui “d’origine musulmane”. Arabe/maghrébin/musulman, c’était pareil. Les islamistes et indigénistes d’aujourd’hui s’approprient et valident ainsi la vision coloniale. Les colons de l’époque auraient été ravis. Ils dénoncent alors le fantasme d’un traitement néocolonial qu’ils subiraient en défendant un concept anachronique qu’ils prétendent pourtant vouloir combattre.

Cette racialisation de l’islam doit avoir des éléments visibles, comme toute “race”. Puisque cette “race” ne se définit pas par la couleur de la peau mais par l’adhésion à une idéologie religieuse, comment alors la rendre visible ? Cela se manifeste d’abord et avant tout par la promotion du voile (encore). Mais cela doit pouvoir aussi se voir à travers d’autres codes vestimentaires comme chez les hommes salafistes, des codes linguistiques religieux en arabe pour se distinguer, et des comportements.

C’est cette racialisation artificielle de l’islam par une partie des musulmans qui a permis à l’extrême droite traditionnelle, et en premier lieu le Front National, de déplacer son racisme lui aussi traditionnel vers les “musulmans”. Les extrêmes droites ont toujours eu besoin d’avoir un bouc-émissaire. Cet “autre” différent, responsable de tous leurs maux. Le bouc-émissaire historique commun de nos deux extrêmes droites est le juif (cf. 1ère partie). En dehors de lui, chacun a les siens. Pour l’extrême droite traditionnelle, il y a eu les Italiens, les Polonais, les Espagnols. Puis, suite à la perte de l’empire colonial conjuguée à la massive immigration économique des années 1960 et 70 (en raison des besoins immenses de la France), la nouvelle cible fut "l’Arabe", qui n’est autre que le Maghrébin.
Pour la nouvelle extrême droite, le bouc-émissaire est le "blanc". Tous leurs maux trouveraient leur explication dans la "blanchité" et l'histoire coloniale. La couleur de peau d'un être humain devient l'unique explication de ce qu'il peut subir ou faire subir à autrui. Un blanc est considéré comme comptable de toute l'histoire coloniale de ses aïeux... ou des aïeux des autres. Les féministes qui luttent contre les islamistes et le sexisme du voile ? Ce sont des représentant(e)s du "féminisme blanc". Les militants antiracistes qui luttent contre cette nouvelle extrême droite ? Ce sont des racistes blancs néocoloniaux refoulés. Etc. Ce racisme victimaire s'efface individuellement lorsqu'un "blanc" soutient activement cette extrême droite ou/et se converti à l'islam, ou plutôt à la version intégriste de l'islam. Un musulman non extrémiste restera toujours un traître à leurs yeux...

Une "salafisation" de l’islam menée par les intégristes est à l’œuvre au Moyen-Orient depuis les années 1920. En Europe, elle est à l’œuvre auprès des populations musulmanes depuis les années 1960 et a commencé à porter ses fruits en France dans les années 1980. En rendant l’islam plus visible, à travers non pas un islam éclairé mais rétrograde, et de surcroit dans une France en grande partie déconfessionnalisée suite à une histoire conflictuelle et douloureuse avec le catholicisme, cela a logiquement créé des tensions. Tensions que le FN a vécues comme une aubaine. L’islam étant à présent visible dans sa forme radicale (notamment le voile), on peut attaquer le musulman comme on attaquait “l’Arabe”.

Ainsi, la fausse racialisation des musulmans par les islamistes et leurs alliés indigénistes a permis la création d’un racisme anti-musulman bien réel instrumentalisé par l’extrême droite traditionnelle. Les attentats au nom de l’islam n’ont fait qu’aggraver le phénomène mais n’en sont pas à l’origine. De l’autre côté, ce racisme anti-musulman est le prétexte des islamistes pour se victimiser et encore mieux avancer. L’un entretient l’autre. Par ce déplacement du concept du racisme par les deux extrêmes droites, les vrais militants anti-racistes, laïques et féministes universalistes se retrouvent pris en tenaille sur le champ de bataille intellectuel et sociétal. Eux ont toujours eu pour adversaire l’extrême droite traditionnelle. Mais depuis quelques décennies, ils ont des adversaires supplémentaires : les intégristes musulmans. Les vrais militants anti-racistes comptent ainsi dans leurs rangs des citoyens de toutes confessions y compris des musulmans qui refusent que leur religion soit confisquée par les radicaux de l’UOIF, du CCIF et consorts. Ils se retrouvent donc, à priori, avec le FN dans la lutte contre les islamistes. Seulement pour le FN, cette lutte est le moyen de combattre l’ensemble des musulmans pour la primauté judéo-chrétienne. Autrement dit, l’extrême droite traditionnelle se sert de l’islamisme pour faciliter sa lutte antimusulmane grâce au soutien efficace de mouvements tels que le CCIF et le PIR. Ce qui permet à la nouvelle extrême droite (islamistes et une partie des indigénistes) d’accuser de fascisme la totalité de leurs adversaires à travers le concept piège qu’ils ont pris soin de construire et développer en parallèle de leur fausse racialisation : “l’islamophobie”. CQFD.

