Service National Universel : un enjeu pour les islamistes, rassurés par la complaisance de l'Observatoire de la laïcité, choqués par le recadrage du Ministre de l'Éducation Nationale (2ème partie)

Service National Universel : un enjeu pour les islamistes, rassurés par la complaisance de l'Observatoire de la laïcité, choqués par le recadrage du Ministre de l'Éducation Nationale

(Liens vers la 1ère partie en fin de celle-ci).

       La complaisance de l'Observatoire de la laïcité (ODL) envers le religieux, au détriment de la défense du principe de laïcité, l'amène à se rapprocher plus naturellement des commerçants de croyances et à s'éloigner de nombre d'associations et militants laïques. Bien plus soutenu par les premiers que par les seconds, son étude concernant le SNU ne fait pas exception. Asif Arif est l'une des illustrations de la dérive de cet observatoire.

Asif Arif est avocat de profession. Militant religieux le reste du temps, il n'est pas salafiste ni Frère Musulman. Mais il est proche des Frères à travers ses soutiens répétés au CCIF et à la plateforme "L.e.s Musulmans". Asif Arif est ahmadiste (mouvement musulman né à la fin du 19e siècle au Penjab). Sur plusieurs sujets, notamment sur le voile et les violences conjugales, il a une approche extrémiste de l'islam. Il fut un temps présentateur d'une émission religieuse diffusée sur internet, "Horizons d'Islam". Dans le numéro 27 de l'émission, il s'était montré très complaisant envers le voilement des fillettes. Il posa la question d'un des téléspectateurs à ses invités : "Comment expliquer à sa fille les bienfaits du voile ?" Leur réponse est qu'il faut l'habituer dès son plus jeune âge aux "enseignements de l'islam" (pour les intégristes, leur point de vue est le véritable islam). Le voile étant interdit à l'école, l'un d'eux conseille aux "petites filles de 7 ans, 8 ans, 9 ans jusqu'à 15 ans de porter le voile devant leurs amis dans des réunions informelles à l'école." Il explique que le but est de les habituer au voilement pour ne pas qu'elles se "rebellent" une fois adolescentes. Pour cela, "le travail doit commencer très tôt".



Asif Arif, placide, ne semble pas choqué. Il ne manifeste à aucun moment son désaccord, pas même un bémol ni la moindre nuance pour se démarquer de ces propos choquants qu'il semble cautionner. On comprend que l'interdiction du voile au sein du futur SNU puisse lui poser un problème.

Depuis, il a cessé d'animer ses émissions pour faire de son instrumentalisation de la laïcité l'outil principal de son militantisme. Il s'applique inlassablement à promouvoir sa vision concordataire de la laïcité. Elle permet à la religion d'avoir plus de place dans la société que notre modèle laïque actuel. Cela favorisera de plus grands conflits, un meilleur séparatisme et une assignation plus forte de chacun à sa religion supposée. La liberté de conscience sera réduite à peau de chagrin au profit de l'unique liberté religieuse.
En cohérence avec les propos sur le voile tenus dans son émission, il est un fervent défenseur du "libre choix" islamiste pour le port du voile et un farouche opposant à la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école. Il fut souvent partenaire de l'association Coexister et de l'Observatoire de la laïcité. Un observatoire qui, par l'intermédiaire de ses deux principaux représentants, lui a apporté un soutien de taille : l'ouvrage d'Asif Arif, "Outils pour maîtriser la laïcité" (1), fut préfacé par Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène, respectivement Président et Rapporteur général de l'ODL. Ils étaient également intervenus ensemble à plusieurs reprises pour "former" des citoyens sur la laïcité...
Asif Arif et son "ami" Nicolas Cadène, Rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité auprès du Premier Ministre, firent un "tour de France pour parler de laïcité"
Asif Arif et son "ami" Nicolas Cadène, Rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité auprès du Premier Ministre, firent un "tour de France pour parler de laïcité".
On mesure ainsi la légèreté, voire le danger, d'une telle complaisance de la part d'un observatoire censé défendre et promouvoir le modèle laïque français.
Depuis le désaveu de l'ODL par le Ministre de l'Éducation Nationale, Asif Arif soutient cette étude qui indique l'autorisation du voile et l'intrusion du religieux au sein du futur SNU.

Au-delà des soutiens individuels, l'ODL est aussi apprécié par des groupes et associations islamistes tels que le média salafiste Islam&info (cf. 1ère partie). C'est également le cas chez les Frères Musulmans.
Le CCIF est une association d'extrême droite, idéologiquement la branche juridique des Frères Musulmans en France. Dans la droite ligne de la stratégie politique frériste en France, elle prétend être antiraciste, défendre les droits humains et combattre "l’islamophobie". En réalité, son désir est de détourner le sens du terme "islamophobie" pour faire de la liberté d'expression un délit. Comment ? En fusionnant la libre critique de l'islam et les discriminations envers les musulmans. Le CCIF milite pour un islam ultra identitaire, racialise les musulmans et en fait des persécutés (y compris les islamistes), élus par Dieu pour diriger le monde. Le voile est bien entendu son outil principal de propagande. Cette association "antiraciste" et de "défense des droits humains" n'hésite pas à s'afficher et à revendiquer le soutien de prédicateurs salafistes et Frères Musulmans antisémites, homophobes et ultra sexistes. D'un autre côté, aucun musulman progressiste ne soutient ou est soutenu par le CCIF. Bref, cette association est le fleuron de la nouvelle extrême droite française à qui j'avais consacré un long article en 5 parties (2).

Comme tout Frère Musulman qui se respecte, le CCIF se prétend défenseur du "vivre [dans leur] ensemble" et de la laïcité. Cette rhétorique d'inversion, qui présente les intégristes musulmans comme défenseurs d'une laïcité "dévoyée" par les associations et militants laïques, est devenue un classique. Comme tous les intégristes religieux, le CCIF consacre sa vie à lutter contre la laïcité. Ses infractions à la loi de 1905 sont fréquentes, notamment à l'article 26 qui interdit les discours politiques dans les lieux de culte et dont le CCIF s'est fait une spécialité. Sa méthode de lutte contre le principe de laïcité est la même que celle de l'ODL : réduire la laïcité à une approche uniquement juridique, instrumentaliser la loi et ses failles, pour annihiler le principe de laïcité à la française. Seule l'approche communautariste anglo-saxonne peut permettre à l'islamisme politique de s'épanouir sans entrave. L'école, et à présent le SNU, sont donc des enjeux fondamentaux.

C'est ainsi que le CCIF a salué "le rappel de l'Observatoire de la laïcité" à propos de son étude, en évoquant évidemment, toujours par sa rhétorique d'inversion, "le vivre ensemble et la cohésion nationale" (3).


"Le CCIF salue le travail de l'Observatoire de la laïcité".

Que la douche fut froide lorsque le Ministre de l'Éducation a recadré l'ODL. Comme Islam&info, le CCIF a publié un communiqué. Désirant se positionner comme une association fréquentable, le ton est plus posé. Mais il dénonce les mêmes choses, en se réfugiant derrière l'étude de l'ODL à qui il apporte son soutien plein et entier, et tente de disqualifier tous ses opposants laïques (sans le moindre argument, évidemment). La victimisation n'est pas oubliée puisque, comme toujours, toute opposition est nommée "harcèlement". Le CCIF se présente à nouveau comme défenseur de la loi de 1905 dont le sens originel serait détourné par les associations et militants laïques pour "détruire le mieux-vivre ensemble, l'unité nationale ainsi que les principes fondamentaux de liberté, d'égalité et de fraternité". Il termine par se déclarer "garante de la loi de 1905 en témoignant [son] soutien et [son] attachement à  la liberté de conscience et aux principes de notre République". Quand je vous dis que le CCIF est le maître incontesté de la rhétorique d'inversion…


Communiqué de presse du CCIF qui apporte son soutien à l'Observatoire de la laïcité

La "liberté de conscience" est une récupération récente. Jusque-là, le CCIF, comme tous les islamises, parlait uniquement de liberté religieuse. Mais face aux reproches et après avoir compris que c'est bien la liberté de conscience qui est au cœur de la loi de 1905, il a décidé de s'en emparer pour l'instrumentaliser comme le reste. Par contre, c'est la première fois qu'il récupère aussi frontalement "les principes de notre République". Face à la mise au jour grandissante de la réalité de cette association, son champ de détournement et d'inversion s'élargit pour toujours tenter de rallier plus de naïfs et de complaisants.

Un autre groupe islamiste s'est aussi exprimé. Il s'agit de la plateforme "L.e.s Musulmans". Comme chez Islam&info, le "M" de "Musulman" est en majuscule pour signifier que l'islam ne serait pas un choix religieux, que ses fidèles essentialisés formeraient un peuple, une ethnie qui devrait se distinguer du reste de la société. Cette "plateforme collaborative" s'est construite autour de la pseudo consultation des musulmans lancée par Marwan Muhammad (ex directeur du CCIF) il y a quelques mois. M. Muhammad est un Frère musulman. Comme tout militant religieux d'extrême droite, il a une vision raciste et suprématiste de sa religion (4), et une conception rétrograde et identitaire de la femme musulmane (5). Mais lorsqu'il s'adresse au grand public, son discours se veut rassembleur et consensuel afin de rassurer et séduire (même s'il a souvent du mal à retenir sa radicalité et son désir de cliver). Sa "consultation des musulmans" et la création de cette "plateforme", qui en était l'objectif, font partie de la vitrine destinée à séduire et à rassembler tous les musulmans "dans toute leur diversité". Il se présente alors comme un "musulman lambda" qui n'aurait aucune ambition personnelle pour se mettre en avant.
Pourtant, c'est bien lui et toujours lui que nous voyons et entendons. Ce populiste se rêve en leader tout en prétendant le contraire. De plus, comme il considère les musulmans progressistes comme des "néo harkis" (des traîtres), qu'il nomme l'islam des Lumières "l'islam du réverbère", et qu'il n'a jamais été soutenu par des figures musulmanes progressistes, sa "diversité" n'est pas la définition du dictionnaire. Elle signifie d'accepter dans un même mouvement les Frères Musulmans, les salafistes, l'ensemble des ultras identitaires musulmans qui ont pour ambition de se servir de leur citoyenneté pour imposer progressivement leur islamité à la société. Les autres musulmans, citoyens qui ne font pas commerce de leur islamité et ne réduisent pas leur identité à leur religion, n'ont aucune envie d'être associés de près ou de loin à cette plateforme.

