Le voile, un "marqueur de féminité" comme la mini-jupe et les talons aiguilles ?


       Rokhaya Diallo se définit comme féministe tout en s'affirmant, par ses prises de position, comme partisane du sexisme. Elle fait partie de ce que certains appellent l'islamogauchisme. Pour ma part, je préfère le terme d'islamistogauchisme car sa complaisance est moins envers l'islam qu'envers sa dérive islamiste.
Elle l'a une nouvelle fois démontré dans un entretien vidéo (1) où elle répond à un passage de mon article ("Blanchité", "racisé", "racisme d'Etat" : ces concepts qui légitiment le néoracisme) publié dans le Figaro Vox (2). A mon affirmation sur le racisme et le sexisme du voile, elle apporte la réponse habituelle des féministes relativistes promouvant le sexisme : Je ne vois pas en quoi le fait de marquer la féminité par un voile c'est plus sexiste que de le marquer par des talons aiguilles ou par une mini-jupe. (…) Il n'y a pas de raisons d'isoler le voile du reste des attributs qu'on associe à la féminité.

Seules les féministes telles que Rokhaya Diallo font du voile un marqueur de féminité. Celles qui le portent n'avancent pas cet argument mais celui de la religion. Les intégristes qui le prescrivent avancent celui de la "pudeur" et du refus de s'habiller comme les "Occidentales". Quant aux féministes universalistes et aux musulmanes qui refusent de se voiler, elles l'associent à un système d'oppression dont le religieux sert de prétexte.

Cette comparaison voile/mini-jupe n'est pas sortie de son esprit. Elle relève d'un argumentaire construit par les islamistes. Le but est à la fois de faire du voile un vêtement comme un autre, tout en instillant l'idée de la "pudeur" de l'un face à "l'impudeur" de l'autre : "si une femme peut se dénuder, pourquoi ne pourrait-elle pas se couvrir ?" Cette stratégie de banalisation a été assimilée par les pro-islamistes, dont nous avons ici un exemple, qui participent ainsi au projet politique des intégristes dont le voile sert de cheval de Troie.

La mini-jupe et les talons aiguilles sont portés par féminité. Une femme peut porter des talons aiguilles pour sortir entre amis, porter des baskets le lendemain et être pieds nus la semaine suivante sur la plage. Elle peut également porter une mini-jupe un jour et un pantalon plus pratique pour telle activité le lendemain ou pour se protéger du froid l'hiver. Elle peut porter l'un ou l'autre simplement par l'envie du moment. Une autre femme peut ne pas mettre de mini-jupes parce qu'elle ne serait pas à l'aise ou parce que ce n'est pas son style, et ne jamais porter de talons aiguilles pour les mêmes raisons.

En faisant du voile leur équivalent, une femme voilée pourrait porter son hijab ou son niqab le lundi, sortir tête nue le mardi s'il y a canicule, mettre un hijab transparent un autre jour par féminité ou tout simplement ne pas le porter tel jour par manque d'envie. Nous savons que non. Le voile ne doit rien laisser transparaître et doit se porter tout le temps, quelles que soient la météo, la période de l'année ou les circonstances. Tout du moins quand la femme voilée "risque" de croiser un homme… Le voile n'a pas été créé pour marquer la féminité. Il a été créé pour la dissimuler. Mini-jupes et talons aiguilles sont portés par des femmes de toutes cultures et toutes religions. Le voile "islamique" n'est porté que par les intégristes musulmanes. Il ne viendrait à l'idée d'aucune autre femme de porter le hijab ou le niqab par "féminité".
Le voile est un marqueur textile raciste créé pour stigmatiser la moitié de l'Humanité, les femmes, et installer un apartheid sexuel. Il matérialise la soumission à une idéologie patriarcale qui rejette l'autonomie du corps féminin. Ce corps est considéré comme un objet sexuel, impur, devant être contrôlé afin d'éviter tout risque de tentation pour les hommes et dont seule la femme serait responsable. Le voile, créé pour cacher ce corps "honteux", en est le sceau. Pour les islamistes, la valeur d'une femme ne se mesure pas à sa réussite professionnelle ou à ses qualités humaines. En tant qu'objet sexuel, elle se mesure à ce qu'elle fait de son entrecuisse. Le marquage sexiste du voile sert de label.

Pour convaincre, les islamistes utilisent trois méthodes. La valorisation présente le voile comme l'emballage d'un objet précieux. L'objet sexuel devient un bijou, une perle, dont le voile lui servirait d'écrin. La culpabilisation est la deuxième méthode, bien résumée par l'imam salafiste Rachid Abou Houdeyfa : Le hijâb, c’est la pudeur de la femme ! Et sans pudeur, la femme n’a pas d’honneur ! Et si la femme sort sans honneur, qu’elle ne s’étonne pas que (…), des hommes, que ça soit des musulmans ou des non musulmans, abusent de cette femme-là. Et la négligent. Et l’utilisent comme un objet.
Avons-nous déjà observé une marque de vêtements avancer des arguments similaires pour faire la promotion de la mini-jupe ou des talons aiguilles ? C'est pour cela que le voile est classé par les islamistes dans la catégorie "mode pudique" (euphémisme marketing pour ne  pas dire "mode sexiste"). Ce qui classerait la mini-jupe, portée par des femmes "sans honneur", dans la catégorie…

La troisième méthode, pour tenter de convaincre les récalcitrantes, est l'argument religieux. Le voile serait prescrit par Dieu. Ne pas lui obéir serait prendre un aller simple pour l'enfer. Avons-nous les mêmes menaces divines en cas de refus de porter les autres "marqueurs de féminité" ?

De plus, aucun pays n'a voté la moindre loi pour rendre obligatoire le port de la mini-jupe et des talons aiguilles dans l'espace public. Il existe nul part de police de la vertu ou religieuse pour vérifier que chaque femme porte bien uniquement cela. Y-a-t-il une idéologie totalitaire qui imposerait la mini-jupe ou les talons aiguilles sous peine de châtiments corporels ou même de mort, comme pour le voile ? Y-a-t-il eu des attentats au nom de cette même idéologie ? A-t-on égorgé des femmes refusant de porter la mini-jupe comme des femmes ont été égorgées en Algérie car elles refusaient de se voiler ? La mini-jupe et les talons aiguilles ne sont pas les porte-drapeaux d'une idéologie totalitaire.

Des féministes dans les pays musulmans hurlent aux Européennes que défendre le voile en Europe contribue à l'oppression des femmes qui résistent encore au voile en terre d'islam. Leur viendrait-il à l'esprit de dire la même chose d'une paire de talons aiguilles ? Latifa Lakhdar par exemple, membre fondatrice de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates, historienne, professeur d’université et chercheur sur la pensée islamique, estime que le voile n’est pas un simple usage, il est la partie visible d’une vision du monde basée sur la coupure en deux de l’universel, les hommes et les femmes. Le voile est le signe de l’enfermement théologique des femmes.