Parti des Indigènes de la République, un des fleurons de la nouvelle extrême droite française
Sadri Khiari, un des fondateurs du Parti des Indigènes de la République
La colonisation est également un autre point commun avec l’extrême droite traditionnelle. Une partie de sa composante est hantée par la perte de l’empire colonial, notamment la perte de l’Algérie. De nombreux anciens militants de l’OAS avaient d’ailleurs rejoint le FN à sa création. Une frange de cette extrême droite est ainsi nostalgique de la période coloniale, de l’empire français, tout en dénonçant “l’invasion musulmane” que nous subirions actuellement. La nouvelle extrême droite, elle, dénonce la période coloniale française qui serait encore à l’œuvre aujourd’hui tout en rêvant avec nostalgie au retour à un empire musulman, le Califat, ou tout du moins à l’unification de la Oumma, qui ne pourrait se faire qu’à travers une vaste conquête par l’islamisation des sociétés.

Nous sommes bien-sûr les héritiers d’une histoire. Il y a eu des relents néocoloniaux après la fin de l’Empire. Le traumatisme de la perte de l’Algérie pour une partie de la population en est un facteur. Ce qui participe, effectivement, à un racisme latent chez une partie minoritaire de nos concitoyens. Seulement, comme l’extrême droite traditionnelle, la nouvelle extrême droite part d’un constat pour en faire une généralité et une justification à toutes leurs attitudes extrémistes. Ainsi, toute mesure prise par l’État (telle que la loi de mars 2004 sur les signes religieux à l’école) sera accusée par les islamistes d’être “islamophobe” en raison d’un point de vue raciste “néocolonial”. Toute opposition laïque, féministe et démocrate sera accusée de la même chose. Tout individu, sans pour autant être militant de quoi que ce soit, qui oserait émettre une critique envers l’islam et/ou son instrumentalisation sera accusé de racisme, “d’islamophobie” et d’attitude “néocolonialiste”. Le danger, par ces anathèmes faciles et ridicules, est de dénaturer la lutte légitime contre le racisme et la xénophobie.

Pourtant, s’il y a bien un relent néocolonial, il se trouve parmi les partenaires des islamistes. Car si une partie de la gauche soutient les islamistes et les indigénistes, c’est justement en raison de leur point de vue néocolonial. Nouveau symbole de l’opprimé, cette gauche est très complaisante avec les radicaux musulmans en les confondant avec l’ensemble des musulmans. Ils estiment que LES musulmans sont par essence moyenâgeux et que, au nom du respect des cultures et de la différence, nous ne devons pas les critiquer et encore moins tenter de les accompagner vers une réforme théologique et culturelle pouvant les mener vers plus de modernité et de compatibilité avec nos valeurs républicaines. Au contraire, ce serait à nos valeurs de s’adapter pour mieux inclure cette population qui serait incapable d’évoluer. Cette essentialisation, cette assignation faites à l’ensemble des musulmans de rester confinés à une partie réductrice de leur Être au nom du respect des cultures, et en combattant toute critique des islamistes, c’est une attitude totalement teintée d’une vision néocolonialiste condescendante. Celle du paternalisme du colon envers l’indigène. Mais un paternalisme cette fois accepté par ceux qui se définissent comme “descendants d’indigènes” puisque cela sert leur stratégie victimaire.

