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L'attentat en Nouvelle Zélande, outil tant attendu par les islamistes pour tenter de sanctionner les atteintes à l'islam ("islamophobie"). 3ème partie


L'attentat en Nouvelle Zélande, outil tant attendu par les islamistes pour tenter de sanctionner les atteintes à l'islam ("islamophobie").

(liens vers les autres parties en fin de celle-ci)

       Dans la partie précédente, nous avons vu que le profil des initiateurs de l'"Appel contre une islamophobie grandissante" (1) révèle leur radicalité religieuse, tout comme celle des premiers signataires. Certains démontrent leur ancrage dans l'idéologie des Frères musulmans, d'autres dans le salafisme. La plupart expriment leur racisme intracommunautaire sans complexe, parfois avec une dose d'antisémitisme. D'autres assument leur profond sexisme, leur rejet de la laïcité et leur désir de sécession avec la République. D'autres encore n'hésitent pas à comparer l'homosexualité à l'inceste et à la pédophilie, à s'associer avec des intégristes catholiques pour lutter contre le mariage pour tous et le droit à l'IVG. Certains sont fichés S.
Cette nébuleuse dénonce "l'islamophobie", terme brandi pour confondre volontairement la peur de l'islam (qu'ils suscitent eux-mêmes) et sa critique, avec les actes et propos anti musulmans. Ceci pour tenter de rétablir le délit de blasphème afin de faciliter l'avancée de l'islamisme, au nom des "valeurs censées nous unir", comme il est écrit dans leur appel pour bien jouer sur la fibre républicaine des lecteurs.

La liste des signataires sulfureux est encore longue. Je n'en aborderai que quelques autres. L'un d'entre eux est le salafiste Idriss Sihamedi. Il s'était rendu célèbre en refusant de serrer la main de Najat Vallaud Belkacem, à l'époque ministre, car elle est une femme. Il est le président de l'association Baraka City, une ONG fondée par des salafistes et surveillée par les services de renseignements (2). Les locaux de l'association avaient d'ailleurs été perquisitionnés à plusieurs reprises entre 2015 et 2017 dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de financement du terrorisme (3). Idriss Sihamedi, président de cette ONG, est lui-même fiché S depuis plusieurs années (4).

Idriss Sihamedi, fiché S

Le lendemain de l'attentat en Nouvelle Zélande, par un tweet, il n'hésita pas à instrumentaliser le massacre pour violemment menacer des personnes politiques et des médias français. Il insulte l'islam mais fait plaisir aux djihadistes en terminant son tweet par un appel à Dieu en arabe (traduction : "si Dieu le veut"). Quelques jours plus tard, il signa évidemment l'appel contre "l'islamophobie"…

Idriss Sihamedi, fiché S, menace des politiques et des médias
Idriss Sihamedi instrumentalise l'attentat en Nouvelle Zélande pour violemment menacer des médias et des politiques. Il insulte l'islam mais fait plaisir aux djihadistes en terminant son tweet par un appel à Dieu en arabe (inchallah).
Le 30 novembre 2015, Idriss Sihamedi, le CCIF et Al Kanz (cf. partie précédente) s'étaient déjà associés pour signer un "message commun". Deux semaines après les attentats de novembre 2015, et 4 jours après la première perquisition des locaux de Baraka City, leur texte victimaire à outrance fut publié sur le site du CCIF qui expliquait à quel point les perquisitions dans les milieux islamistes seraient "islamophobes" (5)…


Message commun du CCIF, de Barakacity, d’ Al-Kanz, de Nabil Ennasri et de Marwan Muhammad

L'ensemble des islamistes politiques ont toujours adopté cette rhétorique : condamner les attentats djihadistes en une ou deux phrases, pour la forme, et s'en servir de levier pour dérouler toute leur logorrhée victimaire dont le terme "islamophobie" sert de glaive verbal. Alors un attentat commis par un militant de l'autre extrême droite contre des musulmans est, pour eux, le top du top de la victimisation. Même si le drame s'est déroulé à 20 000 km de chez nous. C'est pour cela que le CCIF fut l'un des premiers signataires de l'"Appel contre une islamophobie grandissante".

Le CCIF est une association d'extrême droite, idéologiquement la branche juridique des Frères Musulmans en France. Il n'hésite donc pas à s'afficher et à revendiquer le soutien de prédicateurs salafistes et Frères Musulmans antisémites, homophobes et ultra sexistes. D'un autre côté, aucun musulman rationaliste ne soutient ou est soutenu par le CCIF. Cette association milite pour un islam ultra identitaire et suprématiste. Pour cela, elle racialise les musulmans et en fait des persécutés (y compris les islamistes) car, selon elle, Dieu aurait fait d'eux "la meilleure des communautés", "les premiers de la classe" sur l'échelle humaine, pour diriger le monde. Sa méthode favorite est donc la victimisation. Le voile est bien entendu l'accessoire principal de sa propagande.
Dans la droite ligne de la stratégie politique frériste en France, le CCIF prétend être antiraciste, défendre les droits humains et combattre "l’islamophobie". Un terme qui se retrouve jusque dans la dénomination de cette association. Sa quête est de lutter contre toute critique de l'islam, et surtout de l'islamisme, pour faire avancer son idéologie politico-religieuse. Un de ses moyens est de cliver la société. Pour cela, elle tente de créer une fracture identitaire entre les français musulmans et le reste de la société, et en suscitant la peur de l'islam (islamophobie) chez les autres citoyens. Elle divise alors les individus entre "eux" (les "français") et "nous" (les musulmans). Comme tous les islamistes, elle justifie ce clivage auprès de son public en diabolisant le "mode de vie tel qu'il est pratiqué ici" (en France) et en valorisant l'islam transformé en identité pour se protéger du mode de vie français qui serait dépravé. Pour illustrer son propos, il reprend un exemple qui circule depuis des années dans les milieux islamistes : la femme française qui se mettrait nue pour vendre du yaourt (6). Bref, cette association est le fleuron de la nouvelle extrême droite française, le pendant islamiste de "Génération identitaire", à qui j'avais consacré un long article en 5 parties (7).

Le CCIF est le collectif islamiste qui pousse la stratégie victimaire à son paroxysme. Ainsi, il peut désigner tout et n'importe quoi comme étant "islamophobe". En avril 2011 par exemple, Marwan Muhammad, alors porte-parole du CCIF, exprima son indignation face au "viol des femmes le jour de l’Aïd". Ces violeurs "islamophobes" pourraient attendre le lendemain, par respect pour l'islam… Dans son propos, si le viol a lieu le jour de l’Aïd, ce n’est plus un crime commis sur une femme mais un acte "islamophobe" contre une musulmane. Marwan Muhammad, ultra identitaire islamiste, est l'un des signataires de l'appel contre "l'islamophobie".