Mais cela n'intéresse pas Rokhaya Diallo. Sa complaisance envers le voile est si forte qu'elle en vient à soutenir le parti islamiste tunisien issu des Frères Musulmans plutôt que les féministes tunisiennes. Pour elle, Ennahda n'est pas islamiste, juste "musulman". Dire le contraire serait "islamophobe"… C'est ce même parti qui, lors de l'élaboration de la future constitution tunisienne, refusait d'y inscrire l'égalité des sexes. Il préférait l'expression "la femme est complémentaire à l'homme" (encore un euphémisme pour ne pas dire "inférieure"). Une "complémentarité" matérialisée par un marqueur sexiste visible : le voile. Selon le raisonnement de Rokhaya Diallo, les Tunisiens qui luttent contre cette vision de l'islam seraient… "islamophobes".

L'anathème de "l'islamophobie", terme développé et détourné par les islamistes pour en faire un racisme, est efficace pour lutter contre le féminisme. Rokhaya Diallo en est une fervente supportrice. Les féministes qui avancent certains arguments que j'ai abordés dans cet article seraient, selon R. Diallo, racistes... Preuve que son féminisme ne pèse pas grand-chose face à sa tendresse pour l'intégrisme musulman. Il n'y a alors rien d'étonnant à ce qu'elle soit un fervent soutien du CCIF. Son féminisme vibre-t-il de joie lorsque ce collectif expose sa vision identitaire et rétrograde de la femme musulmane ? (3) Ce qui rend cohérent les conférences communes entre le CCIF et nombre de prédicateurs intégristes, ainsi que les soutiens officiels de certains d'entre eux comme Rachid Abou Houdeyfa (notamment présent avec Rokhaya Diallo au "dîner du CCIF" en 2014) ou Hani Ramadan. Ce dernier n'hésite pas à comparer les femmes non voilées à des pièces de "deux euros qui passent d'une poche à l'autre". A vous de saisir la métaphore…

Le voile est prescrit par des intégristes religieux au nom du divin. La mini-jupe et les talons aiguilles sont promus par des marques de vêtements. On peut arguer que la mode est aussi un diktat. Mais il est plus facile de faire évoluer la mode si on la considère sexiste que de faire évoluer un dogme religieux que les intégristes considèrent comme immuable et éternel.

Les intégristes new look peuvent le rendre coloré et fashion, le voile reste le voile, avec tout le poids idéologique et sexiste qu'il incarne. Rokhaya Diallo le considère comme un "marqueur de féminité". Je le définis comme le marqueur vestimentaire le plus raciste et sexiste que l'homme ait inventé. Sa considération résume tout ce qui oppose les féministes universalistes, qui estiment que l'égalité des sexes et la dignité des femmes ne se divisent pas, face aux féministes relativistes pour qui cette même égalité peut être "aménagée" selon la culture et la religion. Le "féminisme sexiste" de Rokhaya Diallo est bien éloigné de Simone de Beauvoir.




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Sud Éducation 93 organise un stage avec la nouvelle extrême droite française à destination des enseignants

Sud Education 93 organise un stage avec la nouvelle extrême française à destination des enseignants

       Les 18 et 19 décembre prochain, le syndicat Sud Éducation 93 organisera à Saint Denis un stage syndical "Au croisement des oppressions - Où en est-on de l’antiracisme à l’école ?" (1). Le titre semblerait anodin et même intéressant si l'antiracisme n'était pas dévoyé depuis plusieurs années par les intervenants prévus et les thèmes des débats proposés. Ce stage, proposé aux enseignants fonctionnaires et agents non titulaires, déroulera toute la logorrhée indigéno-racialiste qui sert aussi de tremplin à l'idéologie islamiste.

Le ton est donné dès le prélude au déroulement du programme. On y parle "d'islamophobie" ou encore de "racisme d’État dans la société et en particulier dans l’Éducation nationale". Certains thèmes des débats prévus sont des classiques de cette alliance entre extrême droite indigéno-islamiste et extrême gauche : "le racisme et les privilèges dans la société et dans l’Éducation nationale", "« Désorientation » des élèves racisé-e-s", "quelle vie professionnelle pour les enseignant-e-s racisé-e-s ?", "Enseignant-e-s blanc-he-s : interroger nos représentations et nos postures dominantes". Bref, ça respire le nauséabond raciste habituel de ce milieu. Un air qui sera respiré par des enseignants dans le cadre d'un stage.
Ces deux jours feront totalement l'impasse sur l'antisémitisme à l'école, comme dans toutes les autres manifestations de ce type. Un racisme qui n'inquiète pas ces militants qui, pourtant, a fait déserter les français juifs des quartiers populaires. Une des intervenantes, Nacira Guenif, considère que "espèce de juif" n'est pas une insulte, que cela relève du "langage courant". C'est certainement vrai chez les fachos, islamistes et indigénistes, pas pour le reste de la société. Il ne serait pas de bon ton de dénoncer l'antisémitisme d'une partie des "racisés". Ils ne sont que d'éternelles victimes, d'où le silence…

Au-delà de Nacira Guenif et Marwan Mohammed, sociologues vedettes de ce courant, sera aussi présente Fatima Ouassak. Pur produit de la nouvelle extrême droite française, elle se présente comme politologue et tient un discours populiste et raciste. Elle estime que l’institution scolaire est utilisée par les Blancs pour maintenir et transmettre leurs privilèges (…). La guerre que mènent les Blancs pour garder leurs privilèges se joue aussi dans les écoles, et ce sont nos enfants qui sont pris pour cible (2). Elle nous explique ici que le système raciste ne voit pas des enfants, il voit des menaces pour sa survie. Elle nous explique là que les professeurs [sont] porteurs d’une mission divine pour civiliser nos enfants perçus comme barbares, et comme enfants de barbares. Elle rajoute que l’école apprend à nos enfants à avoir honte de ce qu’ils sont. C'est pour cela que l'école aurait pour objectif de détruire nos liens familiaux pour mieux isoler nos enfants, et les écraser.
Fatima Ouassak répète régulièrement ce message "d'amour révolutionnaire" (terme indigéniste promu par Houria Bouteldja). Militante chez les Indigènes de la République, elle a notamment écrit, en octobre 2007, un article pour ce mouvement raciste où elle descend en flammes Mohamed Sifaoui (journaliste engagé contre l'intégrisme musulman), Abdennour Bidar (philosophe musulman) et Malek Chebel (anthropologue des religions) (3). Ces deux derniers ont toujours milité pour un islam des Lumières. Un islam haï par les islamistes. Alors elle décline certains poncifs racistes habituels de cette extrême droite dans cet article surréaliste de victimisation. Malek Chebel voudrait par exemple "faire plaisir à son ami l’homme blanc" à travers sa promotion de l'islam des Lumières. D'autres militants appellent les personnes comme lui "les arabes, bougnoules de service, les traitres".

