Agglomération lyonnaise : la nouvelle cible d'"Alliance avec les islamistes"

Par Naëm Bestandji

Agglomération lyonnaise : la nouvelle cible d'"Alliance avec les islamistes"

       Ce soir aura lieu à Villeurbanne une réunion "pour se mobiliser face aux injustices et aux discriminations envers les musulmanes et revendiquer des droits et libertés". On y parlera de "droits civiques" dont elles seraient privées, etc. Bref, nous retrouvons l'alliance politico religieuse entre Alliance citoyenne et des femmes islamistes. Ce duo conserve ses éléments de langage hors sol. Leur but n'est pas de dénoncer une "injustice" mais de cliver la société en suscitant l'émotion par des slogans mensongers et insultants envers les musulmanes.
La liberté revendiquée par ces fanatiques est de se soumettre au diktat d'hommes islamistes qui leur prescrivent une réduction de liberté pour préserver leur libido d'animal en rut. La "liberté" d'être enfermée par le voilement, prison mobile et linceul du féminisme, parce qu'on a eu le "malheur" de naitre femme, n'est pas une source de liberté. C'est une source d'oppression "choisie". Cette fameuse servitude volontaire qui en devient militante. La liberté, par définition, libère, émancipe. Elle n'est pas de différencier et hiérarchiser les Êtres humains selon leur sexe. Réduire sa liberté par sexisme, "choisir" l'enfermement vestimentaire (après avoir été convaincues par des discours culpabilisants vociférés par des hommes) peut donc être présentée comme une forme de liberté. Mais elle n'en a que l'emballage. Un emballage faussement intellectuel mais, par le voile, réellement physique. De plus, en société, toute liberté est encadrée. Une minorité d'excitées a la liberté de réclamer un privilège refusé à la majorité. La société a la liberté de lui répondre "non". La liberté religieuse est tout autant garantie que limitée par la loi. Les intégristes religieux, de toutes religions, souhaitent que cette liberté soit totale et absolue. Ce qui mécaniquement réduirait la liberté des autres. La liberté religieuse sans limites fut une des causes (pas la seule) des guerres de religions que la France a connue au 16e siècle. Notre laïcité d'aujourd'hui trouve justement une grande part de sa source à cette époque violente où les "traités de tolérance" n'ont jamais été efficaces. L'inconscient collectif n'a jamais oublié le massacre de la Saint Barthélemy (24 août 1572).

Sans le savoir, les islamistes tentent de faire bégayer l'histoire, faire renaitre une période et des conflits que nous espérions appartenir à un passé révolu. Il y a bien sûr des différences. La première est que le terrain n'est pas religieux. L'islam n'est qu'un prétexte. La double raison est sexiste et politique. L'islam demande à ses fidèles de faire preuve d'humilité et de discrétion, à la fois dans le vêtement (sans jamais avoir évoqué de voiles) et le comportement. Or, les militantes pro burqini font exactement le contraire. L'islam demande à chacun de ne pas se faire remarquer. Or, en souhaitant se distinguer par le vêtement (voile, burqini), les femmes islamistes font preuve d'exhibition visuelle encore une fois contraire à l'islam. Dans une piscine, la seule façon de faire preuve de discrétion, de ne pas être observée plus que les autres, est de se baigner en maillot de bain comme tout le monde. Le regard est toujours plus appuyé sur une femme en burqini.
En France, l'écrasante majorité des musulmanes ne voient donc aucun problème à se baigner en maillot de bain. Aucun règlement d'aucune piscine ne leur a jamais interdit leur accès. Qu'elles soient femmes et musulmanes n'est pas un critère de restriction règlementaire.