En juin 2011, lors d'un meeting pour les primaires socialistes de Ségolène Royal à Montpellier, des militants politiques, dont des femmes voilées, avaient perturbé son discours par des cris. Ils lui reprochaient, entre autres, sa position contre l'excision, contre le sexisme du voile et d'apporter son "soutien à Israël au détriment de la Palestine", selon eux. Elle déclara peu après devant les journalistes que les "intégristes n'ont pas leur place dans la République française s'ils se comportent comme cela" (8). Sa déclaration n'exprime en rien une peur de l'islam (islamophobie) et est encore moins anti musulmane. Elle pointait du doigt la perturbation politique de ces militant(e)s dont certaines revendications relèvent de celles habituelles des islamistes et dont les perturbatrices portaient sur leur tête le symbole féminin des Frères musulmans : le hijab. Mais dans son rapport 2012, le CCIF inclut cet événement dans ses statistiques comme propos "islamophobe"…

Plus proche de nous, en décembre 2016, un drame eut lieu, comme il en arrive malheureusement tous les jours : un chauffard renversa deux femmes et une fillette à Armentières. Le CCIF s’était alors saisi de l’affaire. Pourquoi une telle frénésie pour un délit routier ? A-t-il soudain inclus dans ses actions les problèmes liés à la défense des victimes de la route ? Pas du tout. C’était seulement parce que les deux femmes étaient voilées. Ceci ne pouvait donc être, selon l'association, qu'un acte "islamophobe"… Cela aurait pu être risible s’il n’y avait pas eu de victimes.

Absolument rien ne permettait une telle affirmation. Le CCIF ne prit aucun recul, aucune précaution avant d’avancer ce genre de théorie. Pourtant, comme toujours dans ses dérives populistes, il s’était enflammé et n’hésita pas à faire une description détaillée de la scène de la façon la plus émouvante possible, et assura qu’il accompagnera les victimes jusqu’au bout. Là encore, un délit se transforme en acte "islamophobe" parce que des musulmans sont concernés. Quel manque de respect de la part de ce chauffard ! Si elles n’avaient pas été musulmanes, voire même si elles avaient été musulmanes mais non voilées, le CCIF n’y aurait pas jeté le moindre regard et n'aurait pas été aussi larmoyant.

Évidemment, les premiers éléments de l’enquête avaient bien montré que c’était uniquement un délit routier avec délit de fuite (9). La justice confirma cette évidence en janvier 2018 et rejeta tout soupçon d'acte anti musulman (seuls les actes et propos anti musulmans sont condamnables par la loi. L'islamophobie n'est pas un délit, contrairement à ce qu'affirme la propagande du CCIF).

Force est de reconnaître au CCIF une grande capacité d'imagination pour transformer des délits ou crimes, qui n'ont rien à voir avec l'islam, en actes "islamophobes". Du viol le jour de l'Aïd au délit routier en passant par Ségolène Royal, le CCIF inclut tout cela dans ses "statistiques", comme on peut le voir dans ses "rapports annuels sur l’islamophobie en France". Les actes réellement anti-musulmans qui y sont aussi répertoriés (qui existent et qu'il faut punir) côtoient ainsi des situations purement fantaisistes ou infondées. Par l'analyse de ces quelques cas qui ne sont qu'un échantillon, nous pouvons constater le manque de rigueur et le parti pris idéologique pour déclarer tout et n'importe quoi en acte ou propos "islamophobe". Ceci jette un énorme doute sur une bonne part des autres éléments répertoriés où rien ne permet d'en vérifier la fiabilité. Seule la parole du CCIF fait office de "preuve". Parole dont on peut constater le manque de crédibilité.
Dans ces conditions, face au peu de sérieux de ces fausses statistiques, les rapports du CCIF depuis 2013 ne fournissent plus la liste détaillée des "actes islamophobes". On se demande bien pourquoi…

Ainsi, l'attentat de Christchurch étant réellement un acte anti musulmans, l'occasion est trop belle pour le CCIF. Même si cet attentat a eu lieu à 20 000 km de la France.
Le responsable de l'antenne du CCIF dans le Nord-Pas-De-Calais qui qualifia le délit routier d'acte "islamophobe" est Jawad Bachare. Il est l'actuel directeur du CCIF. Il est l'un des signataires de cet appel contre "l'islamophobie".

Si le CCIF dénonce la responsabilité de l'extrême droite française, et tous les "discours "islamophobes" à droite comme à gauche", dans l'attentat en Nouvelle Zélande, que dire de son attitude et de ses propos choquants concernant Charlie Hebdo depuis 2011 ? (10) Que dire des propos de son porte-parole de l'époque, Marwan Muhammad ?
Voici ce qu'il disait, le 30 avril 2011, à propos des journalistes et journaux "islamophobes".


Sa conclusion est bien celle-ci : Ça doit coûter cher dans ce pays de salir la dignité des musulmans (il le répète 2 fois). Lors de cette même conférence, il martela également sur un ton très ferme que les islamophobes, les gens qui vous veulent du mal, les gens qui veulent nous causer du tort, à nous en tant que musulmans, ils ne méritent pas une seule de vos larmes. Quand je dis "pas une seule", pas une seule de vos larmes ! Pas une seconde de votre tristesse, pas une seule.


Six mois plus tard, les locaux de Charlie Hebdo avaient été incendiés. Moins de 4 ans après, la rédaction a été massacrée… Et comme promis, Marwan Muhammad ne versa pas la moindre larme.


Extrait du texte de Marwan Muhammad publié sur sa page Facebook le 12 janvier 2015, 5 jours après le massacre et lendemain de la manifestation nationale "Je suis Charlie".
Si le CCIF considère que toute critique de l'islam(isme) mène au terrorisme (dont la France porterait la responsabilité pour celui commis en Nouvelle Zélande), ne pourrions-nous pas dire qu'il a aussi sa part de responsabilité dans les attentats que nous avons subis sur notre sol, là où il tient justement ce type de discours ? Si cette association souhaite faire ce genre de raccourcis pour tenter de faire taire toute critique de son idéologie, elle doit accepter qu'on use de ce même raccourci la concernant.

La plateforme "L.e.s Musulmans", autre signataire de l'appel contre "l'islamophobie", est une sorte d'émanation du CCIF. Comme chez Islam&info (cf partie précédente), le "M" de "Musulman" est en majuscule pour signifier que l'islam ne serait pas un choix religieux, que ses fidèles essentialisés formeraient un peuple, une ethnie qui devrait se distinguer du reste de la société. Cette "plateforme collaborative" s'est construite autour de la pseudo consultation des musulmans lancée par Marwan Muhammad (ex directeur du CCIF) il y a quelques mois. Comme nous l'avons vu, ce militant religieux d'extrême droite a une vision raciste et suprématiste de sa religion, et a une conception rétrograde et identitaire de la femme musulmane. Mais lorsqu'il s'adresse au grand public, son discours se veut rassembleur et consensuel afin de rassurer et séduire (même s'il a souvent du mal à retenir sa radicalité et son désir de cliver). Sa "consultation des musulmans" et la création de cette plateforme, qui en était l'objectif, font partie de la vitrine destinée à séduire et à rassembler tous les musulmans "dans toute leur diversité" selon lui.
Le problème est qu'il n'hésite pas à pratiquer ce qu'il prétend combattre. En effet, il considère les musulmans progressistes comme des "néo harkis" (des traîtres à leur "communauté") et nomme l'islam des Lumières "l'islam du réverbère", terme exprimé pour souligner son mépris face à une approche religieuse qui serait insignifiante.