Conférence du CCIF, représenté par son porte parole Marwan Muhammad, à la mosquée de Vigneux, 30 avril 2011.

Sa volonté de "rassembler tous les musulmans" est aussi là pour exclure et réduire à néant les structures actuelles telles que le CFCM (qui ont effectivement montré leur inefficacité). En se nommant "L.e.s Musulmans", il assume clairement son désir d'OPA sur l'islam en France. Mais pour cela, il faudra qu'il se mette d'accord avec d'autres Frères Musulmans dont la motivation politique est toute aussi vivace : l'UOIF, renommée "musulmans de France", dans le même désir d'OPA mais en perte de vitesse.

Le prédicateur salafiste Nader Abou Anas est un bon exemple de cette "diversité" annoncée par la plateforme. Cet islamiste a rejoint "L.e.s Musulmans" et il le fait largement savoir sur les réseaux sociaux. La plateforme est aussi fière de son arrivée et le considère comme "un soutien de taille".


L.e.s Musulmans accueille le salafiste Nader Abou Anas
L.e.s Musulmans accueille le salafiste Nader Abou Anas

Bien mis en avant sur le site internet de la plateforme, Nader Abou Anas s'exprime dans une longue vidéo pour assurer la promotion de ce groupuscule qui ambitionne d'être l'unique représentant des musulmans français. Qui est ce prédicateur ?
Figure des prêches sur internet, il est le salafiste français 2.0 le plus célèbre. Sa page Facebook a été "likée" par plus de 147 700 personnes et est suivie par plus de 176 000. Sa chaîne YouTube compte plus de 154 800 abonnés. Il est l’administrateur du site Dourous.net dont le slogan est "une étincelle de science sur le net". En réalité, il n'y a pas la moindre étincelle de science sur ce site. La science dont il est question est son interprétation de la Révélation. Comme tous bons intégristes, les salafistes estiment que leur vision est un fait avéré. Leur croyance est donc considérée comme une science.
Ce site nous explique que le "grand amour [de Nader Abou Anas] pour la religion lui a été transmis par Cheikh Hassan Bounamcha qui lui a donné l’envie de s’investir pour la religion d’Allah (qu’Allah le préserve)." Ce Cheikh est un autre prédicateur salafiste, également soutien du CCIF qui est aussi fier de l'afficher. Son homophobie n'a d'égal que son sexisme. Il voit la mixité femme/homme comme un vice. Pour lui, toute forme de féminité visible chez la femme musulmane doit être supprimée. Elle doit être surveillée et contrôlée par la famille. Elle doit aussi porter un voile pour cacher ses cheveux et ne pas tomber dans le vice en montrant les parties de son corps, cacher ses formes pour garder sa "pudeur" et ne pas attiser les pulsions sexuelles des hommes. Il n'y a rien d'exceptionnel dans ses propos. Il ne fait que rappeler la raison d'être du voile.
Dourous.net déclare aussi fièrement que Nader Abou Anas suit un "cycle de formation de plusieurs années en arabe et sciences religieuses à la Madrassah de Cheikh Ayoub" à Paris. Cette madrassah (école coranique) est une école salafiste. Son site internet arbore sans complexe la photo d’une fillette voilée, pour donner le ton. Les enseignements sont destinés aux enfants comme aux adultes. La mixité y est très limitée, voire inexistante, pour "respecter les règles de bienséance islamique".

Nader Abou Anas s'inscrit dans l'héritage de ses mentors. Il considère la femme comme un objet, mais pas n'importe lequel : un objet sexuel. Pour faire passer la pilule, il présente cet objet comme un "bijou, un trésor, une perle précieuse" à préserver du regard des hommes. Il a consacré plusieurs vidéos au sujet de la femme musulmane. Dans l'une d'entre elles, où dégoulinent sexisme et patriarcat, il dit ceci : Ma sœur, sache que la musulmane n’a pas à vivre comme elle veut. Mais plutôt comme Allah le veut (6).Telle est la définition du "libre choix" pour le port du voile. Quant à Allah, les islamistes s'autoproclament porte-parole du divin. Ils se servent de lui pour prescrire leurs propres règles religieuses afin de contrôler leur libido. Il déclare également que ne pas porter le voile serait faire preuve "d'intégration" à la société française, chose critiquée par le prédicateur. Être non voilée serait aussi une forme de nudité qui ne peut que "attirer certains loups" que seraient certains hommes. Puis, il poursuit :
En étant pudique, en te couvrant, en mettant le vêtement que la femme musulmane doit porter, sache que tu garanties d’éloigner les loups. (…) Wallah, demandez aux sœurs qui portent des vêtements amples : est-ce que vous êtes respectées dans la rue par même les voyous ou pas ? Elles vous diront "on est respectées." Et demandez à la sœur qui s’exhibe et qui s’habille d’une manière provocatrice : est-ce qu’elles se sont déjà faites insulter ou pas ?! Wallah elles se sont déjà faites insulter pour certaines ! Il suffit qu’elle sorte dans un quartier, elle se fait insulter, ouvertement. Pourquoi ? A cause de sa tenue.
Discours classique des islamistes qui considèrent que ce n'est pas aux hommes (et aux femmes qui cautionnent le port du voile) d'être éduqués mais aux femmes d'être condamnées à être bâchées. Ce qui, de plus, ne les protège pas des "loups". Il suffit d'observer, par exemple, l'Égypte où l'écrasante majorité des femmes sont voilées et où le taux d'agressions sexuelles atteint les firmaments. Le problème n'est donc pas la visibilité des cheveux ou de la gorge mais bien l'éducation.
Pour tenter de donner de la crédibilité à ses propos, Nader Abou Anas ne fait que citer et paraphraser le Coran, sans aucune explication ni mise en contexte pour en comprendre le sens. Tout son discours repose sur la culpabilisation et le poids de la responsabilité des femmes sur la régulation de la libido et l’animalité des hommes.
Ses propos n'ont, là encore, rien d'exceptionnel. L'intégralité des prescripteurs du voile avancent ces arguments dont le spirituel est totalement absent. C'est normal : l'obligation du voile a été créée par les islamistes pour les raisons développées par Nader Abou Anas et tous ses prédécesseurs. La religion n'est qu'un prétexte pour apaiser leur obsession sexuelle. Après la famille, l'école est l'endroit clé pour imposer ce point de vue. Il faut habituer les filles au sort d'objet sexuel qui les attend en les voilant dès leur plus jeune âge, pour éviter qu'elles se "rebellent" plus tard, comme cela fut expliqué dans l'émission d'Asif Arif.

Nader Abou Anas se présente comme conférencier et président de l’association D’CLIC, étroitement liée à Dourous.net. Cette association souhaite se montrer comme toutes les associations de l’islamisme politique : une présentation moderne, un semblant d’ouverture vers l'extérieur et deux pôles, un culturel et un autre cultuel. Le pôle culturel est là pour adoucir l’image de l’association, qu’elle soit également reconnue par l’administration pour éventuellement bénéficier de subventions publiques, tout en étant un moyen de faire du prosélytisme. Le pôle cultuel est là pour l’apprentissage et la diffusion d’une vision rigoriste et sexiste de l’islam. Comme indiqué sur son site, son programme est basé sur celui de la Madrassah du salafiste Cheikh Ayoub. Toujours écrit sur son site, l'association assume cibler la jeunesse à travers ses activités et son enseignement pour "la transmission d'un message religieux" qui n'est autre que salafiste.

Le salafiste Nader Abou Anas est Président de l’association D’CLIC

Nader Abou Anas est un soutien indéfectible et très motivé de Marwan Muhammad et du CCIF. Il suffit de parcourir sa page Facebook et celle de Dourous.net, véritable fans clubs du CCIF. Marwan Muhammad, qui le considère comme un simple musulman, le lui rend bien. Le soutien apporté par le prédicateur salafiste à la plateforme "L.e.s Musulmans", et sa fière mise en avant par cette dernière, coulent donc de source.

Cette nouvelle structure de Marwan Muhammad, aussi représentée à la marge par d'autres Frères Musulmans comme Feiza Ben Mohamed et Samy Debah (ex militant du Tabligh, fondateur et ex président du CCIF), assume sa cohérence idéologique : le 30 octobre 2018, la plateforme publia un communiqué pour dire "nous sommes fiers de vous annoncer que nous sommes désormais partenaires" avec le CCIF. "L.e.s Musulmans" appelle également à soutenir et rejoindre le CCIF. Avec Marwan Muhammad à la tête de "L.e.s Musulmans", et Samy Debah jamais très loin, comment pouvait-il en être autrement ? C'est un moyen de créer une synergie islamiste pour être à la fois plus englobant et complémentaire.