Par contre, l'islamisme souhaite interdire à des femmes d'accéder aux piscines publiques, mixtes, parce qu'elles sont femmes et musulmanes. Certains refusent qu'elles y aillent. D'autres militent pour un "juste milieu" ultra sexiste : la prison mobile du burqini. Leur "liberté" est donc soumise à l'obligation du port d'un vêtement discriminant. L'une des fanatiques de Grenoble avait d'ailleurs très bien exprimé ce "libre choix" : "on est obligées de rentrer couverte". Contrairement au maillot de bain, cette obligation n'est pas motivée par des raisons pratiques.
Tout comme les hommes, les femmes ont le désir de profiter pleinement du soleil et de la baignade, sans entraves textiles pouvant gêner la nage et le plaisir de sentir l'eau, l'air et le soleil sur leur peau. Les hommes y ont droit, les femmes doivent l'avoir aussi sans qu'un jugement moral et sexuel soit porté.
Les islamistes ne voient pas les choses ainsi. Quand les femmes se baignent en maillot de bain pour des raisons pratiques, les islamistes pro burqini militent pour des raisons sexistes. Ils ont comme toujours une vision sexuelle de la situation. Quand les unes souhaitent se dévêtir pour profiter pleinement de la baignade, les autres souhaitent se couvrir, non pas pour le plaisir de macérer dans leur transpiration et de porter un burqini qui colle sous le soleil au bord de l'eau, mais pour le sexisme des raisons morales sous la forte influence des intégristes mâles. Si les femmes en maillot de bain ne sont pas motivées par l'exhibition de leur corps, et encore moins par une excitation sexuelle, les islamistes n'imaginent que ça. Là où les femmes en maillot réfléchissent avec leur cerveau, les islamistes (hommes et femmes) ne voient que l'exposition des corps en pensant uniquement avec leur sexe. Là où les premières n'ont en tête que des raisons pragmatiques, les islamistes n'ont qu'un point de vue moral moyenâgeux. Ils ne voient pas des Êtres humains portant une tenue adaptée à l'activité concernée. Ils y voient des objets sexuels trop découverts, une provocation à leurs frustrations. Ils ne regardent pas les raisons pratiques et l'égalité des sexes dans la baignade, Ils ne voient que leur morale machiste et patriarcale en invoquant Dieu.
Ce militantisme pro burqini a donc aussi pour conséquence une forme de prosélytisme pour encore réduire le champ des possibles des musulmanes qui résistent toujours au voilement.

Ainsi, si l'accès à la baignade est conditionné par le recouvrement des corps de ces femmes islamistes, la discrimination et la réduction de liberté sont bien du côté des pro burqini, pas du côté des règlements intérieurs. Encore une fois, si des fanatiques sont psychologiquement dans l'incapacité de se baigner dans la même tenue que toutes les autres françaises, c'est cela dont il faut s'inquiéter et traiter, non pas modifier les règlements applicables à tous.

Prétendre parler au nom des "musulmanes" est donc particulièrement stigmatisant, essentialisant et insultant pour les musulmanes. Une poignée de bigotes voilées qui ont intériorisé la diabolisation de leurs corps ne représentent en rien les musulmanes. Leurs actions ne sont donc pas plus motivées par la religion. L'islam est instrumentalisé. Il est plus facile d'aller sur le terrain de la liberté religieuse que sur son champ réel : l'égalité des sexes. Le premier permet de se faire faussement passer pour des victimes. Le second ne ferait que refléter la réalité sexiste, politique et archaïque de leurs motivations.

J'ai été informé que mon dernier article, où j'évoque cette réunion du 3 juillet (1), a été transmis à Gilbert-Luc Devinaz, sénateur du Rhône. Aujourd'hui également, le maire de Villeurbanne exprime sa fermeté (2). Face à la brutalité symbolique des actions d'"Alliance avec les islamistes" (nom plus approprié), un cordon républicain se tisse. Nombre de féministes se taisent une fois de plus face au sexisme islamiste. Elles devront un jour en répondre face à l'histoire. Mais les républicains, militants laïques et d'autres féministes sont là pour pallier leur absence.

Tant que l'État n'aura pas tranché cette question, l'association "Alliance avec les islamistes" (qui fut un jour "Alliance citoyenne") et d'autres continuerons à donner des coups de boutoir jusqu'à la rupture des digues.




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