Marwan Muhammad n'aime pas la France
"L'amour" pour la France d'un islamiste qui n'a pas son "BEP Histoire" (selon son expression pour dénigrer M. Le Pen) et qui n'est jamais en communion avec son pays

C’est à la lumière de cela que l’on peut comprendre les positions des islamistes. Ils dénoncent sans cesse l’impérialisme occidental, la politique raciste et “islamophobe” de l’État français, notre laïcité qui opprimerait leur religion, la politique et les positions “néocoloniales” de l’État et de toute personne n’étant pas d’accord avec leur idéologie, leur obsession du conflit israélo-palestinien. Mais ils ne se prononcent jamais ou très peu sur les attentats (sauf pour dénoncer les victimes d’amalgames et la “montée de l’islamophobie”). Ils ne critiquent jamais DAESH, sa violence et sa politique impérialiste et coloniale. Car le plus grand impérialisme, le plus vaste mouvement de colonisation aujourd’hui, c’est DAESH. Rappelons-le : presque tous les jihadistes sont des étrangers émigrés en Irak, en Syrie, en Libye, pour imposer leur idéologie et leur “Califat” par la force à la population locale. Cette colonisation a lieu aujourd’hui. Plusieurs centaines de français sont partis contribuer à ce vaste projet colonial au nom de l’islam. Y-a-t-il eu un meeting, une conférence du CCIF ou du PIR pour dénoncer cette colonisation, dont les musulmans sont justement victimes (sans parler des chrétiens locaux) ? Non, rien. Nous assistons au plus grand mouvement “islamophobe” (selon la définition du CCIF) de l’Histoire, mais le CCIF ne dit rien. Plus préoccupé avec les autres islamistes et le PIR par les Palestiniens et l’histoire coloniale d’il y a 60 ans que par la politique coloniale et génocidaire de DAESH aujourd’hui.

Les deux extrêmes droites usent ainsi des mêmes méthodes et du même type d’instrumentalisation. Toutefois, le racisme islamiste, par la tactique de la victimisation, réussit à mieux se développer. Les islamistes se servent de la lutte contre le racisme pour imposer le leur.

Cette vision religieusement raciste du monde a pour corollaire évident le totalitarisme, puisque, selon les intégristes, les musulmans auraient vocation à décider pour tous de ce qui est bien ou mal. Dans son credo des Frères musulmans, Hassan Al-Banna déclara en 1935 que la bannière de l’Islam doit couvrir le genre humain et que chaque musulman a pour mission d’éduquer le monde selon les principes de l’Islam (Credo des Frères musulmans entériné lors du 3ème congrès des Frères en mars 1935). Pour cela, il proclama la devise des Frères qui deviendra celle de la totalité des islamistes encore aujourd’hui : Notre slogan ne cessera d’être : Dieu est notre but. Le messager de Dieu est notre guide. Le Coran est notre constitution. Le Jihad est notre chemin. La mort sur le sentier de Dieu est notre souhait ultime. Hassan Al-Banna était un grand humaniste incompris qui prônait l’amour, la paix et la tolérance… à condition d’adhérer à sa vision moyenâgeuse et totalitaire de l’islam. Les intégristes musulmans n’ont rien à envier aux nazis.

Tels sont les objectifs. Les moyens pour les atteindre sont à la hauteur de leur doctrine. Hassan Al-Banna les a formulés dans les “50 demandes du programme des Frères musulmans”, qui explique aujourd’hui encore l’attitude et les dérives des islamistes en Égypte, au Maghreb, en Turquie, etc., mais aussi en Europe. Il y fait l’éloge de la guerre sainte, de la Oumma par la création d’un sixième Califat, l’interdiction de toute mixité sexuelle, l’oppression des femmes, la censure des médias et de la culture, l’interdiction de toute critique de l’islam, l’imposition de l’enseignement de la religion (et dans sa version frériste) dans la totalité des niveaux de l’enseignement, le développement de la propagande, puis l’imposition (par la force s’il le faut) de la pratique religieuse, la création de groupes jeunesse fanatisés, etc. En résumé, exactement le même fonctionnement que le nazisme, des mesures communes également écrites dans “Mein Kampf”, en ajoutant une misogynie poussée encore plus loin.

Beaucoup se réclament de cette doctrine aujourd’hui. Cela va des djihadistes jusqu’aux militants de l’islam politique. Nous l’avons vu avec le Hamas dans la 1ère partie de cet article. Dans le préambule de sa charte, il cite également en intégralité ce fameux verset 110 de la sourate 3 du Coran. La charte reprend aussi, dans son article 8, la devise frériste de Hassan Al-Banna. L’ensemble décline ainsi toute la panoplie totalitaire des Frères. Ce qui démontre encore une fois que le Hamas n’est pas un simple mouvement de résistance.