Pour elle également, en parlant de ce qu'elle estime être "les musulmans", les Lumières de l’Islam nous aident à comprendre à quel point nous sommes des merdes ; nous sommes même des sous-merdes dans la mesure où nous sommes descendants d’immigrés musulmans, déchets du Maghreb et d’Afrique noire, complètement analphabètes, indignes de pratiquer une religion aussi sublime que l’Islam éclairé, et qui ne connaissent la religion que sur le « mode réflexe », un peu comme des chiens de Pavlov, ou des chiens tout court. Elle considère aussi dans cet article de "paix et d'amour" que tout investissement dans la société et en politique doit se faire par son islamité.

Ainsi, la haine en bandoulière et le verbe haut, elle fut invitée à s'exprimer entre autres par Lallab (4), la fameuse association "féministe et areligieuse", et interviendra dans ce stage. Tout comme Marwan Muhammad qui porte la même bandoulière et le même verbe, le discours religieux assumé en plus. Il interviendra évidemment sur "la question de l’islamophobie dans l’Éducation nationale, enjeux et débats". Il fut longtemps le représentant du fleuron de la nouvelle extrême droite française, le CCIF. Ses discours racistes et sexistes sont à inscrire dans les Annales. Il n'a pas de mots assez forts pour expliquer à ses fidèles, dans des prêches religieux, à quel point les musulmans sont un peuple supérieur qui a vocation à diriger le monde (5). Il sait faire preuve d'un certain "romantisme" sexiste lorsqu'il expose sa vision de la femme musulmane (6). Un de ses derniers "faits d'armes" est d'avoir participé il y a quelques mois aux prières de rue de Clichy, à la fois en se joignant aux prières et en tenant comme à son habitude un discours politique face à un aréopage de fidèles séduits par ses paroles. Tous ses discours depuis plusieurs années participent à la lutte contre l'universalisme, contre l'égalité des sexes et contre la laïcité. C'est normal, on parle d'un islamiste issu des Frères Musulmans, pas d'un humaniste.


Tariq Ramadan adoube Marwan Muhammad
Tariq Ramadan adoube Marwan Muhammad et nous prédit un "avenir radieux" sous le ciel des Frères Musulmans
Il interviendra aux côtés d'un "membre du cercle des enseignant-e-s laïques", "cercle laïque" qui n'est autre qu'un mouvement dirigé par Jean Baubérot pour une laïcité à l'anglo-saxonne. Ce type de laïcité est très prisé par l'islamisme politique car, dans une société non majoritairement musulmane, c'est le meilleur cadre qui soit pour une meilleure essentialisation des individus et un meilleur développement de l'intégrisme religieux.

Tout ce petit monde se côtoie car ils ont les mêmes idées, la même vision du monde. Ils sont racistes puisque les "Blancs" seraient oppresseurs parce que blancs. Ils "racisent" autant que faire se peut les populations "non blanches" pour propager un racisme là aussi victimaire. Et certains d'entre eux comme Marwan Muhammad considèrent que les musulmans, eux aussi artificiellement "racisés", sont un peuple tout à la fois victime de persécution et supérieur qui a vocation à diriger le monde. Ils sont par corrélation antilaïques, la religion (de plus, dans sa version extrémiste) devant pouvoir jouer un rôle à l'école et sur le plan politique.
Le tout est emballé dans un discours marketing reprenant nos valeurs pour séduire le plus grand nombre : ils se déclarent militants laïques, féministes et antiracistes. En affichant une vitrine alléchante, ils espèrent que personne n'ira voir ce qui se passe dans l'arrière-cour et … ça marche, tout du moins en partie. Nous l'avons vu avec Edwy Plenel et d'autres. Ici, c'est encore une frange de l'extrême gauche, Sud Éducation, qui est séduite par le discours victimaire et faussement tolérant des indigénistes et islamistes.

Toute cette idéologie et tous leurs propos appellent au communautarisme et à dresser les français les uns contre les autres, avec une rhétorique qui se veut bien-sûr pour le "vivre ensemble" apte à séduire les personnes en mal de "victimes" à défendre.

Un tel stage n'est donc pas anodin. La totalité des intervenants sont pour la suppression de la loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux à l'école. Ils savent qu'ils ne peuvent pas faire abroger cette loi par un affrontement direct. Le rétablissement du voilement des petites filles à l'école passe alors par ce genre de stage et par les interventions scolaires en contact direct avec les élèves. Car ce sont ces futurs citoyens qui, espèrent-ils, abrogeront cette loi et permettront enfin l'entrisme de l'intégrisme religieux par la grande porte de la maternelle, de l'école primaire et du secondaire.

Ainsi va, avec Sud Éducation, le monde merveilleux de cette extrême gauche qui n'en finit pas de vivre une lune de miel romantique avec la nouvelle extrême droite française.








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L'euphorie de Lallab à l'annonce de la première Barbie voilée

L'euphorie de Lallab en ce 17 novembre 2017

       Mardi 14 novembre 2017, Lallab a publié trois tweets enrobés d'excitation joyeuse sur le même thème en moins de 10 minutes. Quel événement a provoqué une telle extase pour cette association "féministe" et "areligieuse" ? Une nouvelle loi pour l'égalité des sexes viendrait-elle d'être votée ? Un recul majeur du patriarcat viendrait-il d'être noté ? Pas du tout. Lallab est euphorique car Mattel vient d'officialiser la première Barbie voilée…

Après Barbie princesse, Barbie sirène, Barbie danseuse et autres, voici Barbie intégriste... Pour des raisons commerciales, une marque de jouets apporte sa pierre à l'avancée de l'intégrisme musulman dont les fillettes sont parmi les premières cibles de leur stratégie politique. Mattel, longtemps critiqué pour véhiculer l'image d'une femme objet à travers ses Barbies, croyait rectifier le tir en imaginant répondre à la demande de la "femme pudique". Or, elle renforce au contraire l'image de la femme objet. Je rappelle que le voile est un vêtement raciste qui n'a de raison d'être que la stigmatisation d'une partie de l'humanité en raison de son sexe : cacher le corps féminin, objet sexuel, par essence impur, honteux et coupable des possibles débordements de la libido masculine.


Un exemple parmi d'autres des justifications du voile
Quelques exemples de justifications du voile
Le modèle qui a inspiré Mattel est une escrimeuse américaine, Ibtihaj Muhammad. Elle avait concouru aux Jeux Olympiques de 2016 à Rio, avec son voile, transgressant doublement l'article 50.1 de la Charte Olympique : "Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique" (1). Avec le voile, la propagande politique est étroitement liée à la démonstration et la propagande religieuse. Ibtihaj Muhammad en est une des preuves vivantes. Ses messages religieux sur Twitter ne sont pas rares. Ses messages politiques sont encore plus nombreux. Certains concernent la France, comme celui-ci, tweeté un mois après les attentats de janvier 2015 : "Je m'envole pour la France demain, où les crimes de haine contre les musulmans n'ont jamais été aussi élevés". Un propos populiste et victimaire où les musulmans seraient persécutés, cela ne vous rappelle rien ? Nous sommes en plein dans la rhétorique islamiste et indigéniste si chère à Lallab.