La plateforme "L.e.s Musulmans" est fière d'annoncer son partenariat avec le CCIF.

Par ce pédigrée, il semblait inéluctable que cette plate-forme s'exprime sur le projet de SNU, épine dans le pied de leur projet prosélyte et politique dont les jeunes sont la cible prioritaire. Les recommandations de l'ODL sur l'autorisation du port du voile et de l'entrisme religieux au sein du futur SNU ne pouvaient que rassurer les islamistes. Suite au désaveu de cette complaisante étude de l'ODL par le Ministre de l'Éducation Nationale, la plateforme publia à son tour un communiqué (7).

Marwan Muhammad soutient l'étude de l'Observatoire de la laïcité

Elle affiche son soutien à cette étude. Puis, elle décline toute la rhétorique d'inversion habituelle :
- Ces islamistes, qui se démènent pour annihiler toute liberté de conscience auprès des jeunes de leur "communauté", invoquent cette liberté qui ne serait pas respectée par l'État. Elle déplore aussi le "contrôle politique visant régulièrement les musulmans de France", affirmation factuellement fausse. La plateforme considérant les islamistes comme de simples musulmans et leurs revendications comme légitimes, elle considère les limites laïques fixées par la loi de 1905 comme un contrôle politique. Par contre, cette plateforme a bien des ambitions politiques dans son désir de représenter tous les musulmans français.

- La plateforme fait appel à la cohésion nationale alors que, avec le CCIF et les autres islamistes, elle est une des causes de sa désintégration.

- Elle accuse le gouvernement de vouloir "limiter la liberté religieuse de nos enfants et imposer un contrôle idéologique sur eux à travers des discriminations illégales et irrespectueuses du principe de laïcité, de sa compréhension et de son application." C'est le même raisonnement que pour la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école. La liberté religieuse invoquée est celle des parents, non celle des enfants qui sont dans une période de construction individuelle. Ils ne sont pas encore citoyens mais des citoyens en devenir. Les parents de ces enfants, parfois fortement aidés par les actions "éducatives et culturelles" des islamistes, assurent un contrôle idéologique sur leurs progénitures. Ils refusent tout discours alternatif au leur. Leur désir est de totalement embrigader l'enfant, lui ôter tout esprit critique, pour que, une fois adulte, il lui soit impossible de penser autrement et de s'émanciper de l'assignation culturelle et religieuse.
Le SNU permet d'extraire ponctuellement ces jeunes de l'endoctrinement familial sur une période de quelques jours. Ceci afin justement de leur donner des outils intellectuels qui leur permettront de construire leur propre réflexion, leur citoyenneté, et arriver ainsi, non pas seulement à la simple liberté religieuse, mais à la liberté de conscience pleine et entière. C'est tout le principe de laïcité incarné par le SNU. Pour les islamistes, ceci est hors de question.
Mais la plateforme insiste dans sa rhétorique d'inversion : "Quel genre de citoyens espère-t-on former en leur apprenant, dès l’enfance, l’autocensure d’une part fondamentale d’eux-mêmes ?" Encore une fois, cette "part fondamentale" est celle que les parents et actions islamistes ont pris soin d'incruster dans le cerveau des enfants pour les empêcher d'accéder à la liberté de conscience. Le SNU est, pour eux, la menace que cette "part fondamentale" soit un jour critiquée par ces jeunes. De plus, les règles de vie en société imposent par définition un cadrage des libertés individuelles. C'est un des principes de base de la citoyenneté, rejetée par les intégristes qui considèrent que la liberté religieuse est supérieure à toute autre considération.

La plateforme évoque également "la radicalisation du principe de laïcité". Le terme "radicalisation", ou "terrorisme laïciste" et autre "fondamentalisme laïque" cités par d'autres islamistes, dont le CCIF, sont là pour associer à la laïcité ce qui est reproché aux islamistes djihadistes et politiques. Nous sommes toujours dans la rhétorique d'inversion.
Le communiqué termine en apothéose en accusant le gouvernement de "[participer] à la propagation d’une ambiance délétère qui menace l’équilibre posé par la loi de 1905". La plateforme accuse ainsi le gouvernement d'un danger porté en réalité par les islamistes dont cette plateforme fait partie.

A l'autre bout du spectre, aucun musulman progressiste n'a soutenu l'étude de l'ODL. L'islamologue Ghaleb Bencheikh est un musulman qui défend un islam éclairé,  nommé avec mépris par le CCIF "islam du réverbère". Il est un de ces "néo Harkis", qualifiés ainsi par Marwan Muhammad et nombre d'ultras identitaires "Arabes" et musulmans. Il a récemment été nommé Président de la Fondation de l'Islam de France. Par un tweet, il a pris ses distances avec l'Observatoire : "En tant que citoyen, je ne souhaite pas que l'on encourage le port de signes religieux au SNU pendant sa 1ère phase. Il vaudrait mieux que ce dernier soit totalement laïque. Au législateur de voir si la loi de 2004 sur l'école peut y être étendue". Il est bien loin des propos des islamistes.

Ces attaques anti laïques contre le SNU, et la complaisance de l'Observatoire de la laïcité, montrent que ce service national est un enjeu important pour la cohésion et le futur de notre société. Quand les islamistes soutiennent l'ODL, nous comprenons à quel point le futur service national est un enjeu fort pour eux, à quel point le SNU et ses objectifs sont plus que justifiés et nécessaires, à quel point l'ODL est plus complaisant avec l'intégrisme religieux que ferme sur le principe de laïcité.




(1) Asif Arif, Outils pour maîtriser la laïcité, préface de Jean-louis Bianco et Nicolas Cadène, La boite à pandore, octobre 2017.







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Service National Universel : un enjeu pour les islamistes, rassurés par la complaisance de l'Observatoire de la laïcité, choqués par le recadrage du Ministre de l'Éducation Nationale (1ère partie)


(Lien vers la 2ème partie en fin de celle-ci)

       Comme les intégristes chrétiens qui rêvent d'un monde entièrement évangélisé, les intégristes musulmans rêvent d'un monde entièrement islamisé. Ces derniers sont, à l'heure actuelle, les plus motivés, les plus virulents et les plus soutenus par des personnes qui ne sont pas leurs coreligionnaires (en l'occurrence au sein d'une partie de la gauche). Les islamistes politiques sont donc plus revendicatifs et plus dangereux que tous les autres intégrismes religieux réunis. Par leur obsession sexuelle et leur désir permanent de contrôler leur libido trop débordante, le bâchage des femmes est leur plus grande motivation. Une obsession telle que le voile est leur principale arme politique. Si les salafistes n'ont pas de stratégie particulière (et cachent donc rarement leurs réelles intentions), les Frères Musulmans ont une pensée politique structurée, menée par diverses associations et individus. Certains salafistes s'allient aux Frères dans cette démarche. La victimisation permanente, notamment à travers le faux concept de "islamophobie", et la rhétorique d'inversion en sont le cœur.
Cette rhétorique permet de s'accaparer tout ce qui nous fait sens : liberté, démocratie, laïcité, féminisme, "vivre ensemble", République, etc., pour le détourner et le retourner contre la République. Les islamistes deviennent ainsi les garants d'une laïcité "dévoyée" par les associations et militants laïques ; le sexisme du voile devient du féminisme ; le suprématisme islamiste, le communautarisme et les discriminations intracommunautaires sont renommés "vivre ensemble" ; l'endoctrinement des enfants et l'assignation identitaire "islamique" deviennent la "liberté religieuse", etc.

La moindre occasion est pour eux l'aubaine de faire avancer leur idéologie. Les périodes les plus marquantes sont 1989 et 2004 pour le voile à l'école. Ce n'est pas un hasard. Ils ont conscience que la société actuelle n'est pas prête à accepter leurs revendications. Ils comptent sur les citoyens de demain pour changer la donne. Pour cela, il faut les habituer au voile et à leurs corollaires sexiste et politique, banaliser les revendications religieuses qui doivent être supérieures aux principes républicains, évoluer de l'universalisme vers le communautarisme qui permettra à l'intégrisme musulman de s'épanouir sans entraves. Il faut que la visibilité et les revendications religieuses soient partout présentes. L'école laïque et républicaine est donc à la fois un obstacle et un terrain à conquérir. Le voile est leur clé d'entrée. L'enseignement est un enjeu fondamental dans la construction intellectuelle du futur citoyen, et donc du futur de notre société. En plus de leur obsession sexuelle maladive, cela explique leur infatigable croisade (si j'ose dire) contre la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école.

Le débat sur le service national universel (SNU) est le dernier épisode en date de la mobilisation islamiste. La dernière illustration aussi du soutien politique qui leur est apporté, ici par l'Observatoire de la laïcité (ODL). Le SNU est l'occasion de (re)découvrir certains acteurs islamistes de poids, leurs motivations et intérêts pour ce service national, et leur dangerosité pour la République. Un danger amplifié par le soutien plus ou moins direct de l'ODL à travers ses prises de positions sur la laïcité.

Le gouvernement travaille actuellement sur la mise en place du SNU. Ce service national se déroulera en 2 temps. La première phase, d'une durée d'un mois dont 15 jours en internat, sera obligatoire. Elle concernera tous les jeunes, filles et garçons, âgés de 15 à 18 ans, à l'issu de la classe de 3ème.  La deuxième sera un engagement volontaire d'une durée de 3 à 6 mois, à effectuer avant l'âge de 25 ans.

