Le CCIF a une nouvelle directrice

Le CCIF a une nouvelle directrice, Lila Charef

       Depuis 30 ans, les Frères Musulmans ont bien compris qu'il n'y a rien de mieux pour faire de l'antiféminisme que de mettre des femmes en avant, qu'il n'y a rien de mieux pour faire avancer l'islamisme politique que de rendre ses militantes visibles. Le voile est un cheval de Troie, une des armes les plus efficaces trouvées par les islamistes pour tenter d'imposer peu à peu leurs codes et leur vision du monde à l'ensemble de la société. L'UOIF, par exemple, avait créé pour cela la "Ligue Française de la Femme Musulmane". Tout ceci dans une appellation qui a vocation à lutter contre le féminisme : le "féminisme islamique" ou "féminisme musulman". Plus récemment, Lallab en est l'exemple le plus flagrant.
Le CCIF souhaite s'inscrire dans cette lignée avec la nomination de sa nouvelle directrice exécutive, Lila Charef. Une jeune femme dynamique et voilée, militante islamiste de toujours. Elle prend ainsi la tête d'un collectif d'extrême droite (1) qui a vocation à lutter contre "le mode de vie tel qu'il est pratiqué ici" comme le dit le CCIF, c’est-à-dire la trop grande nudité des femmes à ses yeux (2). Le voile étant le bon vêtement pour les musulmanes, d'après lui, pour avoir de la vertu et se distinguer des femmes françaises.

Lila Charef semble donc être un bon choix. Elle donnera l'image d'une musulmane voilée qui dirige une structure, preuve que le voile ne serait pas sexiste. C'est tout l'art des Frères Musulmans : mettre en avant une émancipation limitée sur le plan professionnel (car tous les emplois ne sont pas compatibles avec le voile), pour mieux cacher le sexisme dangereux sur le plan du corps, des rapports entre femmes et hommes, et de la vision du rôle de la femme. En voici un exemple par une déclaration du CCIF : "c’est la maman qui fait fonctionner la famille. Nous (les hommes) hamdoullah on travaille dur, on parle à table. Mais c’est elle qui fait fonctionner la famille. Et nous quand on est abimé, quand la journée de travail nous a épuisés (…) il y a un repas chaud sur la table. (…) C’est elle qui, quand tout le monde est fatigué, se lève le week-end pour préparer le petit-déjeuner et laver les enfants, et préparer… faire tout ça. C’est la maman qui fait ça." (3)

Cette habile stratégie d'avoir choisi une femme voilée pour être à la tête du CCIF est en même temps une erreur (voile dont j'avais démontré la dangerosité pour les femmes (4) (5)). Car à présent, le symbole de l'idéologie totalitaire des Frères Musulmans, le symbole de l'antiféminisme, du sexisme absolu et du rejet du "mode de vie tel qu'il est pratiqué ici", sera affiché à chaque apparition sur la tête de sa directrice : le hijab. On ne manquera pas de le lui rappeler.

(1) Le CCIF, fleuron de la nouvelle extrême droite française (2ème partie)

(2) La nudité pour un yaourt ou le voile pour la "pudeur" : la femme selon le CCIF

(3) Ibid

(4) Youssef Al-Qaradhawi, le voile et les femmes : un théologien "modéré" ?

(5) Le sacrifice d'une finale pour des cheveux : l'intransigeance "religieuse" plutôt que le compromis républicain


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