Tweet de Ibtihaj Muhammad qui dénigre la France de façon mensongère

En cédant à la démarche politico-religieuse de cette sportive, le Comité Olympique a ouvert la voie à l'islamisme politique et au sexisme religieux. Ce pied intégriste dans la porte a permis la création de la Barbie voilée dans cette stratégie de banalisation du voile pour faire avancer l'idéologie islamiste.

Pour les islamistes, s'attaquer aux enfants a plusieurs avantages. Cela permet tout d'abord d'habituer les petites filles au sort qui les attend. Les habituer au voile dès leur plus jeune âge rendra plus difficile le choix de ne pas le mettre une fois adolescente ou adulte et de se savoir propriétaires de leur corps. Cela permet également de faciliter l'avancée idéologique des islamistes en intégrant dans l'inconscient collectif que leur radicalité et leur sexisme serait le véritable islam et que, par conséquent, cela devrait être accepté au nom du "respect de la pratique religieuse". Un discours facilité par les premières concernées qui auront été "convaincues" par les intégristes de faire le "libre choix" du voilement et qui le revendiqueront devant les portes de l'école. A travers cette acceptation, il faudra bien-sûr accepter les idées et valeurs véhiculées par le bâchage des filles : remise en cause de la mixité, accentuation des différences genrées, revendications de particularismes religieux comme le refus de participer à certaines activités en raison de la "pudeur", etc.
C'est le créneau de Lallab. Cette association inspirée par l'idéologie des Frères Musulmans est le leader actuel de la promotion du voile et de certaines de ses valeurs : "Etre féministe ne signifie pas forcément être à l’aise dans un environnement masculin et vous ne devez pas avoir honte de ne pas toujours vous sentir à votre place" affirment ces "féministes" dans un de leurs articles qui argumente le bien-fondé de la non mixité (2).

Durant l'été 2017, nombre de féministes et de militants laïques s'étaient offusqués de l'attribution de services civiques à cette association, ainsi que des militants d'extrême droite toujours à l'affut pour taper sur les musulmans en se servant de la lutte contre l'islamisme. Lallab publia alors une mise au point où elle affirmait entre autres ne pas être "pour le voilement des petites filles" (3). Tout en confirmant dans le même texte qu'elle est contre la loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux à l'école, acceptant ainsi le voilement des enfants dans les écoles publiques. Une contradiction que j'avais pointée dans la lettre ouverte que je lui avais adressée (4).

Cette joie aujourd'hui non dissimulée de l'avancée du sexisme, par le ciblage des petites filles grâce à Mattel, confirme encore un peu plus le double discours de Lallab si caractéristique des Frères Musulmans.
L'association fait encore plus fort en citant avec jubilation la (sportive) militante islamiste qui a inspiré cette poupée : "Je suis fière de savoir que des petites filles pourront maintenant jouer avec 1 Barbie qui choisit de porter le voile."


L'euphorie de Lallab en ce 17 novembre 2017

Le message est donc le suivant : la jolie Barbie a "choisi" de porter le voile, alors tu peux aussi faire ce "libre choix". Je rappelle que cette recherche de faux consentement s'adresse à des fillettes dès leur naissance… Si ça n'est pas le prosélytisme du pire sexisme qui soit, je ne sais pas ce que c'est.

Comme Lallab, tous les sites islamistes qui en parlent sont euphoriques. Cette journée sombre pour la lutte contre le sexisme par cette décision de Mattel est à l'inverse célébrée par cette association "féministe et areligieuse".

Ainsi, Lallab s'inscrit bel et bien dans le courant des Frères Musulmans par son instrumentalisation du féminisme pour faire avancer l'intégrisme. La banalisation du voile est à l'œuvre depuis longtemps dans cette sphère, notamment à travers des associations "culturelles". Comme Lallab, elles veulent faire du voile un vêtement comme un autre pour le faire accepter d'abord par les musulmans puis par le reste de la société. C'est dans ces mêmes associations que des discours radicaux sont tenus contre la laïcité, pour pointer "l'erreur" des musulmans modérés, pour le sexisme religieux (ce qu'ils appellent la "pudeur islamique"), etc.

Exemple d'activité d'un centre "culturel" musulman qui se sert d'un cours d'arabe comme support prosélyte. Deux petites filles voilées et souriantes figurent parmi les autres enfants pour banaliser le voile dès le plus jeune âge.
La propagande du voile auprès des enfants
Mattel n'a rien inventé. La propagande islamiste pour le voilement ciblant les enfants est à l'oeuvre depuis plusieurs années sur les sites intégristes. Ici, ils récupèrent le dessin animé Aladin pour que les petites filles s'identifient à la belle Jasmine : cheveux libres à la maison, voilée dehors. A travers une Barbie ou ce genre de dessins, le message est le même : ton corps est un objet sexuel, impur et honteux, qui doit être caché pour ne pas provoquer la libido masculine.
Les islamistes ont compris depuis plusieurs décennies que l'économie et le capitalisme peuvent être sources d'expansion de leur idéologie. Ce que les lois laïques et le féminisme universaliste ne permettent pas, la carotte de l'argent permettra au contraire de leur ouvrir un boulevard. Le marché halal a été créé pour cela. Par les opportunités qu'offrent ce marché "musulman" construit par les islamistes, des grandes entreprises veulent prendre leur part du gâteau. La déontologie ne payant pas, cela n'a jamais été un critère pour elles. Mattel, comme d'autres, n'hésitent donc plus à flatter les islamistes en proposant des produits qui répondraient à leurs demandes, quitte à devenir un des rouages de leurs propagandes, à participer à l'oppression de millions de femmes musulmanes et à rajouter une pression supplémentaire sur les sociétés qui refusent l'expansion de cette idéologie sexiste et totalitaire.

Cette suite de tweets enjoués de Lallab doit effrayer chaque personne sensible à l'égalité des sexes et au risque que représente l'intégrisme religieux, quelle que soit la religion. Lallab est sans doute plus dangereuse qu'une autre association islamiste. Elle sait enrober ses écrits et ses positions dans un package fashion, moderne et coloré apte à leurrer les citoyens peu informés. Seulement l'emballage est parfois un peu trop étroit pour le produit rétrograde, comme avec ces tweets. Ils ont le mérite de nous rappeler ce qu'est réellement cette association, ses motivations sexistes sous couvert de "féminisme", et le danger qu'elle peut représenter pour les femmes, mais aussi pour les enfants. Ne l'oublions pas…
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Edwy Plenel, le "père la morale" du journalisme, groupie de l'islamisme politique

Edwy Plenel, le "père la morale" du journalisme, groupie de l'intégrisme musulman

       Je me souviens de votre vive réactivité, Edwy Plenel, pour soutenir le sexisme du burkini à l'été 2016. J'ai en mémoire vos envolées lyriques sur le traitement "injuste" envers l'islamisme politique que vous considérez comme une simple expression religieuse. Vous n'êtes jamais avare de déclarations lorsqu'il s'agit de faire les louanges de la vitrine marketing des Frères Musulmans, de Tariq Ramadan en passant par le CCIF.