La première phase est considérée comme le "prolongement de l’obligation scolaire". Il "constituera l’aboutissement du parcours citoyen". Il sera aussi une "phase de cohésion", "d'apprendre à chaque jeune une façon neuve de vivre en commun" selon le gouvernement. Un des objectifs est l'émancipation individuelle de toute appartenance religieuse, communautaire et sociale afin de susciter la fibre citoyenne et républicaine, une cohésion nationale. Développer ce qui nous rassemble, notre destin commun, plutôt que cultiver ce qui nous sépare. Vivre ensemble plutôt que côte à côte voire même face à face.
Ces objectifs, et la première phase du SNU, sont un cauchemar pour les islamistes. Ils sont vent debout face à ce qu'ils considèrent être une énième atteinte à leur endoctrinement obscurantiste de la jeunesse. Tout ce qui pourrait susciter la liberté de conscience du futur citoyen, même temporaire, est vécu comme une menace. La République leur importe peu. Seul (leur interprétation de) l'islam est important à leurs yeux. Une nouvelle fois, ce ne sont pas les lobbies catholiques ou juifs qui se mobilisent pour imposer leur différence, mais les lobbyistes musulmans que sont les islamistes. Une nouvelle fois, les mouvements et militants laïques se dressent contre cette énième tentative qui ne manque pas, là encore, d'être récupérée par l'extrême droite traditionnelle. Une réaction qui permet à l'extrême droite musulmane de se victimiser à nouveau en déclarant que les musulmans sont encore visés. La stratégie est bien rodée.

Parmi les groupes de pression, il y a le site Islam&info. "Média musulman engagé. L'info par le Musulman, pour le Musulman", sa page Facebook est suivie par près de 490 000 personnes. Ce média a du poids. Mais il devrait en réalité s'appeler "islamisme info". Il est dans la droite ligne de la stratégie victimaire à outrance pour légitimer sa vision radicale, identitaire, totalitaire et raciste de la religion. Le "M" de "Musulman" est bien en majuscule. Cela démontre la volonté de transformer une adhésion à une idéologie religieuse en ethnie, le peuple Musulman. Cela permet de se distinguer du reste de la population en s'identifiant à la Oumma (communauté musulmane supranationale). Cela permet également de mieux se victimiser : en définissant le musulman comme membre d'un peuple, on le racialise, l'essentialise et on brandit la carte du racisme face à toute critique de l'islam et des dérives faites en son nom.
Logo du média en ligne Islam&info
Logo du média en ligne Islam&info
Elias d'Imzalène, de son vrai nom Eli Yess Zareli, est l'animateur et un des dirigeants de ce média. Fiché S, le domicile de ce prédicateur salafiste avait été perquisitionné en décembre 2015, suite aux attentats. Selon les services de renseignements, il est aussi une des raisons de la fermeture de la mosquée de Torcy (Seine-et-Marne) en avril 2017. Cette mosquée radicale visait particulièrement la jeunesse pour leur enseigner le "combat contre les mécréants", appréciait les djihadistes et sollicitait "l’aide d’Allah en leur faveur afin de détruire les ennemis de l’Islam, des ennemis de l’intérieur, ici en France et ailleurs". Elias d'Imzalène y était intervenu à deux reprises. Il "a fourni des éléments de langage comparant la situation existant en France à l’apartheid et demandant aux fidèles d’arrêter d’être Français légalistes, Français républicains et Français patriotes". Il est aussi indiqué que l’imam de cette mosquée, professeur de mathématique, "utilisait ses fonctions à des fins prosélytes en essayant d’entraîner les élèves dans des formes de radicalisme religieux". (1) Il fut suspendu de son poste par l'Éducation Nationale. L'éducation, toujours le nerf de la guerre…

En juin 2013, dans cette même mosquée, Elias d'Imzalène résuma la pensée et le projet islamiste sur l'enseignement :
Votre éducation est prioritaire. (…) Vos écoles, dans lesquelles vous envoyez vos enfants, dans lesquelles on m'a appris à mécroire, à détester [l'islam], à détester nos ancêtres, doivent être abandonnées et qu'on arrive à nos écoles. Comment on a le courage d'envoyer notre fils et notre fille à l'école avec tout ce qu'on est en train de leur apprendre (apprentissage de la théorie du genre, de la morale laïque, etc.) ? Il ne faudra pas être surpris si à 20 ans ils vous annoncent des nouvelles fracassantes. Au lieu de pleurer et de dire "s'il vous plaît, changez les programmes. S'il vous plaît acceptez ma fille avec le hijab" (…). Les écoles doivent devenir une priorité pour nous tous ! Aujourd'hui, nous devons nous dire "le projet d'école et le projet de mosquée, c'est deux choses qui vont ensemble". On ne peut pas se dire "je vais faire une mosquée, où mon fils passera le samedi et le dimanche dans le meilleur des cas, et délaisser une école qui par contre le gère quasiment cinq jours sur sept pendant la semaine"
(...) Il faut nous réapproprier aussi nos loisirs, pour nos enfants. Et là je pense à l'éducation. C'est à nous de faire nos colonies de vacances. C'est à nous de faire nos centres de loisirs. C'est à nous de prévoir des salles de sport pour nos femmes. Et plus aux autres qui mettent à chaque fois des conditions.
(...) Un jour il faudra penser local. Un jour il faudra penser communautaire. Un jour il faudra penser grand. Un jour il faudra penser même à avoir nos banques, notre monnaie locale."


Pour bien comprendre sa pensée et mesurer sa dangerosité, il est nécessaire de faire une rapide analyse de texte.
On m'a appris à mécroire, à détester [l'islam], à détester nos ancêtres : en l'écoutant,  on se demande quelle est cette école. Nous pourrions croire qu'elle avait programmé des cours sur l'athéisme et d'autres sur le rejet de l'islam. Il devait aussi y avoir des cours d'Histoire entièrement consacrés au dénigrement de ses "ancêtres" et à la glorification de la colonisation. Pas du tout. Le simple fait qu'il n'y ait pas de cours de religion façon prêche du vendredi, que l'école soit totalement laïque pour donner la possibilité à chacun de penser par soi-même, sont pour lui une forme d'agression. La mixité et le fait d'interdire les signes religieux pour notamment permettre à des fillettes de réaliser qu'elles ne sont pas des objets sexuels qui doivent être bâchés par un voile, est aussi pour lui une forme d'agression envers son sexisme et son patriarcat.
Les "nouvelles fracassantes" qui pourront surprendre les parents, quand leur enfant aura 20 ans, sont toujours les mêmes : l'homosexualité, un changement de religion ou, pire, l'athéisme. La liberté de conscience est une des plus grandes hantises des islamistes, sauf lorsqu'il s'agit de se convertir à l'islam(isme). Pour l'homosexualité, les intégristes de toutes les religions sont convaincus que l'apprentissage de l'égalité des sexes, qu'ils définissent faussement par "apprendre aux garçons à devenir des filles et aux filles des garçons", mène à cette "perversion".
Elias d'Imzalène appelle donc les parents à abandonner cette horrible école laïque au profit d'établissements islamistes dont mosquée et école fonctionneraient en symbiose pour une meilleure cohérence obscurantiste, anti laïque et anti républicaine. L'important est d'être musulman et de défendre sa "communauté", pas d'être citoyen et de défendre son pays. C'est pour cela qu'il "pense grand" en invitant les musulmans à islamiser tous les domaines de l'éducation, de leurs loisirs, à supprimer la mixité, et même à faire sécession avec la République par la création de banques communautaristes et une monnaie locale.

Il n'est donc pas étonnant que le site Islam&info soit particulièrement méfiant vis-à-vis du SNU, surtout de la partie internat, prolongement final de l'école sur l'apprentissage de la citoyenneté. Mais l'Observatoire de la laïcité est là pour le rassurer.

Dans le cadre de ses consultations pour construire ce SNU, le gouvernement fait appel à divers organismes chargés de faire des propositions pour sa mise en place. L'ODL a été sollicité pour apporter son expertise concernant  la laïcité et la gestion des pratiques religieuses. Le problème est que cet observatoire, renommé par des militants laïques "l'abattoir de la laïcité", se montre plus accommodant avec l'intégrisme musulman que ferme sur le principe de laïcité.
Son "étude à propos de l’application du principe de laïcité et de sa promotion dans le cadre du futur service national universel (SNU)" ne fait pas exception. L'Observatoire considère les jeunes comme des usagers, donc non soumis au principe de neutralité, telle une personne allant à la mairie pour aller chercher un document administratif ou un usager des transports en commun. Or, l'ODL inverse les rôles. Les jeunes effectueront un service national. Ce n'est pas la Nation qui leur rendra service mais eux qui rendront service à la Nation. Ils ne vont pas consommer un service mais se préparent à rendre service à leur pays en poursuivant la construction de leur citoyenneté. Ils doivent donc avoir le même statut qu'à l'école, comme spécifié par les intentions du gouvernement. Ils ne peuvent pas être considérés comme des usagers. Par ce fait, la loi de 2004 doit s'étendre (par décret ou autre) au SNU.