Marwan Muhammad et l’ensemble des islamistes ont horreur de cette Lumière. Ce qui explique en partie la naissance des Frères musulmans. Pour eux, elle aveuglerait les musulmans. L’obscurantisme serait le seul chemin pour respecter l’islam. La violence de la phrase de M. Muhammad, à la fois sur le fond et dans le ton, illustre la dureté du combat qui existe au sein de l’islam aujourd’hui. A ce jour, c’est l’intégrisme musulman qui domine. Mais les musulmans rationalistes, même s’ils sont inaudibles pour l’instant, n’ont pas dit leur dernier mot. Ce qui énerve énormément Marwan, comme on peut le voir sur cette vidéo.
Ses propos sont, selon la définition du CCIF, purement "islamophobes". Mais lui en a apparemment le droit. Il y aurait la bonne et la mauvaise "islamophobie"… Voilà comment développer la peur de l’islam et les amalgames tout en prétendant combattre "l’islamophobie". Cela doit être ça, le fameux "vivre ensemble" du CCIF.
Ce qu’il dit des musulmans qui n'adhèrent pas à sa radicalité, ses propos méprisants et discriminants, et même de rejet, font du CCIF (puisqu'il s'exprimait au nom de cette association), selon ses propres critères, l’association française la plus "islamophobe" que le pays ait jamais connu.

Ce populiste se rêve en leader tout en prétendant le contraire. Mais son rejet d'une frange de l'islam et des musulmans, et le fait qu'il n'a jamais été soutenu par des figures musulmanes progressistes, font que sa "diversité" n'est pas la définition du dictionnaire. Elle signifie d'accepter dans un même mouvement les Frères Musulmans, les salafistes, l'ensemble des ultras identitaires musulmans qui ont pour ambition de se servir de leur citoyenneté pour imposer progressivement leur islamité à la société. Les autres musulmans, citoyens qui ne font pas commerce de leur islamité et ne réduisent pas leur identité à leur religion, n'ont aucune envie d'être associés de près ou de loin à cette plateforme nommée "L.e.s Musulmans".
Sa volonté de "rassembler tous les musulmans" est aussi là pour exclure et réduire à néant les structures actuelles telles que le CFCM (qui ont effectivement montré leur inefficacité). En se nommant "L.e.s Musulmans", cette plateforme assume clairement son désir d'OPA sur l'islam en France. Mais pour cela, il faudra qu'elle se mette d'accord avec d'autres Frères Musulmans dont la motivation politique est toute aussi vivace : l'UOIF, renommée "musulmans de France", dans le même désir d'OPA mais en perte de vitesse.

Le prédicateur salafiste Nader Abou Anas est un bon exemple de cette "diversité" annoncée par la plateforme. Cet islamiste a rejoint "L.e.s Musulmans" et il le fait largement savoir sur les réseaux sociaux. La plateforme est aussi fière de son arrivée, le met bien en avant sur son site internet, et le considère comme "un soutien de taille".


La plateforme "L.e.s Musulmans" est fier d'accueillir le salafiste Nader Abou Anas

Qui est ce prédicateur ?
Figure des prêches sur internet, il est le salafiste français 2.0 le plus célèbre. Il est l’administrateur du site Dourous.net dont le slogan est "une étincelle de science sur le net". En réalité, il n'y a pas la moindre étincelle de science sur ce site. La science dont il est question est son interprétation de la Révélation. Comme tous bons intégristes, les salafistes estiment que leur vision est un fait avéré. Leur croyance est donc considérée comme une science.
Ce prédicateur salafiste s'inscrit dans la lignée de ceux qu'il considère comme ses mentors : les salafistes Hassan Bounamcha (prédicateur salafiste ultra sexiste et homophobe, soutien officiel du CCIF) et le "Cheikh Ayoub". Ce dernier est le fondateur d'une "madrassa" (école coranique) salafiste à Paris. Son site internet arbore sans complexe la photo d’une fillette voilée, pour donner le ton. Les enseignements sont destinés aux enfants comme aux adultes. La mixité y est très limitée, voire inexistante, pour "respecter les règles de bienséance islamique" selon eux.
En fidèle disciple, Nader Abou Anas considère la femme comme un objet, mais pas n'importe lequel : un objet sexuel qui devrait être caché derrière un voile. Selon lui, "la musulmane n’a pas à vivre comme elle veut. Mais plutôt comme Allah le veut". Pour faire passer la pilule, il présente cet objet comme un "bijou, un trésor, une perle précieuse" à préserver du regard des hommes qui seraient des "loups" (11). Rhétorique typique des islamistes pour amener les musulmanes à faire le "libre choix" du port du voile. Comme tous ces collègues, il considère que ce n'est pas aux hommes (et aux femmes qui cautionnent le port du voile) d'être éduqués mais aux femmes d'être condamnées à être bâchées. L'intégralité des prescripteurs du voile avancent ces arguments dont le spirituel est totalement absent. C'est normal : l'obligation du voile a été créée par les islamistes. La religion n'est qu'un prétexte pour apaiser leur obsession sexuelle.

Nader Abou Anas est un soutien indéfectible de Marwan Muhammad et du CCIF. Marwan Muhammad, qui le considère comme un simple musulman, le lui rend bien. Le soutien apporté par le prédicateur salafiste à la plateforme "L.e.s Musulmans", et sa fière mise en avant par cette dernière, coulent donc de source.
Il n'y a ainsi rien de surprenant à ce que Nader Abou Anas soit aussi signataire de la tribune contre "l'islamophobie", pour les "valeurs censées nous unir"…

C'est dans ce contexte que certains des plus importants représentants de l'extrême droite musulmane en France se sont associés pour écrire cette tribune.
Des personnes certainement de bonne foi ont accepté de signer ce texte. Elles ne sont pas des personnalités de premier plan. Mais cela permet d'apporter une crédibilité à cet appel et de dédiaboliser ses auteurs. Ces signataires issus du monde du spectacle, du journalisme et de la politique ne savaient peut-être pas à côté de qui ils ont signé. Ce n'est pas une excuse. Ils auraient dû prendre leurs précautions et vérifier le pedigree de ceux qui leur ont proposé cet appel.
C'est comme ça qu'on devient, parfois malgré soi, ce qu'on nomme un "idiot utile" de l'islamisme. Hapsatou Sy (animatrice de télévision), le Comte de Bouderbala (humoriste) ou, pire encore, la sénatrice UDI Nathalie Goulet sont les faire-valoir de cet appel pour le faire sortir de la sphère islamiste. Présidente de la commission d’enquête sur les réseaux djihadistes, la signature de Nathalie Goulet aux côtés des islamistes et des indigènes de la république est là pour leur apporter une crédibilité politique et toujours mieux faire avancer l'idée qu'il faudrait rétablir le délit de blasphème. Mais cette signature n'est pas passée inaperçue. Face au tollé sur les réseaux sociaux, puis à sa divulgation dans la presse, la sénatrice l'a finalement retirée.
Mais cet appel a néanmoins fait le tour d'une partie des médias qui, sans recul, l'ont présentée comme une tribune de simples musulmans. Comme il arrive très souvent sur ce sujet, nombre de journalistes abdiquent tout esprit critique et refusent, par paresse intellectuelle ou naïveté, de se renseigner sur les acteurs dont ils parlent et l'enjeu des termes utilisés, comme "islamophobie". Ainsi,  l'article du journal Ouest France a pour titre "Islamophobie. Des musulmans réclament des « actes forts » à Emmanuel Macron". Les islamistes sont qualifiés de simples "musulmans". Le terme "islamophobie" est validé par le journal (12). Pire, l'article commence par "Des institutions musulmanes, des responsables et militants associatifs (…)". Ces institutions auraient été instituées par qui ? De quelles associations et militants parle-t-il ? Voilà comment devenir une caisse de résonance de l'islamisme politique, participer à sa dédiabolisation et à sa reconnaissance comme représentant de tous les musulmans. Voilà aussi comment participer, par petites touches, au rétablissement progressif du délit de blasphème par la validation du terme "islamophobie".