Votre silence assourdissant durant plus de deux semaines concernant les attaques sexistes et antisémites envers Henda Ayari depuis sa plainte pour viol contre Tariq Ramadan, ainsi que les menaces de mort envers celle-ci et Charlie Hebdo ces derniers jours par le fan club du prédicateur suisse, est donc logique. Vous qui êtes habituellement si réactif face à l'actualité. Vous et l'ensemble des partenaires des intégristes musulmans n'aurez jamais accepté de l'extrême droite traditionnelle les ignominies de cette nouvelle extrême droite française que vous soutenez depuis tant d'années.
Vous avez rompu votre silence ce dimanche 5 novembre sur BFMTV. Vous avez effectué un rétropédalage sur Tariq Ramadan tout en réaffirmant votre relativisme sur l'islamisme politique et le sexisme au nom du religieux.

Je lutte depuis 20 ans contre l'islamisme. A travers mes articles depuis plus d'un an, je décortique, analyse et mets en perspective les partenariats idéologiques et le discours d'extrême droite du CCIF qui est parfois si proche du nazisme qu'il en vient à coller presque parfaitement à certains passages de Mein Kampf. De votre côté et depuis plusieurs années, vous avez abandonné tout esprit critique pour vous transformer en groupie de Marwan Muhammad (ex directeur du CCIF) et de l'islamisme.

Edwy Plenel, le "père la morale" du journalisme, groupie de l'intégrisme musulman

Pendant que je me bats pour être entendu, vous êtes béat d'admiration, fort d'une certaine audience, devant ces leaders politiques d'extrême droite. Non pas une admiration pour leur combat citoyen inexistant, mais pour votre image orientaliste qui sent la naphtaline. Celle du bon musulman éternellement victime qui ne lutte pas pour sa citoyenneté mais pour l'affirmation de son islamité dont la citoyenneté n'est qu'un moyen. Pendant que des personnes comme moi (français d'origine maghrébine) sont discriminées et insultées par des individus tels que Marwan Muhammad, vous vous affichez à ses côtés pour le soutenir au nom de la tolérance et de l'antiracisme. On marche sur la tête. Votre boussole idéologique et intellectuelle a perdu le nord par votre aveuglement envers un islamisme totalitaire que vous imaginez être un islam humaniste.

Pendant que je dénonce cette "salafisation" de l'islam, vous souhaitez étouffer les musulmans modérés au profit des intégristes en imaginant que ces derniers, en les nommant "les musulmans", représentent l'ensemble de leurs coreligionnaires dans votre vision stéréotypée de cette population. Par vos déclarations, vous tentez de disqualifier tout musulman qui ne fait pas commerce de sa religiosité. Toute personne vivant et travaillant dans les quartiers populaires pour promouvoir l'égalité des sexes et la laïcité est écrasée par les prises de positions de personnes telles que vous et votre soutien à l'extrême droite islamiste dont le CCIF est aujourd'hui le fleuron.

Si vous aviez fait votre travail de journaliste, si vous aviez un minimum de connaissance historique, si vous aviez eu les mêmes réflexes et la même rigueur que pour vos enquêtes menées dans d'autres domaines qui ont fait votre réputation, vous ne seriez pas dans une telle dérive intellectuelle aujourd'hui. Vous contenter de la vitrine islamiste qui se veut acceptable pour ne pas aller voir ce qui se passe dans l'arrière-cour n'est pas à la hauteur des leçons de journalisme que vous dispensez à tour de bras.

Edwy Plenel ne voit aucune ambiguïté chez Tariq Ramadan et accuse tous ses opposants de racisme, y compris les opposants musulmans.
Extrait du Petit Journal, janvier 2015.

Je suis français d’origine maghrébine. J'ai reçu une éducation musulmane. J’ai toujours vécu dans un quartier populaire. Sur le plan politique, je suis de gauche. Je m'oppose à l'islamisme car je suis laïque et républicain. Je m'oppose à l'idéologie véhiculée par le voile car je milite pour l'égalité des sexes. J’ai longtemps milité dans des mouvements d’éducation populaire. J’ai travaillé dans le socio-culturel pour mes idéaux. J’ai milité dans des mouvements féministes pour l’universalisme. Mais selon vos critères exprimés maintes fois sur les plateaux télé, je serais un idéologue d’extrême droite… Comme tous les relativistes, vous adoptez la malhonnêteté intellectuelle des islamistes en instrumentalisant les attaques réelles de l'extrême droite traditionnelle envers les musulmans pour y assimiler les féministes et militants laïques qui s'opposent à l'intégrisme religieux.
Les personnes comme vous désirent disqualifier et essentialiser les personnes comme moi, nous remettre à la place que vous estimez être la nôtre, dans votre imaginaire teinté de nostalgie de lutte anticoloniale. Essentialiser tous les musulmans à des intégristes et des bigotes voilées est une forme de racisme par orientalisme. La photo que vous aviez diffusée en 2016 pour répondre aux détracteurs du burkini le montre bien. Les islamistes vous rendent nostalgique d'une époque où les femmes se baignaient habillées dans une France des années 1920 corsetée dans sa bigoterie et sa vision encore toute chrétienne de la femme qui avait peu de droits, et aucun sur la maîtrise de son corps. Vous ne vivez pas à la bonne époque Monsieur Plenel.

Edwy Plenel, le "père la morale" du journalisme, groupie de l'intégrisme musulman
Pour défendre les intégristes en burkini, Edwy Plenel diffuse une photo pleine de "modernité" où il dévoile sa nostalgie d'une époque où les femmes avaient peu de libertés.
Nous devons subir depuis près de 30 ans les remarques et injonctions de nos coreligionnaires intégristes à rester dans le moule de ce qu'ils considèrent être notre seule communauté valable, la Oumma. Que d'insultes et de discriminations vécues contre les français d'origine maghrébine qui désirent s'émanciper de leur "communauté". Que d'insultes sexistes envers les filles de cette "communauté" qui veulent vivre libres.

Les pressions viennent aussi de l'extérieur, de cette extrême droite qui ne voit en nous que d'éternels immigrés qui sont là pour "voler le pain des français". Nous avons toujours été pris en étau entre l'extrême droite musulmane et l'extrême droite "traditionnelle". J'ai personnellement subi autant d'insultes racistes d'un côté que de l'autre ("bougnoule" est une insulte très prisée par les intolérants des deux côtés). Et que dire de cet antisémitisme qui ronge le cœur des islamistes au point de déborder sur nous (je suis régulièrement accusé, comme d'autres, de participer au complot j… sioniste mondial). Mais depuis plusieurs années, nous sommes pris dans un étau à trois côtés. En plus de ces extrêmes droites, nous vivons les anathèmes d'une partie de la gauche qui préfère l'intégrisme religieux des uns à la modération et au républicanisme des autres. Pour vous, être français sans faire commerce de sa religion fait moins rêver que les "pleureuses" victimaires qui n'ont pour désir que le développement de leur intégrisme. Or, favoriser l'intégrisme musulman favorise mécaniquement l'autre extrême droite. Tel Monsieur Jourdain avec sa prose, vous soutenez le Front National avec la vôtre sans le savoir. Par votre soutien naïf à l'extrême droite religieuse, vous êtes le Monsieur Jourdain de l'extrême droite traditionnelle. Vous êtes l’incarnation de tout ce que nous nommons les "idiots utiles". Votre responsabilité est lourde dans le développement de l'islamisme politique, la montée du Front National, et le bâillonnement, voire l'ostracisation, de citoyens musulmans rationalistes et laïques. C’est une responsabilité dont vous devrez un jour répondre.