Qu’en est-il de nos islamistes français aujourd’hui ? Ils sont évidemment dans cette filiation. Tariq Ramadan ou l’UOIF n’ont pas de mots assez forts pour faire les louanges des Frères musulmans, Youssef Al-Qaradhawi (12) ou Hassan Al-Banna. Même si depuis quelques années ils ont un peu levé le pied face à une plus grande prise de conscience de la société. Ce n’est pas le cas de mouvements, de lieux de culte, et de personnalités moins médiatiques mais tout aussi influents sur le terrain et sur internet.

Le CCIF est dans cette situation. Il ne déclare pas s’inspirer des Frères musulmans, ce serait contre-productif, mais en a tous les attributs. Que ce soit dans sa vision de l’islam, dans sa stratégie politique et le profil de ses militants (des personnes fanatisées ayant un bagage universitaire, ultra motivées et mettant leurs compétences au service de leur idéologie). Toutefois, certaines déclarations sincères peuvent échapper à sa stratégie de la taqiya (concept permettant de dissimuler ses véritables intentions religieuses). Nous l’avons vu concernant la polygamie, l’homosexualité ou sa vision de la femme musulmane. Ce fut aussi le cas sur son totalitarisme en janvier 2010 lors d’une conférence sur la thématique de la finance islamique, avec les Indigènes de la République. Marwan Muhammad y était intervenu longuement. Il déclara, en tant que représentant d'une "association apolitique et areligieuse" (comme le CCIF aime se définir pour sa vitrine), notamment ceci : [L’islam] est une religion qui a vocation à régir toutes les sphères de la vie sociale. C’est un mode d’emploi pour l’Humanité. Un mode d’emploi à un groupe d’hommes à qui on a confié un certain nombre de ressources naturelles. (…) Et on leur a dit “voilà votre mandat”. C’est de vivre sur terre en accord avec les principes qu’on vous donne. Et pour ça, on vous a donné un mode d’emploi, et ça s’appelle le Coran. Et on vous a donné un individu qui vous sert d’exemple et qui va être l’incarnation vivante du bon comportement musulman. Et ça c’est le Prophète. Vous devez vous conformer à ça. (…) Et ça veut dire que l’islam a une portée sur tous les sujets qui régissent la vie en société (13). Il exprime sa vision totalitaire avec un tel naturel dans la voix, que cela passe presque aussi bien qu’un banal cours sur la finance.


Sa vision d’un islam totalitaire est justifiée, là aussi, par le verset 110 de la sourate 3. A chaque fois qu’il le peut, il explique sa vision islamiste par cette même référence qui le situe dans l’héritage des Frères musulmans. Un an et demi plus tard, le 30 avril 2011, il fut filmé lors d’une conférence donnée à la mosquée de Vigneux sur le thème victimaire “islamophobie, notre responsabilité face à l’injustice”. En infatigable prêcheur "apolitique et areligieux" mandaté par le CCIF, il utilisa à nouveau ce fameux verset en l’expliquant ainsi :
Allah, soubhanahou wa ta’ala, nous dit : vous êtes la meilleure communauté qui ait surgi sur Terre. Pas la deuxième, pas une bonne communauté, mais la meilleure des communautés. Et juste après, Allah soubhanahou wa ta’ala dit : vous recommandez le bien et vous interdisez ce qui est blâmable, et vous croyez en Allah soubhanahou wa ta’ala. Ça veut dire que cette caractéristique est une caractéristique identificatrice des musulmans. Elle nous fait sortir du rang et elle fait de nous les premiers de la classe auprès d’Allah soubhanahou wa ta’ala. C’est pas une petite caractéristique, mais c’est une responsabilité. C’est une responsabilité, pas que quand on s’attaque aux musulmans. C’est une responsabilité pour toutes les injustices qui frappent la terre sur laquelle Allah soubhanahou wa ta’ala nous a mis comme gérants, comme responsables de l’ordre public (14).