Comme nous l'avons vu, par le concept d'"l'islamophobie" les islamistes entretiennent volontairement le flou entre critique de l'islam, de l'islamisme, et actes/propos anti musulmans. L’intérêt est de délictualiser les critiques suscitées par la peur de l'islam (véritable sens du terme "islamophobie") et de l'islamisme, mais aussi toute autre critique du dogme, par le rétablissement du délit de blasphème confondu avec les actes/propos anti musulmans qui eux sont condamnables et doivent être condamnés. Marwan Muhammad a déjà eu l'occasion de montrer cette volontaire confusion. Comme il souhaite renvoyer l'image d'un militant "antiraciste" qui respecterait la liberté d'expression, il déclare n'avoir aucun problème avec la critique de l'islam. Seule la lutte contre la haine envers les musulmans le motiverait. Mais, comme toujours, il hurle à l'islamophobie dès que pointe la critique de l'islam. Ce fut le cas sur le plateau d'iTélé (devenue depuis CNews), le 8 juin 2014 (vidéo ci-dessous). Le journaliste cite Éric Zemmour qui avait déclaré : "il suffit d'ouvrir le Coran pour voir des appels aux meurtres des Juifs et des chrétiens".

La 1ère partie de la vidéo, où Marwan Muhammad prétend être pour la libre critique de l'islam, date de juin 2016. Il contredit ses propres déclarations. Par exemple, il s’insurgea  2 ans auparavant contre une critique du Coran (2ème partie de la vidéo). Un double langage typique des Frères musulmans.

Les idées défendues par Éric Zemmour sont souvent hautement contestables, voire juridiquement condamnables. Il a d'ailleurs déjà été condamné. Mais lorsqu'il critique le Coran en s'appuyant sur ses versets, il ne fait qu'exercer sa liberté de critiquer une idéologie, que nous soyons d'accord ou pas avec son analyse. Son affirmation est textuellement exacte : nous pouvons trouver ce genre d'appels dans le Coran. Mais leur analyse relativise son affirmation. Sa critique est islamophobe, dans le véritable sens du terme (peur de l'islam) et relève du débat intellectuel. Marwan Muhammad sait que ce que dit Éric Zemmour est en partie vrai. Mais il n'y répond pas. Celui qui se prétend pour la liberté d'expression esquive le sujet préférant s'offusquer. Il trouve inacceptable que, sur une antenne comme celle d'iTélé, on tienne ce genre de propos et que, à l'heure où je vous parle, il n'ait pas été encore sanctionné. C'est absolument irresponsable de la part d'une chaîne d'information de donner la parole à des gens qui tiennent ce genre de discours (…) et de ne pas les sanctionner. Et ça, c'est hautement plus problématique qu'une parole islamophobe marginale.
Marwan Muhammad classe cette libre critique du Coran dans la même catégorie que les actes/propos anti musulmans qu'il appelle aussi "islamophobie". Tout devrait être répréhensible. C'est tout l'intérêt de "l'islamophobie", terme volontairement valise. Il assume clairement vouloir appliquer la censure en brandissant le blasphème. En résumé, il déclare n'avoir aucun problème avec la critique de cette religion, sauf quand on la critique. Voilà pourquoi ces islamistes restent vagues dans l'énoncé des principes, pour rassurer la société. Mais dès qu'une situation concrète se présente, l'intégrisme de ces islamistes se révèle, le sens réel du terme "islamophobie" aussi.

Ex directeur du CCIF, Marwan Muhammad est actuellement à la tête de la plateforme "L.e.s Musulmans". Cette plateforme est aussi représentée à la marge par d'autres Frères Musulmans comme Feiza Ben Mohamed (elle aussi signataire de l'appel contre "l'islamophobie") et Samy Debah (ex militant du Tabligh, fondateur et ex président du CCIF). Les deux structures ont donc naturellement officialisés leur rapprochement le 30 octobre 2018. C'est le moyen de créer une synergie islamiste pour être à la fois plus englobant et complémentaire.

Le CCIF et la plateforme "L.e.s Musulmans" ont  officialisés leur rapprochement le 30 octobre 2018.

Leur communiqué commun suite à l'attentat de Christchurch en est l'une des concrétisations.
En effet, en plus de leurs signatures pour l'appel contre "l'islamophobie", le CCIF et la plateforme "L.e.s Musulmans" ont aussi publié leur propre communiqué commun (13). Il reprend le même discours que l'autre appel pour valider le terme "islamophobie". Il s'appuie en plus sur les fausses statistiques du CCIF et profite du traumatisme de l'attentat pour tenter un nouveau coup de force : faire du CCIF un partenaire officiel de l'État (dont il combat pourtant les valeurs) par la signature d'"une convention cadre avec le CCIF afin de développer un plan de lutte contre l’islamophobie et une pénalisation des discours islamophobes sur Internet". C'est une nouvelle étape dans la stratégie politique des Frères musulmans pour tenter de rétablir le délit de blasphème et de délictualiser toute expression d'opposition à leur intégrisme. C'est aussi un pas supplémentaire dans le projet du CCIF, et de la plateforme "L.e.s Musulmans", pour devenir les interlocuteurs privilégiés de l'État et les représentants de tous les musulmans.

Ainsi, ces islamistes qui se mobilisent contre "l'islamophobie" ont la volonté de diffuser une version extrémiste de l'islam. Ils veulent amener tous les musulmans vers leur radicalité et prétendre ensuite tous les représenter. Pour cela, ils veulent cliver la société, faire peur aux citoyens. Ils montrent une image effrayante de l'islam dont leurs référents idéologiques sont racistes, antisémites, ultra sexistes et homophobes. Ils sont les créateurs et les premiers promoteurs de cette peur (l'islamophobie). Une peur qu'ils tentent depuis des années de définir en racisme. L'appel abordé dans cet article, et l'initiative du CCIF et de "L.e.s musulmans", sont les dernières actions en date de cette stratégie qui pousse la société française vers le communautarisme, terreau plus fertile au développement de l'islamisme. Voilà ce que ces islamistes appellent le "vivre ensemble" et les "valeurs censées nous unir", dans leur instrumentalisation classique de ces termes. C'est leur méthode pour tenter de jouer sur la corde sensible des citoyens, des élus et de l'État.