Je me revendique comme citoyen, sans qualificatif supplémentaire, qui réclame le droit à l'indifférence et l'égalité des sexes en tenant la religion à distance de la vie publique par cette laïcité qui m'est si chère. Je considère que l'islam est dans le cœur et l'esprit des croyants, pas sur la tête avec un voile sexiste qui signifie l'impureté et la culpabilité de celle qui le porte. Je considère que l'islam se vit dans l'intimité et la spiritualité, pas dans l'exhibition, les apparences et la politique. Ceux que vous nommez "les musulmans", je les nomme "intégristes musulmans". Aussi incroyable que cela puisse vous paraître, les musulmans rationalistes ne sont pas "islamophobes". Ils n'ont pas peur de leur religion (vrai sens du terme). C'est au contraire parce qu'ils l'aiment qu'ils luttent contre les islamistes. Cette nuance est bien trop subtile pour votre esprit embrumé de stéréotypes. La naphtaline a endormi votre sens critique.
Vous pourrez m'accuser d'être raciste et "islamophobe" (terme détourné pour être vénéré par les islamistes et autres partisans du rétablissement du délit de blasphème), vous ne me ferez jamais taire. Cette force m'est donnée par cette République et ses valeurs universalistes combattues par les mouvements que vous soutenez.
Nous, français d'origine maghrébine, les "harkis", "collabeurs" et autres "bougnoules de service" comme aiment tant nous appeler vos amis islamistes, quel que soit notre niveau de pratique religieuse, des plus pieux aux plus athées, ne reconnaissons qu'une seule communauté : la Nation. Notre islamité réelle ou supposée est une affaire privée. La laïcité est notre bien commun. Ce bien commun que vous avez perdu de vue en voguant sur les flots sombres de l'obscurantisme religieux attiré pas les sirènes victimaires qui sonnent si agréablement à vos oreilles.

J'espère qu'un jour votre sextant fonctionnera de nouveau et que vous suivrez le phare des valeurs auxquelles vous avez toujours prétendu adhérer.

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La violence des fidèles de Tariq Ramadan et son silence complice

Une de Charlie Hebdo sur Tariq Ramadan

      Suite à sa Une consacrée à Tariq Ramadan dans son dernier numéro, Charlie Hebdo subit à son tour les foudres de ses fidèles et d'une partie de la nouvelle extrême droite française sur les réseaux sociaux.


L'apologie du terrorisme de la part des fidèles de Tariq Ramadan

L'apologie du terrorisme de la part des fidèles de Tariq Ramadan

L'apologie du terrorisme de la part des fidèles de Tariq Ramadan

Après Henda Ayari qui doit faire face à un déversement de haine, d'insultes, de sexisme, d'antisémitisme et de menaces de mort parce qu'elle a osé déposer plainte contre le prédicateur, c'est au tour du journal de revivre une histoire douloureuse avec ce déferlement d'insultes, d'appel à la violence et d'apologie du terrorisme. Ces réactions envers toute personne moquant et dénonçant l'intégrisme musulman vient d'un endroit qui porte un nom : la fachosphère. Cette autre fachosphère qui n'a rien à envier à la traditionnelle.
Ils ne sont pas de simples musulmans. Ils sont la frange intégriste des musulmans dont les fidèles de Tariq Ramadan composent une partie non négligeable.
N'oublions pas que la majorité des musulmans ne participe pas à ce genre d'horreur. Ils sont bien plus nombreux que ces malades qui n'ont de musulman que l'étiquette.

Face à ces réactions choquantes d'une violence inouïe, Tariq Ramadan reste silencieux. Encore une fois, le problème ne porte pas ici sur le fond de l'affaire qui l'oppose aux nombreuses femmes qui l'accusent d'agressions sexuelles et de viols. C'est son attitude et celle de ses partisans autour de cette affaire qu'il convient de condamner. Le silence de Tariq Ramadan face à ces déferlements nauséabonds et antidémocratiques est un silence complice donc coupable. Car ces individus commettent ces actes pour le soutenir. N'importe quel leader politique aurait appelé au calme. Dans les affaires concernant un meurtre ou des violences policières, même les familles des victimes qui ne sont pourtant pas des leaders idéologiques ont toujours appelé au calme et au pacifisme.
Là, nous avons affaire à un leader religieux, à un homme qui ne cesse de prôner ce qu'est censé être un "bon musulman", à un prêcheur qui prétend représenter une religion de paix et d'amour, et qui garde un silence assourdissant sur les violences verbales et l'apologie du terrorisme de ses fidèles. Il est clair que Tariq Ramadan n'est pas Nelson Mandela.

Le sens du proverbe "qui ne dit mot consent" pèse ici de tout son poids et révèle les opinions d'un homme qui ne peut plus se dissimuler derrière son double discours.

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Henda Ayari : du déversement de haine aux silences coupables

Henda Ayari porte plainte contre Tariq Ramadan

       Dans la lame de fond de libération de la parole de femmes victimes de violences suite à l'affaire Harvey Weinstein, Henda Ayari a déclaré avoir trouvé la force de nommer l'homme qui l'aurait agressée en 2012 : Tariq Ramadan. Elle a ainsi déposé plainte le 20 octobre 2017 contre l'islamologue pour viol, violences volontaires, agression sexuelle, harcèlement et intimidation. Depuis, d'autres femmes se sont manifestées, une deuxième plainte a été enregistrée au moment où j'écris ces lignes.

Il n'est pas ici question de faire le procès de Tariq Ramadan. La présomption d'innocence doit s'exercer tout comme l'écoute de la parole des personnes qui se déclarent victimes. Dénigrer cette parole, en faire des menteuses opportunistes, relève de la même forfaiture que de condamner par avance un homme qui n'a pas encore été jugé par la justice. Les tribunaux populaires et médiatiques ne doivent pas se substituer au tribunal judiciaire.
Il s'agit pour moi d'analyser les réactions, et leur absence, des soutiens de cet islamologue intégriste concernant cette première plainte.
Cette affaire dépasse le cadre d'une plainte pour viol. Cela concerne une ancienne salafiste qui a ôté son voile, en a fait un livre, a été médiatisée, et attaque pour viol le prédicateur islamiste francophone le plus influent de ces trente dernières années. Le symbole est énorme, les enjeux idéologiques colossaux. C'est ce qui déchaine les passions. C'est ce qui explique les torrents de boue que reçoit la plaignante. Après que son corps aurait été sali, c'est son honneur qu'on arrose d'immondices, sous le regard indifférent des féministes différentialistes.