L'ODL aborde justement les signes religieux. Même si tous les signes sont cités, ce point concerne en réalité le port du voile, seul visibilité "religieuse" qui bénéficie de nombreux groupes de pression fanatiques et refuse encore de s'adapter s'il n'y a pas la contrainte d'une loi.
L'ODL commet la même erreur que nos dirigeants. Il considère le voile comme un "signe religieux", au même titre qu'une croix ou une kippa. Or, en dehors du temps de prière, le voile n'a rien de religieux. C'est un vêtement sexiste dont le but est de cacher la femme pour ne pas exciter les hommes. Sa prescription est le fait des islamistes (qui brandissent la menace des flammes de l'enfer), pas de l'islam. Cela explique pourquoi il est plus difficile de l'ôter qu'une simple croix.  Mais pour le coup, l'ODL ne fait que rappeler la position du législateur qui a commis l'erreur de prendre une position théologique en validant la prescription islamiste et rejetant ainsi les musulmans rationalistes. Le voile aurait dû être interdit en tant que signe discriminant en raison du sexe, peu importe qu'une religion, une culture ou des fanatiques le prescrivent. La laïcité ne devrait donc pas être concernée.
L'ODL commet une autre erreur, cette fois relevant uniquement de son fait. Il estime que les signes religieux peuvent être autorisés. Le sexisme n'ayant pas sa place au sein du SNU, les valeurs d'égalité (entre citoyens, entre femmes et hommes) faisant partie des objectifs, le voile doit être logiquement prohibé. Comme à l'école, la jeune fille religieusement embrigadée doit avoir la possibilité de vivre des moments de vie en collectivité sans un voile qui fait d'elle un objet honteux à cacher.

Mais Michel Blanquer, Ministre de l'Éducation Nationale, a sèchement recadré l'ODL : "C'est évidemment une recommandation que je ne suivrai pas. C'est toujours intéressant de voir ce qu'ils nous disent, mais en l'occurrence ils se trompent" (2).

Seulement l'ODL ne s'exprime pas uniquement sur les signes religieux mais aussi sur la pratique comme le jeûne. Là encore, il cite les trois monothéismes mais c'est bien du ramadan dont il est question. Preuve que ce sont bien une partie des musulmans qui peuvent poser un problème :
"Si, durant le séjour, il sera constaté à l’occasion d’une activité qu’un « appelé » n’est plus, quelle qu’en soit la raison (notamment à la suite d’un jeûne), en possession de ses capacités physiques, l’encadrant ne devra pas l’autoriser à poursuivre l’activité en question. L’« appelé » sera géré comme un jeune qui serait affaibli. L’encadrant, en relation avec le responsable des soins, jugera l’aptitude réelle du jeune et pourra éventuellement (ou pas) l’autoriser à reprendre les activités avec le reste du groupe."
(…)
Quant à la pratique du jeûne, elle peut, uniquement si cela ne cause aucune perturbation au fonctionnement de l’établissement d’accueil, conduire à certains aménagements individuels. Si cette pratique conduit par ailleurs à un affaiblissement de l’« appelé », ce dernier sera géré comme tout jeune malade ou affaibli" (3).
Nous sommes encore dans l'inversion des perceptions. La pratique du ramadan est un choix, pas une fatalité, à moins d'assigner chacun à sa religion supposée comme le rêvent les islamistes. L'"appelé" n'a pas à être "géré comme tout jeune malade ou affaibli" puisque… il n'est pas malade. La pratique du ramadan ne peut pas être comparée à une grippe. Une collectivité n'a pas à s'adapter selon les désirs religieux de chacun, au point de considérer "l'appelé" comme un malade s'il n'est pas en capacité d'assumer physiquement son choix de pratique religieuse. Dans son jusqu'au-boutisme de complaisance religieuse au détriment du principe de laïcité, l'ODL recommande clairement aux encadrants du SNU de tricher sur l'état de santé de "l'appelé" pour lui permettre de pratiquer son culte comme il l'entend. La participation à une activité ne doit pas dépendre de la pratique religieuse. Cette participation est supérieure à toute considération religieuse, non l'inverse. S'il n'est pas capable de suivre une activité en raison du ramadan, alors il doit cesser de jeûner, pas cesser l'activité. Nous touchons là un des cœurs de la philosophie du SNU que l'ODL piétine allègrement. Il ne va pas contre la loi. Il trouve le moyen de l'extrapoler pour rompre avec le principe de laïcité par une interprétation juridique complaisante envers les religions, en l'occurrence l'islam.

Ainsi et comme souvent, l'Observatoire n'a pas été salué par les associations laïques mais par les islamistes du CCIF.
Le CCIF salue le travail mené par l'Observatoire de la laïcité
Le CCIF apporte son soutien à l'Observatoire de la laïcité et use encore de la rhétorique d'inversion en évoquant le "vivre ensemble" et la "cohésion nationale".
La déclaration de Jean-Michel Blanquer, qui s'exprimait uniquement sur les signes religieux, les a refroidis voire excités.
Le site Islam&info, constatant que l'ODL a été désavoué, s'est fendu d'un communiqué cinglant qui appelle tous les parents à se mobiliser contre le SNU (4). Le titre montre la panique de la rédaction : "Le Service National Universel : Les enfants retirés aux parents pendant 15 jours avec interdiction de liberté religieuse !" On imagine alors le déchirement des pauvres enfants retirés de force à leurs parents pour les enfermer durant 15 jours avec une surveillance constante qui ôterait toute liberté religieuse.
La liberté, y compris religieuse, est soumise à des limites lorsque nous vivons dans une société démocratique et laïque. Pour les islamistes, la liberté religieuse doit être totale. Interdire toute forme de sexisme (voile, revendication de non mixité, etc.) et encadrer la pratique (prière et jeûne) seraient une "interdiction de liberté religieuse".

Pour Islam&info, la durée d'un mois, l'internat, la neutralité religieuse pour une vraie cohésion et un meilleur vivre ensemble, le caractère obligatoire de cette phase "sont plus que choquants". Comment l'État ose-t-il s'immiscer dans le projet communautariste et d'endoctrinement des islamistes ? Comme à leur habitude, ils inversent les rôles. Aussi choqués par la mixité de cet internat, ils accusent l'État de créer des… camps d'endoctrinement (apprendre à penser par soi-même et à vivre ensemble serait de l'endoctrinement). Toujours obsédés par leur sexualisation des corps des adolescentes, la rédaction est particulièrement choquée par l'interdiction du voile (qu'elle classe évidemment comme signe religieux).
Pour une victimisation pleine et entière, le site craint que les musulmans français subissent le même sort que les Ouighours en Chine. Il considère que cette obligation d'un mois, dont 15 jours en internat, est "digne des dictatures". Il oublie que la plupart des démocraties ont un service national (accorder quelques mois de sa vie pour son pays) et que le monde rêvé par les islamistes est une dictature religieuse.

Le communiqué se termine par la récupération d'un terme cher aux français, toujours pour susciter des ralliements par compassion : la "privation de liberté de conscience". Ces islamistes luttent de toutes leurs forces contre cette liberté, surtout celle de leurs enfants et de leurs coreligionnaires pas assez musulmans à leur goût. Leurs combats contre la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école et contre le SNU s'inscrivent dans cette lutte pour empêcher toute échappatoire à l'endoctrinement. S'affirmer défenseurs de la liberté de conscience permet d'inverser les rôles : l'État serait dictatorial, les islamistes seraient les victimes.

Le positionnement peu laïque de l'ODL représentait un apaisement pour les islamistes, rapidement évaporé par la fermeté laïque du Ministre de l'Éducation Nationale. Mais cette pression anti-laïque islamiste est multiple. Les Frères Musulmans sont aussi effondrés par la fermeté du Ministre face à l'avis de leurs alliés de l'ODL. Pour eux comme pour les salafistes, le corps des femmes et l'endoctrinement des enfants sont un enjeu fondamental. C'est ce que j'aborderai dans la deuxième et dernière partie de cet article.


Service National Universel : un enjeu pour les islamistes, rassurés par la complaisance de l'Observatoire de la laïcité, choqués par le recadrage du Ministre de l'Éducation Nationale (2ème partie)




(3) Étude à propos de l’application du principe de laïcité et de sa promotion dans le cadre du futur service national universel (SNU) suite à la saisine du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, 18 décembre 2018, p. 11.



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"Collabeur", "bougnoule", "arabe de service" : le racisme intracommunautaire décomplexé

Jamel Debbouze violemment insulté de "collabeur"

       "Collabeur", "bougnoule", "arabe de service" sont quelques exemples d'anathèmes racistes lancés contre des Français d'origine maghrébine (musulmans ou pas) par les ultras identitaires musulmans. Leur conception du monde, de la "race" et de la religion les positionne à l'extrême droite de l'échiquier politique. Ces insultes, contre ceux qu'ils perçoivent comme des traîtres, en sont une des formes d'expression.

Les discriminations et propos racistes intracommunautaires sont fréquents. Mais ils ne font l'objet d'aucune étude (à ma connaissance) ni d'aucun projet pour lutter contre ce fléau. Une forme de tabou s'est installée à mesure que la stratégie victimaire s'est développée. Une partie de la sociologie actuelle est trop occupée à détourner sa fonction scientifique pour militer en faveur de "l'intersectionnalité" et des "études décoloniales". Ouvrir un boulevard à l'intégrisme musulman et au racisme victimaire anti "blanc" semble être plus gratifiant que d'étudier les mécanismes du racisme intracommunautaire. Si ce racisme était étudié, donc mis en lumière, cela entacherait l'image orientaliste des éternelles victimes que seraient les "Arabes"/musulmans. Ces derniers subissent effectivement des discriminations en raison de leur religion et/ou de leurs origines ethniques. Mais depuis des années, cela est instrumentalisé par les islamistes et indigénistes. Ils surfent, en profitent pour dénoncer des situations imaginaires, amalgamer la critique d'une religion (et de ses dérives extrémistes) avec les attaques contre des individus. C'est le cœur de leur stratégie victimaire : culpabiliser la société, annihiler toute opposition pour mieux faire avancer leur idéologie totalitaire. Le terme "islamophobie" est leur arme rhétorique principale. C'est à cela que se consacre une partie de la sociologie actuelle. Non pour étudier la stratégie que je viens d'énoncer, mais au contraire pour la valider et la soutenir. En se penchant sur le racisme intracommunautaire, cette frange militante de la sociologie craint de freiner la lutte contre la "blanchité". Elle se conforme ainsi au principe de "l'intersectionnalité" : à l'intersection des discriminations, les victimes intracommunautaires (femmes, gays, apostats, etc.) doivent céder le passage à la lutte contre "l'islamophobie".