Ces initiatives pour exprimer l'indignation des islamistes au nom de tous les musulmans illustrent une nouvelle fois le problème que connaît l'islam sunnite par l'absence d'une autorité cléricale. La religion, comme la nature, a horreur du vide. Cette absence de représentation officielle est naturellement comblée par ceux qui s'organisent, motivés par leur fanatisme, et parlent le plus fort : les islamistes.
Le danger que représente l'islamisme politique, grâce notamment au soutien que ses militants ont pu obtenir d'une partie de la gauche, est donc bien plus grand à long terme que n'importe quel attentat.

Celui commis à Christchurch, comme toute autre attentat, est monstrueux et inhumain. Ne laissons pas le projet de chaos des terroristes se réaliser. Ne cédons jamais à leurs intimidations, ni aux culpabilisations victimaires des islamistes politiques et de leurs alliés, ni au repli identitaire (quel que soit le bord). Tuer des musulmans, des juifs, des chrétiens, des athées ou autres, en raison de leur (non) croyance, c'est tuer un peu plus notre civilisation. Vouloir délictualiser la critique de l'islam en surfant sur le sang des victimes aussi.


L'attentat en Nouvelle Zélande, outil tant attendu par les islamistes pour tenter de sanctionner les atteintes à l'islam ("islamophobie"). 1ère partie















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L'attentat en Nouvelle Zélande, outil tant attendu par les islamistes pour tenter de sanctionner les atteintes à l'islam ("islamophobie"). 2ème partie

L'attentat en Nouvelle Zélande, outil tant attendu par les islamistes pour tenter de sanctionner les atteintes à l'islam ("islamophobie")

(Lien, vers les autres parties en fin de celle-ci)

       L'attentat commis contre des musulmans en Nouvelle Zélande est une aubaine pour les islamistes du monde entier. Alors que les corps des victimes n'étaient pas encore froids, leurs réactions politiques victimaires explosèrent à travers le monde. Eux si prompts à s'en prendre aux interprétations coraniques et aux musulmans qui ne leur conviennent pas, et se rendent ainsi coupables d'islamophobie (peur de l'islam) et très souvent de propos (et parfois d'actes) anti musulmans, hurlent à "l'islamophobie" à la moindre occasion. Celle-ci est pour eux l'occasion du siècle : s'appuyer sur un drame humain, celui tant attendu, pour justifier le délit de blasphème au niveau mondial en amalgamant critique d'une idéologie et actes contre des individus.
Les islamistes français ne sont pas en reste. Ils s'agitent comme un seul homme depuis le 15 mars. Leur réaction face à un attentat qui a eu lieu à 20 000 km de chez nous contraste avec leur mollesse et déclarations de circonstance lors des multiples attentats sur notre sol.

Une semaine après l'attentat, les sites internet Muslim Post, Al-Kanz, Islam&Info, "Des Dômes et des Minarets" et Mizane Info se sont associés pour publier une tribune : "Appel contre une islamophobie grandissante" (1). Plaidoyer pour la validation du terme "islamophobie", ils jouent sur l'émotion suscitée par l'attentat en Nouvelle Zélande pour provoquer la peur des français musulmans et tenter de faire fléchir l'État. L'occasion est trop belle.
Certes, l'extrême droite traditionnelle (les islamistes composent l'autre extrême droite) aime rendre l'islam responsable de beaucoup de choses, confondre Arabe/musulman et réduire tous les musulmans à l'islamisme (avec l'aide des islamistes eux-mêmes). Elle aime faire appel à la laïcité pour s'opposer à l'islam mais la trahit quand cela concerne le catholicisme. Tout cela est vrai. Mais, pour les islamistes, c'est aussi, et même surtout, le prétexte pour y amalgamer toute forme d'opposition : tous leurs adversaires laïques, y compris des musulmans, sont mis dans le même sac que l'extrême droite. Dénoncer le salafisme et les Frères musulmans, dont le voile est le symbole sexiste et politique, serait être allié à Génération identitaire et autres fachos. Ceci pour masquer le fait que les islamistes sont d'abord et avant tout des ultra identitaires.
Comme toujours, ils considèrent que toute critique de l'islam et de l'islamisme est équivalente aux actes et propos anti musulmans. Ils inversent également les rôles : selon eux, ce ne sont pas leurs multiples coups de boutoirs contre la République (surtout à travers les multiples affaires de voile) qui posent problème. Ce sont les réactions à leurs actions qui seraient problématiques. S'il n'y avait pas autant d'offensives politiques des islamistes, il n'y aurait pas autant de réactions et d'articles sur ce sujet. Si ces sites internet à l'origine de cette tribune, et tous les autres islamistes, ne montraient pas une image aussi effrayante de l'islam, ne passaient pas leur temps à vouloir cliver la société entre "eux" (les "blancs", les non musulmans) et "nous" (les musulmans), les citoyens en auraient moins peur (sens réel du terme "islamophobie"). Mais les islamistes ne s'arrêtent pas à ce genre de détails. Quoi qu'ils fassent, ils se présenteront toujours en éternelles victimes. Celles de Christchurch sont macabrement instrumentalisées pour cela.

Leur sentiment d'appartenance à une communauté supranationale musulmane (Oumma) fait passer leur citoyenneté française au second plan. Une citoyenneté qui n'est qu'un prétexte pour la promotion de leur islamité. Cela entraîne leur vision du "eux" et "nous" et leur indignation à géométrie variable selon l'origine des terroristes et les victimes d'attentats.
Mais, pour réussir à rallier plus de non-musulmans à leur tribune, il fallait user de la stratégie habituelle des islamistes politiques, en plus de la victimisation : récupérer ce qui nous fait sens pour toucher notre fibre républicaine. C'est ainsi que la tribune se termine : "Il est encore temps de mettre une fin à cette surenchère avant que le terrorisme antimusulman finisse par vraiment toucher la France, détruisant ce qui reste des valeurs censées nous unir."
Il faut bien sûr tout mettre en œuvre pour protéger tous les citoyens, quelle que soit leur religion. Mais faire appel aux "valeurs censées nous unir" alors que leur raison de vivre est de les combattre…

Justement, penchons-nous sur le profil et les valeurs défendues par ces sites et les premiers signataires.
La vision de l'islam diffusée par le Muslim Post est plus proche de celle des Frères Musulmans, dont il reconnaît l'influence, que des musulmans rationalistes et progressistes (2).