Henda Ayari vit ce que risquent de vivre toutes femmes qui oseraient porter plainte, mais dans des proportions jamais observées jusque-là. Tenter de décrédibiliser la plaignante plutôt que de s'attarder sur le fond est une stratégie classique. C'est ce qui rend la démarche des victimes si difficile. Mais ici nous sommes face à un déferlement d'injures et de menaces qui se déversent sur les réseaux sociaux, sous trois angles : le sexisme, l'opportunisme supposé de la plaignante et l'antisémitisme.

Le premier réflexe des soutiens de Tariq Ramadan est d'affubler Henda Ayari de toutes les appellations d'un sexisme décomplexé. On l'attaque sur sa plastique. On estime qu'elle n'est physiquement pas digne d'un bel homme comme l'islamologue, ce qui serait une preuve suffisante de l'impossibilité d'un viol. Elle serait une "pute", une "catin" qui aurait couché avec un homme marié à l'insu de son plein gré. Elle serait une tentatrice puisque non voilée et présente, seule, avec un homme dans une chambre d'hôtel (et peu importe que ce fut à l'invitation de celui-ci, marié et moralisateur, et qui pouvait aussi dire "non").


Les insultes reçues par Henda Ayari
Les insultes reçues par Henda Ayari
Exemple d'insultes et menaces reçues par Henda Ayari
Un exemple d'insultes et de menaces envoyées à Henda Ayari en message privé

Les islamistes trouvent toujours le moyen d'inverser les rôles dans leur rhétorique machiste et victimaire habituelle, jusqu'à l'absurde : si les rapports sexuels étaient avérés, Tariq Ramadan serait la victime. Si elle décide, plusieurs années après, de dévoiler le nom de son agresseur, ce serait par opportunisme médiatique et financier.

C'est le deuxième angle du déferlement de haine : "tu veux gagner de l'argent". Une accusation récurrente lorsque la mauvaise foi et/ou le nombre de neurones est limité dans un cerveau. La même accusation a été portée contre Charlie Hebdo lors des épisodes sur les caricatures. L'un comme l'autre sont accusés de vouloir relancer les ventes du journal ou d'un livre en surfant sur "l'islamophobie" (terme inapproprié et usé jusqu'à la corde par les islamistes) pour l'un et sur l'attaque "bankable" contre un prédicateur respectable pour l'autre. Ces accusations sont déconnectées du réel. Comme pour Charlie Hebdo, le prix à payer est plus élevé que le soi-disant gain. Entre les dizaines d'insultes quotidiennes, les menaces de mort, l'insécurité pour elle et ses enfants, cela est sans commune mesure avec l'hypothétique et minuscule gain financier par la vente de quelques centaines de livres supplémentaires.

Henda Ayari accusée de porter plainte contre Tariq Ramadan pour vendre plus de livres

Henda Ayari accusée de porter plainte contre Tariq Ramadan pour vendre plus de livres
Henda Ayari accusée de porter plainte contre Tariq Ramadan pour vendre plus de livres

Henda Ayari accusée de porter plainte contre Tariq Ramadan pour vendre plus de livres
Henda Ayari accusée de porter plainte contre Tariq Ramadan pour vendre plus de livres

Pire encore, Tariq Ramadan serait victime d'un complot j… sioniste. Henda Ayari est accusée de participer au financement de la politique israélienne en reversant 5% du prix de vente de son livre à l'association "Europe Israël". Une fausse information (1) qui a fleuri dans la sphère islamiste.

Une autre accusation est censée être la preuve d'un tel complot : l'un des avocats de la plaignante est juif et serait un soutien d'Israël. Elle est ainsi accusée d'être un "agent sioniste" et de travailler avec des "agents du Mossad" pour détruire les musulmans.
Nous revenons au même délire utilisé par les intégristes musulmans depuis près d'un siècle pour se dédouaner de leurs propres responsabilités : le complot j… sioniste. Ce fantasme tout droit inspiré des "Protocoles des Sages de Sion" est l'arlésienne antisémite des islamistes dont j'ai retracé l'histoire dans un article précédent qui permet de comprendre de tels propos aujourd'hui dans cette affaire (2). Une histoire dont le grand-père de Tariq Ramadan n'est pas étranger.

Faire diversion pour faire oublier les actes supposés d'un individu par l'extrapolation à un complot juif mondial qui aurait pour objectif de nuire à tous les musulmans, un complot où seraient alliés j… sionistes et "islamophobes" pour faire tomber le plus "érudit" des musulmans, c'est ce que l'on nomme l'antisémitisme.


Henda Ayari accusée de participer à un complot juif mondial
Un exemple antisémite et d'insultes parmi des dizaines d'autres dans cette affaire
Accuser Tariq Ramadan d'agression sexuelle ou de viol serait accuser un musulman parce qu'il est musulman. Ce qui serait inacceptable pour toute autre personne devient tolérable par la protection que lui conférerait son islamité. Une islamité qui fait de lui une éternelle victime, même lorsqu'il est accusé de délit ou de crime.

Tariq Ramadan aurait pu se tenir à distance de cela, ne serait-ce que pour cette affaire. Mais il a relayé cette campagne sur sa page Facebook.

Tariq Ramadan relaye sur sa page Facebook une campagne antisémite

Supprimé peu de temps après avoir certainement réalisé la bourde qu'il venait de commettre, son partage montre son adhésion à cette thèse. L'antisémitisme a toujours été une obscurité intellectuelle qui aveugle le bon sens, même si votre réputation et votre liberté sont en jeu. Cette stratégie antisémite pour tenter de décrédibiliser son accusatrice montre également l'inhumanité et l'ignominie de ces personnes envers toutes les femmes victimes de violences. Quelques-uns de ses partisans ont su résumer en un hashtag leur sexisme et leur antisémitisme : #Jesuisuneputesioniste. Avec de tels soutiens, Tariq Ramadan n'a pas besoin d'ennemis.

Leurs arguments poussés jusqu'à l'absurde montrent qu'il n'est pas considéré comme un simple prédicateur à succès. Il est vénéré comme un demi-dieu. Nous ne sommes plus dans l'islam. Nous sommes face à une secte.

Finalement ce n'est pas Henda Ayari qu'ils insultent, c'est leur religion. Tous ces (intégristes) musulmans qui s'expriment de cette façon, ces mêmes personnes qui déclarent que l'islam est paix et amour, sont les premiers promoteurs de "l'islamophobie" (la peur de l'islam). Ils sont les prosélytes du halal pour contrôler ce qui entre dans leur bouche sans se soucier du haram qui en sort. Ils s'émeuvent de quelques traits de crayons qui caricaturent la religion et ses intégristes sans réaliser que les plus grands blasphémateurs envers l'islam, ce sont eux. Cette honte, qu'ils ne ressentent pas, rejaillit sur l'ensemble des musulmans dont la première d'entre eux dans cette affaire, Henda Ayari.