Cette vision raciste (les musulmans étant le peuple supérieur) et totalitaire du monde et son explication sont si proches du nazisme qu’il en vient à coller presque parfaitement à certains passages de “Mein Kampf” écrit par Adolf Hitler (certainement involontairement puisqu’il n’a pas son “BEP Histoire”, comme il le dit de M. Le Pen pour la dénigrer) :
L'Aryen est l'étincelle divine du génie (…) ; il a toujours allumé à nouveau ce feu qui, sous la forme de la connaissance, éclairait la nuit et montrait ainsi à l'homme le chemin qu'il devait gravir pour devenir le maître des autres êtres vivant sur cette terre. (Tome I, chapitre 11) [La] mission donnée au peuple allemand sur cette terre consiste uniquement à former un État qui considère comme son but suprême de conserver et de défendre les plus nobles éléments de notre peuple, restés inaltérés, et qui sont aussi ceux de l'humanité entière. (…) La tâche qui consiste à conserver et à défendre une espèce humaine supérieure (la race aryenne), dont la bonté du Tout Puissant a gratifié cette terre, apparaît une mission vraiment noble. (Tome II chapitre 2) [Le nazisme] doit avoir conscience de ce que, gardiens de la plus haute humanité sur cette terre, nous avons aussi les plus hautes obligations. (Tome II chapitre 14).

Être si proche de “Mein Kampf” tout en prétendant officiellement lutter contre le racisme. Cela fait froid dans le dos. Mais cela n’empêche pas des militants et intellectuels de gauche de soutenir les islamistes du CCIF au nom de, ce qui est incroyable, la lutte anti-raciste… Un peu plus dans la lumière aujourd’hui, le CCIF adopte la même attitude que ses Frères en évitant à présent de faire ce type de déclarations montrant ses réelles intentions (tout du moins lorsqu’elles sont filmées).

Je ne suis pas certain que Marwan Muhammad pense être raciste. Pour lui, il ne fait qu’appliquer la parole de Dieu. Si Dieu le dit, alors où serait le mal ? Qui sommes-nous pour nous opposer à sa parole ? Dieu ne peut pas être raciste. S’il a désigné les musulmans comme supérieurs aux autres, c’est qu’ils détiennent LA vérité que Dieu leur aurait transmise. Voilà pourquoi lui et tous les autres intégristes font référence à ce verset pour justifier leur point de vue. C’est purement fanatique. Mais pour lui, c’est une évidence. C’est pour cela qu’il condamne le racisme venant des Hommes (basée sur l’ethnie) et qu’il ne voit pas du tout le mal à promouvoir un racisme qui viendrait de Dieu (basée sur l’idéologie).

Nous sommes très loin de la vision des musulmans rationalistes. C’est pourquoi ils sont une cible des islamistes et du CCIF en particulier. Les intégristes les considèrent au mieux comme des mauvais musulmans, sinon comme des traitres ou des vendus. Pour le coup, ces musulmans peuvent se retrouver victimes d’actes et propos anti-musulmans à cause de la mauvaise image de l’islam renvoyée par les islamistes tels que le CCIF, tout en étant victimes de discrimination et propos anti-musulmans de la part du CCIF. Marwan Muhammad l’exprime très bien. Il n’a pas de mots assez durs pour les discriminer et les disqualifier : J’en ai marre de voir des néo-Harkis me représenter à la télévision ! (15) Que veut-il dire par là ? Les Harkis étaient des algériens ayant combattu aux côtés de la France pour maintenir l’Algérie française. Suite à l’indépendance, ils ont fui l’Algérie ou ont été massacrés sur place par les Algériens indépendantistes car considérés comme des traitres. Dans le langage islamiste, nommer quelqu’un de “néo-Harki” est une accusation de supposée traitrise à sa supposée communauté. Autrement dit, les musulmans rationalistes sont les traitres de la communauté musulmane, comme les Harkis ont été les traitres de l’Algérie. Quand on connait le sort qu’ont connu les Harkis, cette déclaration n’est pas très rassurante… Cette dénomination se veut d’une forte portée, pour faire comprendre que le degré de trahison est si élevé qu’ils sont considérés comme les pires des traitres.