Éloge de Tariq Ramadan et des Frères musulmans

Il fait l'éloge de Tariq Ramadan et de son ascendance ancrée dans l'histoire des Frères musulmans, et laisse croire que cette influence frériste est naturelle pour tous les musulmans. Effectivement, la Confrérie est "le plus grand mouvement de réforme islamique moderne et le plus répandu dans le monde". L'islam est aujourd'hui dominé par l'islamisme dont les Frères musulmans sont les plus influents. "Réforme" n'est pas synonyme de "progrès". Les salafistes, souvent alliés aux Frères, sont aussi des réformateurs. On peut réformer pour retourner dans le passé et/ou bloquer toute réforme progressiste. Ce "plus grand mouvement de réforme" a pour co-fondateur Hassan Al-Banna, comme le site l'indique. Le slogan créé par ce leader, pour être la devise de la Confrérie, est : "Dieu est notre but. Le messager de Dieu est notre guide. Le Coran est notre constitution. Le Jihad est notre chemin. La mort sur le sentier de Dieu est notre souhait ultime". Dans son credo des Frères musulmans, Hassan Al-Banna déclara en 1935 que "la bannière de l’Islam doit couvrir le genre humain et que chaque musulman a pour mission d’éduquer le monde selon les principes de l’Islam".
La mise en pratique de cette doctrine sera détaillée dans les "50 demandes du programme des Frères musulmans" rédigés en 1936. Destiné au monde musulman, ce programme explique aujourd’hui encore l’attitude et les dérives des islamistes en Égypte, au Maghreb, en Turquie, etc., mais aussi en Europe (par la présence d'une minorité importante de musulmans en Europe, les islamistes considèrent ce continent comme terre de prédication depuis plusieurs décennies). La Confrérie y fait l’éloge de la guerre sainte, de la Oumma par la création d’un sixième Califat, l’interdiction de toute mixité sexuelle, l’oppression des femmes, la censure des médias et de la culture, l’interdiction de toute critique de l’islam, l’imposition de l’enseignement de la religion (et dans sa version frériste) dans la totalité des niveaux de l’enseignement, le développement de la propagande, puis l’imposition (par la force s’il le faut) de la pratique religieuse, la création de groupes jeunesse fanatisés, etc. En résumé, le même fonctionnement que le nazisme à la même époque, des mesures communes également écrites dans “Mein Kampf”, en ajoutant un sexisme poussé encore plus loin.
Le logo de la Confrérie se devait d'illustrer au mieux toutes ces "bonnes" intentions. Composé d'un Coran surplombant deux sabres entrecroisés, il souligne bien l’aspect guerrier et conquérant au cœur de sa doctrine.


Logo des Frères musulmans.
Autour de l'image est écrit leur slogan : "Dieu est notre but - Le prophète est notre leader - Le Coran est notre constitution - Le djihad est notre voie - Mourir pour Dieu est notre souhait le plus ardent."
Sous les 2 sabres est écrit : "préparez-vous contre eux".
Beaucoup se réclament de cette idéologie aujourd’hui. Cela va d'une partie des djihadistes jusqu’aux militants de l’islamisme politique (dont beaucoup préfèrent ne rien en dire). Par ses circonstances particulières, le Hamas est le mouvement frériste qui applique actuellement le mieux la doctrine.
Le slogan et le programme originel sont discutés entre Frères musulmans. La majorité rejette aujourd'hui la violence. De plus, nombre de Frères vivent à présent dans des pays où les musulmans sont minoritaires et où la démocratie peut difficilement être combattue frontalement. L'investissement dans la vie de la cité pour la travailler de l'intérieur et la stratégie victimaire par le concept d'"islamophobie" sont privilégiés. Mais n'étant pas abrogés, le slogan et le programme originel restent officiellement valables. Les figures historiques de la Confrérie qui se succédèrent (de Sayed Qutb à Youssef Al-Qaradhawi pour les plus connus) sont tous antisémites, homophobes, ultra sexistes et bellicistes. Ils restent aujourd'hui encore des références théologiques et politiques pour les militants et sympathisants.

Le MuslimPost ne prend ainsi aucune distance. Il considère les Frères musulmans comme un simple "mouvement de réforme islamique moderne". Il n'hésite donc pas à reconnaître le voile, instrument islamiste par excellence, comme un signe religieux dans tous les articles où ce sujet est abordé. Il participe même à la propagande pro voile dans le sport, l'éducation et la politique. En parallèle, il pointe du doigt les musulmans qui affirment que le port du voile n'est pas une prescription coranique, comme Ghaleb Bencheikh (islamologue et président de la Fondation de l'islam de France).

Comme les autres sites islamistes, il cible les Français d'origine maghrébine qui luttent contre les intégristes. Essentialisant de façon raciste les individus, le Muslim Post considère ces Français comme des "collabeurs". C’est-à-dire des traîtres à leur "communauté" qui collaborent avec les "blancs"/français comme ces français, traîtres à leur patrie, qui avaient collaboré avec l'occupant allemand durant la seconde guerre mondiale.


Le muslim Post considère comme des traîtres les français d'origine maghrébine qui ne leur correspondent pas.

Même si des articles publiés peuvent parfois faire entendre d'autres voix musulmanes, ce site est un acteur clé de l'activisme islamiste en France. Son partenariat pour cet appel avec des sites islamistes encore moins consensuels en est une illustration.

Islam&info, autre site signataire de cet appel, se présente comme un "média musulman engagé. L'info par le Musulman, pour le Musulman". Sa page Facebook est suivie par près de 490 000 personnes. Ce média a du poids. Mais il devrait en réalité s'appeler "islamisme info". Il est dans la droite ligne de la stratégie victimaire à outrance pour légitimer sa vision radicale, identitaire, totalitaire et raciste de la religion. Le "M" de "Musulman" est bien en majuscule. Cela démontre la volonté de transformer une adhésion à une idéologie religieuse en ethnie, le peuple Musulman. Cela permet de se distinguer du reste de la population en s'identifiant à la Oumma. Cela permet également de mieux se victimiser : en définissant le musulman comme membre d'un peuple, on le racialise, l'essentialise et on brandit la carte du racisme face à toute critique de l'islam et des dérives faites en son nom. Sa participation à cet appel contre "l'islamophobie" est donc une évidence.

Islam&info est un site d'information tendance salafiste

Elias d'Imzalène, de son vrai nom Eli Yess Zareli, est le fondateur et l'animateur de ce média. Fiché S, le domicile de ce militant salafiste avait été perquisitionné en décembre 2015, suite aux attentats. Selon les services de renseignements, il est aussi une des raisons de la fermeture de la mosquée de Torcy (Seine-et-Marne) en avril 2017. Cette mosquée radicale visait particulièrement la jeunesse pour leur enseigner le "combat contre les mécréants", appréciait les djihadistes et sollicitait "l’aide d’Allah en leur faveur afin de détruire les ennemis de l’Islam, des ennemis de l’intérieur, ici en France et ailleurs". Elias d'Imzalène y était intervenu à deux reprises. Il "a fourni des éléments de langage comparant la situation existant en France à l’apartheid et demandant aux fidèles d’arrêter d’être Français légalistes, Français républicains et Français patriotes". (3) Elias d'Imzalène est doublement signataire de la tribune contre "l'islamophobie" qui prétend vouloir préserver les "valeurs censées nous unir " : en son nom propre et au nom de son site.