L'islamophobie est la peur, la crainte de l'islam. L'exprimer, critiquer, déclarer ne pas aimer cette religion, la caricaturer ou s'en moquer relève de la liberté d'expression, tout comme l'islamophilie. Cette liberté est aussi celle de blasphémer. De plus, le blasphème ne concerne que les croyants. Pour un athée, cela n'a aucun sens.

Or, pour une partie de la population, dont des musulmans, seule l'islamophilie aurait droit de cité. Créer des sites internet, des pages Facebook et des comptes Twitter à la gloire de l'islam, déclarer que c'est une religion de paix et d'amour, twitter toute la journée des versets du Coran, professer constamment les "bienfaits" du sexisme du voile pour amener au "libre choix", ne posent pas de problèmes aux commerçants religieux ni à leurs soutiens. En tant que démocrate et militant laïque, je n'y vois aucun problème non plus. Leur liberté d'expression est garantie par les lois républicaines.
En revanche, l'islamophobie est condamnée par ces mêmes commerçants et soutiens. Déclarer que l'islam est une religion de haine et belliciste, dénoncer les versets violents envers les femmes et les non musulmans, le sexisme du voile, se moquer de l'islam et caricaturer le Prophète devraient être un délit puni par la loi, selon eux. Ces personnes sont anti démocrates par définition.

Toute idéologie politique, philosophique, religieuse est soumise aux mêmes règles de critique que les autres. Les religions sont tout autant soumises à la critique et à la moquerie que le capitalisme, le communisme, un film, un roman, une chanson, une émission culinaire ou Picsou magazine. En démocratie laïque, Moïse, Jésus et Mohamed ne sont pas plus sacrés que Batman, Harry Potter, Jules César ou Napoléon. Mais pour les partisans du terme "islamophobie", l'islam devrait avoir un statut particulier, un privilège d'intouchabilité. Tout obstacle à l'expression de cette religion, même à ses dérives, serait un délit "d'islamophobie". Mais pour la délictualiser, il faut en détourner la définition pour en faire une forme de racisme. On transforme alors l'islam en race, génétiquement incluse en chaque musulman "de naissance". Le musulman, fidèle d'une religion censée être choisie, devient le Musulman, membre assigné à un peuple imaginaire.
Ainsi, toute critique ou moquerie du dogme est déclarée être une attaque contre les croyants. De plus, les intégristes musulmans seraient des musulmans lambda. Toute critique de l'islamisme devient alors une attaque contre l'ensemble des musulmans, donc de "l'islamophobie", donc du racisme... même si ces critiques et moqueries émanent d'autres musulmans. Lutter contre le sexisme du voile n'est pas une attaque contre les femmes voilées et encore moins contre l'ensemble des musulmans. Sinon, cela ferait des musulmans rationalistes, qui luttent contre l'islamisme, des délinquants "islamophobes". Dans les pays musulmans, le terme "islamophobie" n'est pas utilisé. On use d'expressions équivalentes : "atteinte à la religion", "blasphème" voire "apostasie" (rejeter l'extrémisme serait, pour certains, rejeter l'islam tout court).
Ce dévoiement du terme "islamophobie" est le fait des islamistes. Le CCIF, idéologiquement la branche juridique des Frères Musulmans en France, tente depuis des années de faire croire que c'est un délit, quitte à contredire le code pénal. Ce faux racisme en cache un vrai, pratiqué en "interne".

Les commerçants identitaires que sont les islamistes et "décoloniaux" usent des mêmes codes et mécanismes intellectuels que l'extrême droite traditionnelle. Ils font de leurs origines et leur islamité l'alpha et l'oméga de leur identité. Ils ramènent toujours les individus à leurs origines ethniques et à une islamité censée être innée et incrustée dans les gènes. La critique de l'islam(isme) par un musulman, et pire encore l'apostasie, sont ainsi perçues comme des attitudes contre nature qui se paieront un jour ou l'autre par un châtiment divin (ce qui ne veut rien dire pour un apostat). A court terme, ces récalcitrants doivent s'attendre à subir des tentatives de culpabilisation pour être remis sur le "droit chemin", des insultes, des intimidations et des menaces. Voilà la définition islamiste de "la liberté de croire et de ne pas croire, de changer de religion ou de ne pas en avoir". La laïcité est un outil de promotion de leur islamité, pas un principe qui permet réellement d'accéder à la liberté de conscience. Une liberté rejetée par ces identitaires, sauf lorsqu'il s'agit de conversions à l'islam(isme).

Le dévoiement du terme "islamophobie" par les islamistes, et validé par une partie des intellectuels, cache ainsi une islamophobie bien réelle de la part de ces mêmes islamistes. Toute critique de leur radicalité par d'autres musulmans, toute approche rationaliste et progressiste de l'islam, sont violemment combattues par les intégristes et leurs soutiens identitaires "Arabes" (ces derniers sont moins accro à la religion mais tout autant obsédés par l'aspect identitaire de l'islam). Cette peur et ce rejet d'un islam éclairé est la définition exacte de l'islamophobie. Cela pourrait rester au niveau du débat d'idée. Chaque interprétation de l'islam pourrait répondre à une autre par des arguments théologiques, linguistiques, etc. Mais, par définition, les islamistes ne sont pas très branchés "débats d'idées". Ils basculent donc facilement de l'islamophobie vers les actes et propos anti musulmans contre ceux qui ne leur conviennent pas.
Les obsédés de l'assignation identitaire font des musulmans un groupe monolithique. Ils insultent, voire menacent, toute personne qui tenterait de s'émanciper de sa communauté religieuse et/ou ethnique, voire seulement se montrerait trop critique envers sa "communauté". Tous les français d'origine maghrébine concernés sont traités de la même manière. Qu'ils soient apostats ou pas, ils sont victimes des mêmes propos racistes justifiés par la religion de "paix, d'amour et de tolérance". Voilà comment salir l'islam en prétendant le défendre. Sous le couvert hallucinant d'antiracisme, car exprimé par des éternelles "victimes", ce racisme décomplexé est en constante augmentation. Un racisme aidé par des non musulmans, toujours en quête condescendante d'opprimés à défendre, quitte à défendre les pires idéologies. Ces non musulmans rejettent l'affirmation identitaire et religieuse "judéo-chrétienne" mais glorifient celle qui sent bon l'exotisme. C'est le cas de journalistes comme Edwy Plenel, de sociologues comme Vincent Geisser ou de féministes comme Christine Delphy. Grâce à ces soutiens de poids qui légitiment cet ultra identitarisme, dont le racisme est une conséquence, tout français musulman/d'origine maghrébine est susceptible d'en être victime. Celles et ceux médiatiquement exposés par leurs activités politiques, journalistiques ou artistiques sont les plus touchés.
Le comédien et humoriste Malik Bentalha victime du racisme intracommunautaire
Le comédien et humoriste Malik Bentalha n'est pas épargné par le racisme intracommunautaire
Pour mesurer le degré de racisme de ces insultes, il est nécessaire d'en connaître les définitions et la motivation de ceux qui les expriment.

Le plus connu est "bougnoule" : "terme injurieux et raciste pour désigner un Arabe" (Larousse). Son origine est incertaine. Plusieurs théories se côtoient. Mais nous savons qu'il est né lors de la période coloniale et pouvait autant désigner un noir qu'un Maghrébin. Cela évolua pour ne plus désigner de façon injurieuse que les Maghrébins, identifiés par leur apparence physique, leur faible maitrîse du français et leur fort accent.
Nostalgique de la période coloniale et du sentiment de supériorité civilisationnelle apporté par l'Empire français, l'extrême droite perpétua l'usage de ce terme raciste pour désigner l'immigré d'Afrique du nord et sa descendance. L'extrême droite musulmane entra dans la danse en se l'appropriant à son tour.
Pour les ultras identitaires musulmans, on est "arabe"/musulman avant d'être français. Tout individu de cette "communauté" qui afficherait une forme d'émancipation de son groupe sera considéré comme un traître. Sa trahison serait motivée par le désir de ressembler aux "blancs"/Français car il aurait honte de ses origines. Il renierait ce qu'il est censé être : un "Arabe" avec tout le package identitaire qui doit être affiché.
Pour les deux extrêmes droites, la période coloniale est toujours vivante. Ils baignent dans une forme de nostalgie. Les premiers rêvent de revivre cette époque "bénie" de domination et voient dans les français d'origine maghrébine uniquement des citoyens de papier, de seconde zone, des Maghrébins. Aujourd'hui, par la fausse racialisation de l'islam créée par les islamistes, un glissement sémantique s'est opéré des Maghrébins vers les "musulmans".
Les seconds veulent éternellement rejouer les luttes anticoloniales. Leur racisme n'est pas basé sur la supériorité de leur ethnie (l'islam, racialisé, ferait partie de cette ethnie) mais sur la victimisation de celle-ci dont les oppresseurs seraient les "blancs", les Juifs, les "occidentaux". Le Maghreb est pourtant géographiquement en Occident. Les Maghrébins sont des occidentaux. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles ces ultras identitaires se définissent comme "Arabe" plutôt que comme Maghrébin. Se rapprocher de l'Orient par la négation de leurs origines permet de s'éloigner des "blancs" et de se rapprocher du berceau de l'islam. La religion vient s'y ajouter pour faire le lien entre la victimisation (aidée par le détournement du terme "islamophobie") et le suprématisme. En effet, les musulmans seraient d'éternelles victimes persécutées. Mais ils le seraient car, l'islam étant supérieur à tout, les musulmans auraient été désignés par Dieu pour diriger le monde. Cela ferait peur aux méchants "blancs"/Français. C'est l'idée développée notamment par l'ex directeur du CCIF, Marwan Muhammad. Cet affrontement raciste entre les deux extrêmes droites nourrit les motivations de l'une et de l'autre. Alors quand un Français d'origine maghrébine (forcément musulman aux yeux des extrêmes) s'émancipe de sa "communauté", préfère s'affirmer en tant que citoyen et ne pas faire commerce de son "arabité" ni de son islamité, il est perçu comme un traître. Quand il lutte contre l'islamisme (le sexisme du voile, l'utilisation de l'islam à des fins politiques), il est aussi perçu comme un traître. Les ultras identitaires musulmans les voient comme les larbins stupides imaginés par le racisme colonial d'antan.
Pour les deux extrêmes droites, la citoyenneté des français d'origine maghrébine n'est qu'administrative. Les deux les voient uniquement à travers leur "arabité" et leur islamité. Les uns les perçoivent en tant qu'envahisseurs, les autres en tant qu'éternelles victimes dont la citoyenneté "de papier" n'est qu'un moyen pour affirmer leur islamité. Comme l'avait écrit Marwan Muhammad, la carte d'identité ne serait qu'une "carte orange, qui facilite mon passage aux frontières et réduit les délais d’attente à l’aéroport. Ni plus, ni moins" (1). La démarche de ces extrêmes droites est la même. Seul l'angle est différent. Nombre d'entre eux nomment donc les traîtres de la même manière : "bougnoules".