Face à ce déferlement sexiste et antisémite, il n'y a aucune réaction des féministes différencialistes et indigénistes. Leur silence est une honte, certes, mais c'est aussi une stratégie. Leur gêne est palpable. Comment se positionner dans cette affaire ? La personne qui se déclare victime est une femme, de plus musulmane et "racisée" selon leurs critères. Nous sommes face à l'une des situations les plus incroyablement évidentes de ces dernières années d'un sexisme, d'une misogynie, de propos antimusulmans (puisqu'elle est aussi attaquée sur sa religiosité par les soutiens de Tariq Ramadan) et de propos antisémites on ne peut plus clairs. Mais il y a un silence assourdissant… Ce serait pourtant une occasion en or de la défendre, elles qui sont si promptes à se positionner dans des affaires moins flagrantes. Mais voilà, l'agresseur supposé n'est pas "blanc". C'est un "racisé", donc forcément victime. De plus, il est musulman (et pas n'importe lequel), ce qui le rendrait doublement victime. Ajouté à cela, Henda Ayari a un défaut : elle a retiré son voile et l'a revendiqué. Le refus du sexisme islamiste par cette musulmane a fait d'elle une "islamophobe". Une "arabe de service" traitresse de sa "race" qui a fait "commerce" de son "islamophobie" n'est pas défendable face au plus pieux des "racisés". Le féminisme à géométrie variable de ces racialistes est secondaire face à l'atteinte d'un "racisé" de la communauté.

Ainsi, tous les repères de ces féministes sont chamboulés. Nous constatons ici les limites de leur "intersectionnalité" qui vit un véritable bug. La "sororité" dont elles se revendiquent est inféodée à l'épiderme et au choix religieux de la victime et de l'accusé. Henda Ayari n'est pas soutenue car, selon les théories racistes des indigéno-islamistes, elle a trahi "sa race, son clan", comme le dit Houria Bouteldja, la leader des Indigènes de la République, qui l'avait bien expliqué dans son livre (2) : "Si une femme Noire est violée par un Noir, c'est compréhensible qu'elle ne porte pas plainte pour protéger la communauté noire". Cela se décline pour les femmes d'origine maghrébine, les femmes de confession musulmane, etc. Mais cette femme a affiché son désir de s'émanciper de la communauté à laquelle on veut l'assigner.
Comment ces racialistes indigéno-islamistes osent-elles ensuite se prétendre féministes, parler de "sororité" quand l'appartenance ethnique et religieuse des protagonistes a plus d'importance que le crime sexiste supposé et le déferlement de haine misogyne qui se déverse sur la plaignante ?
Injonction à se taire, refus de l'émancipation individuelle, menaces et insultes par un sexisme décomplexé : le silence de ces "féministes" différencialistes face à ce que subit Henda Ayari démontre par le tragique les limites de leur pensée racialiste et l'hypocrisie de leur "sororité" qui n'est autre qu'un racisme victimaire dont le féminisme dévoyé est l'instrument.
Ce dilemme, cette monstruosité intellectuelle ne peuvent exister qu'à travers leur instrumentalisation du concept d'intersectionnalité. C'est bien la preuve que leur vision intersectionnelle n'est rien d'autre qu'une hiérarchie des discriminations dont la priorité est donnée à l'appartenance communautaire supposée. Ce qui est cohérent avec leur rejet de l'universalisme au profit d'un faux féminisme pour un vrai communautarisme. La hiérarchie des discriminations n'existe pas dans l'universalisme qui ne voit ici qu'une femme qui se déclare victime face à un homme qu'elle accuse, sans distinction de couleur de peau et de religion. Cela simplifie les choses et assure une cohérence. Mais cette cohérence ne serait qu'un concept "blanc" pour les indigéno-islamistes. Que pouvions-nous attendre de celles qui défendent le port du vêtement le plus raciste et misogyne de l'histoire, le voile, au nom du respect de la religion ? Le sexisme est une des pierres angulaires de ce "féminisme". Ses promotrices sont un danger pour toutes les femmes quelle que soit leur (non) confession.

Le silence coupable des soutiens des indigéno-islamistes est encore plus gênant et révélateur, de Rokhaya Diallo en passant par Edwy Plenel. Alors que toute la presse évoque cette affaire depuis des jours, que les torrents de haine sexiste et antisémite envers la plaignante se déversent sur les réseaux sociaux, il aura fallu attendre 8 jours et une deuxième plainte contre l'islamologue pour que Médiapart en parle. Ce journal est habituellement plus réactif sur des affaires moins évidentes que celles-ci.

Quant à Clémentine Autain, elle n'avait pas hésité à se rendre dans le café de Sevran interdit aux femmes pour se faire prendre en photo, estimant démontrer que cette interdiction était fausse. Sans préciser qu'elle y était connue puisque élue de la ville et qu'elle ne s'y était peut-être pas rendue seule (il fallait bien quelqu'un pour prendre la photo). J'attends de découvrir sa photo avec Tariq Ramadan dans une chambre d'hôtel, après avoir pris rendez-vous avec lui pour l'informer de sa démarche, afin de prouver qu'elle n'a pas été agressée par celui qu'on accuse.

Si Tariq Ramadan gagne cette procédure judiciaire, il en sortira grandi. Il ne sera pas seulement perçu comme celui qui aura su vaincre ses fausses accusatrices (elles sont à présent plusieurs). Pour ses partisans, ce sera la victoire d'un musulman qui aura su contrecarrer les desseins "sionistes" et "islamophobes".

En revanche, si la plainte est classée sans suite, le soupçon continuera à peser sur lui comme un chewing-gum à une chaussure. Il n'aura pas été condamné par le tribunal judiciaire mais par le tribunal populaire qui ne pardonnera pas les écarts sexuels de cet homme marié, référence absolue du bon comportement pour ses fidèles, et de l'hypocrisie religieuse pour ses adversaires. Cet homme qui prêche depuis toujours la limitation de la mixité, la "pudeur" vestimentaire et du comportement, le refus de toute vie sexuelle en dehors du mariage, aura trompé sa femme en multipliant les "conquêtes" féminines allant à l'inverse de tout ce qu'il a prôné devant des foules béates d'admiration et buvant ses paroles. Sa carrière de prédicateur à succès sera terminée.

Dans le cas où il serait condamné, cela serait un énorme rebondissement. Une jeune femme seule aura réussi en l'attaquant sur ses dérives sexuelles là où tous ses adversaires intellectuels ont échoué : déchoir l'idéologue de son piédestal.


Cette affaire dramatique marque peut-être la fin de carrière d'un des idéologues islamistes européens les plus dangereux. Non pas par une révélation intellectuelle sur son double discours, chose faite depuis longtemps déjà, mais par la révélation humiliante d'une braguette violente dont la force spirituelle du propriétaire n'a pas été suffisante pour la garder fermée.


(3) Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous : Vers une politique de l'amour révolutionnaire, La Fabrique, 2016.

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