En juin 2013, dans cette même mosquée, il exposa plus précisément son interprétation des "valeurs censées nous unir". Il considère que l'enseignement doit être une cible pour une bonne transmission de l'obscurantisme, du communautarisme et du sexisme : Votre éducation est prioritaire. (…) Vos écoles (…) doivent être abandonnées et qu'on arrive à nos écoles. (…) Au lieu de pleurer et de dire "s'il vous plaît, changez les programmes. S'il vous plaît acceptez ma fille avec le hijab" (…). Les écoles doivent devenir une priorité pour nous tous ! Aujourd'hui, nous devons nous dire "le projet d'école et le projet de mosquée, c'est deux choses qui vont ensemble". (...) Il faut nous réapproprier aussi nos loisirs, pour nos enfants. Et là je pense à l'éducation. C'est à nous de faire nos colonies de vacances. C'est à nous de faire nos centres de loisirs. C'est à nous de prévoir des salles de sport pour nos femmes. Et plus aux autres qui mettent à chaque fois des conditions. (...) Un jour il faudra penser local. Un jour il faudra penser communautaire. Un jour il faudra penser grand. Un jour il faudra penser même à avoir nos banques, notre monnaie locale."

Pour lui, le simple fait qu'il n'y ait pas de cours de religion façon prêche du vendredi, que l'école soit totalement laïque pour donner la possibilité à chacun de penser par lui-même, seraient une forme d'agression. La mixité et le fait d'interdire les signes religieux pour notamment permettre à des fillettes de réaliser qu'elles ne sont pas des objets sexuels qui doivent être bâchés par un voile, est aussi pour lui une atteinte à son sexisme et à son patriarcat. Il prône alors l'apartheid sexuel avec, par exemple, des salles de sport "fréquentables" (c'est à dire non mixtes) pour "nos" femmes.
Elias d'Imzalène appelle donc les parents à abandonner cette horrible école laïque au profit d'établissements islamistes dont mosquée et école fonctionneraient en symbiose pour une meilleure cohérence obscurantiste, anti laïque et anti républicaine. L'important est d'être musulman et de défendre sa "communauté", pas d'être citoyen et de défendre son pays. C'est pour cela qu'il "pense grand" en invitant les musulmans à islamiser tous les domaines de l'éducation, de leurs loisirs, à supprimer la mixité, et même à faire sécession avec la République par la création de banques communautaristes et une monnaie locale.



Voilà comment cliver la société, effrayer la population, susciter la peur de l'islam (islamophobie) pour ensuite s'en plaindre et prétendre défendre les "valeurs censées nous unir".

Al Kanz est un autre site co-signataire. C'est un blog islamiste qui souhaite réguler tous les aspects de la vie quotidienne par le prisme halal/haram et fait de l'économie son outil et argument prosélyte. Depuis sa création en 2006, Al Kanz est devenu un des fers de lance du développement de l'islamisme par l'économie. Il perçoit moins l'islam comme une forme de spiritualité que comme un code de conduite binaire où tous les aspects de la vie sont concernés. Il est de ces salafistes qui ne voient pas de problèmes à la pratique du sport ou d'une activité professionnelle pour les femmes, à la condition qu'elles restent des éternelles mineures et des objets sexuels à dissimuler en ce qui concerne leur corps. Il pratique un lobbying important sur divers marchés et auprès des marques, arguant du poids économique que représente la "communauté musulmane".

Dans son livre "Le marché halal ou l'invention d'une tradition", Florence Bergeaud-Blackler retrace très bien tous les aspects de cette norme "halal" que des islamistes comme Al-Kanz tentent d'imposer : "La convention halal est née d'un deal opportuniste entre des États prédicateurs et des marchands capitalistes. Cette tradition inventée constitue une fenêtre d'opportunités pour des intermédiaires "religieux et marchands", indépendants des États qui se disputent la définition du licite et donc de la norme en islam, c’est-à-dire de l'autorité religieuse. (…) Dans les pays non musulmans, ce sont les dynamiques diasporiques et l'arrivée des mouvances fondamentalistes qui vont permettre la constitution d'une demande pour ce nouveau marché."

Je suis en accord en tout point avec son analyse dont je constate les effets depuis le début des années 1990 avec l'arrivée du "halal" concomitante à celle des premiers voiles. S'il n'y avait pas de culpabilisations et menaces religieuses brandies par les islamistes (comme "l'impudeur" et l'enfer), ce qu'ils appellent le "libre choix", et la création d'un marché mercantile pour y répondre afin de gagner sa place au paradis, personne n'aurait envie d'acheter ces outils oppressifs. Il est donc facile de crier à l'empêchement de la pratique sportive ou d'un emploi pour les femmes qui veulent être voilées, après avoir tout fait en amont pour les convaincre qu'elles ne doivent rien faire sans voile.

Al-Kanz s'inscrit dans cette stratégie de l'économie marchande pour imposer sa vision salafiste de la norme religieuse à tous les musulmans et aussi contraindre la société à s'adapter à cette norme. Il est toujours en première ligne pour favoriser le voilement des femmes, cheval de Troie politique commun à tous les islamistes, en promouvant H&M ou Nike. Il fut le plus fervent défenseur du "hijab de running" de Décathlon. Il est en contact avec de nombreuses entreprises pour leur faire miroiter les pluies de billets si elles investissaient le marché islamiste et commercialisaient des vêtements sexistes pour respecter la libido des intégristes par l'occultation de la tête et du corps des femmes. Les slogans marketing de mode "pudique" ou vêtement "modeste" sont venus à la rescousse de ces marques pour euphémiser et dissimuler ce racisme sexuel. Le marché contribue à rendre le voile, vêtement discriminant, acceptable, tout en contribuant à rajouter une pression supplémentaire sur les musulmanes qui refusent encore de se voiler. Voilà comment dicter aux femmes comment se vêtir tout en accusant leurs détracteurs de vouloir dicter aux femmes comment se vêtir (toujours cette fameuse rhétorique d'inversion)…

"Des dômes et des minarets" est un site islamiste dans la même veine que les autres. Il nomme les militants laïques "laïcistes radicalisés". Une pirouette sémantique habituelle depuis plusieurs années chez les islamistes. Cela consiste à créer une fausse équivalence entre militants laïques et "islamistes radicalisés" (pléonasme) par la phonétique. Ce site considère bien sûr le voile comme une prescription religieuse et se réjouit régulièrement des avancées de sa visibilité.
Une des vitrines de l'islamisme politique, ce site tente d'être respectable. Mais il ne peut s'empêcher parfois de commettre des dérapages racistes typiques de toutes les extrêmes droites. Ne considérant les individus qu'à l'aune de leur appartenance ethnique (et l'islam étant selon eux aussi inscrit dans les gênes), ce site considère toute émancipation individuelle comme une trahison. Les français d'origine maghrébine concernés sont ainsi nommés "arabes de service" et "bougnoules" (4). L'occasion aussi d'instiller une dose d'antisémitisme.