Mohamed Sifaoui est régulièrement menacé et insulté en raison de sa lutte contre l'islamisme
Zineb El Rhazoui a reçu toutes les insultes racistes intracommunautaires imaginables

Cette traîtrise supposée rend fertile leur vocabulaire raciste. Divers termes se côtoient pour désigner le même type de personnes. "Bougnoule" est le moins créatif mais est celui qui fait la jonction entre les deux extrêmes.

"Arabe de service" est issu du racisme intracommunautaire noir ("noir de service", "nègre de maison"). Cette expression définit un "Arabe" qui serait au service de ses "maîtres", les "blancs"/Français. Ils se serviraient d'un "Arabe" comme alibi, une caution politique antiraciste. Il ou elle serait un pantin naïf. Concrètement, cela cible les Français(e)s d'origine maghrébine qui intègrent ou soutiennent les divers partis politiques traditionnels et deviennent visibles dans les médias. Certains concernés usent eux-mêmes de ce terme après avoir eu la sensation d'être utilisé comme alibi de la diversité. Ils tombent dans l'expression raciste pour exprimer l'injustice ressentie.
Mais cette étiquette est surtout posée par l'extrême droite musulmane. Malek Boutih, Fadela Amara, Lydia Guirous, Azouz Begag ou Rachida Dati sont parmi les plus connus de ces porteurs d'étiquette.
Des Dômes et Des Minarets et un de ces sites islamistes qui usent de propos racistes comme "arabe de service" pour cibler les "traîtres".
Des Dômes et Des Minarets et un de ces sites islamistes qui usent de propos racistes comme "arabe de service" pour cibler les "traîtres".
Cela concerne aussi les journalistes, comme Sonia Mabrouk par exemple, qui critiquent l'islamisme, le communautarisme religieux et ethnique.

Sonia Mabrouk victime de propos racistes intracommunautaires pour ses critiques envers le communautarisme et l'islamisme

Cela concerne également des religieux musulmans qui seraient "trop ouverts". L'imam Chalghoumi est l'exemple le plus emblématique. Par ses prises de position clairement anti islamistes et de rapprochement avec les juifs et Israël, il dénote. Il est violemment attaqué par les ultras identitaires musulmans. Ils ne vont pas sur le terrain des arguments pour le critiquer sur le fond, sur sa vision de l'islam. N'oublions pas que nous parlons de l'extrême droite musulmane. Ils ne l'attaquent pas sur ce qu'il dit mais sur la façon dont il le dit et sur ce qu'il est. Ils se moquent de son accent et de son manque de maîtrise de la langue française. L'intérêt est de le rabaisser, le dénigrer. Ils le traitent alors de "bougnoule", motivés par les mêmes raisons de raillerie que des Français envers leurs parents ou grands-parents maghrébins il y a quelques décennies (l'accent et le manque de maîtrise de la langue). Certains le comparent à Tariq Ramadan pour mettre en valeur le contraste entre la crédibilité de l'un et le ridicule de l'autre. Il serait plus valorisant d'exprimer ses idées homophobes dans un français impeccable que d'exprimer la tolérance et l'ouverture dans un français approximatif.
Par son accueil dans les médias et par quelques politiques, le "bougnoule" Chalghoumi est considéré comme "l'arabe de service" par excellence. J'ai rarement constaté autant d'attaques racistes envers un Être humain. Des attaques qui ne sont pas commises par des "fachos blancs" mais par des personnes qui se définissent comme "Arabes" et musulmanes, dont certains se qualifient de… militants antiracistes. Et ce n'est pas le CCIF qui les attaquera en justice pour "islamophobie"…

Hassen Chalghoumi est une cible privilégié du racisme intracommunautaire

Cette étiquette de "Arabe de service" concerne enfin tout républicain d'origine maghrébine, militant laïque, antiraciste, féministe universaliste, qui dénonce l'intégrisme musulman et ses conséquences sur les femmes et la démocratie.

"Collabeur" est l'un des deux termes racistes les plus créatifs créé par les ultras identitaires musulmans. Il est la contraction de deux mots : "collaborateur" et "beur". Le premier est plus communément exprimé par "collabo". Il désigne les français qui avaient collaboré avec l'occupant nazi durant la Seconde Guerre Mondiale. Le second est un néologisme issu du verlan, créé au début des années 1980 : arabe=bera=beur. Il désigne familièrement les français dont les parents furent des immigrés maghrébins. En contractant ces deux mots, les ultra identitaires désignent un "Arabe" (forcément musulman) qui trahit son "peuple" en collaborant avec les "Français" par son émancipation de la "communauté" ou sa critique de l'islam(isme).
Les "collabeurs" sont donc différents des "Arabes de services". Ils ne sont pas naïfs. On ne les instrumentalise pas malgré eux. Ils sont conscients de leur collaboration avec l'ennemi, les "blancs"/Français, comme le furent les collabos avec les nazis.

Le Muslim Post est un média d'information en ligne issu des Frères Musulmans. Comme les autres sites islamistes, ils ciblent les Français d'origine maghrébine qui luttent contre les intégristes. Ils perçoivent ces Français comme des "collabos", avec souvent une dose d'antisémitisme.
Le Muslim Post est un média d'information en ligne issu qui s'inscrit dans le courant des Frères Musulmans. Comme les autres sites islamistes, ils ciblent les Français d'origine maghrébine qui luttent contre les intégristes. Ils perçoivent ces Français comme des "collabos".
Jamel Debbouze violemment insulté de "collabeur"
"Collabeur" est une des insultes racistes intracommunautaires les plus courantes
Taha Bouhafs est un ultra identitaire à l'insulte raciste facile. Membre actif de la France Insoumise, il est une des figures qui font la jonction entre les islamistes, les ultras identitaires "Arabes" (dont il fait parti), les "décoloniaux" et une partie de l'extrême gauche.
Taha Bouhafs se présente comme "militant des quartiers populaires". Il est surtout un ultra identitaire à l'insulte raciste facile. Il voit dans l'intégrisme musulman et les Indigènes de la République des partenaires de lutte. Membre actif de la France Insoumise, il en fut le candidat pour la 2ème circonscription de l'Isère lors des législatives de 2017. Il est une des figures qui font la jonction entre les islamistes, les ultras identitaires "Arabes" (dont il fait partie), les "décoloniaux" et une partie de l'extrême gauche.
Cela va encore plus loin lorsque des femmes sont concernées. "Arabe" est de genre neutre : un ou une Arabe. "Arabette" n'existe pas. Donc "beur" est aussi censé être de genre neutre : un ou une Beur. Mais c'est sans compter le sexisme. Aux yeux des ultras identitaires "Arabes" (ils se définissent ainsi), qu'ils soient islamistes ou pas, les femmes d'origine maghrébine sont la propriété de la communauté. Le machisme fait partie de la panoplie. Si les hommes sont assignés à leurs origines, les femmes le sont encore plus du fait de leur vagin. Pour désigner celles qui ne se conforment pas totalement aux codes de cette communauté, les identitaires usent d'un terme encore plus péjoratif que "beur" : "beurette". Comme le terme "beur", il définit les filles d'immigrés d'Afrique du nord. Elles sont assignées à la culture de leurs parents. Avec le temps et l'influence orientaliste, le sens évolua vers l'érotisme. Bridées par le patriarcat de leur communauté, les "beurettes" seraient plus sensuelles, plus érotiques, et aimeraient plus le sexe que les autres femmes dès qu'elles ont la possibilité de se lâcher. "Beurette" est devenue une catégorie pornographique à part entière.
Pour la recherche du mot "beurette", les premières pages de résultats proposés par Google sont des sites pornographiques.
Pour la recherche du mot "beurette", les premières pages de résultats proposés par Google sont des sites pornographiques.
Comme pour "bougnoule", les ultras identitaires musulmans ont adopté ce terme péjoratif pour désigner les françaises d'origine maghrébine qui désirent s'émanciper des règles tacites de la communauté. Ils ont une telle facilité à intégrer le vocabulaire issu du racisme colonial qu'ils perpétuent ce qu'ils prétendent combattre.
Quand il s'agit de sexisme, leur imagination est particulièrement fertile. "Beurette" connaît ainsi des déclinaisons. Il y a la "beurette à chicha" : jeune femme d'origine maghrébine qui, au lieu d'être à la maison pour remplir les tâches qui lui sont dévolues, sort et traîne dans les bars à chicha, lieux tacitement réservés aux hommes. Elle est très maquillée, habillée de façon sexy et fréquente des garçons dans un jeu de séduction. Elle n'a aucun problème à monter dans la voiture ou l'appartement d'un homme pour le satisfaire sexuellement. Ce stéréotype sexiste est l'angoisse de nombreuses femmes qui craignent que cette réputation leur tombe dessus. C'est aussi la hantise de nombreux frères qui surveillent leurs sœurs. La réputation familiale est portée par les filles. Il suffit qu'une jeune femme soit maquillée, porte un pull un peu trop près du corps, les cheveux au vent et marche dans la rue à une heure où elle est censée être à la maison, et sa réputation sera faite. Sans même être entrée dans un bar à chicha…