Conférence de Marwan Muhammad à la mosquée de Vigneux, le 30 avril 2011

Il n’a pas plus de considération pour l’islam des Lumières dont il parle ainsi, dans la foulée de sa déclaration d’amour pour les “néo-Harkis” : Ce qu’ils appellent l’islam des Lumières moi j’appelle ça l’islam du réverbère ! (16) Il souligne ainsi son mépris à l’égard de cet islam qui serait insignifiant. Pourtant, Hassan Al-Banna, Youssef Al-Qaradhawi ou Sayed Qutb ne font pas honneur à l’islam. Mais ils sont vénérés par les islamistes. Alors que l’islam des Lumières incarné par Ibn Sînâ (Avicenne), Ibn Khaldûn ou Ibn Rushd (Averroès) fait la fierté de cette religion. L’islam des Lumières a tant apporté au monde judéo-chrétien, notamment à la philosophie des Lumières françaises qui par la suite irrigua le monde. Les apports de cet islam sont inestimables et précieux. Mais il a peu à peu laissé place à un Moyen-Age musulman dont le CCIF est une parfaite illustration aujourd’hui. A la fin du 19ème siècle, une nouvelle dynamique pour un islam libéral, inspiré de l’islam des Lumières, vit le jour. Mais elle fut étouffée par la naissance de l’islamisme moderne. Ces islamistes sont la cause du maintien de l’islam dans un Moyen-Age toujours plus obscur. Toutefois depuis une trentaine d’années, d’autres intellectuels ont repris le flambeau pour un islam éclairé. Malek Chebel (notamment auteur du “Manifeste pour un Islam des lumières”), Abdelwahab Meddeb (intellectuel tunisien spécialiste de l’islam et qui militait pour une réforme de sa religion), Mohamed Arkoun, Abdennour Bidar et tant d’autres. Tous, depuis l’islam des Lumières jusqu’à aujourd’hui, ont eu le désir d’une religion musulmane éclairée. Mais Marwan Muhammad et l’ensemble des islamistes ont horreur de cette Lumière. Pour eux, elle aveuglerait les musulmans. Ce qui explique en partie la naissance des Frères musulmans. L’obscurantisme serait le seul chemin pour respecter l’islam.

La violence de l’expression de M. Muhammad, à la fois sur le fond et dans le ton, illustre la dureté du combat qui existe au sein de l’islam aujourd’hui. A ce jour, c’est l’intégrisme musulman qui domine. Mais les réformateurs progressistes, même s’ils sont moins audibles pour l’instant, n’ont pas dit leur dernier mot. Ce qui ulcère Marwan, comme nous pouvons le constater à travers ses déclarations.

En écoutant ses propos, nous devrions relire ce qu’est censé être “l’islamophobie” selon le CCIF : l’ensemble des actes de discrimination ou de violence contre des institutions ou des individus en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à l’islam. En réalité, ce sont les actes et propos anti-musulmans auxquels il ajoute le blasphème et toute critique envers l’islam et l’intégrisme musulman pour jouer les victimes et mieux faire avancer son idéologie. Mais admettons que “l’islamophobie” soit réellement la définition donnée par le CCIF. Alors allons dans son sens, juste pour voir : ce qu’il dit des musulmans rationalistes, ses propos méprisants et discriminants, et même de rejet, à travers une expression violente et décomplexée, cela fait du CCIF, selon ses propres critères, l’association française la plus “islamophobe” que le pays ait jamais connue…

Que ce soit sur le thème de “la finance islamique”, de la “lutte contre l’islamophobie” ou autre, nous voyons bien que ces conférences sont le moyen de faire du prosélytisme pour le développement de la doctrine islamiste. Nous constatons également que cette fausse racialisation des musulmans ne sert pas seulement à la victimisation d’un “peuple stigmatisé par le racisme des méchants blancs néocolonialistes”. Elle sert aussi, paradoxalement, à s’affirmer comme peuple supérieur. Cette rhétorique permet de passer aisément d’un statut à l’autre selon les circonstances. S’ériger tout à la fois en victime et en dominant légitimé par Dieu dans une même conférence, c’est vraiment très fort.

La prétendue “lutte contre l’islamophobie”, à travers des meetings qui ne sont rien d’autres que des prêches politico-religieux, est ainsi la parfaite tactique, l’idéale couverture, pour un prosélytisme dangereux.

A la lumière de leurs pédigrées, nous pouvons facilement comprendre que ces deux extrêmes droites ont développé une forme d’allergie à la démocratie et à nos valeurs républicaines. Leur vision du monde et du fonctionnement de la société en sont l’exact opposé. Ainsi, la démocratie et certains de nos principes comme la laïcité sont rejetés autant qu’instrumentalisés. Ils s’appuient pour cela, entre autres, sur des partenariats qui permettent de mettre en lumière ce qu’ils sont réellement. C’est ce que j’analyserai dans ma 3ème partie.


(2) Ibid

(4) Ibid

(13) Passage concerné à 3,55 minutes,

(14) Passage concerné à 7,18 minutes,

(15) Passage concerné à 8,33 minutes,

(16) Ibid

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