Le racisme et l'antisémitisme du site islamiste "Des dômes et des minarets"

Il est sur la même ligne que le Muslim Post et d'autres signataires de la tribune comme Taha Bouhafs. Ce dernier est un ultra identitaire "Arabe" à l'insulte facile et dont l'islam est un outil identitaire et racial bien plus que religieux. Il voit donc dans l'intégrisme musulman et les Indigènes de la République des partenaires de lutte. Il est de ces militants qui assurent le lien entre cette nébuleuse et une partie de l'extrême gauche. Pour mieux comprendre ce racisme intracommunautaire, vous pouvez consulter l'article que j'avais consacré à ce sujet (5).

Dans leur tribune commune, ces sites islamistes prétendent parler au nom des "musulmans et musulmanes de France". Nous retrouvons cette volonté de faire passer l'islamité avant l'appartenance citoyenne (ils sont des français musulmans, pas des musulmans de France). Mais surtout, ils veulent enrôler tous les musulmans à leur radicalité puis prétendre être les représentants de tous. Cette tribune montre une nouvelle fois cette OPA sur l'islam. L'attentat de Christchurch est décidément une belle occasion.

Parmi les premiers signataires de cette tribune, nous retrouvons Abdelaziz Chaambi, président de la CRI (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie), un concurrent du CCIF. Il est un de ces exemples de militants de gauche qui ont basculé à l'extrême droite par leur militantisme islamiste. Son CV est impressionnant. Il est le co-fondateur des éditions Tawhid. Cette maison d'édition bien connue des islamistes publie les ouvrages des Frères musulmans. Tariq et Hani Ramadan sont en bonne place dans la maison. C'est aussi chez Tawhid que nous pouvons encore trouver le livre ultra misogyne et homophobe de Youssef Al-Qaradhawi "Le licite et l'illicite en islam" ou bien celui dans la même veine du salafiste A. D. Eldjazaïri "La voie du musulman". En revanche, vous n'y trouverez aucune trace d'ouvrages de musulmans progressistes. Par ses livres, cette maison d'édition a fortement contribué au prosélytisme de l'intégrisme musulman en France.

Abdelaziz Chaambi est également un des initiateurs de l'appel "Un débat pour tous" en janvier 2013, pour lutter contre la future loi sur le "mariage pour tous" (6). En bon militant d'extrême droite et ultra-conservateur, il tient des propos particulièrement homophobes en allant jusqu'à comparer le droit au mariage des homosexuels au droit à l'inceste et à la pédophilie.
Comme tous ses collègues islamistes, Abdelaziz Chaambi est obsédé par la Palestine. Comme eux, cette obsession passe par le prisme religieux. Dans le cadre de ses activités militantes, il a ainsi déclaré à plusieurs reprises son soutien au Hezbollah (mouvement politique et paramilitaire djihadiste des intégristes chiites) et au Hamas (7). Il considère ce dernier comme un simple mouvement de résistance, "au même titre que Lucie Aubrac, Jean Moulin ou Nelson Mandela" (8). Les assassinats de plusieurs centaines d'opposants palestiniens, le régime autoritaire mis en place dans la bande de Gaza, les Palestiniens dont il se sert comme boucliers humains pour se protéger des attaques israéliennes, son allégeance officielle aux Frères Musulmans, son rêve de voir la bannière de l'islam flotter sur le monde, son antisémitisme virulent et son désir de détruire Israël : tout ceci serait anecdotique pour Abdelaziz Chaambi. Le seul fait de s'opposer à l'occupation israélienne est suffisant pour comparer le Hamas à Nelson Mandela, Lucie Aubrac et Jean Moulin…

Dans son fanatisme religieux, il va également jusqu'à se faire le relais de la communication du Jihad islamique en Palestine (9), mouvement où tout est dit dans son appellation lorsque nous observons ses actions.
Avec un tel profil, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il soit fiché S (10). En revanche, il est étonnant qu'il s'en étonne.

Abdelaziz Chaambi, fiché S

Avant de présider la CRI, Abdelaziz Chaambi fut un membre très actif du mouvement des Indigènes de la République. Un mouvement racialiste mélangeant des valeurs d'extrême gauche et d'extrême droite à la philosophie raciste et antirépublicaine dont la figure médiatique, Houria Bouteldja, a illustré à de multiples reprises sa vision de la "race", des "blancs", des Juifs et de l'islam version ultra-identitaire.

Houria Bouteldja fait justement partie des signataires de la tribune contre "l'islamophobie", comme plusieurs membres du Parti des indigènes de la République.

Ismahane Chouder est une autre signataire et une autre figure de l'islamisme politique, très active au Maroc mais aussi en France. Elle est de ces militants Frères musulmans les plus en pointe dans l'inversion et l'entrisme. Par ses multiples adhésions à divers associations, elle se présente comme féministe, prétend défendre la laïcité, être contre l'homophobie et lutter contre le racisme. Ses positions sexistes, anti féministes, anti laïques et communautaristes peuvent ainsi avoir l'attention d'une partie de l'extrême gauche sensible aux discours populistes de l'extrême droite musulmane. Ismahane Chouder est très douée pour faire passer ses valeurs rétrogrades et totalitaires pour des valeurs émancipatrices, faire passer l'islamisme pour l'islam et les intégristes musulmans pour de simples musulmans éternellement victimes.
Sur le terrain, elle est, entre autres, membre de Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM). PSM se présente comme une association composée de simples musulmans. Ces musulmans "lambda" ont des liens très forts et assumés avec le parti islamiste marocain issu des Frères Musulmans "Justice et Bienfaisance". PSM a participé à la création du Collectif des Citoyens Musulmans pour l'Enfance dont l'objectif est de "rejoindre la dynamique « MANIF POUR TOUS » en réponse au « Mariage Pour Tous » et contre la loi Taubira" (sic) (10).


PSM a participé à la création du Collectif des Citoyens Musulmans pour l'Enfance dont l'objectif est de "rejoindre la dynamique « MANIF POUR TOUS » en réponse au « Mariage Pour Tous » et contre la loi Taubira" (sic)

Ces militants de l'extrême droite musulmane, qui se font passer pour de simples musulmans, ont agi main dans la main avec leurs confrères de l'extrême droite catholique pour lutter contre l'égalité des droits pour tous. Ainsi, PSM affiche fièrement son partenariat avec Alliance Vita, une association d'intégristes catholiques créée en 1993 par Christine Boutin dont un des buts est de lutter contre le droit à l'IVG. Leur complicité est si forte qu'ils ont prolongé leur lune de miel par la participation de PSM à l'université d’été d'Alliance Vita en 2013 (11).

Participation de PSM à l'université d’été d'Alliance Vita en 2013

Parmi les autres signataires, nous retrouvons également des membres de la plateforme "Les musulmans" et du CCIF, étroitement liés grâce à Marwan Muhammad. Ces structures issues des Frères musulmans ont aussi écrit leur propre appel. Ce sera le sujet de la dernière partie de cet article.


L'attentat en Nouvelle Zélande, outil tant attendu par les islamistes pour tenter de sanctionner les atteintes à l'islam ("islamophobie"). 1ère partie







(8) Ibid





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