Il y a aussi les "beurettes à khel". Elles sont celles qui auraient des relations amicales ou amoureuses avec des hommes noirs (khel, en langue arabe). Le racisme et l'ultra identitarisme étant bien ancrés chez certains, il est très mal vu qu'une "Arabe" ait une relation avec un homme qui ne soit pas de sa "communauté". Comme il n'y a quasiment plus de juifs dans les quartiers, les pires à leurs yeux sont les noirs. Une "beurette à khel" est perçue comme une traîtresse qui se serait salie.

En constatant le niveau sexiste et insultant du terme "beurette", imaginez le niveau de "collabeurette"…

"Collabeurette" : une insulte raciste et sexiste

Si un "collabeur" ou une "collabeurette" est mis en avant par un parti politique ou même un article de presse, il ou elle cumulera l'étiquette de "Arabe de service". Les variantes peuvent être multiples : "bougnoule de service", "arabe au service du sionisme", "collabeurette au service de ses maîtres", etc. Le dernier exemple en date est celui de Zineb El Rhazoui. Apostat d'origine marocaine, ex journaliste de Charlie Hebdo qui a échappé au massacre de la rédaction, elle n'a de cesse de critiquer l'islam et de lutter contre l'islamisme. On peut ne pas être d'accord avec elle sur certains propos. Mais rien ne justifie les insultes et les menaces de mort. Ces dernières semaines, elle concentre à elle seule toute la haine des ultras identitaires musulmans. Elle a eu droit à tous les synonymes et toutes les déclinaisons de la traîtresse maghrébine. Son courage force l'admiration. Par les violences verbales exprimées, qui viennent combler leur manque d'arguments intellectuels, ses détracteurs racistes ne réalisent pas qu'ils illustrent par l'exemple ce que Zineb dénonce. Ils ont ainsi renforcé son aura médiatique. Ce qui les a confortés dans leur délire : ce serait la preuve qu'elle serait une "Arabe au service du sionisme (les j… sionistes tiendraient les médias) pour cracher sur les musulmans afin de faire plaisir à ses maîtres".

"Khobzistes" est l'autre terme créatif. Il est le moins connu, mais il a ma "préférence" pour son inventivité. C'est un terme assez ancien né en Algérie. Il est tiré du mot arabe "khobz" qui veut dire "pain". A l'origine, les "khobzistes" sont des profiteurs du système économique et social algérien, prêts à user de toutes les astuces pour grappiller quelques miches de pain sans avoir besoin de travailler ou de s'investir. Son sens a évolué en France. Les islamistes se le sont appropriés pour désigner les "Arabes"/musulmans qui auraient trahi leur "communauté" en adoptant les valeurs républicaines pour une miche de pain : un poste de député, secrétariat d'État ou ministère. Il désigne aussi tout travailleur social, tout militant, qui lutte pour la laïcité et contre l'islamisme. Il désigne également tout imam, islamologue et théologien progressiste. Bref, tout "Arabe" qui ne joue pas à la "pleureuse" victimaire communautariste, affirme sa citoyenneté et son attachement à la République. D'après l'extrême droite musulmane, sa seule motivation serait la fameuse miche de pain : l'appât du gain, l'espoir de décrocher un emploi ou une reconnaissance officielle.

Jamel Debbouze insulté de "khobziste"
Sonia Mabrouk insultée de "khobziste"
Jimmy Parat est de ces intégristes qui aiment proférer des termes racistes contre des musulmans (pour lui, toute personne d'origine maghrébine est forcément musulmane). Ancien élu municipal à Bagnolet, il est secrétaire général du parti politique islamiste "Français ET Musulmans" dont il fut le candidat aux législatives de 2017 en Seine-Saint-Denis.
Capture d'écran d'un commentaire de Jimmy Parat sur sa page Facebook.
Il est de ces intégristes qui aiment proférer ces termes racistes contre des musulmans (pour lui, toute personne d'origine maghrébine est forcément musulmane). Ancien élu municipal à Bagnolet, il est secrétaire général du parti politique islamiste "Français ET Musulmans" dont il fut le candidat aux législatives de 2017 en Seine-Saint-Denis (0,97% des voix au 1er tour).
Le terme "harki" ou "néo harki" est, selon moi, le plus violent.
Les musulmans rationalistes sont une cible pour l'extrême droite musulmane. Les islamistes les considèrent au mieux comme des mauvais musulmans, sinon comme des traîtres ou des vendus. Marwan Muhammad est l'un de ces islamistes. En avril 2011, le CCIF organisa une conférence sur son thème victimaire habituel : "islamophobie, notre responsabilité face à l’injustice". A l'époque porte-parole de cette association d'extrême droite, Marwan Muhammad n’eut pas de mots assez durs pour discriminer et disqualifier les musulmans trop ouvert à ses yeux : J’en ai marre de voir des néo-Harkis me représenter à la télévision ! Que veut-il dire par là ? Les Harkis étaient des algériens ayant combattu aux côtés de la France pour maintenir l’Algérie française. Suite à l’indépendance, ils ont fui l’Algérie ou ont été massacrés sur place par les Algériens indépendantistes car considérés comme des traîtres. Dans le langage islamiste, nommer quelqu’un de "néo-Harki" est une accusation de supposée traîtrise à sa supposée communauté. Autrement dit, les musulmans rationalistes sont les traîtres de la communauté musulmane, comme les Harkis ont été les traîtres de l’Algérie. Quand on connaît le sort qu’ont connu les Harkis, cette déclaration n’est pas très rassurante… Cette dénomination se veut d’une forte portée, pour faire comprendre que le degré de trahison est si élevé qu’ils sont considérés comme les pires des traîtres.


Tous ces musulmans et apostats sont les principales victimes : victimes de discrimination de la part des intégristes, victimes de discrimination de la part d'une partie de la société à cause de la mauvaise image de l'islam renvoyée par ces mêmes intégristes, et victimes de l'indifférence d'une partie de la gauche qui a préféré les abandonner au profit des intégristes.

Si je reprenais la logorrhée des ultras identitaires musulmans, nous sommes tous au service de quelque chose. Mes origines ne sont pas arabes mais maghrébines. Les Arabes sont de la Péninsule Arabique et ont colonisé le Maghreb, ce qui est différent. Je ne "collabore" pas avec les Français. Je suis Français !  Un Français au service de mon pays auquel je dois tant et dont je sers la République du mieux que je peux. Mes "miches de pain" sont chaque recul des racistes victimaires que sont les islamistes et les "décoloniaux", chacune des avancées féministes face au voile et au sexisme religieux.


Les identitaires, tels Taha Bouhafs, sont aussi des "collabeurs". Ils collaborent avec l'extrême droite musulmane pour être leur clé d'entrée. Ils créent le lien et les convergences qui permettent de rendre acceptables l'islamisme politique et le racisme victimaire aux yeux d'une partie de la gauche comme la France Insoumise ou le NPA. Ces militants ultras identitaires "Arabes" (ils nient leurs origines maghrébines et berbères) offrent une visibilité non négligeable aux islamistes en participant à leur stratégie. Ils sont bien des "Arabes de service", au service de l'intégrisme musulman.

Ce racisme est le corollaire de la montée du communautarisme dont les islamistes sont les charpentiers. Des militants, idéologues ou associations d'extrême droite comme le CCIF poussent à la partition du pays en tentant à la moindre occasion de différencier les français selon leur religion et/ou leur couleur de peau, et de les dresser les uns contre les autres. Tout est fait pour que l'islam soit l'identité première des concernés.
La lutte contre ces commerçants identitaires (islamistes, "décoloniaux"), leur communautarisme et leur racisme, doit être une priorité absolue. Sinon, la rupture avec une partie de la population, dont l'islam sert de paravent, sera consommée à moyen terme. Les "bougnoules", "collabeurs" et autres "Arabes de service" ne sont pas seulement des cibles. Ils sont aussi, malgré eux, les signaux d'alarme d'une catastrophe annoncée.


(1) Marwan Muhammad, Foul Express, Editions Sentinelles, 2014, p. 123.

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